26/03/2017

BD : L’écrivain et son double

 


Rodolphe au scénario, Griffo au dessin : ce sont des valeurs sûres de la BD qui signent le premier tome de « Dickens & Dickens ». Dans le Londres du milieu du XIXe siècle, Charles Dickens, journaliste et romancier, aime se promener de nuit dans Londres. Il remarque un homme qui le suit. Un inconnu qui lui ressemble étrangement. Intrigué il demande à deux détectives, peu regardant sur les manières utilisées, de lui faire comprendre que cette filature doit cesser. Retrouvés égorgés, Dickens prend peur. À juste titre car l’inconnu n’est autre que lui. Réinventant le mythe du double fantôme (doppelganger) et de Dr Jeckyll et M. Hyde, l’histoire imaginée par Rodolphe permet à Griffo de dessiner des ambiances troubles avec fog et redingotes.
➤ « Dickens & Dickens » (tome 1), Vents d’Ouest, 14,50 € 

14/12/2015

BD : Bosch, peintre démoniaque

 
Les historiens ne savent pas grand chose de la vie de Hiéronimus Bosch. Le peintre flamand a pourtant marqué l’art de son époque. Ses tableaux, foisonnants de démons et autres monstres hybrides digne des pires cauchemars ont fasciné ses contemporains et les générations suivantes. Il intègre logiquement la collection “Les grands peintres” et c’est Griffo qui s’est frotté à son univers démoniaque. Le dessinateur de Giacomo C abrodé une double histoire sur les peurs de l’artiste. Le jeune apprenti, pour faire cesser ses cauchemars, décide d’(enfermer les créatures qui le hante sur ses tableaux. Mais ces dernières parviennent à s’échapper. Il va devoir demander de l’aide pour mettre au point un “fixateur”. En parallèle, une jeune conservatrice de la ville de Gand, entreprend de restaurer un tableu de Bosch, retire ce vernis magique et se retrouve envahie à son tour par les monstres. Un album essentiellement graphique, les inventions de Bosch s’accordant parfaitement avec l’univers de Griffo.

 

"Les grands peintres : Bosch", Glénat, 14,50 euros.
 

08:46 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bosch, griffo, peintre, glénat

07/06/2014

BD: "Golden dogs", les voleurs trahis

 

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Quatre voleurs. Quatre experts dans leur spécialisation. Orwood est le cerveau, Fanny la belle prostituée qui conquiert les cœurs et les secrets, Lario le castrat transformiste et Lucrèce, sa compagne. Seuls, ils sont vulnérables, unis, ils deviennent les irrésistibles « Golden dogs ». Dans le Londres de la fin du 19e siècle, ils sont sur le point de réaliser un énorme coup. Les trafics de drogues sont en plein essor. L'argent coule à flot et est très tentant. Mais impossible de dérober la recette. Donc les quatre s'attaquent à la matière première. Cela met en colère les malfrats et la police londonienne. Cette série écrite par Desberg (omniprésent en cette fin mai avec trois autres albums, deux IRS Team et Miss Octobre) et dessinée par Griffo, après les aventures en commun, s'intéresse aux différents membres du quatuor. Fanny est la vedette de ces 56 pages. Après la dissolution des Golden Dogs, elle parvient à fuir à Paris. Elle devient une célèbre courtisane. Retrouvée par la police britannique, elle se réfugie en Espagne et séduit un riche hidalgo. Ils s'installent au Mexique. Plus qu'une histoire d'amitié, c'est une véritable saga que les auteurs proposent aux lecteurs.

 

« Golden Dogs » (tome 2), Le Lombard, 14,45 €

 

06/02/2013

BD : Folie littéraire par Mangin et Griffo



La littérature peut rendre fou. Pas le lecteur, mais le créateur. A force d'imaginer les existences de personnages fictifs, on peut basculer dans une non-vie aliénante. Le premier récit du triptyque « Abymes » s'intéresse au parcours de Balzac. L'écrivain français, mondialement célèbre, était un monstre de travail. Il écrivait des pages et des pages au quotidien pour alimenter les journaux qui publiaient ses histoires sous forme de feuilleton. Valérie Mangin a imaginé une biographie fictive de Balzac. Il découvre dans un quotidien un autre roman en lieu et place de son ouvrage en cours. Surtout, l'histoire semble raconter sa vie. Exactement toutes les exactions qu'il a commises pour arriver à ses fins. Qui lui en veut à ce point ? Comment est-il aussi bien informé ? Balzac va mener son enquête, se retrouvant mis en abîmes dans une histoire écrite par un mystérieux fantôme. Passionnant, tant dans le récit que dans sa construction, « Abymes » bénéficie en plus du talent graphique de Griffo.

