17/05/2017

De choses et d'autres : Et vive l'Eurovision quand il y a des fesses !


Samedi dernier, des millions de personnes ont communié au son des chansons de l’Eurovision. Communié car on a parfois l’impression qu’il faut être un peu fanatique et sectaire pour apprécier ce dé- filé de chansons horriblement formatées, entre minets branchés, chanteuses à grosse voix et autres particularités régionales. Le seul intérêt, pour moi, résidait dans le long tour des capitales pour entendre les votes des différents pays, de « one point » à « twelve points »... Mais même ça, jugé trop long a été modifié.
Bref, samedi, je n’ai pas regardé. Et aujourd’hui je le regrette. Pas pour le vainqueur, un bellâtre portugais, coiffé comme Julien Doré. Ni la performance de la France, Alma se classant au final 12e, un excellent résultat comparé aux dix dernières années, ni les commentaires de Marianne James, Stéphane Bern et Amir, rarement pertinents et encore moins marrants. Je râle de ne pas avoir été devant la télévision juste pour la prestation de Vitali Sediouk. Un Ukrainien, qui s’est produit chez lui, devant son public. Il n’a pas chanté et son intervention a duré moins de 10 secondes, mais au final, on ne retiendra que lui du show de plus de trois heures. Vitali, à l’entracte, alors que la gagnante de l’an dernier s’époumonait, est monté sur scène, a soulevé le drapeau australien sur son dos et... baissé son pantalon. De belles fesses, en direct, devant des millions d’yeux éberlués. Oui, je regrette d’avoir manqué ce moment...

Alors pour le plaisir, le replay de l'action litigieuse...



(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 17 mai)

14/05/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : L'Eurovision des bizarreries

amir, eurovision, australie, russie, suède

Ce soir, c'est Eurovision (que j'adore, comme vous le savez). Chaque année, des millions de personnes regardent le concours et en France on croira à la victoire tout au long de la soirée, jusqu'au moment fatidique des votes. Selon les spécialistes (oui il existe des spécialistes de ce genre de compétition), Amir, le représentant français, a de fortes chances de l'emporter. Ou du moins de monter sur le podium. Enfin il ne pointera pas dernier... si l'on en croit les bookmakers anglais.

Histoire de ne pas terminer dans les abysses du classement, les sélectionneurs nationaux ont même accepté l'inacceptable : le refrain de la chanson est en anglais.

Bizarre quand on sait que la représentante autrichienne, Zoë Straub, âgée de 19 ans, interprétera "Loin d'ici", un titre aux accents pop et aux paroles bon enfant entièrement dans la langue de Molière.

Autre étrangeté, la favorite de la compétition, d'origine coréenne, chante pour l'Australie. L'île continent se situe pourtant aux antipodes du Vieux monde. Simplement les organisateurs ont accordé une dérogation à ce pays qui, paraît-il, adore le concours. Encore plus bizarre, le métier du candidat russe : quand il ne vocalise pas, il gère une pâtisserie en ligne pour chiens.

Par contre on n'aura pas droit au chanteur bélarus nu avec des loups. Non seulement on lui a interdit cette chorégraphie, mais en plus il a été éliminé en demi-finale. De même la chanteuse moldave et son accompagnateur robot ne seront pas invités à la finale de ce soir.

Bizarre, mais pas trop.

 

01/04/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Hurler avec les loups

biélorussie, loups, nudité, eurovision, ivan

 Depuis tout petit je suis fan du concours de l'Eurovision. Pas pour la musique mais à cause des bizarreries de certains candidats. Chaque année, comme dans tout bon feuilleton, quelques polémiques grondent ou alors un pays sort un artiste on ne sait d'où. Même si souvent on a l'impression que les sélections se déroulent dans les hôpitaux psychiatriques. La Biélorussie semble avoir décroché le gros lot en 2016. En désignant un certain Ivan pour la représenter, le buzz est assuré.

Ce jeune homme filiforme, aux longs cheveux blonds, a tout simplement l'intention d'interpréter sa chanson entièrement nu et accompagné de loups. Tout nu, avec des loups. Difficile de faire plus surréaliste que ce mélange d'à poil et de poils. On a déjà vu le travesti à barbe, les hard-rockers sataniques, le transsexuel israélien, le groupe de trisomiques et autre candidate sans petite culotte, mais des loups, jamais.

Reste maintenant au producteur d'Ivan à obtenir l'autorisation des organisateurs pour faire monter ses animaux sur scène. Pour ce qui est de la nudité, il y a toujours moyen de filmer intelligemment pour cacher l'essentiel. Quant à la philosophie de l'ensemble, elle est expliquée par le fameux producteur, persuadé que son poulain va l'emporter : "Toute personne s'identifie avec une sorte de totem animal. Nous voulons que chacun sente ce délicat équilibre entre l'homme et la nature."

Je ne sais pas ce qu'ils fument en Biélorussie, mais cela me paraît sacrément gratiné. A moins qu'Ivan, en allant baguenauder dans la forêt en compagnie de ses loups préférés, ne soit tombé sur des champignons un peu spéciaux.

09/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Samedi soir, votez pour la barbue !

