15/12/2016

BD : Cauchemar paranoïaque

thilliez, mig, puzzle, folie, jeu, ankama

Pas la peine de présenter Frank Thilliez. Ce romancier français a multiplié les succès d’édition ces dernières années, s’affirmant comme un maître du thriller. La télévision lui a fait les yeux doux, le cinéma aussi, adaptant certains de ses romans. Logiquement, c’est maintenant la BD qui se penche sur l’œuvre de cet auteur nordiste. « Puzzle », paru chez Fleuve Noir en 2013, se transforme en gros album de BD de plus de 200 pages dessinées par Mig. Cela commence comme un jeu. Le personnage principal, jeune adulte amateur de jeux de rôles, tente avec son ancienne petite amie d’intégrer Paranoïa, un projet ludique avec 300 000 euros à la clé. D’entrée la tension est palpable. Car Ilan a tout du malade mental à tendance paranoïaque. Il est persuadé d’être surveillé et ses cauchemars sont sanglants. Il parvient finalement à faire partie des huit finalistes et se retrouve avec ses adversaires enfermé dans un ancien hôpital psychiatrique. Là, il va petit à petit remettre en place les pièces du puzzle et comprendre que le jeu n’en est pas vraiment un. Dessin réaliste parfait, découpage millimétré, cette première incursion de Franck Thilliez dans l’univers de la BD est une belle réussite.

➤ « Puzzle », Ankama, 19,90 €

 

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22/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (2/3)

guess my age, lemoine, d8, jeu

Même si les programmes télé estivaux sont avares de nouveautés, certaines chaînes profitent cependant des deux mois de vacances pour tester quelques formats. D8, la chaîne en clair de Canal +, bientôt rebaptisée C8, en plus des rediffusions des meilleurs moments (euphémisme) des shows de Cyril Hanouna, ose le jeu générationnel.

Jean-Luc Lemoine abandonne son rôle de sniper et de comique de service pour endosser le costume classe de l'animateur imperturbable, fiches à la main. La chaîne de Vincent Bolloré a des ambitions à l'étranger car s'il est issu de cerveaux français, le programme porte un nom anglais pour favoriser sa vente à l'export. "Guess my age", "Devinez mon âge" en bonne langue de chez nous est tellement basique qu'on se demande s'il n'y a pas erreur. Deux candidats, généralement un couple, doivent deviner l'âge d'inconnus. Leur cagnotte de départ diminue s'ils se trompent. Le jeu doit normalement s'interrompre en août, mais bonnes audiences obligent, il sera certainement reconduit à la rentrée. Car dans les faits, il s'avère assez hypnotisant. Les candidats, choisis pour leur côté jeune et bateleur, n'apportent pas grand-chose.

Par contre les fameux inconnus constituent autant d'instantanés des Français d'aujourd'hui. D'un minet de 20 ans qui en paraît à peine 15 à un papy asiatique de 74 ans (60 d'après les candidats) en passant par le vieux rocker de 59 ans fan des Scorpions, il y en a pour tous les goûts. Leur but est de faire trébucher les joueurs. Immobiles, l'air impénétrable, ils semblent représenter la figuration ultime de la France d'en bas.

Bonus vidéo pour vous faire une idée....

 

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19/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Chasseurs inoffensifs (2/3)

pokémonGO, chasse, jeu, nintendo, sénat

Chasseurs de Pokemon GO dans la vraie vie, les gamers du nouveau jeu de Nintendo vivent parfois intensément. Les anecdotes sur les incidents de parcours sont légion. Comme cette jeune femme aux USA qui, à la recherche d'un Pokemon eau au bord d'une rivière a trouvé, en lieu et place de sa bestiole virtuelle, un cadavre en état de décomposition avancée. Dans d'autres pays, les autorités ont été obligées de créer des panneaux de signalisation éphémères qui demandent de ne pas jouer en conduisant.

Pour progresser dans les parties, il faut se rendre dans des "spots" où on trouve, au choix, quantité de munitions ou de Pokemon. Décidées parfois un peu arbitrairement, ces zones investissent les espaces publics. Sauf dans le cas de cet Américain qui a vu des dizaines de personnes débarquer dans son jardin, smartphone à la main.