« Abymes » (première partie), Dupuis, 15,50 €


12:09 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abymes, griffo, mangin, balzac, dupuis

16/02/2011

Sherman story

Desberg, Griffo, Sherman, Lombard

Si Stephen Desberg est né en Belgique, son père est Américain. Un pays qui a nourri son imaginaire, lui donnant l'occasion de devenir un des scénaristes les plus côtés du petit monde de la bande dessinée. Les deux premiers tomes de sa nouvelle série, « Sherman », viennent de paraître. Dessinée par Griffo, elle propose un demi siècle de rêve américain par le prisme de l'ascension de Jay Sherman. Ce fils de vagabond, après une carrière d'homme de main dans la pègre, décroche le jackpot en séduisant la fille d'un richissime banquier. Les premières pages du tome 1 se déroulent durant les années 50. Le fils de Jay est sur le point d'être investit par les Démocrates. Il est favori pour devenir le prochain président des États-Unis. Un attentat meurtrier bouleverse les plans de Jay, déstabilisé face à l'acharnement de ses ennemis. Cette saga palpitante et prometteuse est dessinée par Griffo, déjà habitué au monde de Desberg grâce à « Empire USA ».

« Sherman » (tomes 1 et 2), Le Lombard, 11,95 € chaque volume.

09:00 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : desberg, griffo, sherman, lombard

10/05/2009

Mes BD Souvenirs (10)

Cela fait plus de 30 ans que je lis des BD. Trois décennies au cours desquelles j'ai pu voir l'évolution de certains dessinateurs. Ils sont reconnus et ont du succès aujourd'hui, mais cela n'a pas toujours été vrai. Les débuts ont parfois été durs pour certains. La maîtrise n'était pas complète.
fredericjoubertpl.jpgExemple le plus frappant : Christian Rossi. Je découvrais sa signature dans Circus durant les années 80. Il dessinait les aventures de Frédéric Joubert sur un scénario de Filippini. Il tentait de faire du réaliste. Mais j'avais toujours l'impression que quelque chose clochait dans ses dessins. Problème de perspective ou d'anatomie, tout paraissait faux et bancal. A côté d'un Giraud ou d'un Blanc-Dumont, je le trouvais nul. Mais il ne s'est pas découragé. Et à force de travail, il a trouvé les clés pour rendre son dessin plus aérien et juste. Une bascule évidente dans la série « Le chariot de Thespis ». Ensuite il s'est imposé comme un des plus grands de Jim Cutlass à WEST. Il n'est pas le seul à avoir un trait maladroit à ses débuts. Prenez les premiers Bernard Prince. Hermann avait un trait noir et foncé, trop encré, avec des héros aux muscles hypertrophiés. Il faudra des planches et des planches pour qu'il acquière cette dextérité incomparable.

modeste_griffo.jpgCertains dessinateurs ont également eu des problèmes à leurs débuts pour des erreurs de castings. En clair, leur première série n'était pas du tout ce qu'ils pouvaient dessiner de mieux. Une sorte d'apprentissage, presque de bizutage. Ainsi comment imaginer que Griffo, dessinateur de SOS Bonheur, Giacomo C. , Sade ou Ellis Group a débuté en reprenant... Modeste et Pompon. Cette série de gags, imaginée par Franquin et animée durant de nombreuses années par Mittéi était orpheline. Griffo, postulant à la rédaction de Tintin, en a signé une petite trentaine. Un petit galop d'essai avant de s'imposer comme dessinateur réaliste dans les pages de Spirou.

Franz aussi a longtemps hésité entre dessin réaliste et humoristique. Alors même qu'il se lançait sur les traces de Jugurtha, il amusait les lecteurs de Tintin avec Korrigan, des histoires complètes écrites par Vicq. Frais, sans prétention, cette série a rencontré un joli succès. Mais il a fallu que Franz choisisse. Son amour des chevaux et des belles femmes a certainement fait pencher la balance vers Jugurtha et Lester Cockney.

Autre débutant des années 70 devenu un dessinateur reconnu aujourd'hui : Renaud. Sa première série a surtout marqué les esprit par la complexité du scénario. Aymone, héroïne sortie de l'imagination de Jean-Marie Brouyère, évoluait dans des décors enneigés au milieu de nombreux militaires. Une belle jeune femme, toute en formes. Renaud a continué dans cette voie, dénudant de plus en plus ses personnages féminins, notamment la sublime Jessica Blandy sur un scénario de Jean Dufaux.

korrigan01_01102003.jpgCes débuts hésitants de dessinateurs ont parfois été réédités en album bien des années après leurs publications dans les revues. Certains sont totalement introuvables comme les gas de Modeste et Pompon. Heureusement, le site officiel de Griffo a exhumé ces planches que l'on peut visionner dans un « musée des antiquités ». Pour ma part, toutes ces BD sont encore bien présentes dans ma mémoire tant elles m'avaient marqué, par leurs défauts ou leurs différences.

