29/05/2017

De choses et d'autres : aux mamans oubliées

Hier, des millions d’enfants ont souhaité une bonne fête à leur maman. Une tradition vivace malgré son origine douteuse (imposée par Pétain et son triste « travail, famille, patrie ») et sa récupération mercantile. Ces réserves n’empêchent pas les jeunes et moins jeunes de penser à leur mère au moins un jour par an. Et pour ceux qui ont tendance à l’oublier, les écoles sont là pour maintenir l’habitude. Combien de vases informes en argile ou terre cuite, de dessous de plats en pinces à linge et, champion toutes catégories des cadeaux confectionnés avec amour mais qu’on n’osera jamais porter en public : le collier de nouilles. Des macaronis pas cuits évidemment, peints de toutes les couleurs, enfilés sur une ficelle et transformés dans les yeux des petits en gracieux bijou. Laid et inutile, mais ce ne sont pas les agriculteurs du Lauragais, spécialisés dans le blé dur utilisé dans la confection des pâtes qui s’en plaindront. Rien qu’en colliers de nouilles, ce sont deux exploitations qui écoulent une bonne partie de leur production chaque année. 
Des cadeaux pour les mamans, sauf pour celles des élèves de l’école Singelijn en Belgique. Après deux années de réflexion, les professeurs ont décidé de ne pas bricoler les fameux colliers ni d’autres parures en matériaux récupérés. L’explication officielle me semble un peu fumeuse : selon la presse locale, « les classes sont composées de familles hétérogènes : monoparentales, parents décédés, parents qui ne voient plus leurs enfants, couples homosexuels, etc. La confection des cadeaux pouvait donc générer des souffrances chez certains enfants. » En réalité, je suspecte un enseignant brimé qui par ce refus, se venge de sa maman. 

05/01/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Fêtes décalées

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Les fêtes de fin d'année riment avec surconsommation. On achète des jouets pour les enfants et des mets rares (et chers) pour nos estomacs en mal de changement. Les fruits exotiques donnent un air ensoleillé aux frimas hivernaux, les fruits de mer une odeur forte à la poubelle (le surlendemain).

Mais avant de profiter de toutes ces bonnes choses, il faut se coltiner les courses en grande surface. On a une idée de l'épreuve qui nous attend à l'encombrement du parking. Si vous passez plus de dix minutes à trouver une place, dites-vous bien que vous allez en passer trois fois plus à faire la queue aux caisses. Après vous être fait copieusement bousculer, rouler sur les pieds et chiper votre place à la poissonnerie…

Pas courageux pour deux sous, je préfère éviter ce type d'épreuve. D'un commun accord avec mon épouse, nous réveillonnons à minima. On se réserve pour après. Gueuletonner en décalage ne présente que des avantages. Non seulement les supermarchés sont quasi déserts, mais on peut en plus acheter des produits frais avec un beau rabais. Un chapon pour moins de 15 euros, une bourriche d'huîtres dans le même ordre de prix, du foie gras bradé à -50 %, sans compter les chocolats qui ne tiendront pas jusqu'à Pâques. Le choix est vaste, les économies gigantesques.

Et de toute manière, une crise de foie le 1er janvier est tout aussi douloureuse que celle qui vous menace le 4. Dernier avantage, si elle est vraiment carabinée, vous pourrez ne pas aller bosser ce lundi...

