23/05/2017

Roman : La fin des Ferrailleurs

 


Il existe des livres qui sont un peu plus qu’un assemblage de feuilles de papier remplies de mots. En les ouvrant, on a immédiatement l’impression non pas de pénétrer dans une histoire mais de plonger dans un monde. La saga des « Ferrailleurs » d’Edward Carey interpelle. Gros, il alterne chapitres courts, dialogues inventifs et dessins en noir et blanc. « La ville », troisième et dernier titre de la série, raconte comment les Ferrailleurs, lignée maudite, parviennent à étendre l’obscurité sur la ville de Londres. La capitale anglaise vit dans la peur. Des gens disparaissent, des objets se modifient : rien n’est plus comme avant.
Cela intrigue la jeune Eleanor, d’autant qu’elle voudrait savoir qui sont les nouveaux voisins. Elle va oser frapper chez les Ferrailleurs et croiser la route de Clod. Dernier de la lignée, il sera peut-être le sauveur de la ville. Du moins s’il parvient à échapper à la surveillance de son cousin Rippit. « Rippit le coasseur, le croasseur, l’éructeur, le brailleur qui s’égosillait sous mon nez, avec sa voix perçante, sa voix de porte qui grince, Rippit qui me crie dans les oreilles, s’infiltre dans mes pensées, dans mon esprit affligé, ses yeux jaunes fixés sur moi. Mon fidèle compagnon, mon cousin, mon crapaud de cousin. »
Un roman fantastique, dans tous les sens du terme.
➤ « La ville » (troisième et dernière partie de la saga des Ferrailleurs), d’Edward Carey, Grasset, 23 €

10/05/2017

DVD et blu-ray : "Taboo" le retour d'un "sauvage" jugé par de prétendus "civilisés"

 


Série historique, « Taboo », portée par Tom Hardy interprète du personnage principal et à l’origine de cette idée de vengeance, est une claque esthétique. Dans ce Londres du début du XIXe siècle, plusieurs mondes cohabitent. Les riches, nobles ou marchands, et les pauvres, sales et malades. On passe donc des palais aux gourbis, des costumes chatoyants aux hardes puantes.


Pour faire la liaison, James Keziah Delaney (Tom Hardy), un ancien soldat, disparu depuis une dizaine d’années. Ce fils d’un riche armateur, après une carrière militaire dans les colonies, a pris la poudre d’escampette. Insoumis, rétif à toute autorité, il a déserté en Afrique. Sauvé par une tribu, il est devenu plus « nègre » que ces hommes et femmes longtemps considérés comme de la main-d’œuvre gratuite pour des esclavagistes racistes. S’il revient à Londres, c’est à la demande du serviteur de son père. Ce dernier est malade, il craint pour sa vie. James arrive trop tard. Il a enterré sa mère (une indienne achetée aux Amériques) et se retrouve à la tête de la fortune de son père. De ses dettes plus exactement car le vieil homme a tout perdu. James va reprendre la maison, les entrepôts et avec l’argent gagné sous les tropiques (ou volé ?), il a le projet d’ouvrir un comptoir sur une bande de terre désolée, sur la côte pacifique de ces USA en pleine guerre avec la couronne d’Angleterre.
■ Une suite ?
La série, en 8 épisodes d’une heure, permet de se replonger dans cette grande histoire un peu méconnue en France de la grandeur de l’Angleterre, forte de ses colonies et de son réseau maritime tenu par la compagnie des Indes. La terre de James est l’objet de toutes les convoitises. La couronne anglaise, les Américains en pleine guerre d’indépendance et la Compagnie.
Il va jouer de ces rivalités pour tenter de remporter la partie. A ces intrigues planétaires, se rajoutent une histoire de vengeance (contre le puissant directeur de la compagnie des Indes, interprété par un Jonathan Pryce excellent), ses retrouvailles avec sa demi-sœur (Oona Chaplin), la découverte que son père s’était récemment marié avec une jeune actrice (Jessie Buckley). Le côté tabou du titre vient des mœurs supposées de Delaney fils. La populace veut croire que son long séjour chez les sauvages lui a fait adopter leur mode de vie, du cannibalisme à l’inceste en passant par la magie. En partie vrai, ce qui rend le personnage interprété par Tom Hardy très ambigu et terrifiant par moments.
Mais ce Blanc, revenu de chez les sauvages tatoué de haut en bas, paraît parfois bien plus civilisé que les dirigeants anglais, prêts à tout et surtout au pire pour asseoir leur pouvoir ou faire fructifier leur fortune. Un soupçon de fantastique, un peu de violence et pas mal d’action composent ces huit heures de plongée dans le Londres d’antan. Et si l’histoire a une fin cohérente, tout est ouvert pour une suite de l’autre côté des océans. 
➤ « Taboo », Studiocanal, 29,99 € coffret de trois DVD, 39,99 € le coffret de trois blu-ray

