13/03/2017

De choses et d'autres : La baleine morbide

 

Le jeu viendrait de Russie. Imaginé par un psychopathe. Et quand vous jouez sur le net ce n’est pas une personne que vous pouvez manipuler mais des dizaines, des centaines. Sous prétexte de relever des défis, de ceux qui vous donnent le frisson dans une vie quotidienne morne, le concepteur de Blue Whale (en français la baleine bleue) manipule des ados au point de les pousser au suicide.
Tout commence par des échanges sur les réseaux sociaux. Envie de participer à un nouveau challenge excitant ? Accepte de relever 50 défis, un par jour. Au début c’est simple et presque fun comme écrire sur son mur Facebook « je suis une baleine », regarder des films d’horreur durant 24 heures ou se lever en pleine nuit et écouter une chanson spécifique. Petit à petit les épreuves se compliquent. Se durcissent surtout. Scarifications, coupures aux lèvres ou prises de risques inconsidérés comme se tenir assis sur le rebord d’un pont, escalader une grue ou monter sur le toit d’un immeuble. Le cinquantième défi, aussi délirant qu’il puisse paraître consiste tout simplement à se suicider, par pendaison ou en se jetant dans le vide.
Délirant car certains jeunes, pris dans la tourmente, s’exécutent. Les autorités russes estiment à plus de cent en une année les victimes de ce « jeu » morbide. En Angleterre les premiers cas sont signalés. Alors si dans votre entourage, surtout chez les jeunes, vous entendez parler de Blue Whale ou de Baleine bleue, soyez vigilants. 

03/02/2017

De choses et d'autres : Pour une poignée de milliards

facebook,capital,milliards,bénéfices10,2 milliards de dollars de bénéfices en 2016. Les rares voyants qui ont pré- dit l’effondrement de Facebook en sont pour leurs frais (et peuvent changer de métier). Le géant des réseaux sociaux, loin de perdre des parts de marché face aux Twitter, Snapchat et autres gadgets destinés aux plus jeunes, a vu son chiffre d’affaires progresser de 57 % en un an. Bientôt 2 milliards d’utilisateurs « likeront » à tour de bras.

Un rouleau compresseur impossible à arrêter, devenu phénomène de société mondial aussi important que la télévision ou les smartphones à une époque. A la diffé- rence que Facebook ne partage pas le gâteau. L’essentiel des revenus de la publicité présente sur vos pages file directement dans les poches de Marck Zuckerberg et de ses quelques associés. Ne cherchez plus les maîtres du monde, ce sont eux. Cela ne durera pas. Forcément. Ainsi va la vie, une succession de grands bouleversements. Un auteur de science-fiction pourrait en tirer un bon roman.

Dans quelques siècles, après un big bang, des chercheurs extraterrestres découvrent un serveur miraculeusement préservé. Ils extraient les données et reconstituent la vie au début du XXIe siècle. Ils ne voient que chats mignons, chutes de skate, accidents de voitures, photos de vacances et assiettes de nourriture. Travail ? Presque rien. École. Très peu ! Comme si les « faits alternatifs » chers à l’administration Trump constituent déjà la réalité de nos vies virtuelles, seules traces de notre passage sur terre.

29/11/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Si Facebook était une fiction

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 En ces temps peu propices à la grosse rigolade (n'oublions jamais que François Fillon, de Droopy, le chien triste de Tex Avery, s'est transformé en pitbull, incarnation de cette droite qui ne plaisante pas et assume sa dureté) marrons-nous un peu avec ces fausses pages Facebook inventées par Virginie Spies. Un statut en dit souvent beaucoup sur l'humeur du moment. La sémiologue et chroniqueuse de l'Obs résume l'actualité avec des pages Facebook imaginaires. C'est ainsi que hier, François Fillon dit simplement « Je vous ai compris ». Un statut très gaullien aimé par Frigide Barjot et 312 409 retraités. De son côté, Alain Juppé s'abonne à la page « Caisse de retraite ». Plus loin, Manuel Valls souhaite « une bonne semaine à tous ». Si Claude Bartolone aime, François Hollande se contente du commentaire sec « 11 h 45 dans mon bureau » agrémenté du mot-dièse #RasLeBol. Virginies Spies ne se limite pas à la politique, elle adore aussi la presse people. Pour preuve, elle signale que Cyril Lignac vient de rejoindre Tinder, le célèbre réseau social de rencontres amoureuses. Une jolie façon de signaler, par la bande, sa rupture avec Sophie Marceau. Bref, en deux statuts, un commentaire et deux actualités (Fidel Castro est devenu ami du Che Guevarra), cette fausse page Facebook résume parfaitement le week-end. Mais tout est faux. Ce n'est pas pour rien que Virginie Spies l'a nommée « Facebook Fiction ».