26/12/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le repas des relous

Noël, en plus des cadeaux, est l'occasion de réunir toute la famille autour d'un excellent repas. Pour beaucoup, le sentiment est mitigé. La statistique implacable : chaque famille comprend au moins un le cas désespéré, celui qui parvient toujours à casser l'ambiance et transformer la fête en règlement de comptes sanglant. De la vieille tante acariâtre au cousin un peu simplet en passant par le beau-père graveleux ou au nouveau petit ami de la nièce (le cinquième en deux ans) qui veut devenir footballeur professionnel (non pour la beauté du sport mais pour se payer une Ferrari) le choix est large. Parfois ces grandes tablées rappellent furieusement les travées de l'Assemblée nationale, pour le côté invectives et impossibilité de débattre. Saluons au passage l'idée du gouvernement : il vient de publier une sorte de bingo « spécial repas de famille ». Si vous soutenez l'action de Manuel Valls, vous saurez désormais quoi répondre quand la tata regrette que « le gouvernement n'aime pas les familles » ou que Norbert, autoentrepreneur en cours d'installation depuis deux ans, se lamente : « l'État ne fait rien pour les patrons ». Des réponses circonstanciées vous permettront de clouer le bec à ces malotrus. Et vous vous prendrez pour un ministre en pleine campagne média chargé de relayer les « éléments de paroles » dispatchés par des conseillers grassement payés. Je ne suis pour autant pas convaincu que l'initiative soit très suivie. Vu la conjoncture (chômage, impôts, affaires...), les derniers socialistes préféreront sans doute laisser passer l'orage et la jouer profil bas. 

12/11/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Jours fériés

Hier nous étions le 11 novembre, jour férié depuis près d'un siècle. Mai et novembre même combat : ce sont les mois cruciaux pour poser ses congés et RTT avec intelligence et transformer un jour de récupération en méga week-end de quatre jours.

Ce sport national est cependant moins pratiqué en novembre. La faute au temps maussade. Et puis sur les deux jours fériés de novembre plane cette sinistre image de la mort. La Toussaint, passée dans les cimetières et l'Armistice dont l'annonce ne permettra jamais d'oublier les millions de morts dans les tranchées.

Les jours fériés arborent différentes étiquettes. Festif le 14 juillet, symbole de renaissance printanière de Pâques à l'Ascension en passant par le 1er mai.

Après la grisaille de novembre, place aux deux jours préférés de l'année : Noël et le Premier de l'an. La fameuse trêve des confiseurs fait rêver petits et grands. Pourtant le temps y est souvent plus froid et mauvais encore, mais la magie des fêtes de fin d'année agit avec une étonnante régularité, malgré la crise. On couvre ses enfants de cadeaux à Noël. Surtout on fait bombance. Après s'être serré la ceinture durant de longs mois, toutes les folies gustatives sont autorisées. De la langouste aux fruits exotiques, du champagne aux grands crus. Certains se payent même des réveillons hors de prix.

Une frénésie de consommation, qui, si elle durait deux mois de plus, résoudrait tous les problèmes économiques juste par un surcroît de consommation. Vous aimez votre pays ? Vous voulez le sortir de l'ornière ? La solution est simple et pas du tout désagréable : prolongez les fêtes jusqu'en mars !

15:28 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes, noel, mai, novembre, pont

02/01/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Savourez le moment

L'avantage des fêtes de fin d'année, comme de la gueule de bois, c'est que cela dure toujours un peu plus longtemps qu'espéré. Une fois Noël passé, youpi, on remet ça pour le Nouvel an. Et arrivé au premier jour de la nouvelle année, on est comme aspiré dans un trou spatio-temporel qui ralentit le temps.

Déjà, impossible de se lever tôt. Un peu en raison des excès de la veille. Beaucoup car dehors le calme règne, pas de voiture, aucune agitation. Un silence inhabituel, mais typique du jour férié le mieux suivi dans le monde. Pour les repas, inutile de se casser la tête : les restes feront largement l'affaire. Les enfants, toujours en vacances, s'échinent à franchir un niveau supérieur du nouveau jeu vidéo.

A la télé, en sourdine, de vieilles rediffusions sont proposées. On zappe sans conviction de Cléopâtre à un vieux James Bond. Sans oublier le fameux Bêtisier rediffusé pour la 10e fois en deux semaines. Les deux ou trois coups de fil à des parents proches pour les traditionnels vœux constitueront l'effort le plus violent de la journée, du moins celui exigeant le plus de volonté.

Le 1er janvier par son immobilisme chronique semble bien mal choisi pour se lancer dans des résolutions révolutionnaires. Il est si bon de laisser couler les heures sans se soucier du lendemain.

J'espère de tout mon cœur que vous avez savouré ce moment hors du temps où l'on se contente de si peu. Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais j'ai comme l'impression que le retour à la réalité lundi prochain sera particulièrement rude.