21/05/2013

BD : Wendy ou les tribulations d'une espionne en Afrique

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Le personnage de l'espionne fatale a encore de beaux jours devant lui. Pour preuve les aventures de Wendy écrites par Duval et dessinées par Quet. La jeune Anglaise vit en Normandie. On est en 1915 et pendant que les soldats s'étripent dans les tranchées, d'autres combats plus feutrés se déroulent dans les rares pays épargnés par la Grande guerre. Première scène très mouvementée au Portugal. Wendy parvient à récupérer des documents secrets sur la trahison d'un officier anglais en Afrique. Après un passage en France - histoire pour nous d'admirer la belle en robe de soirée - elle s'embarque pour l'Afrique. La région du Nyassaland exactement, entre Kenya et Mozambique. C'est là, dans cette savane encore peuplée de gibier recherché par les riches gâchettes occidentales, qu'elle va être confrontée à ce qui se fait de mieux en matière d'espionnage et de trahison. Une ambiance très coloniale et mystérieuse pour une série qui fait la part belle aux paysages vierges et scènes animalières. Une chasse au léopard inoubliable clôture ce premier tome très prometteur.

« Wendy » (tome 1), Delcourt, 13,95 €


29/04/2013

BD : Le "Cercle" des pouvoirs psy

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Si vous aviez un pouvoir psy, que feriez-vous ? Entre le révéler au grand public ou continuer votre vie comme si de rien n'était, il y a toute une palette de réactions. Dans « Le Cercle », comics français d'Andoryss et Nesskain, ces hommes et femmes préfèrent se réunir et s'aider mutuellement. Adam est médium. Était exactement. Alertés par les voisins ne supportant plus les miaulements des chats affamées, la police le retrouve mort chez lui. Une balle dans la tête. Tout laisse penser au suicide. Adam n'a pas de famille. Mais quelques amis. Notamment Pia, étudiante. La jolie blonde a le pouvoir de faire des rêves prémonitoires. La nuit de la mort d'Adam, son ami lui est apparu et lui a donné quelques clés pour découvrir qui l'a tué. Car ce n'est pas un suicide, les deux autres membres du Cercle en sont persuadés. Il y a Nicolas et Erik. Le premier peut lire les « couleurs » des gens et des objets, le second est en conversation permanente avec des « voix » au courant de bien de secrets. Ambiance fantastique pour une série en trois volumes. Et les impatients seront comblés, le tome 2 est annoncé en juin et la conclusion en octobre.

« Le Cercle » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

03/04/2013

BD : Les cases déstructurées de Fred et Marc-Antoine Mathieu

fred,philémon,dargaud,marc-antoine mathieu,julius,delcourt,décalageMise à jour : Cette chronique, parue il y a trois semaines dans l'Indépendant,parle du dernier album de Fred. Le grand dessinateur vient de s'éteindre, à 82 ans. Les hommages sur Facebook sont légion. Des ses collègues, amis. Lecteurs aussi. Philémon a fait rêver plusieurs générations. Une ouverture sur la poésie essentielle. Fred, sans faire de bruit, a participé à l'éducation artisitique et culturelle de millions de personnes. Oui, il faut relire tout Philémon. Chapeau l'artiste ! 


La bande dessinée souffre d'une image trop formatée. Cases, planches, pagination : longtemps les auteurs devaient se fondre dans un moule, brider leur créativité pour des raisons pratiques, matérielles. Mais certains ont littéralement explosé ces contraintes, dynamitant un principe de narration trop linéaire. Fred, au milieu des années 60, a été un pionnier avec Philémon. Marc-Antoine Mathieu un digne héritier en lançant Julius Corentin Acquefacques dans le monde des rêves.

 

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« Le train où vont les choses » est le 16e et dernier tome des pérégrinations de Philémon dans le monde des îles-lettres de l'Océan Atlantique. Débuté à la fin des années 80, cette histoire de Lokoapattes embourbées par manque d'imagination était un peu symbolique de l'état d'esprit du créateur. 20 pages et puis plus rien... Des idées noires, un manque d'envie. Fred a changé d'univers pour mieux se retrouver. Mais il avait quand même le désir de boucler la boucle. C'est chose faite, au minimum. Un épilogue sous forme de bande de Moëbius puisqu'on retrouve en scène finale les premières pages du premier album. Un monde meurt, un univers magique se referme. Mais il sera toujours là, grâce aux albums, pour ouvrir celui des générations futures.

