13/12/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Zu, le dieu des impôts


Allergique aux impôts ? J'ai une solution pour vous : convertissez-vous au "zuisme", une religion d'origine mésopotamienne qui vénère le dieu Zu. Vous serez ainsi remboursé d'une partie de vos impôts. Problème, cette jolie combine n'est valable qu'en Islande, joli pays pourtant très éloigné du Tigre et de l'Euphrate.
L'Islande a la particularité, depuis cette année, de faire payer à tous ses administrés un "impôt religieux" reversé ensuite intégralement aux différentes "chapelles". Il suffit de déclarer à quelle croyance vous vous adonnez (le luthérianisme est majoritaire avec 40 %). Environ 73 euros sont reversés à l'une des 40 religions recensées sur cette île couverte de glaciers et de volcans. Et si vous êtes athée, la somme est conservée par l'Etat. Avant la mise en place de cette dîme, le 1er janvier dernier, le zuisme, l'une des 40 reconnues, comptait royalement quatre adeptes. Ils sont aujourd'hui plus de 3 000 sur une population de 330 000 habitants. Le fisc islandais a rapidement compris la raison du succès de Zu, le dieu oublié de Mésopotamie. Les responsables de ce culte, qui a tout du paravent, s'engagent à rembourser les 73 euros aux futurs adeptes.
En clair, devenez zuiste et vous êtes exonérés de la taxe religieuse. Une opportunité pour les très nombreux Islandais qui avaient protesté lors de la mise en place de ce nouvel impôt. L'Etat cherche maintenant à retirer le zuisme de la liste des religions reconnues. Mais en attendant, Zu et ses disciples ont déjà touché pas moins de 225 000 euros de l'état islandais.

09:11 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islande, zu, impots, etat

11/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : À chacun ses phobies

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"Phobie administrative". Ce Thomas Thévenoud est une mine. On regretterait presque son passage éclair au gouvernement, il aurait animé la chronique durant des semaines avec ses dérives maladives.

Le Canard Enchaîné révèle qu'en plus de ne pas remplir ses déclarations de revenus (cause de son éviction au bout de 9 jours !), le député socialiste a également omis de payer son loyer durant plusieurs années... Et pour se justifier, il explique, sérieux comme un pape, souffrir d'une "phobie administrative". Franchement, jamais un homme politique ne s'est moqué à ce point ouvertement des Français.

Sur le fond, je le comprends. Moi non plus je n'aime pas la paperasse. Lundi j'ai reçu mon avis d'imposition. J'ai hésité trois secondes avant de l'ouvrir. La curiosité l'a emporté. Allez savoir, j'allais peut-être avoir une bonne surprise, un trop perçu... Hélas, comme à chaque fois que je joue au loto, caramba, encore raté. Pour pallier cette fameuse "phobie", les différentes administrations ont inventé des outils pratiques comme les mensualisations (pour mes impôts) et les prélèvements automatiques (pour mon loyer).

Je l'avoue, dans le passé, j'ai parfois zappé un loyer par négligence (notamment quand j'étais célibataire). Un mois. Mais pas deux. Mes propriétaires savaient me relancer sans délai. Thomas Thévenoud, lui, est parvenu à rester plusieurs années sans payer. Ni risquer l'expulsion.

Une seule explication plausible : son propriétaire est atteint lui aussi de "phobie administrative" pour ne pas réclamer, lettres recommandées avec accusé de réception à l'appui, les sommes en souffrance.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce jeudi en dernière page de l'Indépendant. 

06/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Les impôts en trois clics avec Lucienne

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Elle est gentille Lucienne du Petit Journal de Canal+ (et le matin sur Virgin Radio), mais franchement dans le genre décalé elle en fait parfois un peu trop. Cette mamie de plus de 80 ans multiplie les campagnes de pub. Après un site de rencontre, elle met son image de grand-mère fofolle au service... des impôts ! Le ministère des Finances pour faire progresser le nombre des télédéclarants a eu l'idée d'une campagne de publicité sur le net sous forme de petites vidéos humoristiques.

L'agence de pub Parties Prenantes, pour remporter le budget, sort cet atout de sa manche : Lucienne ! Visiblement, à Bercy, les décideurs n'ont pas peur de brouiller leur image de gardiens très sérieux des finances publiques. Lucienne, fausse naïve et archétype de la personne âgée dépassée par les nouveautés mais voulant quand même singer les plus jeunes, livre ses explications pour faire sa déclaration de revenus en ligne. « En trois clics les amis, c'est facile ! » s'enthousiasme-t-elle de sa voix un peu chevrotante. Un deuxième épisode lui permet de tout dévoiler sur « l'espace perso » des imposables. Même si on n'a que très rarement envie de rigoler quand on déclare ses revenus, ces petits spots ont l'avantage de détendre l'atmosphère. Au final on ne paie pas moins mais la douloureuse passe mieux. Et puis la chaîne YouTube des Finances Publiques augmente son audience. Le premier épisode de Lucienne a déjà été vu 30 000 fois en moins de deux jours. Six fois plus que le film explicatif (et sérieux) de 2013 mis en ligne il y a un an...  

Chronique "De choses et d'autres" parue mardi en dernière page de l'Indépendant. 

11/06/2013

Chronique : Se comparer à Liliane Bettencourt

 

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Rien de tel qu'un bon comparateur pour vous plomber la journée. Prenez par exemple le « Convertisseur de revenus en unités Liliane Bettencourt ». Il sert à démontrer le peu de conséquence d'une taxe à 75 %. Edifiant.

Première opération, vous indiquez votre salaire annuel. Si l'on part sur un chiffre médian de 25 000 euros, le comparateur vous fait très vite comprendre que vous gagnez pipi de chat. Vous avez pitié de Liliane et demandez au début de calculer sans l'imposition à 75 %. Vous découvrez alors qu'elle gagne votre salaire annuel en 47 minutes.

Dans l'autre sens, pour atteindre son revenu annuel il vous faudra trimer 11 200 ans.

Vous vous dites alors que quelques impôts réduiront ces écarts. 75 % semblent beaucoup, mais une fois taxée à ce seuil considéré comme confiscatoire, Liliane Bettencourt met à peine trois heures pour engranger autant que vous en un an. L'épargne est une solution pour devenir plus riche. Mais pour atteindre sa fortune, vous auriez dû mettre tout votre salaire de côté depuis l'an 737 988 avant J-C, soit à l'époque de la découverte du feu.

J'ai effectué quelques règles de trois et si Liliane écrivait cette chronique, vu le temps passé, elle serait payée 30 000 euros l'unité. Il ne me reste plus qu'à cartonner à l'Euromillions ce soir (115 millions en jeu). J'ai tenté de savoir si l'écart se réduit et inscrit ce chiffre dans mes revenus annuels. Le comparateur, très sceptique, me répond : « Liliane, tu n'as pas le droit de jouer ! »

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant.