31/12/2017

BD : Hommage à un génial dessinateur

 
La littérature française utilise souvent l’autofiction pour masquer son manque d’imagination. Edika fait un peu pareil. À la différence que de l’imagination, lui, il en a à revendre à la pelle. Ce n’est pas de l’autofiction qu’il utilise dans ces histoires courtes publiées depuis quelques décennies dans Fluide Glacial, mais de l’autodélire. En cette fin d’année, on peut retrouver quelques-unes de ses histoires dans un recueil dont le contenu a été sélectionné par ses collègues et amis (Bouzard, Riad Sattouf, Goossens...). Il y a les premiers récits, en noir et blanc, avec une précision dans le trait qui lui donnait un petit air de Moëbius. Puis des grands délires avec utilisation de la photo et la mise en abîme de l’auteur en train de réaliser ses dessins. Une bonne façon de se replonger dans une œuvre gigantesque toujours en pleine évolution.
➤ « Edika », Fluide Glacial, 19,90 € 

29/08/2016

BD : les petits riens du délire quotidien

 

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Geoffroy Monde, auteur de « De rien », recueil d'histoire courtes, avoue être influencé par Goossens. En réalité, ses nouvelles graphiques ressemblent à du Goossens tout craché. Totalement absurdes, ces sortes de sketches auraient tout à fait leur place dans Fluide Glacial. Parmi les quelques perles de ces 160 pages, ne manquez pas « L'interrogatoire ». Dans une cave, deux policiers tentent de faire parler un suspect. A grand renfort de gifles? ils veulent des réponses « Donne le C horizontal, ordure. Allez, crache. 7 lettres, putain. » Ou comment faire ses mots croisés sans se fatiguer... Beaucoup plus mouvementée la scène avec Jackie Chan en vedette. Dessin numérique en couleur, décor au trait : Geoffroy Monde est de plus un excellent illustrateur au style très personnel.

« De rien », Delcourt, 17,95€

 

 

18/10/2015

BD- Goossens est grand


Très belle voiture de course sur la couverture du nouvel album de Goossens. Dommage que la perspective du bolide aux courbes parfaites soit gâchée par un cowboy moustachu et poilu des mollets, en slip qui plus est, lascivement allongé sur le capot. Voilà tout le problème de Daniel Goossens, dessinateur de génie, au talent incommensurable mais qui ne peut jamais se contenter du beau. Il lui faut toujours enlaidir ses enluminures avec quelques tronches de dégénérés à gros nez. Pareil pour ses scénarios. Absurdes, forcément absurdes. Hilarants aussi. Toujours. Que fait donc ce cowboy en couverture. Il est le héros d'une des histoires composant cet album intitulé « Combats ». Gus fait partie d'une multinationale spécialisée dans la vente des femmes nues. Mais la conjoncture est mauvaise. Les ventes sont en baisse. Un stagiaire a l'idée du siècle : offrir un gadget avec la femmes nue. Une mécanique, sur roue avec un moteur. Une « vouature » ? Gus s'insurge : « glisser une voiture sous une femme nue pour la vendre, c'est dégradant. La femme nue n'a pas besoin de ça. Elle doit se vendre par elle-même, par ses propres qualités. » Toute ressemblance avec un salon de l'auto... On croise aussi dans ces pages Dieu, tellement énervé par le bazar qui règne à l'entrée du Paradis qu'il préfère aller s'en jeter un au bar du coin. Son fils, Jésus, revient. En technocrate imbattable en droit des sociétés. Et puis il y a aussi les personnages récurrent de l'univers de Goossens : Georges et Louis romanciers. Louis lassé de sa vie un peu trop plan plan. Il prend des cours de couture pour devenir... maître du monde. Si après ces exemples vous ne comprenez pas que Goossens est grand, arrêtez de lire de la BD en dehors du prochain Largo Winch... 
 « Combats », Fluide Glacial, 14 euros

09:15 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : goossens, fluide glacial, combats

10/02/2011

Jésus rit

Goossens, Jésus, Fluide Glacial

La vie de Jésus Christ, même si elle ne finit pas dans la joie et la bonne humeur, peut être une source inépuisable de gags pour un auteur osant tout. Dans cette catégorie, Daniel Goossens s'est affirmé au fil des albums comme un expert. Ses deux héros, Georges et Louis, romanciers, entreprennent de réécrire la vie de Jésus Christ. Cela donne des récits de 3 à 5 pages, tous aussi absurdes les un que les autres. Par exemple, on ne sait pas si Jésus était maigre ou obèse, s'il portait des lunettes ou était noir. La seule certitude c'est qu'il avait les dents en avant. Pour une raison très simple : « ça peut devenir un avantage sélectif si l'humanité doit construire des barrages comme les castors après l'apocalypse. » Ce Jésus, très éloigné de celui du catéchisme, est effectivement un sacré comique...

« Sacré comique », Fluide Glacial, 14 €


08:24 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : goossens, jésus, fluide glacial