14/05/2017

Livres de poche : Et si on essayait de rire maintenant ?

 


Ces 3 000 anecdotes, histoires drôles et mots d’esprit de l’humour juif ont été recueillis par Victor Malka, fervent partisan de l’autodérision mais aussi spécialiste d’histoire de la civilisation hébraïque. Aussi hilarant que cinglant, ce florilège n’épargne rien ni personne, des mères juives aux relations pères-fils, en passant par la vie de couple, l’argent ou encore les bar-mitsva.
➤ « Le dico de l’humour juif », Points, 7,40 €



Nouvelle fournée de ces livres signés Hazeley et Morris. Ils nous présentent les mondes merveilleux du bobo, de la femme au foyer et du premier rendez-vous. Second degré à tous les étages. Sur de gentilles gravures tirées de livres éducatifs des années 50, ils brossent une satire au vitriol de notre société moderne. A lire avec modé- ration, risque de fou-rires intempestifs.
➤ « Le monde merveilleux du bobo », 10/18, 6,50 € chaque volume (en vente le 18 mai)



Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, leurs fils, Matthieu, éternel adolescent ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles insupportables ! Satire familiale savoureuse par Aurélie Valognes.
➤ « En voiture, Simone ! », Le Livre de Poche, 7,10 €

15/08/2014

Cinéma : La famille, révélateur d'émotions

 

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Dix ans après un premier film encensé par la critique et la presse, Zach Braff récidive avec « Le rôle de ma vie », magnifique et émouvante comédie sur la famille.

 

 

Le cinéma américain est un parfait catalyseur de l’humour juif. Chaque époque semble avoir son petit génie qui marque durablement les esprits. Il y a eu Mel Brooks et Woody Allen, puis les frères Coen. Place désormais a Zach Braff qui, au passage, écrit lui aussi ses scénarios avec son frère, Adam.

Passé par le théâtre et les sitcoms, Zach Braff ne réalise qu’avec parcimonie. Principale raison de cette rareté : il veut avoir une totale indépendance et maîtriser son projet de A à Z. Quand le phénomène du crowdfunding (financement participatif sur internet) a fait son apparition, il a lancé son projet. Moins d’une semaine plus tard il avait réuni son budget (modeste en regard des superproductions) pour se lancer dans l’aventure du « Rôle de ma vie ». Un film tourné à Los Angeles, en peu de temps, au casting sans fausse note (lire ci-contre) où le spectateur est sans cesse propulsé du rire aux larmes.

Aidan Bloom (Zach Braff) est acteur. Du moins c’est son rêve le plus cher. Pour l’instant il se contente de quelques publicités et court les castings pour décrocher un second rôle. En vain. Résultat c’est sa femme, Sarah (Kate Hudson) qui alimente le compte en banque. Un boulot tout ce qu’il y a de plus alimentaire et abrutissant. Si le couple bat un peu de l’aile, leurs deux enfants prolongent une complicité toujours vivace. Il y a l’aînée, Grace (Joey King) et le petit dernier Tucker (Pierce Gagnon). Ils vont à l’école privée juive du quartier. Des études hors de prix, mais c’est le père d’Aidan, Saul (Mandy Patinkin) qui paie. Jusqu’à ce qu’il décide de consacrer ses dernières économies à un autre budget encore plus prioritaire : soigner son cancer...

 

Le père et ses fils

Aidan, pris à la gorge, retire ses enfants de l’école (après une entrevue avec le rabbin d’une causticité époustouflante) et tente d’assurer seul, à la maison leur éducation. Le voilà donc le rôle de sa vie : apprendre à ses deux rejetons les bases pour survivre dans un monde sans pitié. Tour à tour prof autoritaire, copain cool et gamin encore plus farceur que Tucker qui pourtant a plus d’un tour dans sa poche, Aidan va de surprise en désillusion. Mais ce premier coup du sort va enfin lui ouvrir les yeux sur son bonheur : une femme aimante et des enfants adorables. Une seconde catastrophe va lui permettre de redécouvrir son père et renouer avec son petit frère Noah (Josh Gad). La séquence émotion joue à plein. Rires et pleurs se mélangent allègrement dans une œuvre aussi dense qu’une vie.

Un film qui pourrait devenir culte tant certaines trouvailles restent en mémoire comme le gros mot trouvé par Tucker pour alimenter une cagnotte ou le départ du rabbin en segway dans les couloirs d’un hôpital façon auto tamponneuse. Sans oublier le feu de camp la nuit dans le désert et cette superbe leçon sur la prise de conscience d’une épiphanie, expérience spirituelle « où l’on comprend quelque chose que l’on a vraiment besoin de comprendre...» Un très grand film comme il ne s’en fait qu’un par an.

 

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Une distribution à tomber !

 

Outre Zach Braff et Kate Hudson, acteurs formant le couple Bloom, “Le rôle de ma vie” bénéficie d’un casting à la limite de la perfection.

 

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Dans la famille Bloom, si vous prenez la fille vous aurez la joie de retrouver Joey King déjà vue et appréciée dans diverses séries télé comme New Girl et prochainement Fargo. Avec sa perruque rose fluo et ses lunettes de soleil, elle est éblouissante. Pour le grand-père, atout majeur en la personne de Mandy Patinkin. Ce grand acteur spécialisé dans les rôles de patriarche (Dead like me ou Homeland) irradie le film de sa présence. Trés religieux, trop rigide, la maladie va le pousser à se raprocher de ses fils. Si Aidan a toujours été présent, ce n’est pas le cas de Noah. Ce surdoué, complètement associal, a tout plaqué face aux critiques paternelles. Josh Gad, en geek gras et rebelle, est très convaincant. Il croise au générique un autre geek de légende : Jim Parsons (Sheldon dans The Big Band Theory) fait deux apparitions au début et à la fin du film.