20/08/2014

DVD : L'étrange enfance de Jodo

 

danza realidad, chili, enfance, jodorowsky, pathé

Tocopilla, petite ville côtière chilienne entourée de désert sert de décor au film « La danza de la realidad » d'Alejandro Jodorowsky. Le gourou de la la psychomagie avait délaissé la caméra ces vingt dernières années pour se consacrer essentiellement aux scénarios de ses multiples séries de bande dessinée (Bouncer, La caste des Meta-barons ou l'Incal).

S'il a choisi cette ville isolée et quasi sinistrée, c'est parce qu'il y a vu le jour à la fin des années 20. Le film se veut une autobiographie imaginaire. Il se met en scène, gamin trop bon (il donne ses chaussures neuves à plus pauvre que lui) mais exclu car Juif.

 

 

Le film est essentiellement consacré aux parents de Jodo. Jaime, le père (interprété par Brontis Jodorowsky, le propre fils du réalisateur), commerçant révolutionnaire vivant dans le culte de Staline, impose une éducation à la dure à son fils unique. Il quittera Tocopilla pour tenter d'assassiner le dictateur au pouvoir, se fera capturer et torturer.

danza realidad; chili, enfance, jodorowsky, pathéSara, la mère (Pamela Flores) est encore plus extravagante. Elle ne s'exprime qu'en chantant, montre sans cesse son énorme poitrine et croit dur comme fer à certaines formules magiques permettant de guérir la peste avec de l'urine ou de se rendre invisible dans des lieux publics. Foisonnant, inquiétant, poétique mais aussi parfois choquant, ce testament de Jodo (il a plus de 80 ans, même qu'il n'en paraît pas plus de 60...) a tout de l'expérience mystique filmique. On n'en sort pas indemne car tout n'est pas du domaine du cartésien.

 

« La danza de la Realidad », Pathé, 19,99 €

 

03/12/2012

BD : retour du Bouncer, le manchot justicier de Boucq et Jodorowsky

Bouncer, boucq, jodorowsky, glénat, humanoïsdes Associés, western

Trois ans d'attente. Trois ans sans avoir de nouvelles du Bouncer, ce héros manchot imaginé par Jodorowsky et Boucq. Du western pur et dur, avec poussière et sueur. Le justicier est de retour chez Glénat après 7 premiers tomes aux Humanoïdes Associés. « To Hell » débute par un massacre. Pretty John, fils du directeur du pénitencier de Deep-End, arrive en ville pour récupérer un condamné. Avec son escorte, il va dans le saloon et déchaîne son sadisme sur des prostituées. Le barman et sa femme, une Indienne, interviennent. Pretty John les assassine. Bouncer est chargé par les autorités de la ville de le ramener pour qu'il soit jugé. Mais ce fou, bossu et arborant un chapeau de femme, se réfugie chez son père. Comment le Bouncer va-t-il capturer un homme déjà derrière les murs d'un pénitencier ? Le western ultime à ne pas manquer.

« Bouncer » (tome 8), Glénat, 14,95 €


19/02/2012

Showman Killer, l'assassin envouté de Jodorowsky et Fructus

Showman killer, jodorowsky, fructus, delcourt

Revoilà Showman Killer, le nouveau héros imaginé par Alexandro Jodorowsky. Le tueur le plus redouté de la galaxie va-t-il redevenir humain ? On l'avait laissé avec un bébé dans les bras. Et cet enfant, à la demande d'une sorcière tatouée qui semble l'avoir envoûté, Showman va l'élever et le protéger. C'est l'enfant d'or, celui qui pourra sauver le monde des manigances de l'infâme suprahiérophante. Et pour le nourrir, Showman ira jusqu'à se transformer en louve puis en plantureuse humaine aux seins chargés de bon lait nourrisseur. Au dessin, Nicolas Fructus fait encore des prouesses. Pas évident d'illustrer un scénario de Jodorowsky. Cela veut dire que l'on passe derrière Moëbius, Gimenez, Bess, Arno ou Boucq. Mais cet illustrateur formé dans le jeu vidéo, collaborateur de Jean Giraud et Druillet, est plus qu'à la hauteur. Ses couleurs éclatent dans des planches riches en détails. Le héros est toujours aussi charismatique (bien que totalement dénué de sentiments) et si la suprahiérophante ne vous fait pas faire des cauchemars, c'est que votre subconscient est bien noir...

