19/12/2017

Quelques idées de cadeaux BD pour les fêtes de fin d'année

Ligne claire... et noire



Voici le côté Noir de la ligne Clerc avec les récits de « Manoir », de « L’irrésistible ascension », des « Mémoires de l’espion » et de nombreux inédits. Ce volume constitue une exploration chronologique et exhaustive des recoins sombres de la fiction avec Serge Clerc pour guide exclusif, assorti d’un dossier signé Frédéric Prilleux : plus de 350 dessins et pages de BD au total !
➤ « Noir », Dupuis, 48 €
Blutch le caméléon



Il est sans doute l’un des plus doués de sa génération. Blutch n’en oublie cependant pas ses maîtres. Dans cet album très grand formant, il revisite une planche de classiques de la BD. En noir et blanc, on peut redécouvrir Astérix, Gaston ou Blueberry, mais avec cette ironie et décontraction spécifiques à cet auteur. On apprécie aussi sa vision de Blake et Mortimer et de séries plus sulfureuses comme Valentina de Crépax.
➤ « Variations », Dargaud, 29,90 €
L’œuvre de Will



Durant des décennies, il a consciencieusement illustré les aventures de Tif et Tondu. Mais au fond de lui, Will ne désirait qu’une chose : « dessiner des femmes, belles de préférence ». Cette énorme anthologie, courant sur toute sa carrière, monte quantité de croquis de ces « belles ». Mais aussi nombre de reproductions des planches, avec tous les détails, ratures, collages et autres « rustines ». Une plongée dans son art. 400 pages commentées, sobrement, par Vincent Odin.
➤ « Mirages », Daniel Maghen, 59 €
Net et masques



Que se passerait-il si toutes les données stockées dans le cloud et les archives du net (mail, textos...) étaient consultables par tout le monde du jour au lendemain ? Cette idée saugrenue a été développée par Brian K. Vaughan, scénariste, dans un long roman graphique présenté à l’italienne. Cette quasi 3e guerre mondiale a laissé des traces. Tout le monde a désormais cessé d’utiliser internet et se déguise pour ne pas être reconnu. Et si on veut une identité secrète, il suffit de la tester en live. Dessinée par Marcos Martin, cette histoire de détective, de paparazzi et de star passionnera les amateurs de comics.
➤ « Private Eyes », Urban Comics, 28 €
Mondrian et ses modèles



Ses toiles sont reconnaissables au premier regard. Mondrian a toujours recherché la simplicité et les couleurs simples. Ce peintre néerlandais vivait comme un ascète dans son atelier. JeanPhilippe Peyraud et Antonio Lapone se sont inspirés d’une simple photo de cet «antre» pour imaginer une relation entre le créateur et une femme, vendeuse dans un grand magasin parisien dans ces années 20, amoureuse comme lui de la musique jazz. Les très grandes planches mettent en valeur la mise en page sophistiquée de cet album idéal à offrir à un amateur d’art contemporain.
➤ « La Fleur dans l’atelier de Mondrian », Glénat, 19,50 €
Cinéma de légendes



Ed Brubaker et Sean Phillips revisitent la période noire du maccarthysme à Hollywood dans ce roman graphique de 400 pages. Charlie, scénariste, n’arrive plus à écrire. Alors il passe un accord avec son collègue et meilleur ami Gil. Ce dernier, dénoncé comme communiste, ne pourra plus écrire officiellement mais en coulisse c’est lui qui finalisera les scripts de Charlie. Un marché du diable qui va mal tourner. Car Charlie tombe amoureux d’une starlette et Hollywood, à cette époque, était peu fréquentable.
➤ « Fondu au noir », Delcourt, 34,95 € 

05/12/2017

BD : Batman saveur Marini

 


Les personnages des comics américains ont définitivement conquis le monde. Grâce aux films plus que les BD, mais Superman, Batman et autres Surfer d’argent sont devenus des références planétaires. Au point que les meilleurs des dessinateurs de la « franco-belge » se proposent désormais d’animer ces héros. Moebius en son temps et aujourd’hui c’est Enrico Marini qui se frotte à l’homme chauve-souris. Batman en couleurs directes, c’est rare et remarquable. D’autant que Marini a profondément humanisé le personnage et pris beaucoup de plaisir à dessiner les deux héroïnes féminines emblématiques de la série, la chipie Harley Quinn et la très sexy Catwoman. Bref, ce premier tome d’un diptyque plaira à tous, des inconditionnels du héros comme des amateurs de jolis dessins sans trop d’effets superflus.
➤ "Batman, The Dark Prince Charming » (tome 1), DC et Dargaud, 14,99 €

10:39 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : batman, marini, dargaud, dc comics

28/11/2017

BD : Soigner ou tuer, pourquoi choisir ?


