02/06/2017

BD : Dernier voyage entre désespérés

 


Après Blablacar pour sa voiture et AirB &  B pour son appartement, la mode au partage se met au... suicide. Une jeune femme, désespérée après une déception amoureuse douloureuse poste une petite annonce. Comme cela se fait au Japon, elle propose de partager son ultime voyage en compagnie d’autres suicidaires réticents à partir seuls. Elle obtient trois réponses et leur donne rendez-vous un petit matin. Dans sa voiture, elle emmène un jeune trader ruiné, un vieux monsieur amateur de haikus et un black à capuche taciturne et fumeur de joint. Ils ont décidé d’en finir dans une forêt, en raccordant le tuyau d’échappement de la voiture à l’habitacle. Pas de noms, pas de pleurs ni de regrets. Cette situation est le prétexte à un roadmovie mouvementé imaginé par Stéphane Massard et Jean Rousselot, les scénaristes, complétés par Nicolas Délestret au dessin. Dans un premier temps, rien ne fonctionne comme prévu. Et les quatre désespérés vont vite se retrouver embarqués dans des complications au cours desquelles ils devront lutter pour mener à bien leur funeste projet. Mais c’est souvent dans l’adversité que l’on se découvre des raisons d’aimer la vie. Humour et humanité se complètent pour cette BD qui devrait intéresser le cinéma tant son propos se prête à ce support.
➤ « Adieu monde cruel ! », Bamboo Grand Angle, 17,90 €

08/10/2010

Shérif mentaliste

 

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Andrew Barrymore a des petits airs de « Mentalist », la série policière qui cartonne actuellement sur les petits écrans. Avec une bonne dose d'humour en plus. Andrew est un jeune citadin (il sort d'une école de détective de San Francisco) débarquant à Old Creek Town, petite bourgade perdue au fin fond du far-west. Il sera l'adjoint de Jim Patherson qui n'a pas inventé la poudre mais sait se faire respecter. Andrew va rapidement pouvoir faire ses preuves car le lendemain de son arrivée l'épicier du village est retrouvé assassiné dans son magasin. Le crâne fracassé, le coffre-fort ouvert et vide. A force d'observations et de déductions Andrew va démasquer le coupable avant de se raviser et démontrer que la solution est plus complexe. Une nouvelle série écrite par Délestret très à l'aise dans cette histoire bourrée d'énigmes. Valambois, au dessin, apporte une touche très personnelle à une BD très classique sur le fond mais particulièrement originale sur la forme.

« Les enquêtes d'Andrew Barrymore » (tome 1), Dargaud, 11,50 €

07:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : délestret, valambois, dargaud

20/08/2007

Monstres sacrés

De l'Homme qui rit à la créature de Frankenstein, les grands héros de la littérature offrent des sources inépuisables d'inspiration aux auteurs de bande dessinée.

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Cleet Boris
est un artiste multicartes. Débuts dans l'illustration, mais tout en intégrant un groupe pop. Le beau succès de l'Affaire Louis Trio dans les années 90 a obligé le dessinateur chanteur à ranger provisoirement ses crayons. Le groupe dissous, il est retourné devant sa table à dessin et propose pour cette rentrée une très intéressante "Créature". Il propose dans cette histoire la suite du Frankenstein de Mary Shelley. On retrouve donc la créature sans nom dans le froid de l'Alaska. Elle parcourt les immensités glacées à la recherche des hommes. Elle désire plus que tout raconter son histoire, rétablir la vérité. Mais dans ce village de trappeurs, ce monstre venu du froid est un ennemi à abattre.
Capturé, jugé sommairement, il est promis à une exécution rapide et sans appel. Dessin sombre et dépouillé, intrigue ténébreuse, cet album vous procurera une bonne dose de sueurs froides. (Soleil, 12,50 €)

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Jean-David Morvan a trouvé l'inspiration de sa nouvelle série dessinée par Nicolas Delestret en lisant L'Homme qui rit de Victor Hugo. Il a imaginé l'enfance de cet homme défiguré. Il propose déjà une explication à la balafre. Le jeune homme a été blessé dans un naufrage, sa tête heurtant des récifs. Mais "Lord Clancharlie" est beaucoup plus qu'une simple adaptation. Morvan laisse libre cours à son imagination pour imaginer des villes improbables et un parler mélangeant plusieurs langues. Une bonne surprise pour les amateurs de mondes nouveaux.
(Delcourt, 12,50 €)
PS : cet album est réédité en ce mois de septembre 2007 sous le titre "L'homme qui rit"