04/06/2017

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

BD : Une balade au sud pour tourner la page

 


Comment oublier une histoire d’amour terminée ? Cette simple question, trop souvent sans réponse, est au centre de « Prends soin de toi », roman graphique très personnel de Grégory Mardon. Le personnage principal, un homme, ne parvient pas à tirer un trait la femme qu’il a aimé tant d’années. Elle, a tourné la page. Avec un autre compagnon. Retrouvé la joie de vivre. Désespéré, il profite de ses vacances pour se lancer dans une traversée de la France du Nord au Sud. Son but, rendre à un homme la lettre d’amour qu’il a retrouvé dans son nouvel appartement et que la femme aimée n’a visiblement jamais ouverte. Un transfert évident pour lui qui a également rédigé une longue lettre d’adieu. Une belle histoire, sensible et à fleur de peau, rehaussée de superbes pages muettes éclatantes de couleurs alors que le personnage principal broie du noir.
➤ « Prends soin de toi », Futuropolis, 22 €

30/04/2017

BD : Petite fille deviendra grande geisha

 


Le Japon a lui aussi connu sa révolution culturelle. Moins brutale que dans la Chine de Mao, mais aux conséquences radicales pour toute une partie de la population. Pas de revirement politique, mais simplement une modernisation de la vie quotidienne impliquant l’abandon de traditions séculaires. L’histoire de Setsuko Tsuda, petite fille de 8 ans, débute en 1912. Son père, samouraï déchu, quitte la campagne pour la grande ville. Là, incapable de nourrir sa famille, il vend Setsuko à une maison de geisha. La gamine au visage disgracieux et aux allures sauvages deviendra Kitsune, la renarde. Utilisée comme bonne à tout faire les premières années, elle va révéler un don pour le shamisen, cet instrument de musique typique. La première partie raconte sa dure vie dans un milieu où les femmes ne sont que des jouets pour les hommes. Le dessin en noir et blanc de Christian Durieux (sur un scénario de Perrissin) rend cette œuvre aussi délicate qu’un air joué sur cette guitare si particulière.
➤ « Geisha ou le jeu du shamisen » (tome 1), Futuropolis, 19 €

28/01/2017

Angoulême, un festival de nouvelles bandes dessinées

BANDE DESSINÉE. Dans moins d’une semaine Angoulême va se transformer en capitale mondiale de la BD. Petit tour d’horizon des nouveautés d’un secteur en pleine expansion.

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Les grands anciens sont toujours à la mode. Après Blake et Mortimer, Tintin ou Lucky Luke, Spirou est en vedette en ce mois de janvier. Pas le héros « officiel » de Vehlmann et Yoann mais celui de la collection parallèle donnant carte blanche à des auteurs confirmés pour proposer leur vision du héros rendu si populaire par Franquin. « Le maître des hosties noires » est la suite de « La femme léopard » de Yann et Schwartz. Les deux auteurs ont décidé de replonger le jeune groom vêtu de rouge dans le Bruxelles d’après-guerre, dans un style rappelant celui de Jijé. Spirou et Fantasio sont au Congo. Accompagnés de la jeune et très jolie Aniota, Africaine qui ne laisse pas Fantasio indifférent, ils veulent rejoindre la province de l’Urungondolo, là où vit la tribu des femmes-léopards. Mais en 1947, peu de temps après la fin de la guerre en Europe, un dictateur local entre en rébellion contre l’ordre colonial belge. Il enrôle un sorcier capable d’animer des fétiches, les transformant en robots-gorilles indestructibles.

Il a également un grand projet : rayer la Belgique de la carte de l’Europe. Pour cela il demande à des savants allemands en fuite de lui construire une bombe avec l’Uranium extrait des mines de sa province.

Autour de cette intrigue dramatique, Yann laisse libre cours à son humour décapant. Il dynamite avec un plaisir évident l’esprit colonial et la folie des nazis. Sans compter les dizaines de clins d’œil à la fameuse BD franco-belge. Un style dans lequel Olivier Schwartz excelle. Il actualise le trait de Jijé, avec un soupçon de Chaland et des compositions de planches d’une clarté exceptionnelle.

■ Un trio pour le Grand Prix

Olivier Schwartz présent à Angoulême le week-end prochain sera sans doute très sollicité par les fans. Son album devrait rapidement gravir les échelons dans les classements des meilleures ventes. Il n’est cependant pas dans la sélection finale dans la compétition du meilleur album de l’année. Une compétition très ouverte, même si deux titres se détachent du lot, « Shangri-La » de Mathieu Bablet chez Ankama et « La légèreté » de Catherine Meurisse aux éditions Dargaud.

Pour le Grand Prix, décerné par l’ensemble de la profession, après un premier vote pour ne garder que les « meilleurs », il ne reste plus que trois noms pour succéder à Hermann (lire ci-dessous). Trois immenses auteurs à la tête d’œuvres ambitieuses et reconnues de tous. Le choix sera particulièrement difficile entre Chris Ware, Cosey et Manu Larcenet.