Ralph Meyer, Belge installé en Catalogne, ne s’inspire cependant pas des paysages méditerranéens l’entourant pour planter le décor de sa série Undertaker que l’on peut cataloguer dans le genre western. Au contraire, dans le 4e album « L’ombre d’Hippocrate », suite et conclusion de « L’ogre de Sutter Camp », il n’y a que froid, humidité et forêts. Le héros, Jonas Crow, croque-mort itinérant, ancien soldat nordiste, se retrouve face à un de ses pires cauchemars. Quint, chirurgien, fou en liberté, maniant la psychologie et le chantage aussi bien que ses bistouris et sa scie à amputer, a enlevé Rose, cette femme que Jonas ne voudrait pas aimer. Il va pourtant tenter de la retrouver, de tuer Quint même si son alliée de circonstance, une Chinoise dure au mal est plus philosophe que son aspect de petite femme boulotte le laisse penser. Xavier Dorison déroule son intrigue, multipliant les coups fourrés dans les décors grandioses de ces Rocheuses désertes et hostiles. Décors magnifiés par Ralph Meyer, particulièrement à l’aide dans ces compositions minérales et organiques.
➤ « Undertaker » (tome 4), Dargaud, 13,99 €

10/09/2017

BD : La dernière croisade d’un incroyable trio

 

Ils sont trois, un chevalier, un moine et une princesse arabe. Trois sur les routes de France au cœur de ce moyen âge où l’essentiel de l’actualité, déjà, tournait autour d’un conflit religieux. D’un côté les chrétiens, de l’autre les musulmans. Au centre, la Terre sainte et des reliques. Le chevalier Brayard revient d’un long périple au cours duquel il a surtout tué et oublié son morne quotidien. Repu de sang et d’aventures, il rentre au bercail escortant le moine Rignomer qui lui ramène les reliques de la sainte de son ordre. En chemin il tombe sur une donzelle vindicative ; la princesse Hadiyatallah. La fille de ce dignitaire, capturée, représente une belle rançon. Zidrou, au scénario, livre une de ces histoires dont il a le secret, avec de l’humain, du marrant et de l’authentique. On rit beaucoup aux refrains des chansons paillardes de Brayard, on compatit avec Rignomer, au destin peu palpitant de moine copiste. Et puis on tombe follement amoureux de la petite princesse, prête à tout pour rentrer au pays. Le Barcelonais Francis Porcel au dessin donne toute sa rudesse à cette geste moyenâgeuse très moderne finalement et qui aurait fait un excellent film dans le genre de « La chair et le sang » de Paul Verhoeven.
➤ « Le chevalier Brayard », Dargaud, 14,99 €

26/07/2017

Avec Valérian, la SF entrait dans les pages du journal Pilote



1967. Pilote, le journal de bande dessinée créé par Goscinny, Uderzo et Charlier, se cherche encore un peu. Le formidable succès d’Astérix donne l’opportunité à Goscinny, par ailleurs rédacteur en chef, de s’intéresser à d’autres styles. Pourquoi pas la science-fiction ? Pour occuper ce créneau il fait confiance à un jeune duo encore inexpérimenté et à peine rentré d’un long périple aux USA. Pierre Christin imagine Valérian, agent spatio-temporel. Mézières dessine ses aventures et le flanque d’une présence féminine impertinente pour la BD de l’époque, Laureline. Quelques albums plus tard, Valérian est devenue une référence pour toute une génération de dessinateurs et même de cinéaste car avant Luc Besson, Georges Lucas a «emprunté» quelques trouvailles au duo Christin-Mézières. La sortie du film permet aux éditions Dargaud de ressortir la vingtaine de titres de la série qui constitue désormais un classique. On apprécie également la sorti d’un numéro exceptionnel du défunt Pilote consacré à Valérian. Longues interviews des créateurs et surtout quantité d’histoires courtes signées des «grands» de la BD d’aujourd’hui, de Blutch à Larcenet en passant par Juillard, Pétillon et Bajaram. Sans oublier la sortie, le 22 septembre prochain, de «Shingouzlooz Inc», une aventure de Valérian vu par Wilfrid Lupano (Les vieux fourneaux) et Mathieu Lauffray (Long John Silver). 




