16/05/2017

BD : La descendance des Magiciens

 


Petite pause dans la série Magic 7 écrite par Kid Toussaint. Après les trois premiers tomes dessinés par La Barbera et Quattrocchi révélant l’identité des sept ados dotés de pouvoirs magiques, Léo passe des vacances chez son père et découvre comment ce don, transmis de génération en génération, lui permet d’avoir des pouvoirs surnaturels. Un album charnière, dont les pages de liaison sont signées Kenny et qui permet à plusieurs dessinateurs de s’approprier cet univers riche en légendes. Léo, le jeune spirite capable de converser avec les âmes des morts, retrouve dans un livre reprenant l’histoire de la magie, les raisons de cette malédiction qui fait que le monde est menacé par une mystérieuse « Bête ». Du joueur de flûte de Hamelin à la télépathe créatrice d’une utopie trompeuse, en passant par l’alchimiste aux inventions trop souvent utilisées pour faire le mal, on comprend la philosophie qui a provoqué la disparition de la magie de la terre. De récits courts de 5 à 6 pages dans des styles très différents, du très effrayant avec Raapack, au très poétique en compagnie de Clarke. On retrouve également les signatures de Bodart, Ers, Upchurch, Evenhuis et Beroy.
➤ « Magic 7 » (tome 4), Dupuis, 9,99 €

11/02/2016

BD : De la philosophie au complot

 

Lombard, clarke, platon, hitler

Surtout connu pour sa série enfantine « Mélusine », Clarke ne se contente plus de ces gags humoristiques sur fond de gentille sorcellerie. Après avoir tâté de l'humour noir dans les pages de Fluide Glacial, il a signé quelques romans graphiques dans lesquels il montre que son dessin réaliste vaut largement celui des maîtres du genre. Nouvelle incursion dans ce monde avec « Dilemma » un album double. Deux versions sont en vente car Clarke, en écrivant cette histoire sur le déterminisme, a voulu donner le choix de la fin aux lecteurs. L'essentiel du récit se déroule en Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Un archéologue découvre des écrits grecs signés de quatre philosophes. Diogène, Platon, Aristote et Xénophon. Ils imaginent le futur, tablant sur une grand bouleversement afin de remettre l'Humanité en question. Un récit qui décrit tous les conflits de l'Europe, jusqu'à l'accession au pouvoir d'Hitler. Se peut-il que tout soit déjà écrit ? Comment empêcher l'avènement d'un monde où « l'aboutissement de la logique humaine est ce désir pour une majorité d'être dirigée par une minorité. » Cela fait froid dans le dos. De la philosophie pure appliquée à l'actualité.

« Dilemma », Le Lombard, 19,99 euros (La fin alternative est lisible sur un site internet dédié)

 

 

16:34 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lombard, clarke, platon, hitler

26/11/2015

DVD : Papy Terminator revient

Schwarzy bouge encore : vieux mais pas encore obsolète dans le rôle du Terminator.



Difficile de résister à une nouvelle version du film culte "Terminator", toujours avec Arnold Schwarzenegger, dans le rôle-titre, mais avec plus de 30 ans dans les dents (les rouages plus exactement). Curiosité malsaine ? Sentiment peu glorieux rapidement balayé par un film d'action qui s'appuie aussi sur une jeune génération d'acteurs en devenir. Sarah Connor, la femme de John, le sauveur de l'humanité, est interprété par Emilia Clarke, jeune actrice anglaise qui a explosé dans son rôle de dresseuse de dragons dans Game of Thrones. Plus habillée que dans la série HBO, elle apporte une touche de rébellion dans une suite maligne. Le début de "Terminator Genesys" est comparable à l'original de James Cameron. Dans un futur dévasté, les machines sont sur le point de perdre leur guerre contre les hommes. Dernière solution, envoyer dans le passé un robot pour abattre la mère du leader de la révolte.
Un fidèle soldat, Kyle Reese (Jai Courtney) le suit à la trace pour protéger la belle. Mais Sarah se défend très bien seule, aidée par un vieux modèle, version cheveux blanc du méchant du film d'origine. Son "Papy Terminator", protecteur, qu'elle tente d'humaniser. Et comme le propre de l'homme est de rire, Schwarzy endosse son vieux costume de comique quand il grimace un sourire particulièrement flippant. Ces quelques moments de détente permettent de faire passer un déluge d'effets spéciaux et de combats destructeurs. Le tout vaut largement les films d'action contemporains, le scénario s'étale sur trois périodes (1984, 2017 et le futur) et autant de réalités parallèles. Quant au méchant, mieux vaut ne pas en dévoiler l'identité…
Si la version DVD est pauvre en bonus (15 minutes de making of), le blu-ray est riche de près de deux heures de productions originales qui satisferont notamment les amateurs d'effets spéciaux.