14/11/2016

De choses et d'autres : Facebook s'offre quelques petites morts éphémères

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D’un coup d’un seul, deux millions de personnes sont passées de vie à trépas durant quelques minutes vendredi dernier. Un décès éphémère et heureusement virtuel, uniquement sur Facebook.

En tête des profils touchés, un petit mot de condoléances tout à fait dans le ton du réseau social : « En souvenir de (nom du titulaire de la page), nous espérons que ceux qui aiment (prénom) trouveront du réconfort en voyant ce que d’autres partagent en hommage à sa vie. » Certains ont donc découvert qu’ils étaient considérés comme morts. Drôle de surprise que ces « petites morts éphémères » ? « Une terrible erreur » de la société selon les explications des responsables de la communication.

La fonctionnalité « En mémoire » n’est déclenchée que si Facebook est informé de la disparition d’une personne par sa famille et uniquement après que cette dernière ait présenté une preuve du décès. Deux millions de morts d’un coup signifient forcément un gros bug quelque part.

À moins que ce coup d’éclat ne soit l’œuvre d’un pirate car dans le lot des tré- passés figure le fondateur de Facebook. J’imagine le hacker acnéique, terré dans son trou sombre, repu de hamburgers et ricanant telle une hyène au moment de détourner cette fonctionnalité et de l’appliquer à ce Mark Zuckerberg honni, tant à cause de ses milliards que de sa propension à se considérer comme le maître du monde. Ce qu’il est peut-être un peu avec son droit de vie ou de mort sur tous les membres de son réseau. 

10:27 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, mort, mémoire, bug

28/09/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Joyeux anniversaire

anniversaire, facebookDe toutes les fonctionnalités de Facebook, celle des anniversaires est certainement, de mon point de vue, la plus détestable. Certes il n'est pas obligatoire de l'indiquer, mais fortement recommandé par les membres de la communauté virtuelle la plus importante du monde (de tout l'univers connu même, ne soyons pas avare de superlatifs avec ce réseau social). Car la tradition du « Joyeux anniversaire » est particulièrement appréciée par une large majorité des membres. D'autant plus facilement que l'on n'a pas à s'en souvenir, un message d'alerte s'affiche quand vous ouvrez le logiciel. Comme on accumule souvent plus d'amis que de jours dans l'année, on se retrouve quotidiennement avec un ou plusieurs anniversaires à souhaiter.

Jusqu'au jour où arrive le vôtre. Et de compter le nombre de messages reçus. Comme si Facebook servait aussi à mesurer sa popularité. Personnellement, dans la vraie vie, j'ai horreur qu'on me souhaite mon anniversaire. Donc vous imaginez mon désespoir le jour où nombre de mes « connaissances » se sont signalées sur ma page personnelle.

Comment tromper Facebook tout puissant ? Facile, lui expliquer que l'on accuse un an de plus non pas demain, mais depuis la semaine dernière. Cette année, pour ne pas recevoir ces messages impersonnels et faussement hypocrites, la veille de la date fatidique, je me suis vieilli de sept jours. Et dans trois jours, je remettrai la bonne date. Pour les 360 prochains jours.

Ne me blâmez pas, ce petit jeu est innocent. Au moins moi, je ne me rajeunis pas de dix ans (voire plus) comme certains.

(Dans la vraie vie, j'ai reçu un cadeau merveilleux :

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30/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pokémon (livres) Go

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Il ne faut jamais désespérer des modes. Cet été le jeu Pokémon Go a déferlé sur la France. L'engouement pour cette chasse aux bestioles virtuelles finira bien par retomber. Plus intéressant, certains y ont trouvé des idées pour ajouter un zeste de culture. Une directrice d'école belge a décidé d'utiliser les "Pokéstops" (lieux où les Pokémon sont nombreux) pour y déposer les livres en fin de vie de la bibliothèque scolaire. Le principe du bookcrossing combiné à la géolocalisation. Des dizaines de livres aban'donnés' ont leur page sur un groupe Facebook dédié avec la possibilité de savoir où ils ont été déposés et de les suivre à la trace. Car le principe, une fois l'ouvrage lu, est de lui permettre de prolonger son voyage. Une initiative belge concentrée sur la partie francophone du pays.

L'idée a fait des émules en France, notamment en Gironde. Mais le succès est moindre. Plus de 52 000 membres pour le groupe belge contre seulement 83 près de Bordeaux. Mais en une seule journée !

