12/06/2017

Thriller : Lucie et Sharko aux portes de l’Enfer


Couple de flics, Lucie Henebelle et Franck Sharko ont un passé douloureux derrière eux. Marqués, chacun de leur côté, par la perte d’êtres chers. Heureusement, ils se sont trouvés. Cette «romance» sert de fil rouge aux romans de Franck Thilliez. Des personnages attachants, plein de fêlures mais qui méritent eux aussi leur petite part de bonheur.
On les a laissés à l’équilibre, vivant ensemble, amoureux et jeunes parents de jumeaux. Tout pour être heureux... Sauf que leur vie ce n’est que faits divers, crimes et enquêtes. Officielles et même parallèles comme dans le cas de Lucie, sollicitée par sa tante pour achever l’enquête abandonnée par l’oncle gendarme, mort trop tôt. Une jeune fille disparue. Peut-être retenue prisonnière chez un suspect, Ramirez.
En pleine nuit, seule, la policière entre par effraction dans ce pavillon isolé. Persuadée qu’il n’y a personne, elle entend des cris dans la cave. Armée, sur ses gardes, elle dé- couvre un chat à l’agonie, tondu et le corps recouvert de sangsues. Elle n’a pas le temps d’être choquée que Ramirez lui saute dessus. Bagarre, strangulation et coup de feu. Lucie, flic d’élite du 36 quai des Orfèvres, se retrouve avec un cadavre sur les bras. En panique elle appelle le seul qui peut l’aider, son homme, Sharko.
Le début du roman est très déstabilisant. Par l’erreur de Lucie mais aussi la réaction de Sharko. Il va tout faire pour couvrir son amoureuse, la mère de ses enfants. Pour préserver ce petit bonheur, quitte à avoir ce meurtre sur la conscience toute sa vie. Il va maquiller la scène de crime et faire le nécessaire pour que l’enquête lui soit confiée. Un plan aussi futé que machiavélique. Tout va pour le mieux jusqu’à un appel de la gendarmerie de Dijon.
■ Vidé de son sang
L’homme tué par Lucie aurait quelques bricoles à se reprocher. Enlèvements mais aussi meurtres et tortures. Une de ses victimes est retrouvée au sommet d’un château d’eau désaffecté. Les résultats de l’autopsie étonnent les enquêteurs. «Le corps ne présentait plus une seule goutte de sang dans l’organisme. Vidé intégralement.» Et Nicolas, le collègue de Sharko, découvre qu’il était adepte d’une secte satanique. Un vampire des temps modernes ? En tout cas, Lucie, après une période de déprime, reprend le dessus car elle veut «résoudre l’énigme, retrouver la jeune femme, peut-être encore vivante. Parce que c’était son job, ses convictions. Parce que c’était dans son ADN de flic et que, si elle y parvenait, elle soulagerait peut-être sa conscience». Voilà donc dans quelle galère sont embarqués Sharko et Lucie. On va les suivre pas à pas dans leurs mensonges, leurs enquêtes et dé- couvertes, toutes plus horribles les unes que les autres.
 ➤ «Sharko» de Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90 €

10/08/2016

Livre : Kaput, tueur du passé

 

 

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Comment devient-on un assassin, un tueur ? Le narrateur de ces quatre romans, repris dans une intégrale au Fleuve Noir, raconte en détail sa longue descente aux enfers. Jusqu'à la scène finale (celle d'ouverture en l'occurrence) au cours de laquelle il perd la vie sous le couperet de la guillotine. Cezs romans, parus au début des années 50, étaient signés Kaput. En réalité c'est Frédéric Dard qui se cachait derrière ce pseudonyme. Auteur infatigable, il sortait un roman par mois, devenu un véritable pilier de la collection Spécial Police. Si San-Antonio, son héros de prédilection, était une version optimiste de la justice, autant Kaput est sombre. Des romans noirs qui étaient un peu inspirés de l'univers d'André Héléna. Bourré d'expressions d'argot, le récit de la vie de Kaput est publié dans sa version originale, exactement avec les expressions de l'époque. Un côté vintage qui plaira aux plus âgés.

« Un tueur, Kaput » de Frédéric Dard, Fleuve Noir, 21,90 euros

 

 

16/07/2015

Livre : Assassins invisibles

Pour tuer en masse, un virus est plus efficace que deux serial-killers. Les héros récurrents de Franck Thilliez se confrontent à des assassins d'un nouveau genre dans « Pandemia ».