18/04/2017

Thriller : la cuisine de l'horreur de "Mör" de Johana Gustawsson

 

Le titre du second roman de Johana Gustawsson interpelle. « Mör » ? Explication en quatrième de couverture : « Mör : en suédois, signifie tendre. S’emploie pour parler de viande. » Les amateurs de cuisine scandinave pourraient être tentés d’acheter cette enquête de la profileuse Emily Roy. La mode est à aux références culinaires ces derniers temps. Parsemer une intrigue de quelques bons repas, avec recettes en annexe, donne une saveur supplémentaire aux thrillers. Mais si parfois un des détectives suédois mange avec grand appétit des « kanelbulles », des « petits pains à la cannelle », tout en détaillant les photos des victimes mutilées, quand il est question de viande tendre, ce n’est pas du tout appétissant. Car il s’agit bien d’une histoire de cannibalisme qui est développée dans cette histoire à cheval entre Londres et Falkenberg en Suède.


Première victime découverte au bord d’un lac. Une jeune femme, nue, fesses, cuisses et seins découpés. La mort est donnée par strangulation. Karla, une policière suédoise est chargée de l’enquête. Au même moment, une vedette du cinéma anglais est enlevée à Londres. Falkenberg et Londres, les terrains de chasse habituels d’Emily Roy, profileuse canadienne pour Scotland Yard et Alexis Castells, romancière française (avec des origines catalanes comme l’indique son nom). Elles ont formé un redoutable duo dans « Block 46 », premier roman de Johana Gustawsson, française vivant à Londres.
■ Atout Asperger
Rapidement, les deux jeunes héroïnes vont faire le rapprochement avec les meurtres commis dix ans plus tôt dans un quartier de Londres. Le coupable, Richard Hemfield, qui a été arrêté et jugé, est enfermé dans un hôpital psychiatrique. Il a toujours clamé son innocence. Mais lors de son arrestation, il a tué un policier français en stage à Londres. Le fiancé d’Alexis... Si d’autres crimes sont en cours en Suède, et même en Angleterre, Hemfield serait donc innocent. Alexis ne supporte pas cette éventualité. Et va tout faire pour tenter de dé- mêler cet écheveau compliqué bourré de fausses pistes et de personnages aux lourds secrets de famille. Surfant sur le succès de son premier roman, Johana Gustawsson se permet même de rajouter des personnages secondaires au rôle prépondérant, notamment une stagiaire du procureur, Alienor Lindgergh, encore plus brillante qu’Emily question déduction tout en soufrant d’une forme d’autisme qui la coupe du monde réel. Mais avoir une « Asperger » dans son équipe se révèle d’une incroyable efficacité pour voir les faits avec un regard différent.
 ➤ « Mör » de Johana Gustawsson, Bragelonne, 21,50 €

26/03/2017

BD : L’écrivain et son double

 


