28/04/2017

De choses et d'autres : Winter is coming


En des temps reculés, on y aurait forcément vu un signe annonciateur de catastrophe imminente. Comme si un grave danger allait nous menacer sous peu. « Winter is coming » répètent inquiets les personnages de la série « Game of Thrones ». Pourquoi, fin avril, se met-il à faire si froid d’un coup, la neige tombant drue sur la montagne ? L’hiver va-t-il faire un retour sur la France, plonger le pays dans des ténèbres glaciales ? Le jour même où les producteurs de cerise de Céret vont remettre les premiers fruits de l’année au président de la République, un manteau blanc et un ciel gris gâche les couleurs du printemps pourtant presque là depuis quelques semaines. Pour preuve, cela fait trois semaines que j’ai troqué ma veste matelassée pour le blouson léger en scooter. Résultat je suis arrivé au journal frigorifié... 
Une autre qui n’apprécie que moyennement ce retour de manivelle de la météo c’est l’amie belge qui vient passer trois jours à la maison. Persuadée trouver soleil et chaleur, elle est arrivée hier midi avec dans son bagage shorts et sandalettes. Heureusement au départ de Charleroi il faisait presque aussi froid. Sinon cela aurait été un choc thermique redoutable. « Merci pour le temps de m...» s’est-elle exclamée dans un grand éclat de rire à sa descente d’avion. L’avantage avec les gens du Nord : ils sont toujours de bonne humeur. Et surtout ils savent que ce fameux hiver peut faire des siennes, mais que toujours, quoi qu’il arrive, il laisse la place au printemps, à la renaissance et à l’espoir. Et si ce n’est pas en avril, ce sera en mai... 
(Chronique parue le 28 avril en dernière page de l'Indépendant)

06/02/2017

De choses et d'autres : Marcel le tempétueux

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Quelle drôle d’idée de donner des pré- noms aux tempêtes. J’ai connu ça pour les cyclones quand je vivais outre-mer. J’ai passé une nuit assez éprouvante quand Hugo a frappé les Antilles en septembre 1989. Par chance il a en partie épargné la Martinique où je travaillais à l’époque pour se déchaîner sur la Guadeloupe. Peu de chose à côté de Firinga, autre cyclone passé juste au-dessus de la Réunion en janvier de la même année. Deux ouragans dans la même année, sensations fortes garanties.

Hugo et Firinga resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Il en sera certainement de même pour Marcel qui a traversé le sud-ouest de la France hier soir. Mais pas pour la même raison. Car Marcel le tempétueux est aussi le nom d’un de nos trois chats. Or Marcel n’a rien d’un foudre de guerre capable de gros dégâts.

Ce gentil et pacifique bâtard noir et blanc, recueilli il y a plus de cinq ans, a officiellement été nommé « Petit Marcel » après être passé entre les mains des vétérinaires de l’association de « L’école des chats » de mon village. De petit il est vite devenu gros. Il a doublé de volume, dédaignant les croquettes light pour se goinfrer de granulés plus goûteux. Notre cher gros Marcel, si peureux. Pour le passage de son homonyme météorologique, il est resté prudemment lové sur le canapé, ne se levant que pour vider la gamelle ou gratter dans la litière. Franchement, Marcel est inoffensif à un point tel que donner son nom à une tempête est au mieux incongru, au pire ridicule. 

17/11/2016

De choses et d'autres : Météo politique

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On ne plaisante pas avec la météo. Depuis la nuit des temps, la température et l’humidité conditionnent la vie des humains. Hervé Morin l’a bien compris. Président de la région Normandie, il vient de se plaindre à TF1. En cause le choix de la ville qui illustre le temps qu’il fait en Normandie. Trop souvent c’est Cherbourg qui est retenue.