A l'inverse, la vieillesse a parfois joué des tours à certains auteurs qui ont lentement perdu leur coup de crayon. Exemple avec Raymond Macherot. Son trait, très classique, au sommet de sa carrière, est devenu tremblant et hésitant dans les dernières années. Il n'a pas su s'arrêter à temps. Mais parfois, les dessinateurs n'ont pas le choix, même si leur santé est chancelante, ils doivent continuer à produire pour assurer les fins de mois. Ils sont rares ceux qui peuvent arrêter une série et profiter d'une retraite méritée. Berck (Sammy) et Deliège (Bobo) en font partie. Et pour ces deux derniers, on regretterait presque ce retrait du monde de la BD tant ils sont partis au sommet de leur art.

 

 

09/11/2008

Complot bis



Le quatrième tome de la série Empire USA vient de paraître avant-hier. Quatre épisodes en moins de deux mois. Ecrite par Desberg, cette histoire de complot aux USA est dessinée par plusieurs auteurs, après l'étude des personnages par Marini et Reculé. Griffo, Mounier, Juszezak et de nouveau Griffo ont signé les premiers épisodes. Jared Gail, agent de la CIA, est le seul à pouvoir empêcher un attentat à San Francisco. Le suspense est savamment distillé, les personnages travaillés et l'intrigue prenante. Prochain épisode le 21 novembre pour un dénouement le 5 décembre...
« Empire USA » (tomes 1 à 4), Dargaud, 10,40 €


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02/10/2008

L'autre théorie du complot



Toujours plus vite. Les lecteurs veulent découvrir la suite de leurs séries favorites toujours plus vite. « Empire USA », saga en 6 tomes va battre des records de rapidité. Les tome 1 et 2 viennent de sortir (le 19 septembre exactement), le 3 sera dans les bacs en octobre, les 4 et 5 en novembre et le final sortira début décembre. Desberg est le scénariste, mais il a été obligé de solliciter plusieurs dessinateurs. Griffo et Mounier pour ces deux premiers tomes. En préambule, Jared Cail raconte comment une bombe chimique va détruire Los Angeles. Cet attentat de la secte terroriste des Hashashins va transformer, en réaction, les USA en une dictature militaire et religieuse. Jared est sur le point de se suicider. Pourtant il est le seul sur terre qui pourrait empêcher la bombe d'exploser. Il entreprend alors de raconter comment il en est arrivé là. Tout le talent de conteur de Desberg permet à ces deux premiers tomes de plonger dans une intrigue qui n'est pas sans rappeler les meilleures séries télé américaines. Griffo, au dessin des 48 premières planches, simplifie son trait tout en gardant son efficacité. C'est l'événement de cette rentrée BD et c'est à ne pas rater.
« Empire USA » (tomes 1 et 2), Dargaud, 10,40 € chaque volume




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29/06/2008

Triste futur

d819089bbdfca0734ffeab0e6d0590c7.jpgPour les 20 ans de la collection Aire Libre de chez Dupuis, la maison d'édition belge ressort quelques uns de ses fleurons. Après Cosey et avant Gibrat, voici l'intégrale de SOS Bonheur, récit d'anticipation de Van Hamme mis en images par Griffo qui signait sa première BD réaliste. Le scénariste, longtemps cadre dans une multinationale, a profité de son expérience pour imaginer une société déshumanisée ou l'Etat providence offre à tous son lot de bonheur. Bonheur officiel, bonheur programmé. En quelques courts chapitres puis un long récit, les auteurs expliquent que ce beau rêve peut se transformer en cauchemar absolu. A l'ère du tout numérique, ce récit vieux de 20 ans, est toujours d'actualité.
« SOS Bonheur » (intégrale), Dupuis, 32,50 euros


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21/02/2008

L'attaque des rêves

4e5484cd13d113d7c3051973a4b6df3f.jpgRêves et cauchemars à New York. Un rêve fait partie du virtuel. Mais il existe certaines configurations permettant de lui donner corps. Lieu particulier ou rêveur plus puissant. Une conjonction réunie en permanence à New York. C'est donc dans cette ville que s'est formé Ellis Group, sorte de police parallèle chargée de régenter ou neutraliser ces phénomènes paranormaux. Car cela va du rêve de richesse au cauchemar sanglant. Latour, le scénariste, sur cette base ingénieuse, rajoute une touche de complexité car le héros, Deep O'Neil, n'est que la conséquence des rêves de son père, agent d'Ellis Group, plongé dans le coma. Le véritable Deep, flic de base, est mort quelques jours auparavant. Le premier tome (réédité pour l'occasion) plantait le décor, le second, toujours dessiné par Griffo au sommet de son art, se focalise sur un autre agent d'Ellis Group, Sax, géant noir aux pratiques peu orthodoxes. Il aura fort à faire face à une attaque massive et concertée de cauchemars. Un monde complexe et foisonnant à découvrir.
« Ellis group », Le Lombard, 10,40 € (le pack des tomes 1 et 2 est à 14,90 €)

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