21/05/2015

BD : Dessinateurs dissipés dans le "Gang Mazda"

gang mazda, bosse, darasse, hislaire, dupuis

Prenez trois dessinateurs. Mettez-les dans un atelier. Observez. Cela donne une mine de gags, base de la série « Le Gang Mazda », imaginé par Hislaire et Darasse et dessiné par ce dernier. De 1987 à 1996, cette série a connu un beau succès dans les pages du journal de Spirou. Pour la première fois, une BD classique se penchait sur la vie de ces pro de la déconnade. Les premières planches s'inspirent directement des déboires des trois olibrius. Darasse, le dragueur impénitent, toujours dans la dèche, collectionnant les petites amies, les ennuis et les dettes, est le principal ressort comique. Rarement il est à sa table à dessin. Ses deux collègues au contraire sont des forcenés du pinceau. Hislaire, génial créateur de Bidouille et Violette, maître du romantisme avec Sambre, est un torturé congénital. Sa vie serait un enfer si Darasse n'était pas là pour y apporter un peu d'imprévu et de rire. Michetz, le troisième larron, méticuleux metteur en scène de Kogaratsu, passe autant de temps à peaufiner ses dessins qu'à aiguiser son sabre japonais. Lui aussi subit les errances de Darasse. Le trio n'a véritablement travaillé que six mois sous le même toit. Mais dans les pages de Spirou, ils ont illustré le travail des bébéastes durant près de dix ans et cette belle intégrale complétée d'une longue interview permet de mieux comprendre l'état d'esprit des trois « mazdaiens ».

« Le gang Mazda fait son intégrale » (tome1), Dupuis, 24 €

 

 

 

22/12/2013

BD : Belles intégrales à offrir

500 histoires drôles en BD

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirEnvie de rigoler ? De beaucoup rigoler ? Ce recueil ultime est pour vous. Vous y trouverez 500 histoires drôles en BD étalées sur plus de 330 pages. Pas moins de 25 dessinateurs au sommaire et trois scénaristes. Découpé en chapitres thématiques, ce livre vous permettra de vous moquer des couples ou des toubibs sans oublier un très gros contingent de scénettes polissonnes. (Vents d'Ouest, 13,90 €)

 



Bidouille et Violette

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirSérie culte des années 80 dans le journal de Spirou, Bidouille et Violette revient dans une intégrale sous-titrée « Chronique mélancolique d'un premier amour ». Bernard Hislaire, jeune auteur complet, voulait casser les codes de la BD pour adolescents. Son personnage principal est un gros garçon timide, fils du tenancier d'une baraque à frites. Ses aventures ? Il n'y en a pas. Bidouille est simplement amoureux de la belle et évanescente Violette. Cet amour naïf, voire impossible, est une sorte de BD documentaire avant la lettre. On y retrouve toute la poésie de Hislaire, mais avec aussi la dureté de notre monde. C'est beau et triste à la fois. Conséquence, avec le temps, cette BD culte est devenue un classique. (Glénat, 38 €)

 

Le très gros livre de Simon's Cat

 

intégrales, Tofield, bidouille, violette, hislaire, simon's cat, histoires drôles, glénat, vents d'ouest, fleuve noirApparu dans des petits films animés sur le net, Simon's Cat a depuis conquis le marché du livre. Et comme ses histoires sont muettes, il inonde la planète entière. Pour ces fêtes de fin d'année retrouvez ce gros chat un peu nigaud, toujours partant pour faire une bêtise, dans un gros recueil de dessins et d'histoires courtes. En noir et blanc, Simon Tofield avec son trait simple et efficace, raconte les mille déboires d'un matou qu'on aimerait câliner tout en redoutant ses envies de destruction. Idéal pour tout public et tous les âges. (Fleuve Noir, 14,90 €)


22/03/2009

Mes BD souvenirs (5)

En quittant le collège, j'abandonnais également la campagne. Terminé le collège de Langon, gros bourg du bordelais à 10 km de Sauternes, le village que nous habitions à l'époque, pour Talence, banlieue sud de Bordeaux. Surtout, je devenais interne, ne revenant chez mes parents que le week-end, après les cours du samedi matin. Ce fut un choc. A tous les points de vue. Inscrit dans une filière technique, le niveau ne volait pas très haut. Mais je ne boudais pas mon plaisir d'une certaine indépendance. Je découvrais une grande ville en ce mois de septembre 1976. Bus de ville, train, bibliothèque... et librairies. A la bibliothèque, le mercredi après-midi, j'empruntais des classiques à tour de bras que je dévorais le soir au cours des interminables heures d'études. Et en chemin, je m'arrêtais dans les diverses maisons de la presse. Et je découvrais qu'il n'y avait pas que Tintin, loin de là.
dr poche spirou 201.jpgSpirou était systématiquement présenté à côté de mon hebdomadaire favori. Je n'ai pas résisté à le feuilleter. En deux ou trois librairies, je lisais l'exemplaire en entier. C'était devenu mon rituel du mercredi après-midi. Et dès que j'ai pu, je l'ai acheté. Mon maigre argent de poche allait prioritairement dans l'hebdo de Marcinelle qui venait de franchir le cap du numéro 2000. Et le sommaire était particulièrement riche et prestigieux. Un Spirou, bien évidemment (l'Ankou de Fournier) et d'autres séries comme Isabelle, Tif et Tondu, Natacha, Archie Cash ou les Tuniques Bleues qui m'ont également marqué. Mais le gros choc, le déclencheur, ce fut le Docteur Poche de Wasterlain. C'était sa première histoire. Le dessin de Wasterlain était à l'opposé des autres BD, très rondes et soignées. On avait parfois l'impression que sa plume avait accroché le papier, le trouant presque. Et l'histoire, fantastique, mystérieuse, poétique, me fascinait, notamment les mannequins prenant vie. J'ai pris l'histoire en cours (débutée en août) mais j'ai adoré.
Côté gags, j'avais l'occasion de redécouvrir les vieux Gaston (Le coin des classiques), les premiers Agent 212 et Boule et Bill. Les récits complets étaient déjà trustés par Cauvin qui signait les Mousquetaires (Sandron) et Boulouloum et Guiliguili (Mazel). Mais tout n'était pas exceptionnel. Je n'arrivais pas à accrocher au dessin laborieux de Devos et de son Génial Olivier. Je passais sans les lire les Paul Foran et autres séries espagnoles...
bidouille et violette.jpgJe devenais cependant fidèle et au fil des mois j'ai eu d'autres coups de cœur. En priorité pour Bidouille et Violette. Cette petite histoire d'amour contrariée, un peu en décalage avec les autres séries, me parlait car j'avais pile poil l'âge et le physique du héros. Je n'ai pas pleuré (on ne peut pas pleurer quand on vit en internat), mais l'émotion était bien réelle. J'ai une admiration sans borne pour Bernard Hislaire. Par la suite, j'ai acheté les albums, mais il m'en manque un (le tome 2, Les jours sombres) et je n'ai jamais trouvé l'intégrale parue chez Glénat (quand elle est sortie, j'étais en Polynésie, loin de tout...)
J'ai découvert Spirou dans les librairies, mais il y avait quantité d'autres revues BD à l'époque. Dites adultes, ce que je n'étais pas. Mais les couvertures de Solé (pour Pilote, Métal, Fluide Glacial ou l'Echo des Savanes) attirèrent mon œil. J'allais me déniaiser avec des récits de Franc, Wallace Wood, Pétillon ou Lauzier.
(A suivre dimanche prochain)