Il a été fait mention, mais sans savoir s'il s'agissait de simple rumeur d'un goût douteux, que des joueurs ont découvert un filon dans le camp d'Auschwitz, dans une église et un sex-shop. Authentifiée par contre l'aventure de ce restaurant, dont le chiffre d'affaires a augmenté de 50 % pour cause d'afflux de joueurs. Le gérant, pas bête, a élaboré un menu Pokemon qui fait fureur.

En France, le jeu n'est pas encore disponible, mais grâce aux versions étrangères il existe quand même des chasseurs hexagonaux. Ils voulaient le week-end dernier organiser une chasse dans les Jardins du Luxembourg. Veto immédiat des sénateurs. Pas question que quelques excités troublent le repos estival des vieux élus. Une suite de petites histoires qui ne fait que commencer.

18/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Chasseurs inoffensifs (1/3)

pokemon go, jeu, virtuel, buzz, santé

Entre la fin de l'Euro et l'attentat du 14 juillet à Nice, excepté le « scandale » Jean-Marc Morandini (j'y reviendrai forcément à la rentrée), les journaux en mal d'idée originale en ont fait des tonnes sur le phénomène « Pokemon GO ».

C'est l'habitude dans ces lancements de jeu vidéo, il se dit tout et n'importe quoi. Comme si tout buzz, positif ou négatif, était bon à prendre quand de grosses sommes entrent en jeu. Car ces jeux vidéo restent avant tout de nouvelles machines à fric. L'application est gratuite, mais le bracelet payant et des achats sont proposés pour débloquer certaines situations. Rien de bien nouveau à ce stade.

La différence majeure de Pokemon GO consiste à demander aux joueurs de sortir de chez eux. Le chasseur, totalement inoffensif pour une fois, course dans le monde réel ces bestioles virtuelles appelées Pokemon. L'écran du smartphone se transforme en troisième œil capable de voir ces drôles de zèbres, invisibles sinon. Pour les capturer, il convient de les bombarder de « pokeballs », comme dans le jeu classique. Armes qu'on trouve dans des endroits stratégiques. Le smartphone et sa fonction GPS sont les véritables arbitres du jeu.

Les jeunes « gamers », dont les parents se désespéraient de les voir passer des journées affalés sur le canapé, abrutis devant leurs jeux, deviennent des marathoniens potentiels. Dans l'absolu, Pokemon GO améliore la santé physique. Par contre, côté santé mentale, de nombreuses dérives ont déjà été relevées.

Demain, ici même, le meilleur du pire.

26/09/2015

DVD : Défense de jouer au "Ouija"

ouija, horreur, jeuIl ne faut pas jouer seul au 'Ouija'. Quelques teenagers américains vont le regretter dans ce film d'horreur de Stiles White.Une planche avec l'alphabet dessiné dessus, un bout de bois avec une lentille grossissante au centre : un ouija, jeu qui a connu une belle renommée il y a quelques années aux USA. Au XIXe siècle, il était réservé aux adeptes de spiritisme désireux de contacter les esprits des morts. Par la suite c'est devenu une simple distraction pour les jeunes, pour connaître l'avenir. Ou se faire peur... Les scénaristes de 'Ouija', film réalisé par Stiles White (son premier film après avoir signé une dizaine de scripts tous plus horrifiques les uns que les autres) ont ressorti ce jeu des catacombes des soirées des teenagers américains pour en faire un film assez terrifiant.