 

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« Le décalage », 6e titre des aventures (même si c'est un bien grand mot) de Julius Corentin Acquefacques, débute... à la page 7. La couverture est en fin de volume et les personnages, pour accélérer leur errance dans le grand rien, ont même arraché des pages au cœur du récit. Julius, en ratant le début de l'aventure, se retrouve dans le rôle du témoin impuissant. Un album de Marc-Antoine Mathieu c'est avant tout des trouvailles techniques. Scénographe réputé, il n'a pas son pareil pour jouer avec les codes de la narration. Un peu comme Fred, mais à la puissance 1000. Fred que l'on retrouve d'ailleurs dans les remerciements, placés au cœur de la BD, décalage oblige.

« Le train où vont les choses », Fred, Dargaud, 13,99 euros

« Le décalage », Marc-Antoine Mathieu, Delcourt, 14,30 euros


18/03/2013

BD : Salgari, capitaine abandonné

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Cloué à sa table de travail, Emilio Salgari a écrit des centaines de romans. Des aventures exotiques essentiellement. Ses récits avaient un immense succès à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Voyageur par procuration, il n'a quasiment jamais quitté l'Italie. Paolo Bacilieri raconte son existence immobile et misérable. Car Salgari n'a jamais roulé sur l'or. Exploité par ses éditeurs, il dépensait tout pour faire survivre sa famille. Cette biographie se décompose en deux parties distinctes. Une chronologique où on découvre l'enfance puis la vie d'adulte de Salgari. L'auteur se concentre sur la dernière journée de l'écrivain. En manque d'inspiration, dépassé après l'internement de sa femme pour folie, il écrit quelques lettres d'adieu et cherche un bel endroit dans les bois. Là, il sort son rasoir le mieux affuté et se fait hara-kiri, comme certains de ses héros imaginaires. Une vie triste et édifiante. L'œuvre reste, notamment un volume chez « Bouquins » de Robert Laffont.

« La vie rêvée du capitaine Salgari », Delcourt, 16,95 €


14/03/2013

BD : Masque de fantôme

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Grand admirateur des super héros, Serge Lehman a délaissé le roman pour signer un scénario de BD mêlant uchronie, fantastique et psychologie. « Masqué » est dessiné par Créty, au trait sombre et dynamique. Le troisième tome vient de paraître, le quatrième (et dernier de la série) est annoncé pour avril. Les impatients seront comblés. Frank Braffort, soldat français blessé au cours d'une mission dans le Caucase, est investit par une mystérieuse force. Des pouvoirs sans limite qu'il exploite en devenant un homme masqué. Mais il se trompe de camp. Il se met au service du préfet Beauregard, un homme politique sans scrupules, prêt à tout pour diriger d'une main de fer la ville de Paris, l'autre héroïne de la série. Cet épisode se déroule en partie à Notre Dame. Braffort va affronter une gargouille (ou chimère) qui a tout d'un démon. Beaucoup d'action dans ces 46 pages mais aussi une réflexion profonde sur le pouvoir, l'obéissance et l'endoctrinement des foules, avec de vrais morceaux de Guy Debord au détours de certaines cases...

« Masqué » (tome 3), Delcourt, 13,95 €


04/02/2013

BD : Méchant masqué dans "Bad Ass", comics à la française

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Dans les comics américains, les super héros sont toujours confrontés à des méchants. Que serait Batman sans le Joker ? Il a fallu que des Français se lancent dans le format du comics pour que ces méchants soient les véritables héros d'une série. Bad Ass, écrit par Hanna et dessiné par Bessadi, propose le portrait de quatre anti héros. Premier à entrer en scène, Dead End. Sous son masque de cuir orné d'un ballon de basket en feu, se cache un visage d'ange. Mais ça, personne ne le sait. Dead End est devenu teigneux après des années de brimades au collège. Un passé raconté en parallèle à ses « exploits » actuels. Un blondinet cachant en permanence ses boutons sous une frange et de grosses lunettes. Régulièrement frappé et malmené par les caïds de sa classe, il devra même faire de fréquents séjours à l’hôpital. Au final, il va se transformer. Devenir fort, adroit et... très méchant. Capable de mettre à terre trois policiers avec une simple cigarette allumée, il semble indestructible. C'est sans compter sur l'AJF (American Justice Federation), conglomérat de super héros oeuvrant pour le bien. Entre hommage et parodie, Bad Ass est le premier titre d'un label de comics 100% français.

