21/06/2017

Cinéma : Une vie parallèle kafkaïenne qui vous met "K. O."


K.O. Fabrice Gobert, créateur des Revenants, continue dans la veine du fantastique réel


Vous est-il parfois arrivé de vous réveiller avec la désagréable sensation de ne plus savoir qui vous êtes ? Comme une rupture dans univers cohérent pour basculer dans un monde parallèle, souvent kafkaïen. Cette perception de glissement de la réalité, Antoine Leconte (Laurent Lafitte) va la vivre intensément. Mais ne peut pas s’y habituer. Logique, ce qu’il dé- couvre est une inversion de son existence, un univers où il se retrouve à la place des hommes et femmes qu’il humilie au quotidien. Le second film de Fabrice Gobert, créateur de la série les Revenants pour Canal +, est assimilable à une longue errance dans un labyrinthe pour le personnage principal. Pour comprendre le cauchemar, il faut connaître vraie vie de cet homme brillant mais exécrable. Antoine est le directeur d’une chaîne de télévision. Il a réussi et méprise ceux qui n’ont pas su, comme lui, s’imposer dans ce monde de requins. Il a une horde de collaborateurs toujours prêts à accomplir ses moindres envies. Répondre illico à ses ordres implacables « Une cigarette ! », « trouve mon avocat ! ». Ses sentences expéditives « Vire-le ! ». Un roi à qui personne ne résiste. Le prototype du salaud incapable de la moindre empathie. Les 20 premières minutes permettent au spectateur de le cerner, de le détester. Mais il y a heureusement ceux qui lui résistent : un syndicaliste, sa femme ou un présentateur laissé en bord de route. Ce dernier craque. Il coince Antoine dans un ascenseur et lui tire dessus. Ecran noir pour le producteur télé...
■ A la météo
Quand il reprend ses esprits à l’hôpital, il quitte immédiatement cette chambre sinistre et rentre chez lui. Mais le code de la grille de son hôtel particulier ne fonctionne plus. Il crie, réclame qu’on lui ouvre. La police intervient, l’embarque. Antoine ne comprend pas. D’ordinaire tout le monde le reconnaît. A petit matin, il repart à la télévision. Les gens le reconnaissent mais ne semblent plus le redouter. Il prend alors conscience que tout à changé. Il est le présentateur météo. La direction de la chaîne est occupée par sa secrétaire, sa maîtresse est femme du patron, sa femme présentatrice vedette vivant avec l’animateur qui lui a tiré dessus. Après un moment d’abattement, il va tenter de reconquérir son empire. Mais ses envies de promotion sont balayées : présentateur météo tu es, présentateur météo tu resteras... On participe intensément à ce cauchemar éveillé, projeté dans ce personnage, obligé d’ouvrir les yeux sur sa vie d’avant, plus minable que brillante finalement. Un fantastique parfaitement maîtrisé, une narration linéaire mais aux multiples rebondissements, des acteurs au summum de leur art : « K. O. » redonne confiance dans l’avenir du cinéma fran- çais capable d’inventer, de surprendre et de proposer des idées nouvelles.
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Réminiscence des « Revenants »

Le créateur et réalisateur (13 des 16 épisodes) de la série « Les Revenants » Fabrice Gobert aime la veine fantastique. « Le fantastique me permet de traiter les choses de manière pas trop frontale, il permet ce petit pas de coté qui ouvre vers le spectaculaire, le ludique, le surprenant », explique Fabrice Gobert à l’AFP. « Le but, c’était de laisser au spectateur la possibilité de s’interroger sur l’histoire : Antoine Leconte se demande qui il est, il erre entre ses cauchemars, ses fantasmes, ses rêves, ses ambitions, ses peurs », dit le réalisateur. En plus de l’ambiance fantastique, « K. O. » permet au réalisateur de retrouver des comédiens qu’il a déjà dirigés dans la série composée de deux saisons et qui vient d’être adaptée aux USA. Clotilde Hesme joue une assistante de Leconte, toujours disponible. Pour tout. Car elle est aussi sa maîtresse. Mais en toute discrétion car le patron ne doit pas afficher ses préférences. Dans l’autre réalité, elle est à la tête de la chaîne, mariée et enceinte jusqu’aux yeux (comme dans la série...). L’occasion pour la comédienne de jouer deux personnages totalement différents, de la soumission à l’autoritarisme bon enfant. Autre acteur remarqué dans les Revenants et de retour dans K. O. : Jean-François Sivadier. Son air mystérieux fait merveille dans la seconde partie, quand il fait découvrir à Leconte le monde du combat clandestin à main nue. Juste pour de l’argent et avoir la possibilité de se défouler après une journée d’humiliations au travail. Violent mais si vrai...

