23/01/2013

Chronique : Une place Joe Strummer à Grenade en Espagne

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Ça pétitionne à tour de bras sur Facebook. Et souvent avec efficacité. Pour preuve la municipalité de Grenade en Espagne a accepté de baptiser une place de la ville du nom de Joe Strummer, leader emblématique des Clash. Une initiative d'Ideal, un journal local, relayée par un profil Facebook. Avec plusieurs milliers de signatures en soutien, le principe de donner le nom du chanteur de « London Calling » à un lieu près de l'Alhambra est acté en conseil municipal. La semaine dernière, la « Plaza Joe Strummer » est officiellement inaugurée, « un espace terreux bordé de deux rangées de pins luxuriants. On peut s’y asseoir pour contempler la majestueuse Sierra Nevada » explique Ideal. 

Pas sûr que cet éternel rebelle ait apprécié le geste. Les Clash n'ont jamais été dans le consensus. Une aversion à toute forme d'autorité qui ferait passer aujourd'hui Pete Doherty pour un agneau et renvoie Manu Chao sur l'échiquier politique vers le Modem de François Bayrou. Excessif, visionnaire et révolutionnaire, Joe Strummer incarne tout un pan de cette génération des années 80-90 rejetant en masse le moule dans lequel la société de consommation veut la fondre. 

L'hommage de Grenade est cependant logique car dans « Spanish Bombs », un des titres de « London Calling » élu meilleur album rock de tous les temps,  Joe Strummer parle du bombardement de la ville durant la guerre d'Espagne et de la mort de Federico Garcia Lorca. Ce poète a hanté le chanteur punk. Ils se retrouvent, pour l'éternité, dans cette Andalousie brûlante.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

05/02/2007

"London Calling" de Runberg et Philcil : les aventuriers de la pop perdue

medium_London_Calling_1bis.jpgAu début des années 90, nombre de jeunes Français ont tenté l'expérience de l'Angleterre. Les passionnés de musique électronique ont transformé Londres en un temple incontournable. Thibault et Alex, les héros de "London Calling", série écrite par Sylvain Runberg et dessinée par Philcil, font partie de ces aventuriers de la Pop perdue. Thibault a un avantage : il a passé une année outre Manche dans le cadre du programme Erasme. Il espère que son correspondant de l'époque, Andrew, pourra l'héberger comme il l'avait promis au moment des adieux. Grosse désillusion pour les deux Marseillais : Andrew a bien changé, il leur conseille d'aller squatter un appartement vide. Une pratique devenue courante dans cette Angleterre très libérale, ne laissant plus beaucoup de choix aux plus pauvres pour se loger. Ce récit, largement inspiré de l'expérience personnelle du scénariste, montre les différentes facettes de la perfide Albion : lutte politique violente, créativité débordante, conservatisme à tout crin et multiculturalité omniprésente. Une première partie de cet album avait été publiée dans la défunte collection 32. Dorénavant la couverture est cartonnée, mais le format plus petit. (Futuropolis, 13,50 €)