04/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zone frontière (1/3)

le perthus, commerce, tabac, alcool, frontière, espagne

"Tu es fou !" me lance ma femme. "Pas le choix, plus de cartouche (*). » « Alors ce sera sans moi !" Logique. Qui aurait l'idée saugrenue d'aller au Perthus un 3 août ? Excepté les milliers de touristes qui, sans jamais l'avouer, choisissent les plages des Pyrénées-Orientales pour leur proximité avec ce marché géant de l'alcool et du tabac.

J'espère éviter le pire en partant tôt. Mais même à 8 h 30, on roule au pas sur le dernier kilomètre de la nationale. Connaissant ma propension à rater mes créneaux, j'évite la rue centrale et oblique directement vers le parking 2, celui des hauteurs. La bonne idée que voilà. Des places en pagaille et surtout la possibilité de prendre un peu de fraîcheur dans une chênaie ouverte à la promenade. Mais je ne suis pas là pour faire de la randonnée touristique. Seul l'attrait des prix cassés me conduit dans cette zone frontière.

Le problème du parking en hauteur, c'est qu'il faudra au retour gravir un long escalier (87 marches exactement) pour récupérer mon véhicule. A entendre l'accent des autres piétons, plus de doute, je suis arrivé. Je croise un hipster parisien tatoué de partout et des vacanciers ch'tis qui se demandent s'ils sont déjà en Espagne. Remarque pleine d'à-propos de la charmante quadra en robe bleue : "Non. On est encore dans la partie française. Sinon mon téléphone me l'aurait dit." La belle et aveugle confiance dans les miracles de la géolocalisation. 9 heures. Me voilà dans la place. Comme des centaines de visiteurs. La mêlée commence.

(*) Il ne s'agit ni de cartouches d'encre et encore moins d'armes...

30/09/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : Jimmy, le boss du commerce sur internet

 

vide.jpgSi vous avez la bosse du commerce, passer par le net est devenu une nécessité. Une boutique en ligne bien référencée vaut parfois plus qu'un pas de porte idéalement placé. Hier, mon village était bloqué par un immense vide-greniers. Tôt le matin, d'étranges personnages, mine patibulaire et rarement souriante, arpentent les rues nerveusement munis de lampes torches suffisamment puissantes pour permettre à un Boeing 747 de se poser sans encombre. Ils n'attendent même pas que les exposants s'installent, fouillent les coffres des voitures à la recherche de l'objet rare. Livre, bibelot, jouet... même les pin's s'arrachent à prix d'or sur internet. Ces acheteurs matinaux, pour beaucoup, vivent de la revente de ces raretés dénichées dans l'obscurité. L'un d'entre eux m'a raconté avoir acheté pour moins d'un euro un livre de Guy Debord revendu, le jour même à l'autre bout de la France, 100 fois plus cher. A un adolescent peu nostalgique (mais heureusement soigneux), un autre a racheté 50 centimes un album de Richard Scarry parti chez un collectionneur pour une quarantaine d'euros...

 

Tout se revend sur internet. Enfin, si c'est légal. Ne faites pas comme Jimmy, 23 ans, de Guéret, bientôt convoqué devant les juges. Le commerce, il aime. Le cannabis aussi. Alors il s'est mis à vendre de l'herbe sur le net. Pour optimiser ses affaires, il a même créé son propre site. Et comme Jimmy ne semble pas être un foudre de guerre, il l'a baptisé... vendeurdedrogue.com.