30/08/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pokémon (livres) Go

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Il ne faut jamais désespérer des modes. Cet été le jeu Pokémon Go a déferlé sur la France. L'engouement pour cette chasse aux bestioles virtuelles finira bien par retomber. Plus intéressant, certains y ont trouvé des idées pour ajouter un zeste de culture. Une directrice d'école belge a décidé d'utiliser les "Pokéstops" (lieux où les Pokémon sont nombreux) pour y déposer les livres en fin de vie de la bibliothèque scolaire. Le principe du bookcrossing combiné à la géolocalisation. Des dizaines de livres aban'donnés' ont leur page sur un groupe Facebook dédié avec la possibilité de savoir où ils ont été déposés et de les suivre à la trace. Car le principe, une fois l'ouvrage lu, est de lui permettre de prolonger son voyage. Une initiative belge concentrée sur la partie francophone du pays.

L'idée a fait des émules en France, notamment en Gironde. Mais le succès est moindre. Plus de 52 000 membres pour le groupe belge contre seulement 83 près de Bordeaux. Mais en une seule journée !

En ces temps de rentrée littéraire, il est toujours bon de saluer les initiatives favorables à la lecture. Plus de 600 romans vont tenter de trouver leur public sur deux petits mois. Il y aura forcément beaucoup de déçus. Alors messieurs les éditeurs, au lieu de confier tous vos invendus au pilon, chargez des brigades de "chasseurs de livres" d'en dispatcher une partie un peu partout en France. Une seconde chance pour certains auteurs et la certitude de donner envie de lire à des hommes et femmes qui n'en ont pas les moyens financiers.

19/08/2012

Libérez vos livres

Nombre d'entre vous profitent des vacances pour se plonger avec délice dans la lecture. Une certaine littérature (dite de plage) ne manque pas l'occasion. Des histoires légères, sans prise de tête. Mais parfois on a envie de découvrir de nouveaux horizons. Le choix est délicat. Et coûteux. Heureusement il existe de gentils mécènes. Des adeptes du bookcrossing. Un livre lu et apprécié est fait pour être partagé. Ils l'abandonnent - lui rendent sa liberté - dans un lieu public. Sur un banc, sous un abribus... Il trouve généralement un nouveau propriétaire, ravi de l'aubaine. Quelques temps plus tard, il continuera son périple autour du monde. Le site internet dédié permet de suivre son parcours.

 

Autre technique en vogue : l'abandon pur et simple. Une blogueuse a même recensé « les 10 lieux où abandonner vos livres », de la salle d'attente d'un cabinet médical en passant par le vestiaire d'un club de sport. Raffinement suprême : faire correspondre le titre du bouquin avec l'endroit. Dans les travées d'Aimé-Giral ou de Domec, « Match aller » et « Match retour » (Flammarion) de Julien Capron seront du plus bel effet. « Unger Games » (Pocket Jeunesse) de Suzanne Collins remportera un succès inespéré dans un club de tir à l'arc. Laissez « Stupeur et tremblements » (Albin Michel) d'Amélie Nothomb chez un concessionnaire auto japonais et guettez les réactions. Et si vous voulez passer un message à votre insupportable voisin, n'importe quel album d'Achille Talon (Dargaud) fera l'affaire...

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue en dernière page de l'Indépendant.

04/08/2012

Le Bookfighting peut-il devenir sport olympique ?

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Les jeux olympiques, symboles de paix entre les nations par excellence, offrent paradoxalement à leur programme nombre de sports de combats voire d'armes tout court (épée, pistolet, carabine et arc...) De tous temps, les hommes inventent sans cesse des « armes par destination ».

Yves Duranthon, plasticien orléanais, publie à la rentrée « The Bookfighting Book », manuel pratique d'un sport venu de nulle part. Sur un terrain genre balle au prisonnier, deux combattants s'affrontent en se jetant des livres à la tête.

Sur son site de « post-littérature et sport de combat », l'auteur en détaille la philosophie : « Les livres eux-mêmes ne sont pas produits pour le combat, c’est une dernière chance qui leur est donnée avant le pilon. Les mots qu’ils contiennent vont briller à nouveau et les idées aussi belles et généreuses qu’ils renferment voler une dernière fois dans les airs… »

Dans les faits, le jeu s'avère assez violent. Les duellistes sont casqués, protégés par un plastron et une coquille. Un livre, même de poche, lancé avec efficacité peut occasionner des dégâts. Et des études scientifiques ont prouvé qu'il peut être projeté plus de 25 fois avant d'être complètement disloqué. L'occasion pour un gros pavé sirupeux à souhait de la collection Harlequin de prendre sa revanche sur le best-seller de Stéphane Hessel. Dans ce cas précis, 400 pages de niaiseries provoquent plus de dégâts que les 30 pages d'indignation du Résistant français.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET (MÊME L'ÉTÉ)" parue en dernière page de l'Indépendant ce vendredi.