 

Franck Thilliez, fleuve noir, sharko, lucien virusRien de plus beau qu'un cygne. Ces oiseaux gracieux se transforment pourtant en messagers de la mort dans les premières pages de « Pandemia », le nouveau thriller de Franck Thilliez. L'alerte est donnée par un guide d'une réserve ornithologique dans le Nord de la France. Trois cadavres de cygnes sauvages au bord d'un lac. Des spécialistes du GIM (Groupe d'intervention microbiologique) sont dépêchés en urgence sur place. La moindre mort suspecte d'oiseaux est prise très au sérieux depuis l'apparition du virus de la grippe H5N1. Johan et Amandine se rendent sur place. Cela va les changer de longues journées passées devant leur paillasse à scruter microbes et autres virus dont ils cherchent en permanence à découvrir les secrets. Amandine est le personnage pivot de ce roman, celle qui sera du début à la fin au centre de l'action, épaulée au fil des chapitres par les flics récurrents de l'univers de Thilliez, le couple Sharko et Lucie, leur chef Nicolas et la petite nouvelle, Camille, gendarme greffée du cœur (voir le précédent roman, Angor, paru récemment chez Pocket). Amandine traque les virus mais a une peur bleue d'eux. Elle est à la limite de la folie : elle se lave les mains 20 fois dans la journée, porte un masque en permanence et vide toutes les deux heures un flacon de lotion antiseptique. Quand elle part travailler le matin, obligée de prendre les transports en communs parisiens, elle sait que tout le monde la remarque. « Comme toujours, on la regarda avec curiosité dans la rame. Son teint d'albâtre, sa protection sur le visage, sa coupe militaire. On devait la prendre au mieux pour une malade atteinte d'une pathologie gravissime et incurable, au pire pour une espèce de junkie. » Dans les cygnes, les deux techniciens découvrent un virus de la grippe jusqu'alors inconnu. Un « mutant » qui vient du porc, est propagé par les oiseaux et peut se transmettre aux hommes. L'alerte est immédiatement donnée. L'action se déroule fin novembre, dans cette période où la traditionnelle épidémie se met en place. Justement, des malades, il y en a de plus en plus au sein des équipes de la criminelle. Lucie notamment est terrassée en quelques heures.

 

Nouveau terrorisme

Le prologue rejoint alors l'action principale : c'est le fameux virus des cygnes qui décime le Quai des Orfèvres. Une action délibérée, un acte de terrorisme d'un genre nouveau. Et la pandémie menace.

Sharko, force de la nature, semble le plus résistant. Il se lance à corps perdu dans l'enquête qui comme toujours avec Thilliez est dense et complexe (et personne ne s'en plaint). Il se retrouve alors à recueillir le témoignage d'un SDF vivant sous les ponts. Malgré son alcoolisme chronique, Jasper est persuadé que plusieurs de ses compagnons d'infortune ont été enlevés par un être étrange, direction les égouts, « quelqu'un habillé tout en noir, avec un genre de robe, un long bec courbé comme un vautour. Il avait des griffes immenses sur chaque main. Des trucs capables de te couper en morceaux. Un oiseau de malheur. Moi, j'ai pensé à un démon. » Le ton est donné. Dans l'antre de ce terrifiant « homme-oiseau », Sharko découvre l'innommable. Mais ce n'est que le supplétif qu'un être encore plus machiavélique, le fameux « Homme en noir » déjà entraperçu dans « Angor ».

Le roman imposant (plus de 600 pages) se lit pourtant dans un état d'urgence, de fébrilité, tant les événements s'enchainent et la tension va crescendo. Certains passages sont âpres, cauchemardesques, tout le monde n'en sort pas indemne. Quant au lecteur, après avoir ingurgité le roman, il risque faire quelques cauchemars à la vue du moindre oiseau, encore plus d'un rat ou d'une bête puce... 

 

« Pandemia », Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90 €

 

15/11/2014

Livre : Organes de l'enfer

Lucie et Sharko, les héros récurrents des thrillers de Franck Thilliez, s'effacent un peu pour laisser libre cours à l'histoire de Camille et Nicolas, sur fond de trafic d'organes.