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Le concours de l'Eurovision de la chanson, demain soir en direct sur France 3, ne semble plus exister que pour provoquer des polémiques à petite ou grande échelle. En France, la chanson sélectionnée, outre ses paroles affligeantes, est suspectée de plagier d'un tube de Stromae. Bien peu de chose à côté de la bombe autrichienne. Conchita Wurst a toutes les chances d'être la candidate la plus attendue. Pas à cause de son prénom, peu autrichien. Ni de son nom ridicule (saucisse en allemand…). Encore moins de sa chanson, "Rise like a Phenix", sirupeuse à souhait. Ce n'est pas non plus contre ses faux cils de 5 cm de long que nombre d'Autrichiens refusent de la soutenir. Non, si Conchita compte tant d'ennemis, c'est parce qu'en plus de sa longue robe de soirée et sa chevelure de jais, elle arbore une superbe… barbe.

En réalité, Conchita a pour patronyme Tom Neuwirth. Ce chanteur de 25 ans, après une première carrière dans un boys band, fait son coming out. Drag Queen jusqu'au bout des ongles, il refuse cependant de se raser la barbe. Voilà comment ce clone transgenre de Céline Dion va attirer tous les regards en Europe le temps d'une soirée. L'extrême-droite autrichienne fulmine. Certains pays de l'Est, notamment la Russie, manquent de s'étrangler. N'oublions pas qu'à Moscou la "propagande homosexuelle" est interdite.

Conchita-Tom s'est longuement expliquée sur sa démarche : "J'ai créé cette femme à barbe pour montrer au monde qu'on peut faire ce qu'on veut de sa vie". Si en plus elle gagne le concours, les pourfendeurs de la théorie du genre risquent de s'étouffer en avalant leur chapelet !

Chronique "De choses et d'autres" parue vendredi en dernière page de l'Indépendant. 

05/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le bon son français ira à l'Eurovision

eurovision, france 3, twin, moustacheSans être voyant extralucide, je vous prédis que la France ne remportera pas le concours de l'Eurovision en 2014. Et si je me trompe et que le groupe Twin Twin finit premier de cette compétition musicale, j'avale ma carte d'identité et demande à être déchu de ma nationalité française. Il y a des limites au déshonneur...

France 3 a donc dévoilé ce week-end le choix du public pour représenter la France au concours prévu le 10 mai au Danemark. Twin Twin, trio hip hop, a tiré le gros lot (quoique) grâce à la chanson "Moustache". Rythmique basique et entraînante, danseuses peu vêtues se trémoussant devant et derrière les musiciens déguisés façon Patrick Topaloff : l'impression générale est bonne. Surtout si on est resté bloqué dans le style années 80.

Les paroles, en français (seul bon point à leur crédit), sont particulièrement "cheap". "Je veux ci, je veux ça", "je donnerais tout pour avoir une moustache". Avec un florilège de rimes riches entre costard et dollar ou dernier étage et femme de ménage. Pas la peine d'épiloguer sans fin : au mieux, c'est nul, au pire, affligeant.

D'autant que cette composition serait le plagiat de deux tubes déjà très entendus. Le début pompe l'air à "Papaoutai" (Stromae), le refrain à "Dur, dur d'être un bébé" (Jordy). Mon oreille musicale ne me permet pas de juger ces allégations. Serge Llado, chansonnier catalan spécialiste des "chansons qui se ressemblent" trancherait avec nettement plus de compétence. Il est vrai que lui, la moustache, il la porte depuis toujours.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. 

29/05/2012

Quand trop de kitch tue le kitch à l'Eurovision...

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Samedi soir, je me faisais une joie de regarder le concours de l'Eurovision, un œil rivé sur les piques caustiques des twittos. Et j'ai été déçu... Le second degré est délicat à manier. Pour se moquer d'un programme, encore faut-il qu'il ait un minimum de substance. Hélas, voilà bien longtemps que cette gigantesque foire de la chanson formatée touche le fond... sans en avoir. Comment se gausser des mamies russes ? Ou de la coiffure de la chanteuse albanaise ? Certains candidats s'avèrent déjà tellement ridicules dans le kitch qu'ils annihilent d'entrée toute critique.

En lisant les tweets sur l'Eurovision, je n'ai pas plus souri qu'en la regardant tout court. Pour être honnête, quelques réflexions sur les gymnastes de la chanteuse française Anggun ont fait mouche. « C'est les pompiers gymnastes qui sautent partout là ? Planquez les bouteilles de champagne » ironise @Nophie alors que @Goethe59 estime que la 22e place de la France (sur 29) c'est parce que « Nos gymnastes étaient trop habillés... Je vois que ça ! ». Anggun n'a récolté quasiment que des éloges. Le choix était bon, la chanson assez entraînante.

Mais selon la majorité des commentateurs, la défaite était inéluctable, notamment car en Europe « la France n'est pas aimée » regrette @Aurelie_Mallow. A la fin du concours, certains comme @NaMy_24 ont demandé le recours suprême : « Hollande devrait retirer les troupes françaises de l'Eurovision. »

(Chronique "ça bruisse sur le net" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi 28 mai)