28/11/2017

BD : Soigner ou tuer, pourquoi choisir ?


Ralph Meyer, Belge installé en Catalogne, ne s’inspire cependant pas des paysages méditerranéens l’entourant pour planter le décor de sa série Undertaker que l’on peut cataloguer dans le genre western. Au contraire, dans le 4e album « L’ombre d’Hippocrate », suite et conclusion de « L’ogre de Sutter Camp », il n’y a que froid, humidité et forêts. Le héros, Jonas Crow, croque-mort itinérant, ancien soldat nordiste, se retrouve face à un de ses pires cauchemars. Quint, chirurgien, fou en liberté, maniant la psychologie et le chantage aussi bien que ses bistouris et sa scie à amputer, a enlevé Rose, cette femme que Jonas ne voudrait pas aimer. Il va pourtant tenter de la retrouver, de tuer Quint même si son alliée de circonstance, une Chinoise dure au mal est plus philosophe que son aspect de petite femme boulotte le laisse penser. Xavier Dorison déroule son intrigue, multipliant les coups fourrés dans les décors grandioses de ces Rocheuses désertes et hostiles. Décors magnifiés par Ralph Meyer, particulièrement à l’aide dans ces compositions minérales et organiques.
➤ « Undertaker » (tome 4), Dargaud, 13,99 €

09/02/2017

BD : Undertaker, la renaissance du westernt

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Après un tome 2 se passant exclusivement dans une mine désaffectée au cœur du désert (sorte d’hommage à Blueberry), Jonas Crow, l’Undertaker met le cap au Nord vers l’Oregon, là où la civilisation prend fin. Ce croque-mort, accompagné de son vautour apprivoisé, se lance sur les traces de l’ogre de Sutter Camp, un chirurgien derrière qui se cache un redoutable tueur en série. Jonas n’est pas seul, il a gagné dans ses précédentes aventures deux associées : la jolie nurse britannique mais très torturée Rose, et Madame Lin, une Chinoise qui cache bien son jeu (experte en armes et redoutable en négociations pécuniaires). Changement de décors pour Ralph Meyer, le dessinateur de la série écrite par Dorison. Forêts humides, boue, petit village et surtout beaucoup de sang sur la piste du « méchant ». Rose sera une proie de choix pour ce sadique d’anthologie. Une des meilleures séries de ces dernières années, qui réinvente le western et rencontre un immense succès tout à fait mérité.

➤ « Undertaker » (tome 3), Dargaud, 13,99 €

 

 

30/08/2016

BD : mythologie indienne

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Comment puiser dans la mythologie pour renouveler le western ? Xavier Dorison, scénariste d'Ulysse 1781 a trouvé la solution. Le héros, un mercenaire téméraire, est chargé de convoyer à travers les montagnes de cette Amérique du Nord encore sous la coupe des Anglais un bateau sur roues. Mais son équipage s'aventure dans une vallée maudite et il doit affronter un Wendigo, esprit sacré indien incarné dans un géant. Dessiné par Hérenguel, le second tome de cette série prometteuse est presque entièrement consacré au combat entre Ulysse et le monstre. Beaucoup d'action et des décors gigantesques dans ces 50 pages se terminant par un double rebondissement, pour Ulysse mais également pour sa femme, restée en ville et convoitée par d'infâmes soldats britanniques.

« Ulysse 1781 » (tome 2), Delcourt, 15,50€

 

 

23/08/2016

BD : "Red Skin", une héroïne en rouge vif

 

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Capitalistes numérotez vos acabits, « Red Skin », la justicière communiste débarque aux USA. Écrite par Xavier Dorison et dessinée par Terry Dodson, cette série entre humour et glamour, brocarde les histoires de superhéros et les bondieuseries américaines. Red Skin c'est Véra Yienikof, espionne au service de l'URSS à la fin des années 70. Envoyée en mission en Californie, elle doit favoriser la signature du traité de désarment Salt. Sa couverture ? Assistante d'un réalisateur de films pornographiques. Un rôle loin de déranger la belle soviétique qui, en dehors de siroter de la vodka, aime particulièrement faire l'amour où et quand et avec qui elle veut. Sur son chemin se dresse Le Charpentier, catholique intégriste. Un combat homérique l'oppose donc à la justicière communiste armée d'un marteau et d'une faucille. Ce récit plus savant qu'on ne le croit, bénéficie des dessins de Dodson, expert en jeunes femmes dénudées pour le plaisir des yeux de ses nombreux lecteurs esthètes (et un peu salaces...).