 

lucie, sharko, thilliez, fleuve noirPas facile de conserver son statut de policiers baroudeurs quand on vient d'avoir des jumeaux. En choisissant d'orienter ses romans vers le genre du feuilleton, Franck Thilliez prend un risque. Sharko, le flic de cinquante ans, tombé fou amoureux de sa collègue Lucie, 20 ans de moins, tente de se remettre de ses malheurs. Il a perdu femme et enfants dans une précédente aventure. Comme Lucie, radicalement changée depuis l'assassinat de ses deux petites filles. Leur monde est noir, plein de tueurs en série et de monstres pour qui le mal est le seul moteur pour avancer. Comme pour conjurer cette malédiction ils ont décidé de retenter l'aventure d'être parents. A la fin du précédent roman, Lucie accouche de jumeaux. Sharko est aux anges, ses grosses mains maladroites se transformant en puits de tendresse pour Jules et Adrien. Image de bonheur et de paix. Thilliez sait parfois être tendre avec ses personnages. Mais jamais longtemps...

Par chance pour Sharko et Lucie, il va donner les premiers rôles d'« Angor », son nouveau roman, à deux personnages plus jeunes. Durant les premiers chapitres on suit les pas de Camille Thibault. Cette jeune gendarme, affectée dans le Nord de la France, a subi un gros coup du sort. Une maladie cardiaque la condamnait. Heureusement elle a bénéficié de la transplantation d'un cœur. Depuis, malgré la prise régulière et à heure fixe de plusieurs médicaments, elle mène une vie quasi normale. Si l'on excepte son obsession pour découvrir l'identité du donneur. En France, le secret médical interdit au greffé de connaître le passé de l'organe qui lui permet de rester en vie. Camille utilise toutes ses entrées pour tenter de savoir à qui appartenait ce cœur qui bat dans sa poitrine et semble lui parler. Le roman est proche du fantastique quand la gendarme se réveille en sueur, avec l'image d'une femme enchaînée qui l'appelle à l'aide. Qui est cette femme ? La donneuse ? Une victime ?

 

Coup de foudre

En parallèle à la quête de la greffée, le lecteur découvre les débuts d'une nouvelle enquête du service de Sharko. Le vieux commissaire a abandonné ses responsabilités pour les confier au jeune et brillant Nicolas Bellanger. Ils se déplacent dans une forêt. Sous un arbre arraché par l'orage, une cavité abritait une femme, sauvage et aveugle. Elle était enfermée dans le noir depuis des années. Durant le premier tiers du roman, les deux histoires se déroulent en parallèle. Camille finit par découvrir l'identité de son donneur qui est aussi l'homme qui retenait prisonnière la femme inconnue. Nicolas croise la route de Camille. Coup de foudre.

Si Nicolas s'abandonne, Camille reste sur la défensive. Elle vient d'apprendre que son cœur de substitution est en train de lâcher. Il ne lui reste que quelques semaines à vivre. C'est récurrent dans les romans de Franck Thilliez, les amours sont toujours très compliquées...

Ce pavé de plus de 600 pages est quand même très éloigné de la bluette à l'eau de rose. Le lecteur suit les héros en Espagne, en Argentine, et dans les catacombes de Paris, au-delà du Styx, le fleuve des enfers. Et croise le chemin de quelques psychopathes de la pire espèce, adeptes du maniement du bistouri à vif.

 

 

« Angor », Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90 €

 

11/08/2014

Livre : Paroles de comateux dans "Ces lieux sont morts" de Patrick Graham

Exploration macabre de l'inconscient d'hommes et de femmes plongés dans le coma au sommaire de « Ces lieux sont morts » de Patrick Graham.

 

ces lieux sont morts, coma, patrick graham, fleuve noirSearl, médecin dans un grand hôpital américain, a une spécialisation peu commune. Il a en charge le réveil de traumatisés plongés dans le coma. Dans ces vastes salles, des hommes et femmes dorment, parfois depuis des mois et des mois. Ils sont coupés du monde. Parfois reprennent conscience. C'est là que Searl intervient le plus rapidement possible. Il a développé une technique pour retenir l'esprit de « l'éveillé » dans la réalité. Car souvent, en constatant ce qu'il est devenu, il retourne volontairement dans « ces lieux morts ».

Patrick Graham, l'auteur de ce roman terrifiant, a distillé une petite dose de science-fiction dans la réalité médicale de Searl. Grâce à des diffuseurs olfactifs, le médecin parvient à guider la volonté des endormis vers des lieux de leur enfance. Pour qu'ils reprennent conscience de leur réalité dans les meilleures conditions possibles. Il se branche en parallèle et intervient directement dans leur esprit. Une astuce littéraire pour permettre au héros de pénétrer l'esprit des différents protagonistes de ce thriller. Car rapidement cela se complique.

