06/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Danse avec les gangs

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Des détenus en train de danser un Harlem Shake dans une prison, avouez, cela fait désordre. La scène se passe à Montmédy, dans la Meuse. Un couloir mal éclairé, la musique insupportable et l'arrivée d'une quinzaine d'agités, visages dissimulés par des cagoules. La vidéo fait son petit effet sur internet, entre félicitations et indignation. Pourquoi transformer immédiatement ces quelques secondes de défoulement en affaire d'État ? S'ils veulent danser, à quoi bon contrarier leur volonté de réinsertion ? Voilà les première réflexions qui me sont venues à l'esprit. Dans un second temps, je m'aperçois que ces gens font plutôt peur. En vrac, quelques solutions pour diminuer leurs ardeurs guerrières. Le ministère de la Justice devrait imposer dans les conditions de détention un stage à l'opéra de Paris pour tous les « gangsters D-Ter » ! Ils constateront rapidement la différence entre l'art et le n'importe quoi. Danser en justaucorps moulant sur de la musique classique se révèle plus compliqué que rouler des mécaniques dans 8 mètres carrés.

 

Autre possibilité : participation obligatoire à un numéro exceptionnel de l'émission de TF1, rebaptisée pour l'occasion « Danse avec les gangs ». Une rumba, un tango ou une valse, devant des millions de téléspectateurs et à visage découvert paraîtront sans conteste plus intimidants qu'un Harlem Shake, masqués, face à un téléphone portable. Rajoutez là-dessus les critiques acides d'un Chris Marques toujours prompt à démolir le moindre faux-pas et le problème des prisons en France est réglé. Les détenus n'auront plus qu'une envie : rester cloîtrés, sages comme des images au fond de leur cellule.

Chronique parue jeudi en dernière page de l'Indépendant

02/03/2013

Chronique : Du Harlem Shake au chèque

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Harlem Shake, la dernière folie sur le Net, est un phénomène plus complexe que les gesticulations de collégiens prépubères masqués en mal de copulations. Les 30 secondes de vidéo montrent toute la force d'Internet sur ses fondamentaux : musique moderne, anonymat, vidéo simple, partage immédiat. Un cocktail explosif. Le premier Harlem Shake apparaît le 2 février, il y a exactement un mois. Il en existe des milliers sur les réseaux sociaux. Et le phénomène ne semble pas sur le point de s'essouffler puisque quelques polémiques lui donnent une publicité renforcée. En Tunisie, des islamistes radicaux tentent d'arrêter un tournage. Aux USA, plusieurs collégiens sont renvoyés pour avoir eu des « attitudes indécentes » sur les campus. Cela déborde même de la simple plaisanterie entre potes puisque cet après-midi à Perpignan, rendez-vous est donné devant le Castillet pour un Harlem Shake collectif...

Derrière ce Shake, il y a les chèques encaissés grâce aux publicités diffusées avant les vidéos. Comme pour Gangnam Style, le compositeur de la musique, DJ Baauer a choisi la solution « libre de droits ». Il abandonne ses droits d'auteur, mais il touche un pourcentage sur toutes les publicités placées avant chaque Harlem Shake. C'est un peu comme s'il avait gagné à l'Euromillions, mais aussi à la loterie américaine, au loto chinois et au bingo japonais. Continuez à vous agiter sur sa musique, DJ Baauer ramasse les pièces qui tombent de vos poches...


Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.  (Photo Michel Clemetz)