16/02/2018

De choses et d'autres : Les ados passent au papier

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Les ados ne lisent plus. Du moins, ils ne lisent plus de presse papier. Tout pour le net et les réseaux sociaux. Alors pourquoi lancer « Webuzz » un magazine (100 pages, 3,95 €) destiné à ces mêmes ados captivés par les nouvelles technologies, notamment les Youtubeurs ? Peut-être tout simplement pour accomplir une compilation historique avant la lettre.

Dans quelques siècles, quand tous les disques durs contenant les exploits des Norman, Andy et autres Cyprien seront effacés, obsolètes et démagnétisés, dans un placard au fond d’une maison de campagne qui n’a jamais été raccordée à la fibre, on retrouvera cette revue, aux pages un peu jaunies certes, mais qui resteront le dernier témoignage des stars du début des années 2000.

De nos jours, on s’esbaudit devant de vieux exemplaires de « L’illustration » avec gravures d’époques. Et les célébrités du siècle dernier ont sombré dans l’anonymat. Ce qui ne manquera pas d’arriver aux stars du web actuelles. D’autant que « Webuzz » donne des conseils pour « cartonner avec ta chaîne » (YouTube). À moins que la revue ne soit en réalité destinée uniquement aux parents. Enfin, ils vont comprendre le jargon de leur progéniture. Il y a même un quizz destiné aux vieux (toute personne majeure pour ce genre de public), histoire de les tester et surtout de « rire un bon coup à leurs dépens ! »

Non seulement on ne comprend rien à ce qu’ils racontent, mais in fine c’est pour se moquer de nous. Jeunes, connectés et méchants en plus ! 

19/10/2016

Livre : Mickey décortiqué

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Ambitieux livre que cette « Face cachée de Mickey Mouse » de Clément Safra. Ce spécialiste du cinéma hollywoodien va beaucoup plus loin que l'analyse de l'animation ou des évolutions graphiques de la célèbre souris imaginée par Walt Disney. Dans ces 200 pages richement illustrées, il aborde des thèmes plus spécifiques et pointus comme sa comparaison avec des acteurs de chair et de sang ou l'anthropomorphisme de cette Amérique animée. En réalité, ce livre nous apprend aussi que la carrière de Mickey est relativement brève. Héros de films courts destinés à être diffusés en ouverture des long-métrages, il n'a jamais eu son grand film à lui. Une volonté de Walt Disney, selon l'auteur, qui a préféré conserver sa « mascotte » comme symbole de sa société de production. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, Mickey n'est plus qu'un Logo formé de trois cercles qui nous fascinent.

« La face cachée de Mickey Mouse », éditions Vendémiaire, 25 euros

 

 

24/04/2016

DVD et blu-ray : Que la Force envahisse votre télé

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Après la conquête du monde à travers les salles obscures, le septième volet de Star Wars débarque chez vous, en blu-ray et DVD. Un peu plus de 10 millions de spectateurs ont acheté un ticket pour aller découvrir la suite très attendue de la saga de George Lucas.

Cinq mois après sa sortie au cinéma, le film de JJ Abrams s'attaque au marché du DVD et du blu-ray. Une déferlante impressionnante part à l'assaut des foyers français. Impossible d'éviter le phénomène, même dans les coins les plus reculés des campagnes. Petit rappel : une vingtaine d'années après la fin du premier cycle, la République se bat toujours pour la liberté. À la tête des armées, la Princesse Leia joue son rôle de force tranquille. Le côté obscur est mené par Snoke avec pour factotum Kylo Ren (Adam Driver). Pour le contrer, la jeune Rey aidée de Finn, un soldat renégat. Le trio de "jeunes" face aux trois anciens. Si Han Solo joue un rôle central et continu, Luke Skywalker n'intervient qu'en dernier ressort, comme pour donner l'envie de voir la suite.

Le scénario ne brille pas par son originalité, mais est le plus fidèle aux trois premiers films de George Lucas. La nostalgie joue à fond, avec cependant suffisamment de nouveautés pour attirer les jeunes spectateurs. Cette édition vidéo propose quantité de bonus (uniquement avec le blu-ray). On peut notamment découvrir quelques scènes coupées qui n'apportent rien à l'intrigue, mais prouvent combien JJ Abrams s'est investi dans ce projet dantesque.

Très instructif également la genèse de BB8, le robot rond et véloce, fidèle à Rey et parfait dans le rôle de compagnon numérique. On apprend notamment qu'il est né sur un coin de nappe, de la main même du réalisateur et comment il est animé par des marionnettistes surdoués.