 

Fillette enlevée

Retardé au travail par l'arrivée d'une femme grièvement blessée dans un accident de la circulation, il ne peut pas rejoindre sa seconde femme, Becka, et ses trois enfants né d'un premier mariage. Ils partent donc à quatre, dans une voiture de location, en pleine tempête de neige, rejoindre un chalet isolé dans la montagne. On est en décembre, à quelques jours de Noël. En chemin, ils sont harcelés par un gros camion transportant des billes de bois. Après une halte dans une station-service, ils prennent à leur bord Liam, un jeune auto-stoppeur qui va dans la même localité rejoindre sa grand-mère.

Il apparaît que Liam est un dangereux serial-killer. Il écorche Becka et les deux ainés et enlève Kirsten, la plus jeune. La première partie du roman se lit d'une traite. 150 pages qui pourtant son peu de choses à côté des suivantes.

Searl est au chevet de ce qui reste de sa famille, une femme et deux ados plongés dans le coma. Kirsten est introuvable. Mais chaque semaine, en pleine nuit, elle appelle son père et lui dit son angoisse d'être prisonnière. La suite du roman se focalise sur la fillette, comment elle survit dans l'obscurité en compagnie de deux autres jeunes filles, Mila et Taylor. Pour donner encore plus de corps à ce roman très dense, Patrick Graham fait intervenir un shérif cancéreux et en fin de vie, une section spéciale du FBI, des vagabonds rejetant toute société de consommation et fait voyager le lecteur des routes de l'Australie au désert du Nevada en passant par le grand rassemblement de Burning Man. Bref, des heures et des heures de dépaysement, d'angoisse et de coups de théâtre. Le tout est sombre, très sombre, comme notre inconscient...

Michel LITOUT

 

« Ces lieux sont morts », Patrick Graham, Fleuve Noir, 20,90 €

 

26/05/2014

Livre : Virus numérique inventé par Koji Suzuki

Après avoir fait trembler la planète entière avec sa trilogie « Ring », Koji Suzuki imagine une suite, tout aussi effrayante, à cette histoire de virus numérique.

 

suzuki, ring, fleuve noirLes bonnes histoires fantastiques n'ont jamais de fin. C'est le principe même des cauchemars. S'ils restent si longtemps présents à notre esprit c'est en raison de leur issue toujours incertaine. Certes, à un moment on se réveille, mais rien n'est terminé. On sait pertinemment qu'en cas de nouveau sommeil, on a toutes les chances de replonger dans l'horreur. Koji Suzuki a parfaitement intégré ce principe puisqu'il signe avec « S, Sadako » le prolongement de sa trilogie « Ring ». Comme si cette histoire de cassette vidéo maudite traversait les années et s'adaptait aux nouvelles technologies. Le récit, plus ramassé et un tantinet plus optimiste, peut se lire sans avoir auparavant tremblé devant les 1000 pages de la première histoire, récemment rééditée dans une intégrale chez Pocket.

20 ans après « Ring », les héros de « S, Sadako » sont les descendants de certains des protagonistes du premier opus. Takanori est le fils du médecin légiste qui a autopsié les premières victimes de la vidéo. Anaké, sa petite amie, est professeur dans un collège. Le jeune homme, contre l'avis de ses riches parents qui le destinaient à une carrière dans la médecine, a fait des études artistiques. Aujourd'hui, il vivote en s'occupant d'effets spéciaux dans une petite société de production télé. Dans le cadre de son travail, son chef lui confie une clé USB contenant l'enregistrement d'un suicide diffusé sur le net.

 

Pendaison

Takanori visionne la séquence pour tenter d'en tirer des images, pas trop violentes, à intégrer dans un programme de télévision un peu trash. Il copie le film sur son ordinateur et le regarde plusieurs fois. On voit un homme se préparer, la tête hors champ, monter sur un tabouret, puis le faire basculer et tournoyer au bout d'une corde. Le lendemain, il regarde de nouveau la séquence et constate que le cadre a bougé. Désormais, le visage est visible. Anaké le voit aussi et reconnaît l'homme qui, il y a de cela bien des années, a tenté de l'assassiner. Kashiwada, un tueur en série de petites filles, exécuté le mois dernier.

Quel rapport entre Anaké et ce suicidé qui n'en est pas un ? Pourquoi au bout de quelques secondes le corps disparaît ? Takanori va enquêter pour tenter de dissiper le malaise grandissant. Anaké, orpheline, a un passé rempli de trous. Son futur mari et père de l'enfant qu'elle porte aura la surprise de découvrir que son enfance à lui aussi contient des zones d'ombres. Il serait même mort (de noyade) durant deux années avant de « ressusciter ».