Ware est le génial américain qui ne se prive d’aucune expérience comme dans « Building Stories » récompensé du prix du Jury en 2012. Cosey, déjà sélectionné l’an dernier dans le trio final, est de nouveau de la partie. Il a signé un étonnant album avec Mickey en vedette l’an dernier. Reste Larcenet, le petit prodige qui a débuté avec des histoires absurdes dans Fluide Glacial puis est devenu un des maîtres du noir et blanc. Sa trilogie, « Blast », est devenue un classique du roman graphique.

Qui sera président ? Réponse le mercredi 25 janvier, à la veille de l’ouverture du 44e festival d’Angoulême.

➤ « Le maître des hosties noires », Dupuis, 14,50 €

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■ LES ALBUMS PHARES DU FESTIVAL

Bouzard dépoussière Lucky Luke

Après Mathieu Bonhomme, c’est Guillaume Bouzard qui a eu carte blanche pour imaginer une aventure décalée de Lucky Luke le cowboy créé par Morris. On retrouve tout ce qui fait le charme de la série, avec l’absurde en plus. Le cow-boy solitaire se brouille avec son cheval, les Dalton lui demandent son aide et Averell... veut se faire poser un anneau gastrique. Du grand n’importe quoi, finement dessiné dans ce style inimitable de jeté-lâché propre au dessinateur de Plageman et Mégabras.

➤ « Jolly Jumper ne répond plus », Lucky Comics, 13,99 €

Puppy, le petit chien zombi

Après avoir illustré Albert Cohen, Luz continue ses recherches tous azimuts. Il signe un très étrange album de plus de 250 pages grand format, entièrement muet. Dans un cimetière pour animaux, une patte sort de terre. C’est Puppy, chien récemment enterré dans ce lieu si tranquille. Puppy ne comprend pas, il perd la tête (au propre) et court après sa truffe. Le chien zombi explore les différentes tombes, redoute les chats errants et va tenter la grande aventure chez les humains. D’une grande beauté, cet album est une nouvelle pierre à la carrière en mouvement de Luz, ancien de Charlie qui a définitivement tourné la page du dessin d’humour.

➤ « Puppy », Glénat, 19,50 €

Série noire à la suédoise

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Tout dessinateur en rêve : une collection à son nom. Philippe Berthet a obtenu cette faveur et puise parmi les meilleurs scénaristes du moment pour signer des histoires complètes très noires. Sylvain Runberg lui a écrit un polar suédois aux airs très américains. Une partie de l’intrigue se déroule au cours du Motorcity, festival mêlant vieux groupes de rock et voitures américaines des années 60. Un milieu que connaît bien l’héroïne, une policière fraîchement sortie de l’école.

➤ « Motorcity », Dargaud, 14,99 €

Amours multiples à Montréal

Julie Maroh a frappé un grand coup dans le monde de la BD souvent très masculine avec son « Le bleu est une couleur chaude ». Succès de librairie devenu film culte sous le titre de « La vie d’Adèle ». Militante de la cause LGBT, elle revient avec un gros recueil d’histoires courtes ayant pour point commun l’amour. L’amour sous toutes ses formes. Dans une préface explicative elle s’insurge contre le cliché « un homme une femme » et va beaucoup effectivement plus loin dans les combinaisons. Beaucoup de tendresse dans ces récits se déroulant à Montréal, ville libre et joyeuse, quelle que soit la période de l’année.

➤ « Corps sonores », Glénat, 25,50 €

L’Afrique de Jean-Denis Pendanx

Pour son premier album en solo, Jean-Denis Pendanx plante ses pinceaux dans cette Afrique qu’il aime tant. Sur plus de 110 pages on suit l’initiation de Kémi, très loin, vers le delta du Niger, un périple étourdi de croyances et de fétichisme, une quête magnifique et tourmentée.

➤ « Au bout du fleuve », Futuropolis, 20 €

 

15/01/2017

BD : Cache-cache amoureux

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Après Marcel Aymé, Cyril Bonin adapte une nouvelle fois un romancier français. Il se penche cette fois sur « La délicatesse », best-seller de David Foenkinos. Une histoire toute simple, d’amour éternel et de renaissance. Pas évident du tout à retranscrire en images : beaucoup de dialogues, décors inexistants. Alors le dessinateur va particulièrement soigner ses deux personnages principaux. La belle Nathalie et l’atypique Markus. La première, mariée à François assez jeune, travaille dans une entreprise suédoise. Un travail que l’on imagine austère, sans grand intérêt. Pas grave, l’amour permet de tout faire passer. Mais François meurt, écrasé par une voiture lors de son jogging. Nathalie déprime. Mais au bout de quelques mois devient une proie pour les « mâles » du boulot. Elle écarte le directeur mais tombe sous le charme du pâlot Markus. C’est simple et beau comme une histoire d’amour, idéale et délicate.

