28/06/2017

De choses et d'autres : Adjoints fifti-fictifs

Après les emplois fictifs, les secrétaires d’état fictifs ? La question se pose légitimement si l’on détaille les attributions des membres du nouveau gouvernement Philippe. Car dans le genre « chamboule tout », le président Macron en a sorti encore une bonne de sa manche. Certains ministres bénéficient d’adjoints, avec un statut de secrétaire d’état. Ils sont six à suppléer, aider, remplacer (cocher le verbe en fonction des situations) des ministres à plein-temps. Comme si ces derniers, contrairement aux précédents, ne pouvaient pas assumer leurs tâches 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. Dans les entreprises, quand on nomme un binôme à la tête d’un service, c’est clairement pour permettre au « chef » de se reposer le moment venu (vacances ou maladies) sur son « adjoint ». Le second partage tout (ou presque) pour être opérationnel au moindre besoin. Et quand la charge de travail s’alourdit, deux chefs aux manettes ne sont parfois pas du luxe. Du fifti-fifti en somme.
Mais en politique, le concept est nouveau. La confiance n’est pas une pratique très développée dans le milieu. D’autant que souvent les « adjoints », recomposition politique oblige, n’appartiennent pas au même « ancien » bord que les chefs. Comment Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, ex-socialiste, peut-il être d’accord avec « son » secrétaire d’état, Jean-Baptiste Lemoyne, proche de la Manif pour tous ? Dans ce cas précis, Le Drian ne se posant pas en champion de la délégation, il y a fort à parier que Lemoyne se retrouve au placard. Comme s’il ne pouvait s’occuper que de l’Andorre, de la Mongolie et du Vanuatu. Alors, pour le boulot, c’est fifti-fifti ou fifti-fictif ?

22/05/2017

De choses et d'autres : la barbe !

La recomposition politique ne présente pas que des avantages. Prenez le nouveau Premier ministre Edouard Philippe, homme de droite passé par le PS, fils spirituel de Juppé, énarque, maire du Havre et… barbu. Ne croyez pas que cet ornement soit anecdotique.
Au contraire, dès le lendemain de sa nomination nombre d’analystes politiques ont relevé ce détail, comme si désormais ses joues plus ou moins velues prenaient autant d’importance que le fond de sa pensée. Signe de virilité assumée pour certains, de paternité bienveillante pour d’autres, ces quelques poils ont beaucoup fait parler d’eux. Jusqu’à dire n’importe quoi sur l’émergence d’une nouvelle génération de décideurs plus au goût du jour, dans le coup. Pas des hipsters ni des métrosexuels, mais des hommes politiques qui se soucient simplement de leur apparence et ne se rasent pas tous les matins minutieusement en pensant au futur poste important qu’ils espèrent conquérir.
La réalité est peut-être moins belle. Edouard Philippe porte la barbe depuis qu’il est devenu maire du Havre en 2010 à la place d’Antoine Rufenach. Pour se vieillir. Il l’a reconnu. Également pour changer de tête. Dans son parti quelques mauvaises langues trouvaient qu’avec sa calvitie naissante et ses joues lisses, il ressemblait de plus en plus à son mentor Alain Juppé. Car malgré ses 46 ans, le Premier ministre a désormais le cheveu rare. Bref, il utilise sa barbe pour détourner les regards de son crâne lisse. Pour l’instant, le subterfuge fonctionne à merveille. 
(Chronique parue le 22 mai en dernière page de l'Indépendant)

18/05/2017

De choses et d'autres : le grand écart de Nicolas Hulot


Habitué à être sur le devant de la scène depuis ses aventures télévisuelles, Nicolas Hulot a finalement décidé de franchir le pas et de passer aux responsabilités. Longtemps agitateur d’idées, inlassable défenseur de la nature, écologiste pur et dur, il agissait dans l’ombre, avait d’excellents rapports avec les présidentes (Sarkozy puis Hollande), mais n’avait jamais osé se frotter au difficile rôle de ministre.
Emmanuel Macron (ou Édouard Philippe ?) a décroché la lune en persuadant ce « people » de rejoindre le gouvernement. Avec le titre de ministre d’État en plus. Mais avant de prendre les premières décisions, il va falloir qu’il fasse connaissance avec ses collègues. Il ne sera pas évident pour le ministre Hulot de trouver des points de convergence avec son chef direct, le Premier ministre « homme de droite » qui a longtemps travaillé pour Areva, le géant de l’industrie nucléaire.
De même, si l’ancien présentateur d’Ushuaia est sollicité pour soutenir certains candidats de « La république en marche », il pourrait se retrouver en meeting dans le Gard à faire l'article pour Marie Sara face à Gilbert Collard, la Torera qui « pique » des toros contre l’avocat qui défend les hommes. Un sacré grand écart pour ce pionnier de l’écologie médiatique.
Mais le pire serait qu’Emmanuel Macron, lui demande de se charger de la réouverture des chasses présidentielles, une des nombreuses promesses du candidat Macron quand il est intervenu devant les chasseurs français le 15 mars dernier. 
(Chronique parue le 18 mai en dernière page de l'Indépendant)