24/03/2017

De choses et d'autres : l'Eden français


Et si toutes les solutions à nos problèmes se trouvaient dans les émissions de télé- réalité ? Celles du genre de Survivor, devenue Koh Lanta en France. En Angleterre, ils ont poussé le concept encore plus loin. Eden, dans un coin retiré d’Ecosse, suivait la vie d’un groupe coupé du monde pendant une année complète. Ils viennent de mettre fin à l’expérience. Avec une surprise au bout du suspense : l’émission n’a pas rencontré le succès escompté et n’est plus diffusée depuis six mois. Channel 4 a quand même continué à tourner mais n’en diffusera qu’un résumé programmé « prochainement ».
La campagne de la présidentielle avec ses coups bas, révélations et attaques incessantes me rappelle par moment un mauvais épisode de Koh Lanta. Pour mettre fin à ce chaos électoral, pourquoi ne pas larguer les 11 finalistes sur une île déserte et les laisser se débrouiller entre eux quelques mois. Hamon signera-t-il enfin l’alliance avec Mélenchon ? Macron, sans ses soutiens, retombera de son piédestal, bon élève en théorie mais incapable de scier une branche ou d’attraper le moindre poisson. Marine Le Pen, trop autoritaire, risque de se retrouver bannie du groupe en quelques heures. Fillon, en teeshirt et bermuda, rencontrera l’unique l’occasion de vivre tel un simple quidam.
Et tous ne viseront qu’un but : devenir meilleur pote avec Jean Lasalle, le seul capable de traire une brebis, et Philippe Poutou, ouvrier adroit de ses mains.

17/11/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le jeu de la Révolution

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Pas content Jean-Luc Mélenchon ! On ose s'attaquer au symbole de la Révolution française dans un vulgaire jeu vidéo ! La nouvelle version d'Assassin's Creed a pour cadre le Paris de la fin du XVIIIe siècle. Après les croisades, la saga imaginée par Ubisoft Montréal s'intéresse à la France. Durant cette période où la violence est partout, les Assassins et les Templiers continuent eux aussi à se combattre.

En vérité, le jeu n'accorde que peu de place aux événements historiques réels. Mais dans la bande-annonce de présentation de l'adaptation BD, Robespierre y est décrit comme "bien plus dangereux que n'importe quel roi". Mélenchon, alerté je ne sais comment (je l'imagine mal s'intéressant de lui-même aux gamers), se fend d'une de ces déclarations à l'emporte-pièce qui lui taillent son succès médiatique : "Je suis écœuré par cette propagande". De tels emportements n'aideront pas le Front de gauche à se défaire de son image de parti politique préhistorique.

On pourrait en rire si l'argument n'était pas tout simplement pathétique… Comme, en 1989, quand Ségolène Royal voulait interdire les mangas en France pour cause d'ultra violence…

Je ne joue pas à Assassin's Creed, mais j'ai lu l'adaptation en roman parue chez Milady. Il y est surtout question d'amour. Quant à la royauté : "Le couple royal, pendant qu'il festoyait, piétina solennellement une cocarde révolutionnaire (…) Un acte arrogant. Et stupide. Le peuple avait faim et le roi organisait des banquets. Pire, il piétinait le symbole de la Révolution". Avouez, le message antirévolutionnaire ne saute pas yeux…

05/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Mélenchon et les policiers devraient apprendre à compter

La France a encore perdu des places au classement Pisa sur les systèmes éducatifs du monde. Franchement, pas besoin de sonder des milliers de jeunes pour s'en douter. Nul besoin non plus d'avoir décroché son bac avec mention pour savoir que 10 + 10 égalent 20. Pourtant... Prenez la manifestation du Front de Gauche dimanche dernier à Paris. Les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon en tête, ne maîtrisent plus du tout cette base essentielle du calcul qu'est l'addition. Avec un aplomb déconcertant ils se sont comptés 100 000. Donc pour eux, 10 + 10 donnent approximativement 20 000.

Les policiers chargés d'estimer la foule ne valent pas mieux. Selon les chiffres officiels de la Préfecture, ils n'étaient que 7 000 à crier leur ras-le-bol fiscal. Seule explication, à l'école de police, on vous apprend à "décompter". 10 + 10 font 7. Pas plus.

À la prochaine manif, je propose de réquisitionner des enfants de grande section de maternelle, de les poster sur les trottoirs et de leur demander de compter les passants. Non seulement l'exercice sera excellent pour les gamins, mais en plus on a toutes les chances d'obtenir un nombre au plus près de la réalité. Si notre système éducatif est en perte de vitesse, cette "maladie de l'addition" ne frappe que les donneurs de leçons, pas leurs élèves.

Ils étaient aussi 100 000 dimanche à Kiev en Ukraine. Le pays ne fait pas partie du classement Pisa, j'ai pourtant l'impression qu'ils maîtrisent bien mieux les chiffres qu'en France.

Chronique parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant. D'autres billets sur le blog lelitoulalu