Une fois la première mort violente présentée en long et en large, on peut découvrir les différents membres du groupe qui va être décimé au fil des minutes. Trois filles et deux garçons. Classique. Tout part de la volonté de Laine (Olivia Cooke) de comprendre pourquoi sa meilleure amie Debbie s'est suicidée. Elle retrouve un vieux Ouija dans la chambre de sa copine et persuade ses amis de se lancer dans une partie pour contacter leur amie récemment disparue. Avec un minimum d'effets spéciaux (excepté à la fin où, au contraire, il y en a un tout petit peu trop), le film parvient à faire peur de bout en bout. Quelques passages sont plus flippants que d'autres. La palme à la scène du grenier. Les acteurs manquent dans l'ensemble de charisme, exceptées l'interprète principale et Ana Coto qui joue la petite sœur de Laine, tendance gothique. Un excellent divertissement à voir en groupe, histoire de casser l'angoisse en riant. Ou au contraire de se faire encore plus peur...

'Ouija', Universal, 15 euros le DVD, 16,99 euros le blu-ray.

 

11:37 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ouija, horreur, jeu

30/10/2014

DVD : "13 sins", un jeu maléfique

Pour de l'argent, le héros de “13 sins” se transforme de gentil en salaud absolu.

Il est sans doute normal qu’un film qui dénonce la perversion de l’argent soit tourné avec un budget réduit. Daniel Stamm, réalisateur allemand qui s’est spécialisé dans les films d’horreur de série B aux USA, manque cruellement de moyens pour donner une dimension supplémentaire à « 13 Sins », remake d’un film thaïlandais. Décors minimalistes, acteurs de seconde zone et trucages grossiers gâchent un peu le plaisir du spectateur.

13 sins, jeu, stamm, webber, wild sideHeureusement, le scénario ne manque pas d’invention et offre de surcroît son lot de surprises dans les scènes finales. La meilleure façon d’apprécier « 13 Sins » qui sort directement en DVD, c’est encore de se mettre dans la peau d’Elliot (Mark Webber) et de se demander ce que l’on ferait à sa place. Ce futur jeune papa, criblé de dettes, prépare son mariage avec sa dulcinée. Mais alors qu’il croit être convoqué par sa direction pour une promotion, il est viré. Vendeur, on lui reproche sa prudence, sa gentillesse dans un monde capitaliste où pour gagner il faut être sans pitié. Au fond du trou, il reçoit un coup de téléphone sur son portable d’une mystérieuse voix qui lui demande, en échange de quelques milliers de dollars, de tuer une mouche dans sa voiture. Il le fait, presque par automatisme, et se retrouve entraîné dans un engrenage machiavélique. Pour des sommes toujours plus élevées, les challenges deviennent de plus en plus malsains, contraires aux principes de vie d’Elliott. Plus la somme est importante, plus Elliott bascule du côté sombre.

S’il y a quelques bonnes trouvailles comme le bus conduit par un mystérieux clown blanc (totalement adapté à l’actualité du moment...) ou le côté vengeance des années d’humiliation au collège, le tout manque un peu de rythme. Cela reste un bon divertissement pour les amateurs de gore soft.

 

 

« 13 Sins », Wild Side Video, 15,99 euros

 

08:11 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 13 sins, jeu, stamm, webber, wild side

08/10/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pierre, papier, ciseaux

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Entendu fugitivement hier matin à une radio du service public, une publicité destinée à vanter les mérites de l'investissement dans la pierre-papier. Peu habitué aux arcanes de la finance, je ne saisis pas tout de suite qu'il est question de gros sous.

Pour moi, grand gamin devant l'éternel, pierre et papier riment forcément avec ciseaux. Ce jeu, parfait pour tout comprendre des statistiques et du hasard, reste la meilleure façon, rapidement et sans contestation possible, de désigner un gagnant (ou un perdant lorsqu'il s'agit d'une corvée).

Il existe aussi une version plus élaborée pour les geeks, popularisée par Sheldon dans "The Big Bang Theory" : pierre, papier, ciseaux, lézard, Spock.

Dans l'annonce écoutée hier, il n'était question que de pierre et de papier. En gros, la belle voix mâle d'un investisseur avisé nous conseille de choisir les sociétés civiles de placement immobilier. Si vous ne disposez que de quelques milliers d'euros, plutôt que d'acheter un garage dans un village de 300 âmes à 25 kilomètres du premier centre urbain, vous feriez mieux d'acquérir une part de ces fameuses pierre-papier. Soit quelques mètres carrés d'un bureau loué à prix d'or à des entreprises en plein développement.

