27/06/2017

BD : Le zombie de la toute première heure


Selon les codes du genre, on devient zombie après une morsure. Excepté Tizombi, nouveau héros de cette série de gags, écrits par Cazenove et dessinés par William. Il est né zombie. Son père, le premier a été mordu et a viré au mortvivant. Il a ensuite embrassé sa femme (et plus si affinité) qui, étant enceinte, a donné naissance à ce Tizombi qui n’aura jamais connu la vie humaine. Il ne s’en plaint pas et a immédiatement abandonné le lait maternel pour la bonne chair fraîche humaine. En bon bébé en pleine croissance, il est « Toujours affamé », titre de ce premier recueil. Tizombi mange et Margotik, jeune fille très dark, écrit des vers. Lassée des disputes de ses parents, elle a trouvé refuge une nuit dans ce cimetière, lieu de chasse de Tizombi et de ses trois meilleurs compères, Fatal, gros morfale qui n’a pas inventé l’eau chaude (source inépuisable de gags), Tékaté, l’élément féminin de la bande (elle adore les ossements humains, si jolis une fois transformés en bijoux fantaisie) et Tribiade, le sage de la bande, du moins quand il n’a pas perdu son cerveau, un peu baladeur du fait des béances de sa boîte crânienne. Les auteurs des Sisters s’offrent une récréation dans l’air du temps, pour rire du pire et de l’horrible.
➤ « Tizombi », Bamboo, 10,60 €

10/10/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Scène de ménage posthume

gironde, divorce, caveau, cimetière

L'amour, comme le vin, peut parfois tourner à l'aigre. Dans le petit village de Camblanes-et-Meynac au cœur de l'Entre-deux-Mers, région viticole de Gironde, une brouille entre mari et femme s'est prolongée au-delà de leur mort.

En 1977, le couple achète une concession dans le cimetière du village et y fait construire un caveau. Le temps passe, ils se lassent. Une fois divorcés, monsieur précise dans plusieurs lettres adressées au maire qu'il est hors de question que sa femme soit inhumée dans ledit caveau.

Au décès de madame, en 2008, le fils organise les obsèques et demande aux pompes funèbres d'amener le cercueil dans le caveau familial. Le maire de la commune, chargé de la "police des cimetières" s'y oppose. La dépouille de l'épouse rejoint donc le dépositoire commun. Elle y restera jusqu'en 2010. Entre-temps, monsieur passe l'arme à gauche. Il est enterré dans le caveau, facilement reconnaissable à la plaque de marbre orné de sa photo et de cette phrase qui en dit long sur sa détermination : "Pour moi seul".

Les deux époux décédés, le maire prend la décision de les réunir dans leur dernière demeure. Même si le mari lui avait écrit dans une autre lettre : "Je serai à l'intérieur de mon caveau et je repousserai mon ex-femme avec les pieds s'il le faut."

Décidément cette brouille familiale semble durer, même après la mort des belligérants. Mais si ça se trouve, parfois, la nuit, dans le cimetière de Camblanes-et-Meynac, des cris d'outre-tombe sortent de terre. Et les voisins, en mal de repos éternel, de pester, "qu'ils nous fichent la paix avec leurs scènes de ménage, ces deux-là... »

23/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Trinquons à la mort, mais avec discrétion et pas n'importe où...

Gard, mort, cimetière, proces verbal, dernières, volontésA l'article de la mort, il est de coutume de préciser à ses proches ses dernières volontés. Certains, pour détendre l'atmosphère et dédramatiser l'échéance, expriment des exigences ludiques (tel Brel en son temps le chantait « A mon dernier repas je veux qu'on fasse ripaille »). Jean-Luc Couston, un Gardois de 61 ans, a demandé à son épouse de simplement boire un verre sur sa tombe le jour de son anniversaire. Transformer un moment triste en petite fête conviviale était la philosophie de vie de ce kiné très apprécié de ses patients.

Le 17 juillet dernier, comme promis, Josiane se rend sur la tombe de son mari défunt et boit un verre de champagne avec des amis. Une petite commémoration rapidement interrompue par trois policiers municipaux. Trouble à la quiétude des lieux et violation d'une interdiction édictée par décret. En l'occurrence, il est défendu de boire de l'alcool dans un cimetière. Josiane est condamnée à payer une amende de 38 euros. Jean-Luc, le responsable de tout ce pataquès doit regretter ses dernières volontés qui compliquent la vie de Josiane. Bien que cette dernière, arguant de sa bonne foi, refuse de payer la contravention dans l'attente d'une décision du tribunal de police d'Uzès.

 

Dans notre société pleine de préjugés et formatée à l'excès, il est compliqué de sortir du troupeau. Pourtant, Josiane a cru bien faire, en écoutant son cœur. Et si certains demandent que l'on laisse les morts en paix, qui nous prouve que ces derniers, dans leur immobilité et leur solitude éternelles, n'apprécieraient pas un peu de distraction ?