Rodolphe au scénario, Griffo au dessin : ce sont des valeurs sûres de la BD qui signent le premier tome de « Dickens & Dickens ». Dans le Londres du milieu du XIXe siècle, Charles Dickens, journaliste et romancier, aime se promener de nuit dans Londres. Il remarque un homme qui le suit. Un inconnu qui lui ressemble étrangement. Intrigué il demande à deux détectives, peu regardant sur les manières utilisées, de lui faire comprendre que cette filature doit cesser. Retrouvés égorgés, Dickens prend peur. À juste titre car l’inconnu n’est autre que lui. Réinventant le mythe du double fantôme (doppelganger) et de Dr Jeckyll et M. Hyde, l’histoire imaginée par Rodolphe permet à Griffo de dessiner des ambiances troubles avec fog et redingotes.
➤ « Dickens & Dickens » (tome 1), Vents d’Ouest, 14,50 € 

03/03/2017

BD : Quand les femmes se font justice

 


La libération des femmes n’a pas été un long fleuve tranquille. Avant le MLF et même les suffragettes, certaines ont tenté de briser le joug de la société exclusivement masculine. Parfois avec violence comme raconté dans cette nouvelle série (prévue en quatre tomes dans un premier cycle) écrite par Zidrou et dessinée par le Barcelonais José Homs. « Shi » est tiré d’un idéogramme japonais, le symbole de la mort. Tout débute à Londres en 1851. Dans le Crystal Palace inauguré pour l’exposition internationale, Jennifer, jeune fille de bonne famille, tombe sur Kita, une Japonaise exhibée telle un animal. Elle serre dans ses bras son bébé mort. Ce petit cadavre va rapprocher les deux femmes et servir de détonateur à leur haine des hommes. Des années plus tard l’organisation « Shi » est toujours active et s’attaque aux pires tueurs de la planète, les marchands d’armes. Une dimension politique renforcée par l’aspect historique du récit, le tout dessiné par un génie de la couleur directe propulse Shi parmi les séries les plus remarquées au dernier festival d’Angoulême.
➤ « Shi » (tome 1), Dargaud, 13,99 €

08:59 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shi, zidrou, homs, dargaud, londres

30/09/2016

BD : Maggy prise au piège

 

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Troisième et ultime volet des aventures de Maggy Garrisson. Une première saison, selon la terminologie devenue à la mode. Imaginée par Lewis Trondheim et dessinée par Stéphane Oiry, Maggy est une jeune Anglaise un peu boulotte, persuadée qu'elle ferait une excellente détective privée. Notamment pour aller dans les pubs boire des bières afin d'obtenir des informations. C'est comme ça qu'elle rencontre son boyfriend, un homme de main de la pègre locale. Début des embrouilles aussi avec la police et quelques-uns de ses éléments les plus corrompus. Le ton de la BD est unique, très cérébral, mais avec aussi son lot d'action (accident de voiture, bagarre dans une cuisine...). Cela ferait un excellent roman noir. C'est déjà une remarquable BD.

"Maggy Garrisson" (tome 3), Dupuis, 14,50 euros

 

 

28/06/2016

DVD et blu-ray : Gangsters de légende dans le Londres des années 60

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Les jumeaux Kray ont régné sur Londres durant quelques années. Ces gangsters de la pire espèce, jumeaux, violents et sans pitié, ne sont pas restés très longtemps en activité mais sont devenus des légendes du milieu britannique. Brian Helgeland, surtout connu pour être le scénariste de quelques perles comme "L.A Confidential" ou "Mystic River" passe derrière la caméra pour raconter cette épopée incarnée par Tom Hardy. L'acteur anglais endosse les deux rôles principaux. Ceux de Reggie et Ronnie Gray. Au milieu des années 60, ces petites frappes se font respecter avec les poings. Ils terrorisent puis "protègent" des commerces, mettent en place des trafics de drogue. L'argent leur permet d'acheter des boîtes de nuit et de se payer quelques protections haut placées.