Koji Suzuki multiplie les interrogations pour mieux intriguer le lecteur. Au début, le lien avec Ring est ténu, mais les révélations du père de Takanori vont permettre de faire le lien avec le chef-d'œuvre de celui que l'on a surnommé le « Stephen King japonais ». C'est peut-être un peu excessif, même s'il faut reconnaître que certains passages, notamment quand le couple se retrouve sur les lieux des précédentes tueries, peut provoquer un sérieux hérissement des poils.

« S, Sadako », Koji Suzuki, Fleuve Noir, 15,90 €

 

08:01 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suzuki, ring, fleuve noir

22/12/2013

BD : Belles intégrales à offrir

500 histoires drôles en BD

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirEnvie de rigoler ? De beaucoup rigoler ? Ce recueil ultime est pour vous. Vous y trouverez 500 histoires drôles en BD étalées sur plus de 330 pages. Pas moins de 25 dessinateurs au sommaire et trois scénaristes. Découpé en chapitres thématiques, ce livre vous permettra de vous moquer des couples ou des toubibs sans oublier un très gros contingent de scénettes polissonnes. (Vents d'Ouest, 13,90 €)

 



Bidouille et Violette

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirSérie culte des années 80 dans le journal de Spirou, Bidouille et Violette revient dans une intégrale sous-titrée « Chronique mélancolique d'un premier amour ». Bernard Hislaire, jeune auteur complet, voulait casser les codes de la BD pour adolescents. Son personnage principal est un gros garçon timide, fils du tenancier d'une baraque à frites. Ses aventures ? Il n'y en a pas. Bidouille est simplement amoureux de la belle et évanescente Violette. Cet amour naïf, voire impossible, est une sorte de BD documentaire avant la lettre. On y retrouve toute la poésie de Hislaire, mais avec aussi la dureté de notre monde. C'est beau et triste à la fois. Conséquence, avec le temps, cette BD culte est devenue un classique. (Glénat, 38 €)

 

Le très gros livre de Simon's Cat

 

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirApparu dans des petits films animés sur le net, Simon's Cat a depuis conquis le marché du livre. Et comme ses histoires sont muettes, il inonde la planète entière. Pour ces fêtes de fin d'année retrouvez ce gros chat un peu nigaud, toujours partant pour faire une bêtise, dans un gros recueil de dessins et d'histoires courtes. En noir et blanc, Simon Tofield avec son trait simple et efficace, raconte les mille déboires d'un matou qu'on aimerait câliner tout en redoutant ses envies de destruction. Idéal pour tout public et tous les âges. (Fleuve Noir, 14,90 €)


29/10/2013

Encore et toujours Stefan Wul adapté en BD par Lapière et Reynès

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Après Niourk, Oms et Piège sur Zarkass, nouvelle adaptation BD d'un de des romans SF de Stefan Wul. « La peur géante » est revisitée par Denis Lapière et Mathieu Reynès. Pas de voyage dans l'espace dans cette aventure survitaminée, mais une belle réflexion sur l'avenir de la planète. Tout commence par une anomalie physique : l'eau ne se transforme plus en glace à zéro degré celsius mais à une température beaucoup plus basse. Le phénomène, localisé dans quelques points de la planète au début, se généralise en une journée. Conséquence immédiate, neige des montagnes et glace des pôles fondent d'un coup provoquant une immense vague submergeant toutes les côtes. Ce monde apocalyptique est décrit dans la première partie de l'album. Heureusement il reste quelques survivants dont le héros, un militaire expert en plongée sous-marine et une jeune chercheuse en langues anciennes. Ils sont rapidement persuadés qu'il ne s'agit pas d'un dérèglement climatique mais d'une attaque. Et la menace se trouve sous cette eau envahissante. Grand spectacle assuré avec les dessins de Reynès, déjà remarqué avec la série Alter Ego. Quant aux « envahisseurs », ils seront au centre de la seconde partie, même si les yeux acérés les devinent en couverture du tome 1.

 

« La peur géante » (tome 1), Ankama, 13,90 €


27/10/2013

Livres : Grosses pointures pour jeunes lecteurs

Harlan Coben et Elizabeth George, stars du thriller américain, se tournent vers un nouveau public composé d'adolescents et de jeunes adultes.

