15/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Un grand Tour (2/3)

tour de france, sauternes, gironde, pau,

Le Tour de France, comme le festival de Cannes ou le Tournoi des VI nations, rythme le passage des années. Premiers souvenirs télévisuels. Quand la première et la seconde chaîne se partageaient étrangement les droits sportifs. Sans doute pour ne pas faire jaloux, TF1 et Antenne 2 retransmettaient à tour de rôle l'étape du jour. Commentateurs différents, mais même réalisation déjà de haute volée de la défunte SFP (Société Française de Production).

Premier contact réel dans les années 80. Le peloton file dans les Landes girondines. J'ai marché un petit kilomètre dans les pins pour le voir passer. Du soleil, des klaxons, des couleurs : quelques secondes trop brèves. Le soir, dans le journal du Tour, je reconnais la longue ligne droite entre Sauternes et Villandrault. Comme des millions et des millions de Français, je ne suis pas allé voir le Tour de France, c'est la Grande Boucle qui est venue chez moi.

Devenu adulte, il m'est parfois arrivé de vivre et travailler dans des villes étapes. Pau par exemple. Moins charmé, je pestais à cause des difficultés de stationnement ou de la surcharge de travail. Une fois, à Sainte-Marie-la-Mer, heureusement de repos, je n'ai pas quitté l'appartement si ce n'est pour regarder du balcon les hélicoptères de la télévision survoler le littoral.

L'an dernier, j'ai carrément adapté un séjour en fonction de la date de passage du Tour en Aveyron. Pas pour voir les coureurs. Au contraire, juste pour arriver bien avant le grand chambardement. Car le Tour, plus le temps passe, plus je ne l'apprécie qu'à la télévision.

11/06/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Quand les figurants se prennent pour des stars

camping, gironde, foule

Pour quelques secondes de figuration dans un film, même si c'est le pire des navets, certains parents sont capables de tout. Démonstration fin mai sur le bassin d'Arcachon pour le casting de « Camping 3 ».

Les producteurs cherchent des familles pour apparaître sur la plage. L'annonce de la sélection ne devait pas dépasser les limites de la commune de La Teste. Mais les réseaux sociaux compliquent l'affaire. A 10 heures, 1 000 personnes se bousculent devant l'entrée d'une petite salle. A 14 heures, ils sont plus de 3 000 à faire le pied de grue (phot Sud Ouest), parfois avec des enfants en bas âge, pour tenter de décrocher ces quelques secondes de gloire. Totalement débordés, les organisateurs du casting préfèrent abandonner l'affaire et annoncent clore le casting à 15 heures. Et de « Camping », on se transporte dans « Mad Max », certains prenant très mal la décision. Cris, bousculade, mouvement de foule : les gendarmes et la police municipale sont appelés en renfort pour contenir le mécontentement. Tout ça pour au final provoquer une brouille définitive au sein de la famille élue.

Dans 15 ans, Michel et Jacqueline repasseront une 50e fois l'extrait de Camping 3 où Kevin, 5 ans au moment du tournage, trébuche dans le sable derrière Patrick (Franck Dubosc) Chirac. Kevin, déjà traumatisé par son prénom, ne pardonnera jamais à ses parents cette énième humiliation devant sa nouvelle petite amie. Depuis il vit loin d'eux, dans sa voiture, préférant le camping sauvage aux films idiots sources de tous ses malheurs.

15:11 Publié dans Chronique, Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camping, gironde, foule

10/10/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Scène de ménage posthume

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L'amour, comme le vin, peut parfois tourner à l'aigre. Dans le petit village de Camblanes-et-Meynac au cœur de l'Entre-deux-Mers, région viticole de Gironde, une brouille entre mari et femme s'est prolongée au-delà de leur mort.

En 1977, le couple achète une concession dans le cimetière du village et y fait construire un caveau. Le temps passe, ils se lassent. Une fois divorcés, monsieur précise dans plusieurs lettres adressées au maire qu'il est hors de question que sa femme soit inhumée dans ledit caveau.

Au décès de madame, en 2008, le fils organise les obsèques et demande aux pompes funèbres d'amener le cercueil dans le caveau familial. Le maire de la commune, chargé de la "police des cimetières" s'y oppose. La dépouille de l'épouse rejoint donc le dépositoire commun. Elle y restera jusqu'en 2010. Entre-temps, monsieur passe l'arme à gauche. Il est enterré dans le caveau, facilement reconnaissable à la plaque de marbre orné de sa photo et de cette phrase qui en dit long sur sa détermination : "Pour moi seul".

Les deux époux décédés, le maire prend la décision de les réunir dans leur dernière demeure. Même si le mari lui avait écrit dans une autre lettre : "Je serai à l'intérieur de mon caveau et je repousserai mon ex-femme avec les pieds s'il le faut."

Décidément cette brouille familiale semble durer, même après la mort des belligérants. Mais si ça se trouve, parfois, la nuit, dans le cimetière de Camblanes-et-Meynac, des cris d'outre-tombe sortent de terre. Et les voisins, en mal de repos éternel, de pester, "qu'ils nous fichent la paix avec leurs scènes de ménage, ces deux-là... »