08/04/2017

De choses et d'autres : Un amour de végane


L’amour nous réserve souvent d’étranges surprises. Fausto Brizzi, romancier, l’a appris à ses dépens. Quand il tombe follement amoureux de Claudia, actrice italienne passée par la case Miss Monde, il met tout en œuvre pour la séduire. Conscient de l’importance du premier rendez-vous, il l’invite dans un restaurant huppé, spécialisé dans les grillades. Lorsqu’elle lui apprend qu’elle est végane, non seulement il comprend que ses rêves érotiques s’arrêtent là ce soir mais qu’en plus il n’y aura même « pas de rapprochement entre sa cavité buccale végane et immaculée et mes lèvres carnivores et voraces. » Fin de la belle histoire d’amour ? Que nenni !
À force de surveiller le contenu de son frigo et sa forme physique, il conquiert le cœur de la belle qui, pour le bien de son futur mari, entame la révolution de ses papilles. Comment abandonner le jambon « pata negra », le fromage et même le miel ? (« Pauvres abeilles ! » s’exclame Claudia).
Ce récit, entre rite d’initiation et franche rigolade, en plus de nous en apprendre beaucoup sur le véganisme, est une jolie histoire d’amour, de partage et de renaissance.
➤ « J’ai épousé une végane », Fleuve éditions, 14,90 €

31/01/2017

Roman : Légumes et adultères prospèrent "Sous le compost"

SOUS LE COMPOST. Être un homme au foyer réserve bien des surprises au héros imaginé par Nicolas Maleski.

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Franck s’est longtemps rêvé écrivain. Finalement il a suivi sa femme Gisèle, vétérinaire, quand elle s’est installée dans une petite ville de province, à flanc de montagne. La belle et féline Gisèle, travaille 10 heures par jour pour faire bonne impression auprès de ses deux associés, hommes et plus âgés.

Alors un peu par la force des choses, Franck est devenu homme au foyer, s’occupant du ménage, des courses, des repas et de l’éducation de leurs trois petites filles. Et sur son temps libre, il a entrepris de cultiver un jardin potager avec les conseils éclairés de son voisin, Francis, agriculteur. Ce premier roman de Nicolas Maleski a des airs des précis horticole dans les premières pages. Franck s’esbaudit devant la beauté de la nature et la pousse des courgettes, tomates et autres radis. Il sème, éclaircit, bute et même entretient son compost naturel. Car Franck, en bon ancien urbain qui se respecte, veut éviter les désherbants, pesticides et autres saletés toujours en vente libre. Une vie pépère, sans grande ambition. Heureuse quand même, avec de nouvelles amitiés et des sorties en VTT dans les forêts environnantes. Rapidement, l’auteur abandonne les plantes pour s’intéresser en profondeur aux personnalités de ses créations. Notamment quand Franck reçoit une lettre anonyme lui annonçant que Gisèle le trompe avec un des associés.

■ Une, voire deux maîtresses

Il bouillonne. « Je sentais monter à mon cerveau une énergie noire et pleine d’humeurs. Je me coltinais nos gamines, je faisais la boniche. Pendant ce temps, elle pavanait dans son 4 x 4 et elle offrait les prérogatives de ses cuisses à son connard d’associé. » Il n’y croit pas trop cependant. Jusqu’à ce jour où Valérie, la femme de l’associé en question, débarque chez lui pour lui annoncer que son mari la trompe avec Gisèle. Le croustillant du roman monte d’un cran car Franck, au lieu de tout déballer, décide de se venger de la plus simple des façons : prendre Valérie pour maîtresse. Et tant qu’à faire, séduire aussi la femme de l’autre associé. Homme au foyer laisse pas mal de temps libre, mais entre le jardin, les trois enfants, une épouse et deux maîtresses il faut jongler. Et parfois cela se retourne contre vous quand une jeune femme disparaît.

D’autant que Franck, calculateur et un peu trop dé-taché de ses actions, cache des montagnes de violences. Notamment quand il se dit, à propos d’un ami d’enfance un peu trop envahissant à son goût : « Je l’aurais volontiers mis dans mon compost, celui-là ; mes légumes se seraient régalés avec un fumier pareil. » Un premier roman assez réjouissant dans sa façon de présenter le franchissement de certains interdits moraux.

➤ « Sous le compost » de Nicolas Maleski, Fleuve éditions, 18,90 €