07/09/2017

DVD et blu-ray : "Get out", nuit noire dans une famille blanche

 

Non, Chris n’aurait pas du aller passer un weekend chez les parents de sa petite amie. Non seulement ils vivent dans une grande maison isolée dans les bois et au bord d’un lac, mais ils sont Blancs. Or, Chris (Daniel Kaluuya), photographe new-yorkais, est un pur produit de cette Amérique d’Obama qui a donné sa chance aux Noirs. Il a hésité avant de partir, mais sa copine, Rose (Allison Williams, vue dans la série «Girls» de Lena Dunham) le rassure. Ils ne sont pas racistes. Le père aurait même voté Obama une troisième fois s’il avait pu. Reste que l’ambiance est un peu particulière dans cette vaste demeure bourgeoise. D’autant que les domestiques, une cuisinière et un jardinier, sont Noirs. Bienvenue dans l’Amérique des clichés.
Mais Chris commence vraiment à flipper quand la mère de Rose veut l’hypnotiser. Pour lui faire passer son envie de fumer...
Autant critique sociale des USA que film d’horreur maî- trisé de bout en bout, «Get Out» de Jordan Peele fait peur dans tous les sens du terme. Et même sans la fin alternative proposée dans les bonus du DVD, beaucoup plus noire que celle retenue dans la version finale
➤ «Get Out», Universal Vidéo, 16,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray

 

27/04/2017

DVD et blu-ray : Les démons voyageurs s’amusent dans « Incarnate »

 


Depuis l’Exorciste, les histoires de possession sont une mine d’or pour les scénaristes de films d’horreur. Brad Peyton dans « Incarnate » reprend le film, avec quelques variantes. Notamment dans la personnalité de l’exorciste confié cette fois à un homme qui ne croit pas aux dé- mons. Pour lui, ce ne sont que des parasites qui migrent de corps en corps pour assouvir leurs plus bas instincts.


Le docteur Seth Ember (Aaron Eckhart) a le pouvoir de pénétrer le monde de ces monstres plus nombreux qu’on ne le croit. Dès qu’il dort profondément, il peut pénétrer l’esprit du possédé, le rejoindre dans le monde fictif mis en place par l’entité, lui ouvrir les yeux et revenir à la réalité, débarrassé du démon.
■ Enfant terrifiant
Simple, mais pas sans danger. Ember est placé dans un profond coma lors de ces « plongées », suivi par une équipe de geeks, et tout est filmé. Ember ne travaille pas pour la gloriole. Il cherche un démon particulier qui, alors qu’il occupait l’esprit d’une femme ivre, a provoqué la mort de sa femme et son fils. Il a au passage perdu l’usage de ses jambes et se déplace depuis en chaise roulante. Contacté par le Vatican, il doit sauver un jeune garçon de 11 ans, Cameron (David Mazouz) du fameux démon avec qui il a un compte à régler. Le film n’abuse pas d’effets spéciaux, par contre il instille une angoisse crescendo des plus prégnantes. 
Saluons l’interprète de Cameron. Pas évident de faire peur quand on a 11 ans et une frange à la mode. Mais David Mazouz (découvert depuis dans la sé- rie Gotham), est le véritable moteur de terreur du film. Un enfant normal, se transformant en bête sans pitié, capable de tuer son père juste pour le plaisir.
Et comme tout film d’horreur qui se respecte, la fin est ouverte, donnant l’occasion aux producteurs, en cas de succès, de proposer une suite rapidement.  
➤ « Incarnate », Wild Side Vidéo, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

01/11/2016

BD : L’horreur sous toutes ses coutures

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Halloween oblige, le mois d’octobre est propice aux sorties d’albums jouant sur la peur des lecteurs. Les éditions Glénat ont fait le pari de lancer une collection dédiée à cet univers particulier. « Flesh Bones » fleure bon l’hommage à la série B. Ces albums copieux (plus de 120 pages) aux couvertures souples et en noir et blanc sur un papier volontairement granuleux sont de bonnes parenthèses frisson dans notre quotidien manquant parfois cruellement d’exceptionnel. Trois titres viennent de sortir dont le sexy « Blood Red Lake » de Bec (scénario) et Arlem (Dessin). Quatre étudiants (deux geeks et deux filles canons) vont fêter la fin des études sur un lac perdu dans la montagne. En route ils croisent la route d’un tueur psychopathe. Du sexe, de la violence, encore du sexe, un peu de fantastique, la recette est simple et marche à la perfection.

