01/07/2017

De choses et d'autres : Le rire en mode «Data Life »

 


Selon quelques cerveaux de la profession, le data-journalisme est l’avenir du métier. Le journaleux du futur ne tentera plus de former de belles phrases, avec vocabulaire enrichi, descriptions au cordeau et retranscription de l’ambiance à grand renfort de métaphores savamment élaborées. Il devra se contenter de collecter des chiffres, des centaines, des milliers de chiffres (nommées data dans ce futur numérique) et les transformer pour les moins bons en tableaux, pour les meilleurs en cartes et autres infographies lisibles, ludiques et intéressantes. Car comme dans toutes les matières ou spécialisations, on trouve du bon et du franchement mauvais. Rarement les data m’ont intéressé. Sans doute trop compliquées dans ma tête pour comprendre du premier coup ce qui normalement est évident pour les intelligences moyennes du XXIe siècle.
Par contre cette « Data Life » imaginée par le magazine NEON m’a bien plu. Car en plus d’apprendre quantité de choses (souvent futiles, mais notre vie ne l’est-elle pas la plupart du temps), on se marre souvent. Savez-vous par exemple qu’il y a dans les 5 saisons de Game of Thrones, 122 scènes de nudité, 25 plans de foufounes, 39 paires de fesses et 58 poitrines ? Et je repense au salarié qui a visionné ces centaines d’heures de fiction, cochant méticuleusement son tableau quand apparaissaient les fameuses foufounes. Vous parlez d’un sale boulot...
➤ « Data Life », by NEON, Hugo, 16,50 €

11:21 Publié dans Chronique, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : data, hugo image, life, neon

07/11/2013

NET ET SANS BAVURE : Vertige

population, fin du monde, naissances, décès, data

Au gré de mes déambulations d'internaute, il arrive parfois que l'intitulé de ce que je trouve n'ait rien à voir avec la réalité. Interloqué par un « La fin du monde en direct », je clique sur l'adresse indiquée. Une prophétie alambiquée ? Un site publicitaire ?

Rien de tout cela. Juste une page de « data » - des données chiffrées, expliquées et animées. Au centre, la planisphère. A gauche, une colonne recense les naissances. A droite les décès. En fonction des données connues, on assiste effectivement à ce qui ressemble diablement à l'inéluctable fin de notre espèce. Hypnotisé par les chiffres qui défilent, je prends conscience qu'en moins de 4 minutes, soit le temps de fumer une cigarette, la population a augmenté de 1000 unités. Simultanément, 450 personnes sont mortes. En tête l'Inde avec 182 naissances, suivie par la Chine (128), le Nigeria, les États-Unis et l'Indonésie. Côté décès, les mêmes pays.

Et nous alors, pauvres petits Français ? On est foutus. Quatre naissances, cinq décès. Mieux que l'Allemagne (3 naissances, 12 décès) mais les chiffres ne mentent pas, notre avenir est en pointillé.

Plus on reste sur cette page, plus l'effet en est déstabilisant. Impossible d'arrêter ce mouvement, le sentiment de vertige est absolu. Il existe bien un bouton pour figer la page, stopper la simulation virtuelle. Mais dans la vie, la vraie, notre planète s'est emballée depuis longtemps et plus personne ne maîtrise rien.

Chronique "Net et sans bavure" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant.

06/04/2013

Chronique : DTC comme data, tableaux, courbes

 

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Les nouvelles technologies et l'informatique en général changent les pratiques professionnelles. Tout le monde est concerné. Sans exception. La presse n'échappe pas au phénomène. Une frange de la profession tente de démontrer l'utilité de ce que communément on nomme le data journalisme.  Le but est de transformer des données chiffrées et brutes en animation, tableau ou courbe plus digestes. Car des chiffres, des statistiques, il en existe des milliards sur internet. Il suffit de les collecter, de les passer à la moulinette et on peut leur faire dire à peu près tout. Tout et son contraire... Les détracteurs du data journalisme ont tendance à le réduire à un travail amélioré de comptable. Ils préfèrent, de loin, raconter une histoire avec des mots et un peu de style. En data, « Les Misérables » peuvent se résumer dans un tableau Excel posé sur une carte, avec correspondance entre les personnages et les lieux de l'action. Joli, mais moins passionnant que le chef d'œuvre de Victor Hugo. 

Autre exemple, par l'absurde je l'admets, des limites du data journalisme : la correspondance entre l'évolution de la météo et le président de la République au pouvoir. Une démonstration effectuée par Jean Abbiateci sur son blog « Papier Brouillon ». Chiffres à l'appui, il constate que « Hollande fait pleuvoir, Chirac fait monter la température et Sarkozy provoque la canicule ! ». L'analyse politique va s'en trouver révolutionnée !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendreid en dernière page de l'Indépendant.