 

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Trois conditionnements

 

Le réveil de la Force bénéficie de trois conditionnements. Le DVD est le moins cher mais il n'y a aucun bonus. Donc réservé aux rares qui n'ont pas déjà vu le film lors de sa sortie. Les bonus sont par contre très copieux pour la version blu-ray. De plus la haute définition est préférable pour un film bourré d'effets spéciaux. Sur le blu-ray réservé aux bonus, un long documentaire sur le « réveil de la saga », quelques scènes coupées et surtout un reportage sur la première lecture du scénario, avec autour d'une table les anciens et les nouveaux personnages. Les passionnés feront certainement l'acquisition de ces même blu-ray, mais dans un boitier métal du plus bel effet. Par contre, il ne semble pas exister encore de version 3D ou 4K.

 

 

Rendez-vous le 14 décembre

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Depuis son rachat par Disney, l'univers Star Wars est très présent. La machine, lancée par le 7e volet, est également l'occasion de développer des histoires parallèles. Si l'épisode 8 est attendue fin 2017, les fans ne resteront pas sur leur faim avec dès le 14 décembre 2016 la sortie de « Rogue One ». Situé entre les épisodes III et IV de la saga originelle, ce film de Gareth Edwards (Godzilla) racontera comment un commando rebelle se lance dans une mission pour voler les plans de l'Etoile Noire. L'occasion de découvrir de nouveaux personnages, de retrouver des robots connus et peut-être d'en savoir un peu plus sur l'origine de Rey...

 

 

20:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : star wars, disney, lucas, dvd

09/03/2016

BD : Mickey, l'éternel inspirateur

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Qui n'a pas rêvé, enfant, en lisant des histoires de Mickey dans le journal éponyme ? Ou en vibrant devant ses dessins animés ? Le personnage, imaginé par Walt Disney, a rapidement été confié à de multiples dessinateurs pour une présence massive dans les innombrables revues portant son nom. Des 'exécutants' rarement identifiés car il n'y a qu'une seule signature, celle de Disney. Pour la première fois, le personnage va vivre des aventures sous les plumes et pinceaux de créateurs aux parcours riches et personnels. Entre l'hommage et la réinterprétation du mythe, deux premiers albums viennent de sortir. D'un côté Trondheim et Kéramidas, de l'autre Cosey. L'auteur suisse de Jonathan a particulièrement réussi son coup dans l'exercice imposé. L'histoire se déroule au cours des années 20 aux USA. Mickey vivote en écrivant les scénarios de films comiques où les vedettes sont des animaux. Mais son producteur veut de la tragédie, de l'amour, du Shakespeare. Dans un train, en pleine nuit, une mystérieuse femme s'assoit à côté de lui. Coup de foudre ? L'album intitulé 'Une mystérieuse mélodie' est sous titré 'Comment Mickey rencontra Minnie' ne laisse que peu de suspense sur la fin. Le trait de Cosey, rond et épais, permet avec une incroyable économie de moyens de faire passer une foule d'émotions et d'attitudes. L'histoire a la douceur ety la simplicité de l'Amérique de ces années où personne ne craignait l'avenir. Un petit bijou qui saura plaire aux amateurs de Disney comme à ceux qui considèrent, à juste titre, Cosey comme un grand dessinateur trop souvent cantonné dans un certain style.

'Une mystérieuse mélodie', Glénat, 17 euros

 

16:22 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : disney, mickey, cosey, glénat

18/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Star Wars VII, fort, très fort !

 
Beaucoup de nostalgie, encore plus de combats (dans l'espace et à terre, avec des sabres-lasers), quelques rebondissements, une fin très ouverte : Le réveil de la Force, épisode VII de la saga Star Wars n'a rien du chef-d'œuvre immortel, mais plaira à toutes les générations.
J.J. Abrams, le réalisateur, a essentiellement voulu jouer avec les mythes de sa jeunesse. Sur un canevas presque imposé, il pose ses personnages, ressort de la naphtaline quelques madeleines intergalactiques ou "vieux tas de ferraille" et multiplie les références aux épisodes précédents.
N'attendez pas que je vous révèle les nœuds de l'intrigue. Je ne vous imposerai pas ce que j'aurais eu horreur de subir. Mais comme on s'en doutait un peu, un personnage emblématique de la saga meurt dans cet épisode. Il vaut mieux également réviser l'arbre généalogique des six précédents films pour démêler convenablement les liens de parenté entre les uns et les autres.
Avec un sacré brio, J.J. Abrams instille beaucoup d'émotion dans ce 7e volet. Il peut remercier ses acteurs, anciens comme nouveaux, pour des performances irréprochables. Parmi les nouveaux venus, Oscar Isaac semble sous-exploité, ce qui n'est pas le cas de Daisy Ridley et John Boyega. Quant à Adam Driver, dans un genre radicalement différent, il se révèle aussi bon que dans "Girls", la série de Lena Dunham.
Saluons enfin la fidélité de J.J. Abrams pour certains compagnons de route comme Greg Grunberg (Alias, Super 8, Star Trek) ou Ken Leung (Lost, Person of Interest). On aura beaucoup de plaisir à les retrouver dans l'épisode VIII.

