29/09/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Anniversaire gratuit

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Mille cinq cents dollars la chanson. Très rémunérateur si la composition remporte un succès planétaire. La Warner Music, multinationale américaine, a cru conclure une excellente affaire en rachetant en 1988 les droits du cultissime "Happy birthday". Et de partir à la chasse aux utilisations de cette chanson universelle dans la moindre production audiovisuelle.

Un musicien et une réalisatrice préparent un film sur cette fameuse chanson, Warner leur réclame comme de juste 1 500 dollars. Mais comme ils maîtrisent bien le sujet, ils portent l'affaire devant le tribunal.

D'après eux, "Happy birthday" date du XIXe siècle. A la base il s'agit d'une comptine destinée aux jardins d'enfants. Les juges viennent de trancher. "Happy Birthday" est tombée dans le domaine public. L'histoire ne dit pas combien Warner a racheté les droits d'une chanson gratuite...

Une escroquerie comme une autre. Peut-être qu'au moment des négociations, les vendeurs ont fait miroiter les millions de droits sonnants et trébuchants que représente une ritournelle entonnée dans le moindre repas d'anniversaire, quasiment partout dans le monde puisqu'elle a été traduite en 18 langues.

Personnellement, légèrement allergique aux fêtes d'anniversaire (surtout le mien), j'aurais préféré une autre issue au procès. Ainsi, quand mes proches commenceraient à entonner l'air popularisé par Marilyn Monroe dans une version présidentielle torride, je crierais "Stop ! Vous n'allez quand même pas offrir 1 500 dollars au grand capital !".

31/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Tabou, Tintin

Tintin, Hergé, moulinsart, procès, droits, milou

Pas touche à la houppette ! Tintin, tel le dieu de la bande dessinée moderne, est devenu quasiment intouchable. Hergé, avant de mourir, a clairement dit qu'il ne voulait pas que son personnage lui survive. Sa veuve, Fanny, en fait encore plus. La moindre case extraite des albums est considérée comme une œuvre d'art, il est donc interdit de la reproduire sans l'autorisation de la fondation chargée de veiller sur l'héritage. Les avocats des éditions Moulinsart sont sollicités au moindre dérapage.

Dernier exemple en date un blog intitulé "Le petit XXIe", résumant l'actualité forte du jour en une seule image tirée des aventures du journaliste belge. Une idée pas vraiment novatrice, les animateurs du blog, journalistes à Libération, se contentent de prolonger au quotidien le numéro historique paru au lendemain de la mort d'Hergé (le 3 mars 1983), uniquement illustré de dessins du maître de la Ligne Claire.

Si les éditions Moulinsart sont dans leur bon droit, elles ont une nouvelle fois énervé les fans du petit reporter avec un jusqu'au-boutisme quasiment intégriste. Tintin, de héros contemporain, semble se figer dans un carcan passéiste de plus en plus rigide. Là où les majors américaines autorisent les fans à utiliser les images des super-héros (du moment que ce n'est pas pour les dénigrer), Moulinsart bloque toute initiative, même positive.

Cela n'augure rien de bon pour la parution, en 2052, d'un possible nouveau Tintin, une année avant que les droits patrimoniaux ne tombent dans le domaine public.

Chronique "De choses et d'autres" parue lundi en dernière page de l'Indépendant.