16/08/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES Allô, le plombier ?

L'été, la presse cherche des sujets originaux. Les journalistes plongent parfois dans ce que l'on appelle dans notre jargon les « marronniers ».Vers le 15 août, les vacances sont incontournables. Hier matin, j'écoute France Info. Un reportage sur l'impossibilité de dégotter médecin, mécanicien ou plombier durant cette période me fait sourire. Je sors chercher le courrier, mon sourire s'efface immédiatement. Des flots d'eau jaillissent de la plaque dans le trottoir sous laquelle se trouve mon compteur. Coup de fil à la société qui envoie une équipe en urgence. Mais la personne me prévient que si la fuite se situe après le compteur, je devrai faire réaliser la réparation par un plombier. Un plombier ! Veille de 15 août ! Ce que me répète le technicien dépêché sur place. « C'est après le compteur, on n'intervient pas ! » Exactement un centimètre après le compteur. Mais « c'est le règlement ! » Passons sur tous les problèmes déjà rencontrés avec cette société et sur la fin de l'échange musclé avec ce « dépanneur » répétant tel un mantra « cétapréleconteur ». Me voilà donc en plein cauchemar de « marronnier », sans eau, à la recherche d'un plombier... Une quinzaine sont établis dans ma commune. Les cinq premiers ne répondent pas. Le sixième décroche mais avoue qu'il part demain en vacances au Portugal. Les accents de détresse dans la voix de mon épouse l'émeuvent et il accepte de venir dans l'heure. Cédric, un artisan aimable et compétent : fuite réparée. Maintenant, je vais faire un sort à la société de distribution d'eau. 

09:53 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plombier, fuite

17/06/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mélanges malencontreux

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Il y a des jours où l'on mélange tout. Une confusion tenace s'installe telle une crise aiguë d'Alzheimer précoce. C'est ce qui a dû arriver hier à la personne chargée d'écrire les « urgents » en bas de l'écran de BFMTV. En pleine affaire de fuites des sujets du bac sur Twitter, une dépêche AFP annonce la sortie de Michaël Schumacher du coma consécutif à son accident de ski. Un coup de shaker plus tard, on peut lire cette incrustation qui bat toutes les précédentes fautes de français collectées sur un site internet : « Alerte info : Il n'y a pas eu de fuites des sujets de philosophie avant le début des épreuves, a affirmé Michael Schumacher. » On ne va pas jeter la pierre au pauvre malheureux, victime d'un court-circuit cérébral durant son opération de copier-coller. Cela peut arriver à tout le monde.

Par exemple, moi, hier matin. Je reçois deux courriers administratifs. Le premier du centre de dépistage du cancer du colon. Le second d'une société de convention d'obsèques. D'un côté ils ne veulent pas que je meure. De l'autre ils me disent clairement qu'il n'y a aucun espoir et qu'il vaut mieux que je prépare mes funérailles dès maintenant. La lecture attentive des modalités pratiques pour expédier, par la poste, un échantillon de mes « selles (caca) » (sic), me provoque un fou rire incoercible. Conséquence, moi aussi j'ai tout mélangé. Voilà pourquoi les croque-morts ont failli recevoir pour unique réponse à leur proposition de convention... des petites languettes recouvertes d'excréments.

11/04/2014

Cinéma : Cavale familiale sans fin dans "La Belle vie" de Jean Denizot

 

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Le fait divers avait fait les gros titres il y a quelques années. Un père a vécu durant plus de dix ans dans la clandestinité avec ses deux fils après les avoir enlevés à leur mère. Retrouvés par les gendarmes dans une ferme isolée des Pyrénées, les deux garçons ont toujours défendu les choix radicaux d'un papa non conformiste. « La belle vie », film de Jean Denizot s'appuie en partie sur cette histoire vraie. La première partie de son premier long métrage se déroule dans les Pyrénées. Au fond d'une vallée, dans une masure quasi insalubre, ils vivent simplement entre moutons, cheval et ruches. Onze ans qu'ils sont en cavale, déménageant dans l'urgence presque tous les ans. « On vit comme des manouches ! » s'insurge Pierre (Jules Pelissier), l'aîné, 18 ans. Le cadet, Sylvain (Zacharie Chasseriaud), 16 ans, n'est pas encore prêt. Mais l'envie le démange de plus en plus. Le père, Yves (Nicolas Bouchaud), leur a toujours laissé le choix. Ils pouvaient retourner chez leur mère. Mais alors il se livrerait à la police. Et irait en prison. Ce chantage affectif fait souffrir tout le monde mais permet de garder un semblant d'équilibre.

 

 

 

En plein été, les flonflons de la fête du village résonnent au fond de la vallée pyrénéenne. Les deux adolescents, lassés de cette solitude, quittent pour une soirée leur cachette. Cela se passe mal. Pierre n'a aucun savoir-vivre. Encore moins de diplomatie. Bagarre générale au bal. Conséquence, les gendarmes débarquent. Yves et Sylvain ont juste le temps de prendre la fuite avec un balluchon, Pierre, à cheval, s'enfonce dans la montagne. Dans la réalité, cette descente des forces de l'ordre au petit matin a mis un terme à l'affaire Fortin. Dans son film, Jean Denizot imagine une autre fin.

 

L'amour, toujours

Réfugiés sur une île au milieu d'un fleuve, le père et le fils vont vivre une semaine hors du temps. Sylvain, orphelin de son frère bien-aimé, tombe amoureux de Gilda (Solène Rigot), adolescente paumée et un peu sauvage. L'heure est-elle venue pour Sylvain de voler de ses propres ailes ?

Cette première réalisation de Jean Denizot est d'une grande maîtrise. Il filme avec une belle sensualité les jeux virils des deux frères dans la montagne. Un côté sauvage que l'on retrouve dans la relation naissante entre Sylvain et Gilda. Solène Rigot (déjà vue dans Tonnerre et Lulu Femme nue) est toujours aussi nature. Zacharie Chasseriaud, dans le rôle de Sylvain apporte ce qu'il faut de révolte à cet ado qui découvre la complexité du monde quand il ne se réduit pas à trois personnes...

19:51 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : denizot, belle vie, fortin, fuite