16/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Luke Skywalker pour toujours

Mark Hamill personnifie pour toujours Luke Skywalker. Quasiment inconnu quand George Lucas le choisit pour incarner la vedette de son nouveau film, Star Wars, Hamill n'est pourtant pas un débutant. Il a derrière lui des dizaines d'apparitions dans des séries télé et des téléfilms. Par contre il n'a pas du tout percé au cinéma. Le réalisateur visionnaire, contre l'avis de ses producteurs, ne veut pas de stars dans son film. La véritable vedette doit être l'histoire et les effets spéciaux. Mais le succès aidant, les trois principaux rôles propulsent leurs interprètes au sommet.
Si Harrison Ford a parfaitement négocié l'après Star Wars, Carrie Fisher a rencontré un peu plus de difficulté pour continuer d'exister artistiquement. Quant à Mark Hamill, il est presque tombé dans l'oubli, multipliant les séries B et les doublages voix. Un acteur un peu fantasque, qui a frôlé la catastrophe à la fin du tournage du premier épisode. Selon la légende, un accident de voiture l'aurait quasiment défiguré. Il n'a pu revenir dans L'empire contre-attaque qu'après de longues opérations de chirurgie esthétique. En réalité il s'est cassé le nez, ce qui a surtout atténué son air poupin.
Le secret absolu préservé par la production autour du Réveil de la Force, à l'affiche dès demain, concerne aussi le rôle de Luke. Pas une seule photo n'a filtré. Simple apparition ou présence importante ? Tous les passionnés se demandent surtout si le Jedi ne serait pas passé du mauvais côté de la Force. Ce serait un coup de théâtre digne de J. J. Abrams, le réalisateur. 
Réponse aujourd'hui...

15/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Nostalgie étoilée

A chacun ses madeleines. Si d'aucuns se souviennent avec nostalgie de Thierry La Fronde et du Vélosolex, mon panthéon de bons souvenirs se place dans un autre registre. Mes goûts me portent sur la revue Métal Hurlant, les ordinateurs Amstrad, les sabres-lasers et la trilogie Star Wars. Cette dernière tient une place à part dans mon imaginaire. Trop jeune pour voir les deux premiers films au cinéma, je n'ai découvert la saga qu'avec l'ultime épisode, "Le retour du Jedi" (que j'ai, honte à moi, orthographie Djedaï dans un fanzine en 1983). Mercredi, l'épisode VII de Star Wars sera enfin sur tous les écrans. Un succès planétaire annoncé qui a tout du marketing commercial. Et pourtant...
A 50 ans passés, je bous d'impatience de replonger dans l'univers de la "Force". Oubliés les attentats, les élections et la COP 21. Une seule chose m'importe : que devient Luke Skywalker (Mark Hamill) dans le film de J. J. Abrams et à quoi ressemble Adam Driver en Kylo Ren, le nouveau "grand méchant" qui a le lourd privilège de remplacer Dark Vador.
Pour patienter, je relis le très informé "Star Wars décrypté" de Fabrice Labrousse et Francis Schall. Ce pavé de 650 pages regorge d'anecdotes souvent méconnues. On apprend par exemple que le bourdonnement du sabre-laser imaginé par Ben Burtt est "la combinaison du moteur d'un vieux projecteur et des parasites captés par le tube cathodique de son téléviseur, parasites générés par le câble défectueux de son magnétophone". Vivement mercredi pour entendre de nouveau ce son.

14/10/2015

DVD : Manipulation du futur

Comment rendre notre avenir plus serein ? 'A la poursuite de demain', entre SF et utopie, tente de nous ouvrir les yeux.

