15/06/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Direct macabre

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Dans un cahier, je note les idées susceptibles d'alimenter cette chronique quotidienne. Il y a quelques jours, j'ai découvert sur Facebook cette application intitulée 'vidéo en direct' et qui ambitionne de concurrencer le pionnier, Periscope. J'aurais préféré en parler en d'autres circonstances. Le terroriste qui a froidement tué un couple de policiers lundi soir en région parisienne a diffusé une partie de son forfait sur le réseau social. La mort en direct...

L'outil est d'une simplicité absolue. Il suffit d'avoir un compte Facebook et de se connecter avec un smartphone ou un ordinateur doté d'une webcam. Peu d'adeptes en Europe. Par contre ils grouillent en Thaïlande et au Cambodge. Souvent de très jeunes abonnés qui tiennent des discours incompréhensibles pour le vieil occidental que je suis. Quand ils se filment avec des téléphones portables c'est dans la rue ou au volant. Image de mauvaise qualité, son inaudible, tout cela n'avait que peu d'intérêt. J'attendais encore avant de me décider si le phénomène méritait qu'on en parle. Et puis Larossi Abballa s'est transformé en VRP macabre du service. Moins d'une centaine de personnes a pu visionner sa vidéo qui est restée en ligne quelques heures après sa diffusion. Mais on reste glacé d'effroi quand David Thompson, journaliste à RFI, un de ceux qui l'a vue, raconte : "Le bébé est derrière lui, sur le canapé. Après avoir tué ses parents il dit : 'je ne sais pas encore ce que je vais faire avec lui'". Le pire film d'horreur qu'on puisse imaginer.

13/02/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Police ! Game over !


Bibix se fait arrêter par la police par Gameblog

Etrange aventure que celle arrivée mardi soir à Hubert Skrzypek connu sous le petit nom de Bibix dans le monde des gamers, ces geeks fans de jeu vidéo au point de se montrer en direct sur la plateforme Twitch. Casque sur les oreilles, Bibix se bat contre une horde de zombies affamés. La tension est extrême quand on frappe à sa porte. Exactement, on défonce sa porte d'entrée. Le reste de la scène est enregistré et repris sur tous les réseaux sociaux. Ce ne sont pas des zombies venus boulotter le cerveau de Bibix mais plus prosaïquement une équipe de la BAC (brigade anticriminalité) en pleine intervention. Mis en joue, Bibix, forcé de mettre les mains sur la tête, est menotté derechef par les fonctionnaires de police. Interloqué, il demande quand même pourquoi on l'arrête. Pas de réponse. Et puis il percute enfin : un canular, il s'agit d'un simple canular. Pourtant les menottes semblent diablement réelles et les policiers excellents acteurs. Et pour cause, eux aussi sont des pigeons dans l'affaire. Bibix est le premier Français victime d'un « swatting ». Aux USA la mode fait des ravages. Le but de ce bête défi consiste à persuader la police d'intervenir en urgence dans un appartement où un crime serait en cours. Les fameux « Swatt » déboulent en force dans la maison. Que l'opération soit diffusée en direct sur le net rajoute un plus indiscutable. Dans le cas de Bibix, le pirate a usurpé son identité au téléphone et expliqué aux policiers qu'il venait de trucider sa femme... Des zombies d'accord, sa copine, jamais ! Moralité, si Bibix a la malchance d'être attaqué par de vrais méchants, son appel risque fort de passer à la trappe.  

29/12/2012

Chronique : Live is live !

2012 sur le net : que reste-t-il d'une année de surf virtuel ? Tentative de bilan, épisode 2/6.

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Internet, loin de signer la mort de la presse, permet d'inventer de nouvelles pratiques journalistiques. En 2012, le « live » ou « direct » a pris un essor phénoménal. Pour un événement prévu (match de rugby, conseil municipal ou procès) ou imprévu (incendies, phénomène climatique), le live est un instrument médiatique alliant souplesse et réactivité. Complément parfait d'une diffusion télévisée, il permet une réelle interactivité.  

Par l'intermédiaire de Twitter, de SMS ou de commentaires en direct, les questions de ces lecteurs multimédias fusent. Comme une grande discussion à bâtons rompus dans un immense forum. Néophytes et spécialistes se répondent en fonction des dernières informations diffusées par le ou les journalistes en direct sur place. En 2012, sur le site de l'Indépendant, les « lives » voient leur audience grimper exponentiellement. Cet été, des milliers d'internautes ont pu suivre en direct l'avancée des incendies en Catalogne Sud. 

Dernier exemple en date, le record absolu de la saison, est à mettre au crédit de la pseudo fin du monde. Durant la nuit de vendredi à samedi, entre les tweets en direct de Bugarach (calme plat) et les délires des uns et des autres, vous êtes des milliers à avoir rigolé en ligne. Le live est un exercice tout terrain dont on est loin d'avoir fait le tour. Confirmation en 2013.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue mercredi en dernière page de l'Indépendant.