Cinéma : Valérian dans l’ombre de Laureline

VALÉRIAN. Le héros de BD imaginé par Christin et Mézières s’anime face à la caméra de Luc Besson.


Allez voir « Valérian et la Cité des mille planètes », vous ne serez pas déçu. Film français mais formaté pour conquérir le monde, il y a tout ce qui a fait le succès des films de SF de ces dernières années : une bonne histoire, des héros décalés, des monstres et aliens en pagaille, une bonne dose de batailles spatiales, des effets spéciaux époustouflants et un message politique sous-jacent très pertinent. Luc Besson y a mis pas mal de sa fortune, mais surtout tout son cœur et une bonne partie de ses rêves de gosses. Les millions sont bien visibles à l’écran, mais Valérian ne serait pas grandchose sans ce plaisir évident pris par le metteur en scène d’animer les héros de son adolescence, de leur créer des mondes numériques sur mesure et des scènes où l’action le dispute à l’humour. Au début, Valérian (Dane Dehann) farniente sur une plage déserte. Mais l’illusion est vite effacée. Avec sa co- équipière Laureline (Cara Delevingne), il doit se rendre d’urgence sur la planète Kirian infiltrer le Big Market et y récupérer le dernier représentant d’une espèce animale étonnante, le transmuteur. Une longue séquence bourrée d’effets spéciaux. Big Market est le souk du futur. Tout y est virtuel. Ou plus exactement dans une autre dimension, gérée par les propriétaires des commerces.
■ Chabat et Rihanna


Passer de la réalité au marché est très compliqué. Encore plus quand on a l’intention d’y voler quelque chose. La mission se termine par un décollage en urgence à bord du vaisseau de Valérian, scène se terminant par un gag digne des meilleurs Tex Avery. Une sacrée mise en bouche pour ensuite entrer dans le cœur de l’intrigue. Le transmuteur est convoité par un peuple jadis décimé par une guerre dont ils n’ont été que la victime collatérale. Cachés au cœur de la Cité des mille planètes, cette station spatiale immense voguant dans l’espace, ils ont besoin de l’animal pour fabriquer de l’énergie.
Valérian et Laureline, comme souvent dans les BD, sont obligés de désobéir à leurs supérieurs pour choisir le bon côté. Laureline dans ce cadre s’affirme comme la conscience du duo. La tête aussi, Valérian jouant plus le rigolo de service. Un long chemin vers la vérité au cours duquel ils rencontrent un étonnant pirate (interprété par Alain Chabat méconnaissable et visiblement ravi de faire partie de l’aventure) et une créature métamorphe. Bubble qui peut prendre l’apparence qu’elle veut. Du monstre à la carapace rugueuse à la chanteuse langoureuse sous les traits de Rihanna qui a là plus qu’un petit rôle comme annoncé au début. Plus de deux heures de grand spectacle, sans temps mort, avec un final qui en met encore plus dans la vue que les scènes d’ouvertures, déjà impressionnantes.
On ne peut que se féliciter que le cinéma français puisse produire un film de cette ampleur. Il marque sans doute un changement dans le statut de Luc Besson et de sa société Europa. Pour ceux qui en doutaient encore, il se place au niveau des Lucas, Cameron ou Ridley Scott. Un formidable raconteur d’histoires, capables de faire rêver plusieurs générations et ayant suffisamment de plaisir à faire ce métier qu’il envisage de se lancer dès que possible, si le succès est au rendez-vous, dans une suite aux aventures des agents patio-temporel les plus célèbres de la bande dessinée.