De quoi demain sera-t-il fait ? Tout le monde se pose la question à un moment ou un autre. Rares sont ceux qui trouvent un embryon de réponse. Pourtant il existe quelques êtres sur cette planète qui ambitionnent de façonner ce futur en fonction de leurs rêves. 'A la poursuite de demain', grosse production Disney réalisée par Brad Bird et produite, entre autres, par Damon Lindelof qui a eu l'idée de base, s'intéresse à ces doux rêveurs, inventeurs ou grands optimistes, qui ont cette capacité à se projeter dans l'avenir.

clooney, lindelof, disney, demain, poursuite, tomorrowlandLe premier est Frank Walker. En 1962, il débarque de sa campagne pour participer à un concours d'inventions au sein d'un parc à thème Disney. Il n'est pas retenu, mais une petite fille, Athena (Raffey Cassidy), lui donne un pin's, porte d''entrée vers Tomorrowland, une ville du futur. Début très spectaculaire du film, avec des décors à couper le souffle. Suite de l'histoire de nos jours. Casey Newton (Britt Robertson) vit près de la base de Cap Canaveral. Elle rêve d'aller dans les étoiles. Mais la plateforme de lancement est en plein démontage. Le cosmos ne fait plus rêver. Elle aussi découvre un pin's dans ses affaires. Mais il est beaucoup plus compliqué de rejoindre la ville du futur. Elle devra emprunter un passage secret élaboré par Franck (George Clooney), devenu adulte.

Ce blockbuster est riche et inventif. Si l'héroïne semble un peu fade, le personnage de Franck est très réussi. Vieux bougon, il a perdu cet optimisme de l'enfance. La révélation reste la petite Athena, en réalité un robot chargé de recruter des rêveurs... Elle apporte humour et action à un film tout public. Mais la véritable bonne idée c'est la description de l'organisation ultrasecrète baptisée 'Nec Plus Ultra'. Ce club de visionnaires, avec Verne, Edison, Tesla et Eiffel en fondateurs, donne un côté vintage au film par ailleurs très futuriste. Dans les bonus du blu-ray, on peut en savoir plus grâce à un court-métrage spécifique. Des bonus très riches avec également des scènes coupées, des reportages sur le tournage et le journal de bord du réalisateur.

'A la poursuite de demain', Disney, 19,99 euros le DVD, 25 euros le blu-ray.

 

25/06/2015

Cinéma : Dans la tête d'une petite fille avec "Vice Versa"

Formidable idée que celle de « Vice Versa ». Les émotions d'une petite fille sont personnalisées dans son esprit. Un dessin animé plus adulte qu'il n'y paraît.  

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Riley a 11 ans. Fille unique, elle a tout pour être heureuse. Des parents aimants, des amis fidèles, une passion pour le hockey sur glace et une propension à rêver, insouciante. Si cet épanouissement semble naturel, il doit en fait beaucoup aux émotions qui coordonnent l'esprit de Riley depuis le poste de commandement de son esprit. Les cinq premières minutes de « Vice Versa » expliquent comment cela fonctionne. Cinq émotions principales sont à l'œuvre en permanence. Peur, Colère, Dégoût, Tristesse et Joie. Cette dernière est la dominante de l'humeur de Riley. Virevoltante, toujours à l'affût de trouvailles pour embellir le quotidien de la petite fille, elle fait tout pour que chaque journée soit réussie et se termine par de bons souvenirs. Généralement, c'est très facile. Mais à 11 ans, Riley n'est plus tout à fait une petite fille sans encore être une adolescente. Cela bouillonne dans sa tête parfois, Colère l'emporte, Dégoût a son mot à dire aussi.

Alors quand les parents annoncent à Riley qu'ils vont quitter leur Minnesota un peu perdu pour s'installer à San Francisco, Joie tente de conditionner Riley pour qu'elle profite de ce changement. Mais dans les faits, les contraintes sont les plus fortes. La maison est moins belle, les amies sont trop loin, les écoliers sont hostiles et sa chambre sinistre. Rien ne va plus dans le centre de commandement. Malgré tout son enthousiasme, Joie semble dépassée. Et Tristesse prend le dessus involontairement. La personnalité de Riley va-t-elle être changée au point de perdre tous ses repères, tant sur le plan familial qu'en terme d'amitié ? Tout le suspense du film est dans cette course contre la montre de Joie.

 

Deux univers

L'idée du film est venue à Pete Docter (réalisateur de Là-haut) en regardant ses enfants grandir. Et de se demander souvent, face à leurs réactions parfois déroutantes, « Mais que se passe-t-il dans leur tête ? » Et d'imaginer l'esprit de Riley, fonctionnant comme un gros ordinateur piloté par plusieurs entités. Les deux mondes ne se rencontrent jamais, mais sont totalement interdépendants. Deux univers, deux styles pour un même film. Si Riley est animée de façon très classique, les cinq émotions sont elles beaucoup plus cartoonesques. Couleurs criantes (vert brocolis pour Dégoût), formes caractéristiques (Colère est carré comme une brique, Peur filiforme et fuyant comme un serpent) et exagérations sans limites caractérisent l'esprit de Riley. Même si en théorie c'est le monde de l'infiniment petit, c'est là que les décors les plus gigantesques sont créés, des îles de la personnalité au monde de l'imaginaire en passant par le pays des rêves. Toutes les possibilités de l'animation sont exploitées dans ces séquences particulièrement réussies.

