05/11/2014

BD : l'histoire d'un gros mangeur racontée par Cha et Eldiablo

 

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Cha et Eldiablo aiment faire dans le culinaire. Après le très noir « Pizza Roadtrip » (en cours d'adaptation au cinéma), ils proposent, toujours chez Ankama, « Un homme de goût ». Au Guatemala de nos jours, un riche industriel, grand, fort et musclé, quitte son bureau et rejoint sa luxueuse villa. Son homme à tout faire confirme la venue dans moins d'une heure d'une jeune femme brune. Il se détend un peu et quand la sonnerie retentit, commence à se lécher les babines. Mais la brune attendue est finalement blonde, très maigre et vieille. Le face à face entre Jamie Colgate, policière américaine retraitée et Nekros débute. Elle le neutralise et l'enferme dans la cave. Elle va lui rafraichir la mémoire. Leur premier contact date des années 80. Jamie, nouvellement affectée à Las Suertes, suspecte le directeur du casino local d'avoir fait disparaître quelques joueurs trop chanceux. Une rencontre cuisante pour Jamie qui y perdra un sein et sa place. Elle n'abandonne cependant pas et retrouve la trace de Nekros aux USA, à Cuba, en France et en dernier au Guatemala. Problème, l'homme semble traverser les époques. A Cuba c'était dans les années 50 lors de la révolution et en France vers 1847. Cet album de 65 pages permet à Cha de dessiner quatre époques avec autant de styles différents. Une invention graphique qui ne fait que relever le niveau de cette série très réussie.

« Un homme de goût » (tome1), Ankama, 13,90 €

 

 

 

29/09/2013

BD : Triple adrénaline grâce à Doggybags chez Ankama

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Une dose de survie sur une île déserte, un peu de dame blanche (pas le dessert mais le fantôme du bord de route) et du spectre musulman : tel est le menu éclectique et garanti « violence 100 % graphique » du quatrième volume de Doggybags. Imaginée par Run, cette revue regroupe à chaque parution trois récits d'une trentaine de pages. Hommage aux « pulps » américains, ils font office de défouloir à certains, de banc d'essai à d'autres. Eldiablo écrit la première histoire pour Nicolab. Un riche marchand d'armes fait naufrage sur une île déserte. Il n'est pas seul survivant. Il va redécouvrir les joies de la sélection naturelle en compagnie de son cuisinier russe (2 mètres, 140 kg de muscles) et sa jeune femme. Run est à l'origine des deux autres histoires. Il dessine même « Lady in white » dans cette Amérique profonde rude et sans pitié. Par contre c'est Singelin qui met en images « Geronimo », cauchemar de la traque et de l'élimination de Ben Laden. Réservé aux lecteurs avertis, comme de bien entendu...

 

« Doggybags » (numéro 4), Ankama, 13,90 €


30/07/2013

BD : Singes hurleurs dans "Monkey Bizness" d'Eldiablo et Pozla

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Dans un futur totalement déjanté imaginé par Eldiablo, le scénariste, les animaux ont pris le pouvoir sur terre. Les humains, complètement dégénérés, vivent au fond de la jungle comme des sauvages. Par contre les deux personnages principaux, des singes intelligents et retors, sont radicalement urbains. Un mandrill et un gorille, adeptes de la défonce en tout genre, alcool bien sûr, mais aussi herbe et champignons. De sacrés lascars ces deux, toujours à chercher le coup fumant. Forcément, ils ont quelques ennemis. Quand ils échappent à l'incendie de leur caravane, ils décident de trouver le coupable. Une longue errance, ponctuée de bastons et de fuites. Constitué d'histoires courtes indépendantes, cet album de 130 pages dessiné par Pozla au trait faussement crade, multiplie les personnages excentriques, du cochon maire aimant les jeunes éléphantes au lapin usurier en passant par l'humain décidé à reprendre le domination de la planète. C'est hilarant, percutant, incisif et pas du tout politiquement correct. Un régal !

 

« Monkey Bizness » (tome 2), Ankama, 14,90 €