➤ « La délicatesse », Futuropolis, 17 €

 

15/10/2016

BD : Les gangsters à la papa

 

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Du polar rural : le "Mort aux vaches" de François Ravard et Aurélien Ducoudray est de cette veine malheureusement un peu en perte de vitesse. Quatre truands braquent une banque. Quelques millions de francs, car cela se passe dans les années 90. Pour se faire oublier, ils veulent passer un mois au vert, dans la ferme d'un cousin de Ferran, un des quatre pieds nickelés. Ce dernier est accompagné par José, son complice et amant depuis 20 ans, Cassidy, belle et impudique et de Romu, un gaillard, culturiste dopé aux protéines. Normalement ils devraient cultiver une certaine discrétion. D'autant que la famille de Ferran ne sait pas pourquoi ils viennent en "vacances" dans cette exploitation agricole spécialisée dans les races à viande. Mais avec Cassidy, difficile de ne pas être vite en vedette. En une journée elle parvient à attirer les regards des veilles acariâtres du cru, des gendarmes et des prostituées roumaines. Bref, le mois va se résumer en 48 heures très animées. Des dialogues succulents, un peu à la Audiard, des décors entre beauté champêtre et puanteur du fumier et de sacrés personnages : "Mort aux vaches" est idéal pour les lecteurs amateurs d'ambiance vintage.

"Mort aux vaches", Futuropolis, 19 euros

 

16/09/2016

BD : La guerre n'est pas zen dans "La déconfiture" de Rabaté

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Pascal Rabaté, après avoir réalisé quelques films, revient à ses premières amours, la bande dessinée. Sans détour, il aborde de front "La déconfiture" de l'armée française en juin 1940 lors de l'avancée des troupes allemandes. Cette débandade ou déculottée, on la vit à travers l'expérience de Vildegrain, soldat du 11e régiment. A moto, il tente d'éviter les balles des mitraillettes des Stukas. Laissé à l'arrière, il ne parvient plus à retrouver son régiment. Une errance sur des routes inhospitalières, remplies de cadavres, d'autres soldats perdus avec les hordes de "boches" aux fesses. Un récit clinique sur la faillite d'un pays, sa résignation. Dessiné simplement, sans grands effets ni recherches de vérité historique, la force de certaines cases vaut largement celles de Tardi sur la précédente guerre. Dur, mais authentique.

"La déconfiture" (tome 1), Futuropolis, 19 €

 

14/07/2016

BD : de la violence, du ring à la famille

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Lecture croisée très enrichissante avec cet album de BD et le DVD documentaire l'accompagnant. D'un côté Barbara Pellerin, photographe et cinéaste, filme son père, ancien boxeur retraité. Mais en parallèle, Kris écrit un scénario sur les dessous de cette démarche, le tout illustré par Vincent Bailly. D'un simple film sur le monde de la boxe amateur, les auteurs se retrouvent à la tête d'un roman graphique sur les difficultés de communication entre une fille et son père. Une fille trop longtemps terrorisée par la méchanceté d'un papa capable des pires colères contre sa maman. De la violence des rings à la violence familiale il n'y a qu'un pas. Mais l'ensemble, à l'opposé d'un réquisitoire, est une belle déclaration d'amour posthume.

« Mon père était boxeur », Futuropolis, 20 €

 

21/06/2016

BD : Pères impurs et manque...

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Jean-Philippe Peyraud, après avoir adapté plusieurs romans de Philippe Djian, se lance en solo sur un long roman graphique que l'auteur de "No" ou "Mise en bouche" ne renierait certainement pas. Robinson, quadra désinvolte, vivote en tentant de sauver son magasin de vente et de location de DVD. Célibataire, il multiplie les conquêtes grâce à son bagout sur un site internet. Il vient de passer la nuit avec Amandine, jeune femme aux formes avantageuses. Elle se réveille seule, mais heureuse de revoir sa copine Charlène de retour d'Amérique du Sud. Cette Française revient à Paris pour rencontrer son père. Un père indigne qui a abandonné mère et fille à la naissance. Des retrouvailles sous forme d'enquête policière. Son seul indice : il tient un vidéo-club... En multipliant les personnages et les intrigues entrecroisées, Peyraud transforme sa BD en une sorte de sitcom déjantée, avec rebondissements et fausses pistes à la pelle. 192 pages menées de main de maître et qui pourraient bien se prolonger dans un second tome.

« L'inversion de la courbe des sentiments", Futuropolis, 26 euros

 

07:19 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peyraud, djian, futuropolis

12/05/2016

BD : Une Amérique rêvée

 

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Dans 'Le pouvoir des innocents', Luc Brunschwig imagine une histoire parallèle aux USA. Dans son monde, dessiné par Nouhaud, Jessica, l'amie des pauvres, est devenue maire de New York. Son poulain Lou McArthur est élu gouverneur. Tout semble aller pour le mieux avec ces forces de progrès, mais en coulisses l'establishment ne supporte pas l'émergence de ce parti des petits. Et à l'élection présidentielle suivante, le candidat républicain, fils d'un ancien président qui tire toujours les ficelles, l'emporte sur le fil. Une série politique passionnante à lire d'urgence alors que la vraie présidentielle US se prépare activement pour novembre.

"Le pouvoir des innocents" (cycle 2, tome 4), Futuropolis, 13 euros.