"Terminator Genesys", Paramount, 17,99 euros le DVD, 22,99 euros le blu-ray.

13/11/2015

BD : Clarke, version noire et pessimiste

 
Quatre cases carrées par planches, quatre planches en noir et blanc cauchemardesque par histoire : Clarke pour son nouvel album ne choisit pas la facilité des récits humoristiques qui l'ont fait connaître à un large public (Mélusine, Cosa Nostra). Au contraire, il ne cherche pas à faire sourire mais à nous filer les chocottes dans ces histoires courtes sans espoir. Les psychanalystes en herbe adoreront ces 150 pages toutes plus pessimistes les unes que les autres. Il y est souvent question de double, comme un reflet dans un miroir mais animé d'une propre existence. Et généralement, il ne veut pas du bien à l'original. Des histoires de subconscient, de dédoublement de la personnalité, voire de folie pure et simple. On se demande où l'auteur va chercher toutes ces idées macabres et terrifiantes. Mais plus on se plonge dans la lecture de ce bel objet carré, on se reconnaît dans ces cauchemars. Ils ne sont que la retranscription de nos nuits agitées. Trop souvent, au réveil, ils disparaissent et se perdent dans les méandres de nos esprits. Clarke a de la mémoire et semble particulièrement sensible à ces rêveries obliques.

 

« Réalités obliques », Le Lombard, 16,45 €

 

02/03/2014

BD : Clarke va mieux, il le raconte dans les Etiquettes

clarke, mélusine, étiquettes, glénat, treize étrange

Clarke, dessinateur de Mélusine, a une vie de rêve. La série marche très bien, il a suffisamment de temps pour signer des albums plus personnels, ses enfants sont en bonne santé. Le seul problème, c'est son couple. Il a explosé. Avec pertes et fracas. Il ne comprend toujours pas et a décidé de mettre ces interrogations sur papier. Des histoires courtes de trois à cinq pages, en noir et blanc, écrites et dessinées avec les tripes. Il y a des passages assez déprimants, d'autres plus joyeux. Car même si on s'enfonce dans une dépression, la vie autour de soi continue et parfois vous révèle de belles surprises. Comme cette jolie demoiselle rencontrée en terrasse et qui lui explique comment remplir des étiquettes autour de soi. Et de s'en coller une sur le front. Clarke sera le « dessinateur ». Il l'accepte et va déjà beaucoup mieux. Il raconte aussi ses amours furtives dans les festivals, ses tentatives de faire du sport ou de comprendre ses enfants, quasiment adultes... Et puis il rend visite à son oncle, dessinateur de BD aussi. Un certain Pierre Seron. Attention, émotion garantie dans ces quelques dessins d'une grande tendresse.

 

« Les étiquettes », Glénat Treize Etrange, 15 €

 

03/02/2012

Fin de fiction dans "Nocturnes" de Clarke au Lombard

Nocturnes, Clarke, Lombard, collection Signé

Quand Clarke, dessinateur de Mélusine, abandonne temporairement la BD d'humour pour le réalisme d'une collection adulte, « Signé » en l'occurrence, il ne fait pas les choses à moitié. « Nocturnes » est un long cauchemar, violent et angoissant. Les premières pages sont très intrigantes. Léo, le personnage principal, sombre et mystérieux, semble errer dans un village isolé. Il rencontre les habitants. Certains, à son contact, s'éteignent. Ce n'est pas exactement la mort. Ils cessent de fonctionner, tout simplement. Et ils sombrent dans l'oubli. Alice, la sœur de Léo, semble la seule à avoir conscience de cet étrange état de fait. Clarke, par de subtiles touches, après nous avoir égaré, livre enfin les clés de l'énigme. Léo est écrivain. Les gens composant son entourage sont des personnages de fiction. Son esprit, son imagination, a tout pouvoir sur leur existence. La BD raconte comment ces êtres de fiction peuvent se rebeller, tenter d'exister malgré leur abandon par leur mentor. Et comme cet album est hors norme, attendez-vous, au final, à un ultime coup de théâtre.