« Bad Ass » (tome 1), Delcourt, 14,95 €


20/01/2013

BD : Jeu de massacre à la mode Vivès

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Bastien Vivès est définitivement à part dans le petit monde de la bande dessinée. Jeune, une gueule d'ange, de longs cheveux blonds bouclés, il a fait ses premiers pas en ciblant clairement un public féminin et romantique. Succès aidant, il a mené des projets plus personnels et beaucoup moins politiquement corrects. Une évolution que l'on pouvait suivre en direct sur son blog. Les éditions Delcourt ont récupéré pas mal de ces notes, gribouillées plus que dessinées, et les a classées par thème. Le dernier parle de bande dessinée. Et c'est un véritable jeu de massacre. Vivès n'est pas tendre pour ses collègues, encore moins pour lui. Auteurs égocentriques, intéressés, colériques, coupés de la réalité... Mais c'est contre lui que Bastien Vivès est le plus méchant. Il revient sur son premier album, le dénigre, se moque de son vide, ne comprend pas son succès. En interview il agresse les journalistes, de plus en plus imbu de sa personnalité. Impossible de savoir ce qui est vrai ou faux. Mais cet exercice de style, s'il a parfois un goût amer, est quand même très réjouissant. Voire salutaire.

« La bande dessinée », Delcourt, 9,95 €


17/01/2013

BD : Grosse évasion en compagnie de "Fatman"

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Un ponte de la mafia américaine est en prison depuis quelques années. Il va y rester jusqu'à sa mort. Qui est proche. Un vieillard en train de perdre la tête. Un danger pour toute l'organisation. Il pourrait parler. Notamment quand il sera interrogé dans quelques semaines par un grand jury. Son petit frère, à la tête du clan, est bien décidé à le faire évader. Mais pour réussir il faut mettre toutes les chances de son côtés. En clair demander de l'aide à Carl, le roi de l'évasion. Cet Anglais, crane rasé, petites lunettes rondes, est surtout remarquable par son embonpoint. Fatman ne paye pas de mine, mais c'est le meilleur dans sa catégorie. Il va mettre au point cette évasion périlleuse et aux multiples enjeux.

Nouvel épisode de la série « La grande évasion », avec Denys au dessin et David Chauvel au scénario. Aussi dense qu'un film à gros budget, aussi intelligent que les séries télé US : cet album prouve que la BD peut largement rivaliser avec les meilleures productions audiovisuelles actuelles.

« La grande évasion, Fatman », Delcourt, 16,95 €


06/01/2013

BD : Borée, la frontière fantasmée de Raspail et Terpant

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La bonne littérature peut devenir de la très bonne bande dessinée. Il suffit que l'adaptation soit fidèle et surtout que le dessinateur croit en son projet. Jacques Terpant, en proposant l'adaptation du roman « Sept cavaliers » de Jean Raspail aux éditions Delcourt prenait un gros risque. Rapidement les lecteurs ont plébiscité la saga des Pikkendorff et Terpant a logiquement poursuivi sa vision d'un monde à part, où honneur et courage sont des valeurs essentielles. Dans le second tome du Royaume de Borée, Henrick, à la tête d'une petite troupe, poursuit l'exploration de la frontière de l'est. Un monde inconnu, inhospitalier, protégé par un mystérieux petit homme couleur d'écorce.

« Le royaume de Borée » (tome 2), Delcourt, 14,30 €

PS : n'hésitez pas à faire un tour sur le site de Jacques Terpant. Il regorge d'illustrations inédites toutes plus belles les unes que les autres ! 


21/12/2012

BD : Canada illustré dans l'imaginaire de Seth

 

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Le Canada, l'autre pays de la BD ? On pourrait le croire en lisant cet album de Seth. Il imagine une ville, Dominion, et un club sélect, la confrérie des cartoonists du Grand Nord. Une maison pour accueillir les dessinateurs vedettes du moment. Plongez dans ce monde feutré et totalement imaginaire. Seth raconte la vie des auteurs mais aussi de leurs créations. Et on se surprend à lire ce roman graphique comme un documentaire. Comment ne pas croire à l'existence réelle de Bartley Munn, l'inventeur en 1959 de Koa-Kuk, l'astro-eskimo ? Comment se procurer un album de Canada Jack, un des héros les plus mystérieux du Grand Nord ? Qu'est devenu Pefferlaw, l'auteur d'un unique album, « The Great Machine », BD sur un monde souterrain peuplé de machines inutiles ? Cette histoire c'est un peu le catalogue de toutes les BD que Seth aurait aimé lire en étant jeune. En les citant comme de véritables œuvres, il leur donne une vie, une existence, encore plus formidables que si elles étaient réelles. La première BD sur de fausses BD...

« La confrérie des cartoonists du Grand Nord », Delcourt, 22,95 €