22/05/2017

De choses et d'autres : la barbe !

La recomposition politique ne présente pas que des avantages. Prenez le nouveau Premier ministre Edouard Philippe, homme de droite passé par le PS, fils spirituel de Juppé, énarque, maire du Havre et… barbu. Ne croyez pas que cet ornement soit anecdotique.
Au contraire, dès le lendemain de sa nomination nombre d’analystes politiques ont relevé ce détail, comme si désormais ses joues plus ou moins velues prenaient autant d’importance que le fond de sa pensée. Signe de virilité assumée pour certains, de paternité bienveillante pour d’autres, ces quelques poils ont beaucoup fait parler d’eux. Jusqu’à dire n’importe quoi sur l’émergence d’une nouvelle génération de décideurs plus au goût du jour, dans le coup. Pas des hipsters ni des métrosexuels, mais des hommes politiques qui se soucient simplement de leur apparence et ne se rasent pas tous les matins minutieusement en pensant au futur poste important qu’ils espèrent conquérir.
La réalité est peut-être moins belle. Edouard Philippe porte la barbe depuis qu’il est devenu maire du Havre en 2010 à la place d’Antoine Rufenach. Pour se vieillir. Il l’a reconnu. Également pour changer de tête. Dans son parti quelques mauvaises langues trouvaient qu’avec sa calvitie naissante et ses joues lisses, il ressemblait de plus en plus à son mentor Alain Juppé. Car malgré ses 46 ans, le Premier ministre a désormais le cheveu rare. Bref, il utilise sa barbe pour détourner les regards de son crâne lisse. Pour l’instant, le subterfuge fonctionne à merveille. 
(Chronique parue le 22 mai en dernière page de l'Indépendant)

21/11/2016

De choses et d'autres : l'autre primaire

jdd.jpgHier j’ai voté pour Alain Juppé. Pour Manuel Valls aussi. Et comme je me sentais bien chaud dans mon isoloir, j’ai aussi donné ma voix à François Fillon et Ségolène Royal. Car moi aussi hier j’ai participé à la primaire. L’autre, pas celle de la droite et du centre. La primaire (gratuite celle-là) organisée par le Journal du Dimanche pour désigner les nouvelles têtes à intégrer aux propositions des célébrités concourant pour le top 50 des personnalités préférées des Français.

Sur internet, cinquante noms sont proposés. Chaque votant a droit de cocher dix cases. Après avoir choisi quatre politiques, loin d’être des perdreaux de l’année, je cherche six nouveaux noms pour insuffler un peu de jeunesse et de fougue dans le classement. Je ne sais pas qui a établi la liste, mais j’ai vite déchanté. Entre Maître Gims, Cyril Hanouna, Norman ou Cyprien, Karine Lemarchand reste la « jeune » la moins pire. Il me faut rajouter cinq noms.

Pour me la jouer cultivé, je veux désigner un écrivain. J’ai le choix entre Marc Lévy, Guillaume Musso et Jean d’Ormesson. Passons donc. Finalement je rajoute, par élimination comme toujours dans les primaires, Laurent Ruquier (il m’a toujours fait rire), Guillaume Canet (sa compagne Marion Cotillard est déjà dans le classement, pas de jaloux) et les jamais retraités Michel Drucker, Alain Delon et Jacques Dutronc. Et tout ça pour qu’au final ce soit Jean-Jacques Goldman ou Omar Sy qui l’emportent…

 (Chronique parue le lundi 21 novembre 2016 en dernière page de l'Indépendant du Midi)

09:30 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : primaire, fillon, juppé, jdd, top50

15/11/2016

De choses et d'autres : Quand Alain Juppé manie l’ironie après sa sortie sur le Prisunic

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Dimanche, invité sur France 3, Alain Juppé a commis une bourde énorme, colossale, quasiment éliminatoire dans la course à la présidence tant elle est révélatrice de son incompétence. Pour parler du revenu universel il ose cette comparaison : « Est-ce que tout le monde va le toucher, de madame Bettencourt jusqu’à la vendeuse de Prisunic ? » Oui, vous avez bien lu : Prisunic ! Immédiatement les gardiens de la modernité s’offusquent. Quel homme politique prétendant devenir président cite des magasins qui n’existent plus depuis 15 ans ? Totalement hors sol. Car oui, sur les réseaux sociaux, le débat se résume à des détails de cet acabit (cf les chocolatines).

Le maire de Bordeaux, si souvent brocardé pour son grand âge et son sérieux de croque-mort réplique en maniant une ironie digne d’un maître es communication. Hier matin sur RTL, après avoir admis qu’il ne se rend plus au Prisunic mais au Monoprix faire ses courses, il se lance dans un véritable sketch pince-sans-rire : « Je bats ma coulpe. J’ai fait une énorme connerie. C’est épouvantable. Ça disqualifie ma candidature à la présidence de la République, je le reconnais volontiers. »

Se moquer des moqueurs, quelle jolie réaction. Car à la fin de son intervention il en rajoute une couche : « Quand on est maire depuis vingt ans, on sait ce que c’est que - pardon, à nouveau, les supérettes de proximité. Mais c’est peut-être pas comme ça que ça s’appelle... »