En ces temps de rentrée littéraire, il est toujours bon de saluer les initiatives favorables à la lecture. Plus de 600 romans vont tenter de trouver leur public sur deux petits mois. Il y aura forcément beaucoup de déçus. Alors messieurs les éditeurs, au lieu de confier tous vos invendus au pilon, chargez des brigades de "chasseurs de livres" d'en dispatcher une partie un peu partout en France. Une seconde chance pour certains auteurs et la certitude de donner envie de lire à des hommes et femmes qui n'en ont pas les moyens financiers.

15/06/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Direct macabre

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Dans un cahier, je note les idées susceptibles d'alimenter cette chronique quotidienne. Il y a quelques jours, j'ai découvert sur Facebook cette application intitulée 'vidéo en direct' et qui ambitionne de concurrencer le pionnier, Periscope. J'aurais préféré en parler en d'autres circonstances. Le terroriste qui a froidement tué un couple de policiers lundi soir en région parisienne a diffusé une partie de son forfait sur le réseau social. La mort en direct...

L'outil est d'une simplicité absolue. Il suffit d'avoir un compte Facebook et de se connecter avec un smartphone ou un ordinateur doté d'une webcam. Peu d'adeptes en Europe. Par contre ils grouillent en Thaïlande et au Cambodge. Souvent de très jeunes abonnés qui tiennent des discours incompréhensibles pour le vieil occidental que je suis. Quand ils se filment avec des téléphones portables c'est dans la rue ou au volant. Image de mauvaise qualité, son inaudible, tout cela n'avait que peu d'intérêt. J'attendais encore avant de me décider si le phénomène méritait qu'on en parle. Et puis Larossi Abballa s'est transformé en VRP macabre du service. Moins d'une centaine de personnes a pu visionner sa vidéo qui est restée en ligne quelques heures après sa diffusion. Mais on reste glacé d'effroi quand David Thompson, journaliste à RFI, un de ceux qui l'a vue, raconte : "Le bébé est derrière lui, sur le canapé. Après avoir tué ses parents il dit : 'je ne sais pas encore ce que je vais faire avec lui'". Le pire film d'horreur qu'on puisse imaginer.

15/01/2016

Livre : Le labyrinthe des existences

 

 

Les nouvelles technologies changent-elles la façon d'aimer ? Camille Laurens dans « Celle que vous croyez » raconte un amour aussi fort que multiple virtuel.

 

camille laurens, facebook, folie, gallimardA l'heure des réseaux sociaux et autres sites de rencontres sur le net, l'amour est-il en train de changer, d'évoluer ? Ce sentiment, aussi vieux que l'Humanité, va-t-il survivre à ce changement radical de mode de vie ? Ces interrogations sont en en permanence en filigrane du roman de Camille Laurens. Pour que la magie de l'amour fonctionne, il faut que deux êtres se rencontrent, partagent, apprennent à se connaître. Échanger un regard suffisait pour déclencher un coup de foudre. Aujourd'hui, avant de se retrouver face à l'être désiré, il existe quantité de façons pour mieux l'apprécier, ses défauts et ses qualités. Une sorte d'entretien d'embauche virtuel. « Celle que vous croyez » est un roman gigogne, en trois parties distinctes et autant de possibilités sur la relation amoureuse entre Claire et Christophe. La première partie est un long monologue de la jeune femme. Face à son psy, elle raconte comment elle est tombée amoureuse de cet homme qu'elle a littéralement séduit sur internet, en se façonnant une nouvelle identité. Claire qui est au moment du récit en clinique psy. Folle ? Dépressive ? Suicidaire ? Un peu tout à la fois. Cette femme de plus de 50 ans sort d'une relation avec un jeune et fougueux jeune homme. Jetée comme une vieille chaussette, elle refuse cet état de fait. Veut savoir ce qu'il devient. Pour cela elle va devenir « amie » sur Facebook avec Christophe, son meilleur ami avec qui il cohabite. Pour être sûre d'attirer l'attention de « KissChris », elle devient Claire Antunes, brune de 25 ans, passionnée de photo (Christophe est photographe). Un piège diabolique qui se retourne contre elle. « Ce n'est pas pour rien que cela s'appelle la Toile. Tantôt on est l'araignée, tantôt le moucheron. Mais on existe l'un pour l'autre, l'un par l'autre, on est reliés par la religion commune. A défaut de communier, on communique. » A force d'échanger avec Christophe pour avoir quelques nouvelles de son ex, elle tombe amoureuse de l'ami. Et c'est réciproque. Mais les relations ne sont que virtuelles. Fausses photos, mensonges permanents : la situation dégénère.