« Red Skin » (tome 2), Glénat, 14,50€

 

09:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : red skin, dorison, dodson, glénat

09/11/2015

BD : La bible ou l'épée, choix crucial pour "Le maître d'armes"

 
Toutes les guerres ont pour origine la religion. Une évidence qu'il ne faut cesser de rabâcher aux générations futures. En vain malheureusement, les conflits se multipliant un peu partout dans le monde. Actuellement les chiites et les sunnites se mènent un combat à mort au Moyen Orient. Comme pour faire oublier le conflit entre Juifs et Palestiniens à quelques centaines de kilomètres de là. En Europe, nous sommes souvent enclins à donner des leçons mais notre histoire prouve que ces querelles de paroisse ont également provoqué des milliers de morts au fil des siècles. Prenez la fin du Moyen Age. Le clergé catholique règne en maître absolu. Mais quelques croyants ne se reconnaissent plus dans cette religion qui donne tout à une petite minorité. Ce sera la Réforme, début du protestantisme. Dans « Le Maître d'armes », écrit par Xavier Dorison et dessiné par Joël Parnotte, ont découvre les prémices de cette sanglante répression. A la base, des érudits veulent que la parole de Dieu soit directement accessible par tous. Enlever l'intermédiaire des religieux. Pour cela il suffit de traduire la Bible en « vulgaire », nom donné au français compris par la majorité. Rien de bien méchant à priori. Mais cette volonté d'éclairer le peuple ne passe pas auprès de ceux qui ont le pouvoir. Le véritable personnage principal de cette longue BD est la traduction de la bible. Gauvin de Brême, médecin érudit, réformiste, vient de finir son manuscrit. Il doit maintenant le faire parvenir en Suisse où il sera imprimé et largement diffusé. Mais les sbires du clergé le pourchassent. Dans les montagnes du Jura, il va demander l'aide de Hans Stalhoffer, ancien maître d'armes du roi François 1er. Une course poursuite en plein hiver, dans la nature implacable. Si le récit fait la part belle à la prise de conscience de certains hommes et femmes, il montre aussi dans toute son horreur (les dessins de Parnotte sont parfois d'une extraordinaire violence) les exactions d'autres soldats, toujours plus cruels et intransigeants, au nom d'un Dieu qui n'est plus du tout miséricordieux. Une histoire qui se répète, sous d'autres latitudes et pour d'autres raisons, mais à la base le problème est le même : la volonté d'un petit nombre de contraindre la majorité à ne pas penser par elle-même

 

« Le maître d'armes », Dargaud, 98 pages, 16,45 euros
 

11/04/2015

BD : "Undertaker" ou l’or du croque-mort

 

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Pas facile de s’imposer dans l’univers du western. Passer après des génies comme Jijé, Gir ou Hermann pourrait en décourager beaucoup. Visiblement cela n’a pas arrêté Ralph Meyer qui a relevé le défi. Avec brio. Il anime cette nouvelle série écrite par Xavier Dorison avec qui il a déjà conté les aventures du Viking Asgard. Jonas Crow n’a pas d’ami. Il voyage seul dans le désert de l’Ouest américain à la recherche de travail. Il en trouve souvent car son domaine de prédilection est en pleine expansion : la mort. Jonas est croque-mort. Il vient d’adopter un vautour et se rend dans une petite ville minière à la demande d’un certain Joe Cusco. Ce dernier est le propriétaire de l’exploitation qui fait vivre toute la communauté. Malade, il n’entend pas souffrir longtemps. Il engage Jonas pour qu’il l’enterre dès le lendemain dans sa première mine, celle où il a trouvé le plus de pépites d’or. Pour ce qui est de mourir, il a une fiole de poison qui agrémentera parfaitement l’énorme gâteau aux amandes qu’il entend déguster à la fin de son ultime repas. Mais Joe, avant de quitter ce monde si dur, va également ingurgiter toute sa fortune en or pour être enterré avec elle... L’histoire se déroule sur plusieurs plans. Il y a l’intrigue principale sur la convoitise de l’or du mort, les questions autour du passé de Jonas, une critique sociale de la condition des mineurs et pour couronner le tout une jolie Anglaise pour échauffer les esprits de tous les mâles. Passionnant et plein de suspense, cet album vaut aussi (et surtout) pour le dessin de Ralph Meyer. Son nom peut sans problème être ajouté aux trois “maîtres” cités en début de chronique.