➤ « Blood Red Lake », collection Flesh Bones, Glénat, 14,95 € 

 

12/02/2016

Cinéma : Les monstres de "Chair de poule" passent du papier au grand écran

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Pas loin de 200 histoires dans la collection, presque autant de monstres sortis de l'imagination de R. L. Stine : la collection "Chair de poule" a passionné (et terrorisé) des millions d'adolescents. Un succès planétaire qui a logiquement intéressé plusieurs producteurs américains. Tim Burton avait pris une option sur cet univers gentiment fantastique mais longtemps le projet est resté dans les cartons. Finalement l'univers des livres est enfin adapté au cinéma mais c'est Rob Letterman ("Monstres contre Aliens") qui réalise le film, centré sur le personnage de R. L. Stine. Il est interprété par le phénoménal Jack Black, toujours aussi comique malgré ses nombreuses apparitions dans des comédies formatées.

 

 

 

Comme les romans s'adressent aux adolescents, il est normal que le film soit lui aussi destiné aux teenagers américains. Même si les lecteurs de "Chair de poule" ont tous aujourd'hui plus de 30 ans, voire des cheveux blancs. Et pour plaire au plus grand nombre, le scénario utilise les ficelles classiques de la famille en deuil. Gale Cooper et son fils Zack (Dylan Minnette) débarquent dans la petite ville de Madison au fin fond des USA. Gale est la nouvelle proviseur adjointe du lycée. Lycée où Zack fait sa rentrée avec l'étiquette traumatisante du nouveau. Ils tentent de changer de ville pour oublier la mort, l'année dernière, du père et mari.

Monstres en liberté

Gale se consacre à son travail, Zack à sa voisine. Hannah (Odeya Rush), jolie brune piquante, est claquemurée chez elle. Son père ne veut pas qu'elle sorte. Elle ne se prive pas de désobéir, entraînant Zack dans des balades nocturnes étonnantes. Mais c'est rien à côté de la découverte de la bibliothèque du père d'Hannah. Ce sont les manuscrits des romans "Chair de poule". Ils sont cadenassés. Zack en ouvre un par erreur. L'abominable homme des neiges est immédiatement libéré et sème la panique en ville.

Un effet boule de neige, ce sont des centaines de monstres qui se déchaînent. Pour sauver la ville de Madison, Zack, Hannah, Stine et Champ (Ryan Lee) vont devoir multiplier les ruses. Si le début du film est typique des comédies juvéniles, rapidement les monstres viennent mettre une sacrée pagaille à l'ensemble. Des zombies aux nains de jardin en passant par un loup-garou et un lutin machiavélique, les effets spéciaux s'en donnent à cœur joie. L'humour est omniprésent. Par les gaffes de Champ, les répliques de Jack Black, les mimiques de certains monstres...

L'ensemble est un film d'une rare efficacité, mélange de Goonies et de Gremlins. Un spectacle familial par excellence.

26/09/2015

DVD : Défense de jouer au "Ouija"

ouija, horreur, jeuIl ne faut pas jouer seul au 'Ouija'. Quelques teenagers américains vont le regretter dans ce film d'horreur de Stiles White.Une planche avec l'alphabet dessiné dessus, un bout de bois avec une lentille grossissante au centre : un ouija, jeu qui a connu une belle renommée il y a quelques années aux USA. Au XIXe siècle, il était réservé aux adeptes de spiritisme désireux de contacter les esprits des morts. Par la suite c'est devenu une simple distraction pour les jeunes, pour connaître l'avenir. Ou se faire peur... Les scénaristes de 'Ouija', film réalisé par Stiles White (son premier film après avoir signé une dizaine de scripts tous plus horrifiques les uns que les autres) ont ressorti ce jeu des catacombes des soirées des teenagers américains pour en faire un film assez terrifiant.