 

« Showman Killer » (tome 2), Delcourt, 14,20 €


 

21/04/2011

Folie papale

Pape terrible 2.jpg

Le Vatican, avant d'être le lieu de toutes les vertus, a été l'antre de la perversité. En l'an 1504, Jules II règne en maître sur la chrétienté. Il s'est « marié » à Adolsi, son jeune amant. Ce dernier, pour augmenter sa mainmise sur le vieux pape lui fait boire une potion. Envoûté, Jules II le proclame Papesse. La famille de Jules s'inquiète de l'héritage et fait assassiner la papesse. La vengeance de Jules sera effroyable. Du sang, du sexe et des trahisons, tels sont les principaux ingrédients du second tome de cette série de Jodorowsky et Theo. Heureusement, l'arrivée de Michel-Ange dans la vie de Jules va adoucir son courroux. Un pan de l'histoire souvent mouvementée du Vatican mis en lumière par un grand scénariste qui n'a rien perdu de son mordant et de sa capacité à interpeller ses lecteurs. Theo, le dessinateur dessine les jeunes hommes nus avec une précision aussi anatomique que sensuelle.

« Le pape terrible » (tome 21), Delcourt, 13,95 €

28/12/2010

Tueur absolu

Showman killer 1.jpg

A 80 ans, Jodorowsky n'a rien perdu de sa verve imaginative. Le créateur de l'Incal, de Bouncer ou des Métabarons lance un nouveau personnage comme lui seul sait les présenter. Showman Killer est le tueur absolu, le mercenaire sans cœur, une machine à massacrer qui ne ressent rien. La première partie de cet album de pure science-fiction, dessiné par Nicolas Fructus, présente la création de Showman Killer. Un savant fou a collecté du sperme d'un tueur sanguinaire et a fécondé avec une jeune fille de 15 ans. A la naissance, il a tué la mère et élevé l'enfant dans le culte de l'argent et de la violence. Il lui a également donné des pouvoirs exceptionnels pour abattre tous ses ennemis. Arrivé à l'âge adulte, le Showman Killer est engagé dans un tournoi impérial et l'emporte haut la main. L'occasion également de prendre sa liberté, trucidant sans hésiter son créateur. Par la suite on découvre la vie du mercenaire, amassant des montagnes d'or en acceptant les missions les plus périlleuses de la galaxie. Une histoire qui deviendra plus universelle et ésotérique avec l'arrivée d'un bébé à sauver.

« Showman Killer » (tome 1), Delcourt, 13,95 €


01/11/2010

Naufragés d'anticipation

 

 

Ogregod 1.jpg

 

Alejandro Jodorowsky n'a pas terminé son exploration de l'espace infini et des méandres de l'âme humaine. Le créateur de l'Incal et des Méta-Barons se lance dans une nouvelle série en quatre tomes, librement inspirée du roman de Jules Verne, « Deux ans de vacances ». Sur la planète militaire Okkar, placée sous la dictature d'un nain caractériel et colérique (sic), le vaisseau militaire école Sloughi décolle avec à son bord les fils et filles de l'élite dirigeante. Ils sont prétentieux et arrogants. Rapidement ils se disputent le pilotage de l'astronef et finalement s'échouent sur une planète déserte. Ils devront y apprendre à vivre ensemble. Les « fils de » ont beaucoup de chemin à parcourir. Dessinée par Janjetov, cette histoire d'adolescents caractériels se déroule dans des décors magnifiques, d'un océan déchaîné à des forêts immenses en passant par des ruines industrielles.

« Ogregod » (tome 1), Delcourt, 13,95 €


30/11/2009

Alef-Thau entre rêve et coma

Monde alef thau 1.jpgEntre rêve et réalité, le monde d'Alef-Thau, imaginé par Jodorowsky, connaît une seconde naissance sous le pinceau de Nizzoli. Cette série, initialement dessinée par Arno, conte les aventures d'un enfant tronc récupérant ses membres au cours d'une longue quête semée d'embûches. Dans cette suite, le dessinateur de la série, au sortir d'une séance de dédicaces, est renversé par une voiture. Plongé dans le coma, il va revivre les aventures de son héros. La narration alterne découverte de ce monde fantastique et réalité des hôpitaux, la femme du dessinateur devant se battre pour empêcher les toubibs de « débrancher » son mari. C'est poétique, splendide au niveau graphique et toujours aussi mystique. Du pur Jodo !