 

 

Un parcours classique de gangsters qui est cependant exceptionnel car ces jumeaux, s'ils sont viscéralement attachés l'un à l'autre et très ressemblant physiquement, sont en réalité très opposés. Si Reggie est calme, pondéré et calculateur, Ronnie est un réel malade mental. Schizophrène, paranoïaque, son homosexualité le classe définitivement dans les cas à part de la folie humaine. Le film montre comment ce tandem va finalement s'autodétruire, juste à cause d'une femme. Frances (Emily Browning), sœur du chauffeur de Reggie, tape dans l'œil du caïd. Il va lui faire la cour pour finalement l'épouser. Avec à la clé la promesse qu'il va se "ranger", cesser ses activités illégales pour vivre simplement avec son épouse. Des promesses qui ne durent pas. La faute à Ronnie qui multiplie les incartades déclenchant une guerre des gangs et relançant les investigations de Scotland Yard.

Le film, entre bluette, scènes d'anthologie (quand Ronnie pique une colère, c'est homérique) et reconstitution historique est remarquablement construit. On ne s'ennuie pas une minute durant ces deux heures entièrement tournées dans les rues de Londres préservées.

Dans les bonus, un documentaire nous en apprend un peu plus sur les véritables frères Kray, ces légendes qui ont finalement terminé leurs jours, en prison pour Reggie, dans un asile psychiatrique pour Ronnie.

"Legend", Studiocanal, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray

 

25/03/2016

BD : Notables dépravés dans le "Club des prédateurs"

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Londres à la fin du XIXe siècle. La révolution industrielle permet à de riches propriétaires de faire encore plus fructifier leur fortune. Les usines marchent à plein, la main-d'œuvre facile à trouver dans les bas-fonds de la capitale. Quand on a faim, un simple verre de lait attire les enfants. Même si dans la foulée ils doivent travailler dix heures dans la foulée. Jack, un gamin des rues, refuse cette situation. Il préfère voler, déguisé en petit ramoneur. Il croise la route de Liz, fille d'un notable membre d'un club sélect. Leur amitié va être mise à rude épreuve quand ils rencontrent le Bogeyman, un croquemitaine à la réputation sulfureuse. Il enlèverait les enfants... L'album écrit par Valérie Mangin et dessiné par Steven Dupré débute comme une critique sociale de l'Angleterre victorienne. Mais l'intrigue bascule dans le grand-guignol, avec une dernière case à la limite du soutenable.

"Le club des prédateurs" (tome 1), Casterman, 13,95 euros

 

08/01/2016

Thriller : Deux femmes et des meurtres

 

 

Deux femmes sur les traces d'un ou plusieurs tueurs en série. Dans « Block 46 » de Johana Gustawsson, Emily et Alexis enquêtent entre Londres et la Suède.

 

Johana Gustawsson, londres, suède, bragelonneDeux époques, trois lieux : Johana Gustawsson n'a pas choisi la facilité pour son premier thriller en solo. Cette journaliste française, originaire de Marseille, n'a pourtant plus rien à voir avec le Sud. Elle vit à Londres et son mari, Suédois, lui a fait découvrir la côte ouest de la péninsule scandinave. Son « Block 46 » se déroule en Angleterre et dans la ville de Falkenberg.

Le lien entre ces deux lieux : des meurtres selon un même mode opératoire. La question récurrente de ce roman est : un serial killer et deux territoires de chasse, ou un tueur dominant et un élève dominé, chacun chez soi ?

Un travail pour Emily Boy, une des deux héroïnes imaginées par Johana Gustawsson. Cette Canadienne, brillante profileuse, est installée à Londres depuis quelques années. Elle collabore avec Scotland Yard. Par un petit matin, dans un parc, des promeneurs découvrent le cadavre d'un enfant grossièrement dissimulé sous des feuilles mortes. Il a été étranglé, dénudé, lavé. Puis le sadique lui a retiré les yeux et arraché la trachée. Une victime de plus pour ce serial killer qui, depuis quelques mois, a déjà frappé à plusieurs reprises à Londres.