Une fois la première mort violente présentée en long et en large, on peut découvrir les différents membres du groupe qui va être décimé au fil des minutes. Trois filles et deux garçons. Classique. Tout part de la volonté de Laine (Olivia Cooke) de comprendre pourquoi sa meilleure amie Debbie s'est suicidée. Elle retrouve un vieux Ouija dans la chambre de sa copine et persuade ses amis de se lancer dans une partie pour contacter leur amie récemment disparue. Avec un minimum d'effets spéciaux (excepté à la fin où, au contraire, il y en a un tout petit peu trop), le film parvient à faire peur de bout en bout. Quelques passages sont plus flippants que d'autres. La palme à la scène du grenier. Les acteurs manquent dans l'ensemble de charisme, exceptées l'interprète principale et Ana Coto qui joue la petite sœur de Laine, tendance gothique. Un excellent divertissement à voir en groupe, histoire de casser l'angoisse en riant. Ou au contraire de se faire encore plus peur...

'Ouija', Universal, 15 euros le DVD, 16,99 euros le blu-ray.

 

11:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ouija, horreur, jeu

30/05/2015

DVD : Lune de miel mortelle dans "Alleluia" de Fabrice du Welz

Fabrice du Welz suit un couple maudit dans « Alléluia », film de genre réussi.

 

alleluia, welz, lola duenas, laurent lucas, horreur, wild sideAmis des films gore, ce thriller belge est pour vous. Fabrice du Welz (Calvaire, Vinyan) repeint ses décors en rouge avec ce long-métrage adapté d’un fait divers qui a défrayé la chronique dans les années 50 aux USA. Gloria (Lola Duenas) travaille à la morgue d’un hôpital. Veuve, elle cherche l’amour sur les sites de rencontre. Quand elle rencontre Michel (Laurent Lucas), le courant passe très bien. Mais le faux commerçant est en fait un gigolo spécialisé dans l’escroquerie des veuves éplorées. De victime, Gloria se transforme en complice pour rester près de son nouvel amour. Un couple maudit, entre un artiste du sexe et une femme folle de jalousie.

Découpé en autant d’actes que de femmes victimes, ce film à l’ambiance trouble et malsaine, se termine en apothéose dans la grande propriété de Solange (Héléna Noguerra) ultime femme prise dans les rais de Michel et Gloria.

 

 

Si toute l’histoire tourne autour du sexe, il n’y en a pas beaucoup dans les scènes clés, le réalisateur préférant filmer l’extase et la jouissance dans les gros plans de visages noyés dans des lumières criardes. Lola Duenas est particulièrement convaincante dans ce personnage de folle hystérique. Une véritable performance physique. Tournée dans les Ardennes belges, cette histoire bénéficie des atmosphères sombres, humides et froides d’une région pleine de ressources pour les cinéastes un peu talentueux. Côté bonus, en plus d’un making of classique, les trois acteurs principaux se confient longuement sur la façon d’appréhender leurs personnages légèrement dérangés.

« Alléluia », Wild Side, 19,99 euros

 

23/02/2015

DVD : Annabelle, experte en cauchemar

annabelle, horreur, poupée, warner brosVéritable phénomène de société lors de sa sortie en salles, le film d’horreur Annabelle de John R. Leonetti (produit par James Wan) arrive en DVD et blu-ray pour vous terroriser à domicile. Annabelle c’est le nom de cette poupée aux yeux gigantesques et aux pouvoirs démoniaques. Durant son exploitation en salles, certains passages ont provoqué de véritables scènes d’hystérie. Une fois dans votre salon, le film perd un peu de sa puissance, mais reste quand même un futur classique.

John (Ward Horton) et Mia (Annabelle Wallis) vont avoir un bébé. Une nuit, un couple de satanistes massacre leurs voisins et les attaque. La femme se réfugie dans la chambre et se suicide avec la poupée Annabelle sur les genoux. Quelques mois plus tard, le cauchemar reprend...

 

 

« Annabelle », Warner Bros, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray.

 

06/01/2015

DVD : "Mister Babadook", peurs australiennes

babadook, kent, horreur, conteLes films d'horreur les plus efficaces ne sont pas ceux qui proposent quantité d'effets spéciaux. La peur, avant d'être montrée, doit être ressentie. Jennifer Kent, la réalisatrice de « Mister Babadook » a parfaitement intégré cette donnée pour son premier film. Des décors minimalistes (une vieille maison) et deux acteurs impliquées (la mère Essie Davis et son fils Noah Wiseman) suffisent pour vous filer une frousse mémorable. Depuis la mort de son mari dans un accident de la route, Amelia élève seule son fils Samuel. Ce dernier, comme beaucoup de petits garçons de 7 ans, est persuadé que des monstres colonisent ses placards et vivent sous son lit. Elle doit développer des trésors d'ingéniosité pour le rassurer. Jusqu'à ce qu'elle lise l'histoire de Mister Babadook, un monstre qui vient frapper à la porte de la maison la nuit venue. Réel ou imaginaire ? Le cauchemar peut commencer.