« Le monde d'Alef-Thau » (tomes 1 & 2), Delcourt, 13,95 €

 

01/11/2008

GUERRIER IMPITOYABLE



Alexandro Jodorowsky n'a pas son pareil pour recycler ses personnages secondaires. Le Méta-Baron en est l'exemple parfait. Et dans une même série, il parvient à créer des suites, préquels ou autres variations sur un thème unique et rabattu. La caste des Méta-Barons, superbe série illustrée par Jimenez, se suffit largement. Mais le scénariste prolixe a voulu offrir ses personnages à d'autres dessinateurs. Et en priorité à Travis Charest, surdoué canadien formé par Jim Lee. Problème, le pointilleux et exigeant Charest est lent, très lent. Plusieurs années après le lancement de ces Armes du Méta-Baron, force était de constater que le projet était enlisé. Janjetov est donc appelé en renfort. Le dessinateur de « Après l'Incal » signe l'introduction et la fin de cet album de 60 pages, dont une petite moitié de Charest. Une séquence pleine de monstres, de combats, en couleurs directes. On en prend plein les yeux !
« Les armes du Méta-Baron », Les Humanoïdes Associés, 12,90 €


06:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jodorowsky, charest, janjetov

03/07/2008

La veuve noire

c1298103234172f97f4648690765e21f.jpgBouncer, le manchot, ne se destinait pas à une carrière à la Blueberry. Jodorowsky (scénario) et Boucq (dessin) pensaient plutôt à une série terminée en deux tomes. Simple, juste l'occasion de montrer l'Ouest américain dans toute son exagération. Le succès aidant, un second cycle a vu le jour, en trois albums. Et c'est aujourd'hui un troisième cycle qui débute. « La veuve noire » est une riche propriétaire qui semble vouloir faire le bien de la ville de Barro City. Ses ambitions sont tout autres. Bouncer lui est toujours dans son bar. De gardien il est devenu patron. Toujours aussi bon tireur, il n'hésite pas à jouer d ela gâchette. Pour relancer l'intérêt du lecteur, Jodorowsky a imaginé une nouvelle galerie de personnages. Tous plus réussis les un que les autres. De la prude institutrice avançant masquée à la fille du vieil indien alcolique, sauvée du viol par Bouncer en passant par un incroyable tueur, Axe-Head. Ce colosse a une hache enfoncée dans le crâne. L'enlever le tuerait. Et ses maux de tête lui déclenchent de redoutables accès de violence. Une histoire passionnante servie par un dessin de plus en plus abouti. Boucq est définitivement l'égal des plus grands.
« Bouncer » (tome 6), Les Humanoïdes Associés, 12,90 €


07/03/2008

Mégalex, l'épilogue

6bcd407ca9f1c5c81ca7e33871b06047.jpgAprès avoir totalement dématérialisé sa table à dessin, Beltran, revient à la bonne plume ou au pinceau, trempés dans de la simple encre de Chine. Celui qui maîtrisait à merveille ces images en 3D entièrement issues des mémoires des ordinateurs a ressenti le besoin de ce retour à la tradition : « Certaines sensations propres au dessin intuitif commençaient à me manquer. J'essaie d'arriver à l'essentiel de l'image au stade du dessin ». Une évolution radicale qui va également dans le sens de la série. Très technique, avec robots et androïdes, Mégalex s'oriente dans cet épisode final vers plus de nature, notamment dans une immense forêt, et de spirituel. Alors que des millions de clones s'aprètent à mourir, leur vie programmée étant sur le point de s'achever, les rebelles menés par Zéraïn parviennent à pénétrer dans la salle du trône pour assassiner la princesse Kavatah. Mais au moment où il va l'égorger, son bras se paralyse. Irrémédiablement attiré par elle, il prend la fuite en sa compagnie. Dans l'ombre, trois vieux savants semblent tirer les ficelles. Une fin très écologique pour cette série qui a permis de révéler au public toutes les facettes du talent de Beltran.
« Mégalex » (tome 3), Les Humanoïdes Associés, 12,90 €