Enfin, en théorie... Dans la réalité française d'aujourd'hui, on constate beaucoup plus de bureaux vides que d'open-spaces grouillants d'animation. La publicité a beau être alléchante, les faits sont têtus. Et même si dans le jeu le papier l'emporte sur la pierre, dans la vraie vie (celle où l'on traîne dettes et hypothèques), une propriété en pierres sera toujours plus rassurante que quelques parts en papier d'une société virtuelle.

13/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Oiseau flapi

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Séisme dans le petit monde des jeux vidéo pour smartphones. Le dernier succès du moment, Flappy Bird, n'est plus disponible. Une décision, du jour au lendemain, de son créateur le Vietnamien Nguyen Ha Dong. Il s'explique dans un tweet : "Flappy Bird est mon succès mais il a aussi ruiné ma vie simple. Alors je le déteste maintenant." Résultat le jeu n'est plus disponible sur les plates-formes de téléchargement. Gratuit, simple et très addictif, Flappy Bird générait 50 000 euros de revenus publicitaires par jour.

Est-ce cette fortune subite qui a tourné la tête du créateur ? A moins qu'il ne s'agisse d'un coup de pub ? Autre explication, les problèmes juridiques potentiels : Flappy Bird ressemble beaucoup à un autre jeu, Piou-Piou, imaginé par Kek, dessinateur français.

En fait, on se retrouve face à une situation incompréhensible dans tous les domaines. Premièrement, le jeu, en deux dimensions, semble tout droit sorti d'une console Nintendo, première époque. Pourquoi rester hypnotisé des heures devant ce piaf qui monte et descend entre des tuyaux ? Deuxièmement le retrait du jeu en quelques heures au sommet de sa popularité, c'est comme si un gagnant au loto qui a tiré six bons numéros ne voulait en toucher que les gains de cinq. A moins qu'il ne soit encore plus gourmand. Si le jeu réapparaît dans une version payante (juste quelques centimes) ce n'est pas une fois que Nguyen Ha Dong aurait gagné au loto, mais une dizaine de fois... On devrait rapidement le savoir car tout buzz a une durée de vie très limitée.

En bonus, une vidéo sur les conséquences (parfois dramatiques) de ce jeu simple mais addictif. 

23/09/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : Le milliard pour GTA V

 

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Un milliard de dollars en trois jours. Le jeu vidéo GTA V (Grand Theft Auto, opus 5) bat tous les records. Lancement mondial après une attente de plus de 5 ans, nouvel univers, multiplication des personnages : les concepteurs n'ont pas lésiné sur les moyens. Aussi cher qu'un blockbuster hollywoodien, il rapporte plus. Et plus vite. Pas étonnant quand on voit le prix de vente. Compter 50 euros pour la version de base. Les coffrets collectors (avec carte de Los Santos, casquette et sac...) trouvent preneurs à plus de 200 euros. Le prix ne semble pas être un problème pour les milliers de fans, avides de se glisser dans la peau d'un des trois habitants de Los Santos, ville imaginaire d'une Californie encore plus excessive que nature. La grande nouveauté de cette cinquième version réside dans le fait que le joueur peut choisir son personnage. Un braqueur à la retraite, un petit escroc ambitieux et... un psychopathe (photo de Trevor ci-dessus). La marque de fabrique de GTA reste la violence. Il est interdit aux moins de 18 ans et les publicités du jeu, visibles un peu partout, mettent en avant une pin-up (un peu vulgos, d'après ma femme) en bikini rouge faisant passer Lara Croft pour ce qu'elle est : quatre pixels se battant en duel... Trois personnages, des missions à accomplir, une ville à découvrir, de l'argent à gagner puis à dépenser, des sports (tennis, golf), des courses poursuites (voitures, avions) : GTA V est la somme de TOUS les jeux vidéos existants. Ce qui explique sa suprématie qui ne peut aller qu'en augmentant avec la prochaine version « online ».

13:50 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gta, jeu, milliard, los santos