 

Meurtre en Suède

Au même moment, l'autre personnage principal de l'histoire, Alexis Castells, écrivaine française installée à Londres et spécialisée dans les tueurs en série, part en urgence en Suède. Elle est sans nouvelles de sa meilleure amie, Linnéa, styliste en bijouterie. En compagnie d'une autre amie et du futur époux de Linnéa, elle se rend à Falkenberg, ville côtière recouverte de glace en ce mois de janvier rigoureux. Ils n'ont pas le temps de se rendre à la villa de Linnéa. La police vient de retrouver son cadavre au bord de la plage. Énuclée, la trachée arrachée. Cette information arrive jusqu'à Emily qui se transporte immédiatement en Suède. Avec l'aide d'Alexis, elle va tenter de tracer le portrait de ce tueur et ses recherches vont la mettre sur la trace d'un certain Erich, ancien déporté à Buschenwald.

Le lecteur lui est déjà en partie dans la confidence. Entre les différentes scènes en Suède ou à Londres, on suit la survie d'Erich dans ce camp de la mort. Privations, sévices, travail forcé. Il est affecté dans un premier temps au nettoyage des fours. Cela donne quelques passages particulièrement durs comme cette description : « Face à Erich, plusieurs dizaines de corps nus ou vêtus de haillons étaient pendus à des crochets fixes à quelques centimètres du plafond, comme des pièces de viande. Les visages, tordus par la peur et la douleur, semblaient encore vivants. » Erich sera finalement affecté au Block 46, celui des expérimentations médicales. Il va devenir le bras droit d'une médecin nazi fou, disséquant à longueur de journée des corps décharnés de déportés exécutés quelques minutes auparavant. Toute l'horreur du roman est concentrée dans ces courts passages parfois insoutenables.

Fan d'Agatha Christie, Johana Gustawsson attend les dernières pages pour dévoiler l'identité du tueur. Un dénouement remarquablement amené et qui surprend le lecteur. Des deux héroïnes, Emily, la plus effacée, semble pourtant la plus porteuse. Souhaitons que la profileuse au caractère si fragile revienne dans une nouvelle enquête.

Michel Litout

« Block 46 », Johana Gustawsson, Bragelonne, 20 €

 

 

13/08/2015

BD : Magie londonienne

 

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Certains dessinateurs excellent dans une époque. André Benn, depuis les aventures de Mic Mac Adam, n'a quasiment jamais quitté la fin du XIXe siècle, que cela soit en Angleterre ou en France. Sa nouvelle série, annoncée en trois tomes au format carré, se déroule entre 1852 et 1887 dans les environs de Whitechapel, quartier londonien. Les premières pages montrent Jerrold Piccobello, célèbre magicien un peu oublié, se faire refouler d'une audition. Une sacrée déchéance pour ce maître des prestiges. Il revient alors sur les lieux de ses débuts, un théâtre aujourd'hui en ruines et se souvient. Orphelin à 10 ans (son père, tricheur aux cartes, a tenté d'arnaquer un ponte de la pègre...), il est recueilli par une femme qui vit dans la conciergerie de ce théâtre. C'est là, adolescent, qu'il va rencontrer Virgill Webb, prestidigitateur qui lui apprendra les rudiments de la magie puis le prendra comme associé. L'album, sur deux époques différentes, raconte l'ascension de Jerrold, ses tournées en Europe avec Virgill, leurs conquêtes féminines. Mais un jour, Virgill disparaît et Jerrold déprime. Entre récit d'initiation et histoire d'amitié, « Le magicien de Whitechapel » se conclu par une incursion dans le fantastique. Comme si les trucs et astuces ne suffisaient plus pour berner le public. Benn, comme dans ses précédentes productions, abandonne son trait rond et bien formé pour des croquis aux multiples hachures, renforçant le côté sombre et vieillot de l'histoire. Une surprenant évolution graphique mais qui s'accorde parfaitement avec le scénario.

 

« Le magicien de Whitechapel » d'André Benn, Dargaud, 15,99 €

 

09:10 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magie, benn, londres, dargaud