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La première, Elizabeth George, a pour héroïne Becca, une jeune Américaine de 16 ans, en fuite, dotée d'un pouvoir lui permettant d'entendre les pensées (les murmures) des gens qu'elle croise. Le second, Harlan Coben, raconte les péripéties de Mickey, 16 ans également, apprenti détective comme son oncle Myron, un des personnages récurrents du célèbre romancier américain. Ils ne se rencontrent pas, mais visent le même public : les jeunes adultes. Une cible commerciale alléchante aux USA, au point que deux des poids lourds de l'édition abandonnent leurs fans habituels pour tenter une incursion sur ce marché. Moins violent et sexuellement explicite, plus fleur bleu, ces thrillers bénéficient du grand savoir-faire de deux artisans talentueux. Les jeunes adoreront, les adultes regretteront une certaine fadeur de l'ensemble, autocensure américaine oblige.

« Saratoga Woods », le précédent roman d'Elizabeth George, racontait la fuite et l'installation de la jeune Becca sur Whidbey, une île de la côte ouest, là où la romancière est installée depuis des années. On retrouve Becca, se cachant de son beau-père, tentant de suivre une scolarité normale malgré son don (lire les pensées des gens) et le fait qu'elle vive dans une cabane au fond des bois. La petite communauté est en émoi. Nera, une femelle phoque au pelage étonnamment noir, vient de faire son apparition. L'animal, emblème de l'île, ne vient d'habitude qu'au printemps. Pourquoi est-elle en avance ? Les guetteurs s'interrogent et Annie, une scientifique, tente d'approcher l'animal pour lui prélever un bout d'ADN et découvrir qu'elle est sa véritable race.

La lutte de pouvoir autour de Nera constitue l'intrigue principale du roman, mais le lecteur sera peut-être plus sensible aux déboires de Becca et de Jenn, sa meilleure ennemie. Deux adolescentes, aux caractères bien trempés, hésitantes à faire le grand bond dans la vraie vie. Becca, amoureuse de Derric, le voit s'éloigner en raison de ses mensonges, Jenn, coincée dans une famille pauvre et nombreuse, tente de se forger un avenir plus prospère. Une jeunesse américaine décrite avec justesse par une romancière abandonnant temporairement son étiquette de « Reine du crime ».

 

L'autre Bolitar

Le crime, Harlan Coben le connait parfaitement. Lui aussi a vendu des millions d'exemplaires de ses romans policiers. Lui aussi a décidé d'écrire pour les jeunes. À 16 ans, Mickey Bolitar a déjà vécu son lot de tragédies : la disparition de son père, les difficultés de sa mère à surmonter le choc, l'installation chez son oncle Myron avec qui il ne s'entend pas. Des questions sur le passé de ses parents et sur ce qui est vraiment arrivé à son père le taraudent. Et le cauchemar ne s'arrête pas là. Ce matin, ce sont les policiers qui le réveillent pour lui apprendre une terrible nouvelle : son amie Rachel a été prise dans une fusillade. Il doit absolument découvrir ce qui lui est arrivé. Pour cela, il peut compter sur le soutien de l'énigmatique Ema et du déjanté Spoon. Mais Mickey sait aussi que la curiosité se paie cher. A quelques secondes près, tout peut basculer.

Comme son oncle Myron, personnage emblématique des romans d'Harlan Coben, Mickey ne renonce jamais. Il le prouve dans ces 300 pages bourrée de péripéties.

 

« L'île de Nera », Elizabeth George, Presses de la Cité, 19 €

 

« A quelques secondes près », Harlan Coben, Fleuve Noir et PKJ, 18,90 € 


09/08/2013

BD : Marcas, flic et maçon

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Succès éditorial au Fleuve Noir, les aventures de Marcas, flic et Franc-Maçon a désormais son adaptation en BD. Giacometti et Ravenne supervisent eux-même le scénario qui est prédessiné par Ullcer puis finalisé par Parma. L'efficacité est au rendez-vous pour des péripéties mouvementées. Le second volume de la première enquête voit Marcas fuir face aux tueurs de la société occulte (et nazie) de Thulé. Il sauve sa peau mais sa collègue, Jade, de la DGSE, est capturée. Marcas va donc en faire une affaire personnelle. En plus de l'action pure, il y a toutes les théories qui ont fait le succès des livres de Giacometti et Ravenne, notamment le rituel de l'Ombre qui donne son titre à l'album. Et si la BD ne vous suffit pas, le dernier roman mettant en scène le commissaire Marcas vient de paraître début juin chez Pocket, « Le Temple noir ».

 

« Marcas » (tome 2), Delcourt, 14,30 €