Une variation brillante et virtuose sur les névroses, la folie et l'imaginaire. Récompensé à juste titre en 2014 au festival du film fantastique de Gérardmer.

 

« Mister Babadook », Wild Side Vidéo, 19,99 euros DVD, 24,99 euros blu-ray 

 

07:28 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : babadook, kent, horreur, conte, wild side

25/12/2014

DVD : Des “Catacombes” sans dessus dessous

Plongée dans les bas-fonds parisiens avec ce film d’horreur malin et angoissant.

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John Erick Dowdle est devenu un spécialiste du “found footage”, cette technique popularisée avec le “Projet Blair Witch”. En présentant le film comme un reportage, il plonge les spectateurs au cœur de l’intrigue. Mais avec toujours l’impression de ne voir qu’une partie de l’action, angoissé à l’idée de découvrir ce qui peut se passer derrière le caméraman. Si Blair Witch se déroule au grand air dans une forêt déserte, “Catacombes “au contraire se déroule en permanence sous terre, loin de la lumière. Les claustrophobes ne seront pas à la fête, sauf s’ils aiment se faire peur.

 

 

Scarlett (Perdita Weeks), jeune historienne passionnée d’ésotérisme, est à la recherche de la fameuse pierre de rosette, le graal de tout alchimiste. Elle suit les traces de son père, et pense avoir trouvé son trésor en déchiffrant un message codé sur la tombe de Nicolas Flamel, le plus célèbre alchimiste parisien. Elle embarque dans son expédition souterraine son ancien petit ami (Ben Feldman) et le caméraman Benji (Edwin Hodge). Pour ne pas se perdre dans les dédales, elle embauche un marginal, Papillon (François Civil) habitué de ces endroits peu accueillants.

Ce petit film d’horreur a l’avantage de ne pas trop tourner autour du pot. Il faut moins de 20 minutes avant de plonger dans les entrailles parisiennes. Ensuite les ennuis arrivent très vite, la peur aussi. Mieux vaut s’accrocher tant les rencontres dans ces sinistres catacombes rappellent nombre de très mauvais souvenirs aux participants de l’expédition.

Le DVD offre en bonus un petit making of pour expliquer toute la difficulté de tourner dans ces lieux clos et oppressants. Certaines scènes de panique ne sont peut-être pas jouées...

 

 

“Catacombes”, Universal, DVD et blu-ray, 16,99 euros.

10:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : catacombes, horreur, universal

17/10/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Annabelle, la poupée de sang

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Annabelle. Retenez ce prénom. Dans quelques dizaines d'années, il fera frissonner juste à son évocation comme ses prédécesseurs Freddy ou Chucky. Le film d'horreur de John R. Leonetti n'a rien d'exceptionnel. Juste un parfait savoir-faire dans les moments de tension et un double personnage réellement effrayant : la poupée et la jeune fille à la tête penchée, visage masqué par ses longs cheveux.

Le film, à quelques jours d'Halloween, semble bien parti pour devenir l'un des gros succès de la fin d'année. Du moins, s'il survit au phénomène qui transforme chaque projection en chahut incontrôlable. Précédée d'une campagne virale très réussie sur les réseaux sociaux, Annabelle est devenue le rendez-vous incontournable pour se faire peur en groupe. Interdit aux moins de 12 ans, ce sont les adolescents qui font le succès du long-métrage. Plusieurs cinémas (Marseille, Strasbourg, Montpellier) ont préféré le déprogrammer face aux débordements. Durant la projection, une surenchère de cris, hurlements, gesticulations et jets de projectiles agite la salle. Comme si la poupée maléfique avait pris possession de l'esprit des spectateurs. Envoûtement prolongé parfois en dehors de la salle.

Face à ce déferlement de jeunes surexcités, les services de sécurité ont vite baissé les bras. Donc, pour la tranquillité des autres spectateurs, ceux qui préfèrent la poésie de Lou ou le mystère de Gone Girl, les exploitants ont préféré faire l'impasse sur le film. A grand regret : en cinq jours, Annabelle frôle déjà les 500 000 entrées...

En bonus internet, la bande annonce du film :