« Nocturnes », Le Lombard, 14,99 €

05/09/2010

Une paire de Clarke

Melusine 18.jpg

Au fil des gags et des histoires complètes, Mélusine a perdu de son aura dans la série dessinée par Clarke sur des scénarios de Gilson au profit de Cancrelune. Cette apprentie sorcière est une calamité ambulante. Elle n'en rate pas une. Donnez lui un balai, une potion ou n'importe qu'elle malédiction et rapidement les ennuis commencent. Un personnage de gaffeur qui a déjà fait ses preuves dans d'autres BD et qui a relancé l'intérêt de cette série qui en est à son 18e recueil. Une paille chez Dupuis, surtout si elle n'est pas signée Cauvin ! Cancrelune est donc mise en vedette dans cet album, notamment car elle a pu, au bénéfice d'une malédiction ratée, s'incarner dans Mélusine. A contrario, la belle et jeune sorcière se retrouve avec les tares de son amie maladroite. On rit de bon cœur à des situations parfois très cocasses.

Cosa Nostra 1.jpgOn retrouve Clarke, cette fois en solo, à la tête de la série Cosa Nostra rééditée chez Le Lombard. Ces histoires courtes, publiées il y a quelques années dans Fluide Glacial, reparaissent en couleurs. On y découvre les agissements de quelques mafiosos siciliens. Ces histoires courtes, presque à la façon d'une encyclopédie, donne le minimum vital à savoir sur le racket, le parrain, l'omerta ou le trafic de drogue. L'humour, par rapport à Mélusine, est bien plus méchant. Les dessins de Clarke sont plus sombres, tout en restant d'une lisibilité absolue. Car Clarke est un surdoué, beaucoup regrettent qu'il ne se soit jamais lancé dans une série plus ambitieuse. Reste que ses essais (Urielle avec Lapière chez Quadrants et Luna Almaden, toujours avec Lapière chez Dupuis dans la collection Aire Libre), n'ont pas rencontré le succès mérité...

« Mélusine » (tome 18), Dupuis, 9,95 €

« Cosa Nostra » (tomes 1 et 2), Le Lombard, 10,95 €

 

30/07/2009

Le bonheur de la masse

 

Dr Bonheur 2.jpgTurk, dessinateur de Robin Dubois et de Léonard, a toujours été associé à De Groot. Il en a surpris plus d'un quand il s'est lancé dans une nouvelle série avec Clarke au scénario. Le dessinateur de la gentille Mélusine est beaucoup plus acerbe quand il mène la barque. Le héros qu'il a offert à Turk est un grand malade. Le Docteur Bonheur a la prétention de guérir toute être humain victime de dépression, mélancolie, tristesse et autres maladies mentales de plus en plus courantes dans notre époque individualiste et stressante. Mais le docteur Bonheur a souvent des solutions radicales. Un discours rassurant avant une intervention définitive. Il veut que le bonheur soit un phénomène de masse, quitte à provoquer quelques dommages collatéraux. Avec son nez rouge et ses lunettes de soleil il pourrait faire penser à un clown. C'est juste un psychopathe qui s'ignore...De l'humour noir et macabre qui paradoxalement fait du bien quand ça va mal. 48 pages d'un antidépresseur sans rival.

« Docteur Bonheur » (tome 3), Le Lombard, 10,40 €

06:25 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turk, clarke, lombard

26/08/2007

Le miracle de la vie : enfants, je vous hais !

medium_Miracle_de_la_vie.jpgClarke, gentil illustrateur des aventures magiques de Mélusine, fée politiquement correcte voletant dans les pages de Spirou depuis quelques années, a parfois besoin de se défouler dans des séries plus adultes, plus caustiques et incisives. Après avoir « pollué » les pages de Fluide Glacial avec ses idées noires, il s’incruste dans la nouvelle collection pour adultes de chez Dupuis, « Expresso », avec une série de gags descendant en flèche les jeunes, de 0 à 18 ans. Personne n’est épargné, du nouveau né en passant par l’ado boutonneux ou le gamin candide et jovial. Comme une sorte de défouloir sur le public de Mélusine. Il se permet même de se mettre en scène en pleine dédicace, faisant sur la planche ce qu’il n’a certainement pas osé faire en vrai (planter son stylo dans le crâne de l’idiot congénital qui lui demande le dessin d’un Marsupilami). Idéal également pour dissuader les jeunes couples de procréer. Selon Clarke il n’y a pas de « Miracle de la vie », juste un long cauchemar de 18 années éprouvantes et éreintantes… (Dupuis, 9,50 €)

07:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Clarke, Dupuis