13/03/2017

Livres de poche : de l’inédit à petit prix

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Bastien Regnault part à la recherche de Diane, sa sœur jumelle, dont la famille n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Des indices convergents le mènent très vite à la Défense. Le quartier d’affaires, chargé d’histoire, va, petit à petit, se dévoiler à lui, lui révé- lant un monde inconnu et souterrain, où, semble-t-il, officie une mystérieuse et très ancienne société secrète : la Panse. Après Le casse du continuum, Léo Henry poursuit, avec La Panse, son exploration des genres dits « populaires ». Il propose cette fois un thriller d’infiltration lovecraftien ancré dans l’ici et maintenant.
➤ « La panse », Folio SF, 8,20 €

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De Primo Levi, chacun connaît l’inoubliable récit qu’il écrivit à son retour d’Auschwitz. Des souvenirs du lager, il sera peu question ici, mais bien plutôt du jeune garçon qu’il était en y entrant. D’une enfance timide et bourgeoise, à Turin, de la chimie qui fut sa première passion (et son autre métier), des livres, de l’amitié, d’un parcours scolaire soumis aux lois fascistes, des premiers émois amoureux, de la montagne et du goût du risque – témoignage rare, pré- cis et pudique de celui qui devint, malgré l’horreur et à travers elle, « un homme ».
➤ « Moi qui vous parle, entretien avec Primo Levi », Pocket, 6,30 €

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Nouvel an tragique à Cologne. Des centaines d’Allemandes sont agressées. Une riche Iranienne, dont la fille compte parmi les victimes, charge Kali Grant et son jumeau Odys de découvrir la vérité… L’enquête traverse une Europe menacée et déchirée par l’extrême droite. En suivant la piste des réfugiés, Kali ira jusqu’à Mossoul. Dans cette ville tombée aux mains de Daech, une jeune Yézidie est sur le point de connaître un sort tragique. Pour la libérer, Kali monte une opération commando extrêmement périlleuse…
➤ « Opération Mossoul », Le Livre de Poche, 7,60 €

09/01/2017

Livre de poche : de SAS à KO

La référence est explicite. A la 43e page de sa première aventure, l’héroïne de cette nouvelle série de polars internationaux se plonge dans un SAS de Gérard de Villiers. L’écrivain récemment disparu a fait des émules. Alex de Brienne revendique l’influence et on la retrouve souvent dans « Massacre à Odessa ». KO ce sont les initiales de Kaly et son frère Odyss. Officiellement consultants, ils sillonnent le monde, sollicités par les plus grands pour enquêter, déjouer et arrêter de savants complots. Ce premier titre se déroule en Ukraine, pays en plein bouleversement après la révolution de la place Maydan et le coup de force des prorusses en Crimée. Une poudrière expliquée par Alex de Brienne, pseudonyme d’une personnalités parfaitement informée. Cette collection de romans lui permettra, selon l’éditeur, « de partager des informations décisives sur des événements réels grâce à la fiction ». Déjà les prochains titres sont annoncés en quatrième de couverture, preuve que malgré la fin de la guerre froide et l’envol du numérique, la littérature populaire n’a pas dit son dernier mot. 

➤ KO, massacre à Odessa » d’Alex de Brienne, Le Livre de Poche (inédit), 7,30 €

 

24/03/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : OK ou KO ?

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Au lendemain d'un premier tour d'élection, certains candidats sont OK, d'autres KO. Deux expressions anglaises entrées dans le langage courant mondial.

OK fête ses 175 ans. Un chercheur affirme que les deux lettres sont apparues pour la première fois le 23 mars 1839 dans un journal de Boston. Le OK est définitivement devenu populaire aux USA l'année suivante quand le candidat démocrate, Martin Van Buren l'a régulièrement employé au cours de sa campagne. Président sortant, il est battu. Le symbole du OK se retrouve KO... L'origine de OK est source de débats depuis des décennies. La thèse principale prétend que la locution serait l'abréviation de "orl korrekt", déformation de "all correct" (tout est correct). Preuve que les ravages des SMS écrits en parler phonétique ne datent pas d'hier.

Formule la plus souvent prononcée ou écrite sur toute la planète (devant maman), OK représente le symbole de cette Amérique triomphante, positive et prometteuse de réponses. Une popularité que l'on retrouve dans le cinéma, du mythique "Règlement à OK Corral" à l'inénarrable "C'est okay !" de Jacouille dans les Visiteurs.


les visiteurs,c'est okay !!! par flboss

Les Américains tentent même de mettre en place une journée mondiale du OK. Je suis pour, si on a l'obligation de répondre OK à toutes les demandes. "Patron, pour mon augmentation ?" "OK", "Chéri, tu me prêtes ta voiture ? "OK", "Maman, je peux sortir ce soir ?" "OK"... Quelle belle journée en perspective. Mais gare au KO le lendemain.