 

Roman dans le roman

camille laurens, facebook, folie, gallimardLa seconde partie du roman est le témoignage de Marc, le psy de Claire. Il explique devant ses pairs comment il a dérapé. Une autre version de l'histoire étayée par le début du roman écrit par Claire à la clinique, avec l'aide de Camille, une romancière animant un atelier d'écriture. Dans le roman, la Claire de 50 ans parvient à séduire le véritable Christophe. Sans l'aide de son faux profil Facebook. Mêmes personnages, histoire différent. Le lecteur voit alors d'un nouvel œil la première partie. Mais Camille Laurens n'en a pas terminé de rebattre les cartes. La dernières partie une longue lettre à son éditeur. Elle y parle du roman, des ses sources d'inspirations et de sa façon d'aborder son thème de prédilection : « Je ne désire pas tant la jouissance que je ne jouis du désir. L'amour n'est pas le sujet de mes livres, c'est leur source. Ce n'est pas une histoire que je recherche, c'est le sentiment de vivre, dont écrire sera la défaite, à la fin, et jouir la chute. Désirer un homme, c'est comme rêver au livre : tout est ouvert, immense et chaotique. » Et l'art de la chute, Camille Laurens la maîtrise à merveille dans un petit épilogue qui laissera pantois tous ses lecteurs...

Michel Litout

« Celle que vous croyez », Camille Laurens, Gallimard, 17,50 euros

 

 

 

12/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : La chaîne de l'omelette


Parfois, une immense perplexité me gagne en découvrant certaines initiatives sur internet. Si la majorité des utilisateurs du réseau mondial ont l'air sains de corps et d'esprit, il existe une minorité qui ferait bien de consulter un psy en urgence.
Dans le genre, le "egg smach dare challenge" en impose. A la base, l'initiative a pour but de dire non à l'extrémisme. Comme pour le Ice bucket, il faut désigner d'autres amis qui réaliseront le geste fort qui nous sauvera de Daech.
Les concepteurs du projet ont trouvé une parabole assez déconcertante. Face caméra, une jeune femme explique en montrant sa main : "Daech est comme cette main, une main malveillante et destructrice qui dévaste tout sur son passage." Un autre intervient en montrant un œuf : "Prends cet œuf, un œuf c'est la vie, si fragile, c'est l'avenir". Et de se le casser sur le front. Conclusion : "Voilà ce qui va se passer si Daech n'est pas stoppé : tout ce qui porte la vie sera détruit." Le challenge consiste donc à se casser un œuf sur le front, face caméra, en proclamant "refuse l'extrémisme, choisis la vie".
L'intention est louable. Mais pourquoi un œuf ? Et sur le front ? Certes la manœuvre donne des images étonnantes (à partager sur Facebook évidemment), mais pourquoi gâcher, au mieux de la nourriture, au pire un embryon de vie ? L'idée pourrait venir du syndicat des exploitants agricoles spécialisés en poules pondeuses ou alors du "cercle anonyme des allergiques aux œufs" s'il existait.
Personnellement, je pencherais plutôt pour une fin de soirée un peu trop arrosée... au lait de poule traditionnel.

18/10/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Usurpation d'identité

Peu importe le résultat du référendum organisé par le PS sur l'unité de la gauche aux régionales, il restera sujet à caution. Normal, quelques rigolos, malgré leur acceptation de la charte, ont utilisé plusieurs noms pour voter, et même pour certains, usurpé l'identité de quelques politiques connus. On ne plaisante pas avec son patronyme. Même les pseudos des artistes deviennent parfois sujet à caution.
Le dessinateur de presse Terreur Graphique (Fluide Glacial, Libération), comme la majorité de ses collègues, s'inscrit sur Facebook. Mais le réseau social, depuis quelques mois, tente de débusquer les surnoms improbables. Terreur Graphique entre parfaitement dans le cadre. Surtout, suite à son incapacité de fournir une pièce d'identité à ce nom, Facebook suspend son compte. Pour continuer à "exister" sur le net, le dessinateur se présente désormais sous son vrai nom : Georges Boissier. Beaucoup moins vendeur !
La même aventure est arrivée à un Anglais appelé "Something Long and Complicated", soit "Quelque chose de long et Compliqué". Sauf que dans ce cas précis il s'agit de son véritable état civil. À l'issue d'une longue bataille juridique, il obtient de l'administration londonienne un changement officiel de patronyme. Oublié le trop banal William Wood, place à l'unique et atypique Something Long and Complicated. Photocopie de carte d'identité et de permis de conduire à l'appui, il parvient à faire réactiver son compte Facebook. Lui qui voulait changer de nom pour se faire remarquer, doit carrément jubiler.