23/07/2017

BD : XIII, version traumatisme paternel

 


D’où vient XIII ? Cette question a alimenté les premiers tomes de la saga policière imaginée par Jean Van Hamme et dessinée par William Vance. Une vingtaine de titres a apporté presque toutes les réponses aux fans. Mais il y a encore quelques zones d’ombres que la collection « XIII Mystery » entend exploiter. Pour le 11e titre, c’est le père du jeune Jason Fly (futur XIII pour ceux qui ont raté des épisodes) qui est mis en vedette sur un scénario de Luc Brunschwig et des dessins d’Olivier TaDuc. Dans la petite ville de Greenfalls, Jonathan Fly, journaliste local, tente de comprendre pourquoi le directeur du FBI vient régulièrement chasser le cerf. Lui qui est une piètre gâchette. Ses visites auraient-elles une autre utilité ? Il va enquêter et découvrir les activités illicites de ce responsable, un peu trop extrémiste. Il pourrait le faire tomber, mais son fils, Jason, tombe sous l’emprise de ce beau parleur. Un album très politique mais surtout axé sur le sacrifice. D’un père pour son enfant. De ses idées humanitaires contre un peu de tranquillité. Édifiant.
➤ « XIII Mystery, Jonathan Fly » (tome 11), Dargaud, 11,99 €

15/07/2017

BD : Les survivants rentrent à bon port

 

Fin de galère pour les survivants du vaisseau spatial échoué sur une planète inconnue et dangereuse, où des anomalies quantiques leur font faire des bonds dans le futur. Après quatre tomes bourrés de péripéties et de rencontres avec des races extraterrestres toutes plus étonnantes les unes que les autres, la grande spécialité de Léo le scénariste et dessinateur des Mondes d’Aldébaran, ils voient enfin le bout du tunnel avec l’arrivée de Sven, le compagnon de Kim Keller. Il explique le rôle de la mantrisse de cette planète et les ramène à Aldebaran. Là, après un temps pour réapprendre à vivre sans avoir peur au quotidien, Manon, le personnage clé de « Survivants », devrait rencontrer Kim. Mais ce sera pour le prochain cycle. Peut-être le dernier pour l’auteur brésilien âgé de 73 ans.
➤ « Survivants » (tome 5/5), Dargaud, 11,99 €

09:50 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léo, aldebaran, survivants, dargaud

15/06/2017

BD : "Les beaux étés" pour parfaitement se préparer aux vacances


Même les voitures ont droit à des petits noms. Par exemple, la Renault 4L de la famille des « Beaux étés » a été affublée, dès le premier grand voyage vers le sud, du sobriquet de « Mam’zelle Estérel ». Comment et dans quelles circonstances ? On l’apprend dans le troisième titre de la série écrite par Zidrou et dessinée par le Catalan surdoué Jordi Lafebre. La famille belge des Faldérault, en 1962, prend enfin deux semaines de vacances. Pierre, le père, rêve de Méditerranée. Mais comme il doit emmener avec lui les parents de sa femme, ce sera Saint-Etienne, ses églises et ses musées. Sans compter son hôtel, tenu par des Belges... Bonjour le dépaysement. On retrouve avec un plaisir évident le dessinateur doué mais manquant de reconnaissance et surtout d’un succès en librairie pour voir sa carrière décoller. Sa femme rêve d’émancipation, mais avec maman dans les jupes, ce n’est pas facile. Des deux enfants du couple, elles sont surtout passionnées par la bonhomie du papy, si gros, si doux. Un instantané bourré de nostalgie dans lequel on retrouve forcément un peu de notre vie.
➤ « Les beaux étés » (tome 3), Dargaud, 13,99 €

03/06/2017

BD : Virevoltante Isadora Duncan

 


S’il est bien un personnage réel dont la vie est semblable à un roman, c’est bien Isadora Duncan. La danseuse, scandaleuse et égérie de la danse contemporaine, a traversé le début du vingtième siècle telle une météorite enflammée. Julie Birmant (scénario) et Clément Oubrerie (dessin) ont déjà raconté ses amours tumultueuses avec le poète russe Essenine dans « Il était une fois dans l’Est ». Dans cette suite, ils suivent plus particulièrement le parcours d’Isadora, petite fille américaine, partie à la conquête du vieux continent. On retrouve notamment sa rencontre avec Loïe Fuller entraperçu aussi dans le film « La Danseuse », Lily-Rose Deep endossant le rôle d’Isadora. Et hasard des sorties cinématographiques, elle passe aussi dans l’atelier de Rodin, le sculpteur tombant en pâmoison devant ce corps gracile. Une plongée dans les années folles, leur imagination, leur excès et leur beauté.
➤ « Isadora », Dargaud, 22,90 €