« Undertaker » (tome 1), Dargaud, 13,99 euros

 

 

 

22/03/2015

BD : L'odyssée aux Amériques

 

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Illustrant le proverbe qui prétend que ce sont dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes, Xavier Dorison s'est ouvertement inspiré de l'Odyssée pour écrire le scénario de sa nouvelle série. Il a transposé les 12 travaux d'Ulysse dans l'Amérique de la fin du 18e siècle, quand l'Angleterre voyait cette riche colonie se révolter et acquérir son indépendance. Ulysse McHendricks, originaire d'Écosse, a fait fortune en distillant du whisky au bord d'une rivière du nouveau monde. Mais la guerre d'indépendance l'a contraint à prendre les armes. Cela fait des années qu'il combat les tuniques rouges anglaises. Il vit l'aventure aux commandes d'un navire qui a la particularité d'être monté sur roues et d'être tracté par 12 pur-sangs. Dans cette première aventure dessinée par Éric Hérenguel, il doit rejoindre son domaine pour tenter de sauver sa famille. Il prend un raccourci et se retrouve prisonnier d'une vallée hantée par un manitou, un esprit indien sans pitié. Une des plus belles réussites de ce début d'année.

 

« Ulysse 1781 » (tome 1), Delcourt, 14,95 €

07/10/2014

BD : Mutins des tranchées

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En 1917, cela fait déjà trois ans que les soldats français se font trouer la peau dans les tranchées. Le moral des troupes est au plus bas. Les gradés, bien au chaud à l'arrière, se moquent du désespoir grandissant des Poilus. La révolte gronde. Elle prend la forme d'une pétition. Un texte pour que le peuple connaisse la réalité du front. Cette histoire, en partie authentique, est écrite par Dorison et Herzet, deux des plus brillants jeunes scénaristes actuels. Le premier a Long John Silver ou WEST à son actif, le second s'est révélé dans La branche Lincoln. Pour dessiner cette histoire entre cavale dans la campagne bucolique et scènes d'horreur sous les obus, ils ont fait confiance à Cédric Babouche. C'est son premier album, mais c'est déjà un grand professionnel. Passé par l'école d'art Olivier de Serres à Paris, il est professeur de BD et d'animation à l'école Émile Cohl. Ses illustrations en couleurs directes, un peu impressionnistes, apportent beaucoup à l'ambiance du récit.

 

« Le chant du cygne » (tome 1), Le Lombard, 14,99 €

 

14/10/2012

BD : Trafics d'armes du futur dans "Seigneurs de guerre" chez Glénat

 

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Dans un futur très proche, en 2020 exactement, les Balkans sont de nouveau en feu. Belgrade se relève difficilement d'une guerre civile entre Serbes et minorité hongroise de la région de Voïvodine. Après le massacre des troupes d'un dictateur, le chef de la rébellion s'est réfugié dans la ville de Novi Sad. Les soldats de l'ONU ont rétabli le calme, mais ont quitté le pays par manque de budget. En 2020 ce sont des sociétés privées qui assurent la sécurité de certaines zones protégées. « Seigneurs de guerre », série écrite par Guillaume Dorison, raconte cette évolution de la sécurité mondiale. Kali, une petite société tente de gagner des parts de marché. Pour convoyer des médicaments et vivres pour des associations humanitaires, Kali embauche Stéphane Marik, le pilote d'un Méka, ces chars d'assaut d'un nouveau genre et quasi invincibles. Dessinée par Poli et Hostache, avec des décors de Haillot, cette série réaliste oscille entre violence, politique et futurisme. Efficace, elle laisse beaucoup de zones d'ombres dans ce premier tome, rendant l'attente de la suite encore plus forte...  

« Seigneurs de guerre » (tome 1), Glénat, 13,90 €


24/04/2012

"Mary Kingsley" : une vie d'exploratrice chez Glénat

Mary Kingsley, Explora, Exploratrice, Julien Telo, Christian Clot, Dorison, Glénat

Nouvelle collection pour les éditions Glénat. « Explora » entraîne les lecteurs dans le sillage des grands découvreurs de notre planète. Des BD dépaysantes et pleines d'aventures. Deux titres pour l'inaugurer : « Magellan » et « Mary Kingsley ». Si le navigateur est mondialement connu, le parcours de l'exploratrice anglaise est plus discret. Après une enfance sage et les dix premières années de sa vie d'adultes à s'occuper de sa mère malade, Mary Kingsley a profité de la mort de ses parents pour partir en Afrique noire.

Seule, en robe victorienne et protégée du soleil par une élégante ombrelle, elle va s'enfoncer dans la forêt équatoriale du Congo. Elle vivra avec les Fangs, une tribu de cannibales. Elle en tirera des livres qui seront des succès de librairie. Dix années durant elle les défendra, étudiera leurs coutumes et tentera de sauver leur civilisation.

Cette vie d'aventure est dessinée par Julien Telo sur un scénario de Mathieu et Dorison. Un dossier historique élaboré par Christian Clot complète la BD.

« Mary Kingsley », Glénat, 14,50 €