24/03/2017

BD : Plaies d’Afrique dans "Katanga" de Nury et Vallée

 

Dans « Il était une fois en France », Fabien Nury et Sylvain Vallée ont romancé les pires heures de la collaboration. Le même duo se reforme pour retracer la période tout aussi trouble de la décolonisation. L’histoire se déroule au Congo en 1960. La Belgique vient d’accorder au pays son indépendance. Au grand désespoir des groupes miniers obligés de traiter avec les nouveaux maîtres du pays. À moins de provoquer une scission du pays. C’est ce qui se passe au Katanga, une des régions les plus ruches du pays. Un gouvernement fantoche est mis en place et des mercenaires engagés pour former les soldats locaux et maintenir l’ordre autour des mines de diamants et de cuivre. Dans ce premier tome, les principaux personnages sont présentés, du gangster corse au ministre katangais descendant du créateur du royaume en passant par la prostituée engagée comme espionne. 72 pages denses, pleines d’actions violentes, de rebondissements et de suspense. Du très grand spectacle comme Fabien Nury sait si bien en écrire pour son dessinateur.
➤ « Katanga » (tome 1), Dargaud, 16,95 €


29/07/2015

BD : Mobutu s'envoie en l'air

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Le Zaïre, anciennement Congo Belge continue de fasciner la bande dessinée francophone depuis les très polémiques aventures de Tintin dans la colonie créée de toute pièce par le roi Léopold II. Pourtant Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro ne sont pas Belges. Français bon teint ils racontent dans de roman graphique de plus de 100 pages un pan méconnu de l'histoire du pays longtemps sous la coupe du dictateur sanguinaire Mobutu. Désireux de propulser son pays au firmament des nations africaines, il voulait placer un satellite zaïrois en orbite. Pour la gloriole, mais aussi (et surtout) espionner ses voisins. Il passe un accord avec une société privée allemande à qui il assure logistique et protection. En 1978, alors que les Français sont aux balbutiement du programme Ariane, Mobutu est sur le point de réussir son pari. La base est opérationnelle et le petit-fils de Von Braun est aux manettes. La BD raconte comment un jeune ingénieur, Manfred, va se retrouver au centre de ce mic-mac compliqué, petit Blanc manipulé par de grands Noirs. Paradoxalement, le plus sympathique dans cette histoire semble Mobutu. Ou du moins le plus réaliste et le moins retors. Edifiant.

 

« Mobutu dans l'espace », Futuropolis, 18 €

 

26/10/2013

BD : R. G. de retour au Congo avec Hermann et Yves H.

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Rémy Georget, le R. G. de la BD, est un jeune journaliste au Matin, journal de Bruxelles. Georget, timide et effacé, découvre par hasard qu'il a un oncle, Célestin, au Congo. On est en 1928 et l'immense pays africain fait rêver toute la Belgique. Il est engagé comme secrétaire par le conservateur d'un musée faisant partie du voyage du roi sur ses terres équatoriales. Rémy, accusé à tort de l'avoir assassiné durant la traversée, va devoir fuir durant les 56 pages de cet album dessiné par Hermann sur un scénario de Yves H, son fils. L'intrigue n'a rien d'exceptionnelle (une histoire de vengeance) mais vaut surtout par les clins d'œil, allusions et autres private joke cachées à chaque coin de page. L'oncle Célestin ressemble à un Tintin ayant mal tourné, un marin écossais est aussi barbu que le capitaine Haddock, on a même droit à une Castafiore en puissance. Mais comme c'est Hermann qui dessine, elle est belle à couper le souffle. Dans un registre radicalement différent, le dessinateur de Jeremiah et de Bernard Prince prouve qu'il arrive encore à s'amuser devant sa planche à dessin. Nous aussi !

 

« Retour au Congo », Glénat, 13,90 €



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02/05/2013

BD : l'Afrique de Conrad par Perrissin et Tirabosco

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Joseph Conrad, avant se se mettre devant son bureau et de signer quelques chefs-d'œuvre du XXe siècle, a vécu d'innombrables aventures aux quatre coins de la planète. « Au cœur des ténèbres », nouvelle publiée en 1899, est inspirée de son propre voyage au Congo quelques années auparavant. Après six années passées en Asie, Joseph Konrad Korzeniowski, d'origine polonaise, se rend à Bruxelles. Grâce à une tante, il obtient un poste de capitaine de navire. Mais il va devoir délaisser les océans et autres mers immenses pour un fleuve mystérieux et autrement plus périlleux : le Congo. Perrissin, le scénariste de ce roman graphique, a raconté sans l'enjoliver le choc de cet aristocrate distingué confronté à la cupidité et la bêtise de colons blancs. Sous prétexte d'évangélisation et d'éducation des peuples, ils pillent sans vergogne. Avant les forêts et les sous-sols, c'est l'ivoire qui provoque cette ruée vers un pays, une région. Dessinée par Tirabosco dans son style noir et charbonneux caractéristique, cette BD, malgré son absence de couleurs, est parfois lumineuse comme une savane écrasée de soleil ou sombre comme la forêt vierge humide et hostile. Les hommes Blancs, dans cet enfer, survivent difficilement. C'est d'ailleurs la maladie qui a écourté le séjour de Joseph Conrad. Après cette escale au Congo il n'a quasiment plus voyagé, se contentant d'entraîner ses lecteurs dans ces contrées éloignées.

« Kongo », Futuropolis, 24 €


29/01/2007

FLEURS VÉNÉNEUSES

medium_Fleurs_d_ebene.jpgEn 1958, le Congo n’en plus pour longtemps à être belge. Les activistes africains veulent le pouvoir. Les fonctionnaires belges font comme si de rien n’était. Enfin pas tous. Jean, policier dans une petite ville, est tombé sous le charme du pays. Et de ses femmes. Il y a perdu son épouse, repartie vers la capitale avec les enfants. De plus, Jean doit enquêter sur le meurtre d’un Africain, retrouvé écrasé sur une piste. Ce roman graphique, réaliste et historique, permet une nouvelle fois au duo Warnauts et Raives de dessiner ces tropiques qu’ils aiment tant. Des planches en couleur où l’on retrouve toute la magie sulfureuse de la région.
« Fleurs d’ébène », Casterman, 13,75 euros.

06:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Afrique, Congo