Mais « Vice Versa » reste un film intelligent et pédagogique, d'une grande utilité pour les parents. Il décortique le fonctionnement de la pensée, la construction d'une personnalité, comment on parvient à surmonter ses peurs et déceptions. Et quand l'émotion prend le dessus sur l'humour, on sait que l'on se trouve face à un petit chef-d'œuvre de subtilité.  

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Les voix de l'esprit

 

vice versa, pixar, disney, joie, tristesse, peur, dégoût, colèreLes émotions qui évoluent dans l'esprit de Riley, la petite fille, bougent, s'agitent et surtout parlent. Le casting voix du film est donc essentiel pour la réussite d'un tel film. Dans la version française, les producteurs ont fait le choix d'acteurs en plein devenir. Joie, qui a le rôle le plus important et le plus compliqué revient à Charlotte Le Bon. La jeune Canadienne, ancienne Miss Météo à Canal+, met tout son dynamisme au service de cette tornade qu'est Joie. Tristesse, l'autre personnalité essentielle du film, est « interprétée » par Marilou Berry. Timide, hésitante, toujours désolée, elle est tout en retenue. Autant Joie peut hurler et chanter, autant Tristesse pleure et gémit. Le duo fonctionne idéalement. Durant une bonne partie du film elles sont perdues dans la mémoire centrale de Riley, impuissantes face à ses changements de personnalité, perdues dans ce dédales de souvenirs inutiles.

 

Pour Peur, Pierre Niney est méconnaissable, Mélanie Laurent apporte la distinction et le dédain nécessaire à Dégoût et Colère explose grâce aux jurons de Pierre Lellouche. Enfin Didier Gustin apporte sa fantaisie à Bing Bong, l'ami imaginaire de Riley, mélange d'éléphant et de chaton avec un corps en barba-papa...

29/04/2015

DVD : Lumineuse princesse

Simplement beau, « Le conte de la princesse Kaguya » est un dessin animé à l'ancienne

 

princesse, kugoya, takahata, disney, ghibliUn coupeur de bambou découvre dans le tronc d’un arbre lumineux une minuscule princesse qui tient dans ses mains. Il la ramène à la maison pour la montrer à sa femme. Instantanément la princesse se transforme en bébé rieur. Le couple décide d’élever cette fillette qui semble venue tout droit du soleil. Ce célèbre conte japonais est adapté pour la première fois sous forme d’un long-métrage. Isao Takahata est à la réalisation. Un retour plus de dix ans après « Mes voisins les Yamada ». D’une étonnante longueur (plus de deux heures), ce film bénéficie d’une technique particulière. Des couleurs chaudes, beaucoup d’aquarelle, des mouvements fluides : c’est du grand art. L’œil est sans cesse ébloui par la beauté des scènes.

La première partie se déroule à la campagne. Kaguya, qui n’a pas encore de nom, n’est qu’une fillette surnommée par ses camarades de jeu « Pousse de bambou ». Elle s’émerveille en découvrant les animaux (insectes compris), profite du soleil et de l’insouciant temps de l’enfance. Son problème : elle grandit beaucoup plus vite que tout le monde. En moins d’une année elle est devenue une charmante jeune fille. Ses parents adoptifs lui offrent une grande maison dans la capitale, de beaux habits et des cours de maintien. Elle sera princesse et promise à un beau mariage.

Cette opposition entre la liberté des gens simples et les contraintes des riches donne une bonne idée des rigidités de la civilisation japonaise. Mais il n’est pas facile de devenir une princesse quand on a connu les joies de l’insouciance.

S’il intéressera les jeunes, ce dessin animé est beaucoup plus une réflexion philosophique pour les adultes et leur volonté de « façonner » leur descendance. Mais au-delà du discours, il y a la forme. Takahata réalise sans doute son chef-d’œuvre. Le DVD offre quelques bonus comme les différentes bandes-annonces et les spots TV, mais rien sur la réalisation elle-même. Dommage, on aurait aimé savoir comment les animateurs sont parvenus à obtenir cette fluidité d’image tout en conservant un trait classique et lumineux.

 

 

« Le conte de la princesse Kaguya », Disney et Studio Ghibli, 17,99 euros le DVD, 22,99 euros le blu-ray