L’élu qui a à cœur de promouvoir sa région souligne que cette ville est située sur « la presqu’île du Cotentin qui constitue un point plutôt froid et pluvieux, et ne reflète pas la réalité du climat normand. » Comment ? Il ne pleut pas toujours en Normandie et on nous le cache ? Les climato-sceptiques auraient-ils fomenté un complot ? Et l’homme politique de conseiller à TF1 d’oublier Cherbourg et de prendre plutôt en exemple Granville ou Caen. «Pour véhiculer une image plus sincère de notre climat », précise Hervé Morin.

Une rapide recherche sur internet donne raison à Hervé Morin quant aux précipitations. L’hiver dernier, il est tombé 480 mm à Cherbourg et seulement 204 à Caen. Idem au printemps, 258 mm contre 178. TF1, par la voix d’Evelyne Dhéliat, a accepté de suivre les recommandations du président normand, « en espérant ainsi ne pas trahir la douceur normande. » Au quotidien, cela ne changera pas grand chose, mais il est des victoires qu’il faut savoir savourer. On devrait proposer à Hervé Morin un week-end dans les P.-O. ou l’Aude. Au moins, ici il fait toujours beau.

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le 17 novembre)

30/09/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Occitanie à géographie variable

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Donc, nous habitons en Occitanie. Le Journal Officiel a publié le décret hier. Exit le Languedoc ou le Roussillon. Recalé le Pays Catalan. Ce sera Occitanie tout court. Car dans le décret, la mention « Pyrénées Méditerranée » ne figure nulle part alors qu'elle est rajoutée dans tous les documents publiés par l'institution régionale depuis cet été. Preuve qu'il y a une marge dans cette officialisation. Car ce que réclament les Catalans n'est pas l'abandon d'Occitanie mais le rajout de Pays Catalan.

Pourquoi ne pas imaginer alors une région à géographie variable ? A nom variable plus exactement. Avec la possibilité de le décliner en fonction de la localisation. Ainsi, à Perpignan, la région signerait « Occitanie Pays Catalan ». Cette solution permettrait également aux autres entités géographiques de continuer d'exister. Car le Pays Catalan n'est pas le seul à vouloir préserver son histoire à préserver. D'« Occitanie Rouergue » à « Occitanie Bigorre » en passant par « Occitanie Camargue » la démultiplication des points d'intérêts donnerait plus de sens à cette immense entité géographique, un peu abstraite et sans grande notoriété, avouons-le.

Mais il faut le faire rapidement. Avez-vous remarqué comme à la météo les présentateurs ne disent plus « Nord » mais « Hauts de France » ? D'ici trois ans, plus personne ne saura situer la Picardie sur une carte de France. Alors si le Pays Catalan veut exister, en plus de panneaux à l'entrée des villages, je lancerais une action de lobbying auprès d'Evelyne Dhéliat, Louis Bodin (venu récemment au Soler) ou Nathalie Rihouet.

19/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Il fait chaud


Moi je vous le dit : le monde est complètement détraqué. Hier à 13 heures, le thermomètre de ma voiture affiche 25°. Le 18 novembre, 25° ! Aussi chaud qu'un mois de juin. Ou la température moyenne d'un mois de juillet dans le nord de la France. 
En temps normal, ce réchauffement climatique (l'été indien pour les climato-sceptiques) représentait la discussion de prédilection du Français ordinaire. La météo, thème de conversation préféré des Français croit-on. Trop chaud, trop froid, trop venté, un élément dérange toujours. En réalité le temps qu'il fait ne nous passionne pas, il a simplement l'avantage de constituer un motif de conversation consensuel. La chaleur excessive de ce mois de novembre pas comme les autres ne discrimine pas. Tout le monde la subit de la même façon, quels que soient son âge, son sexe ou sa religion. Ennemie universelle ou alliée de poids pour les habitants du Sud qui se félicitent de ne pas frissonner en hiver. Le sujet par excellence pour lancer une conversation. 
Mais depuis vendredi dernier, malgré la COP21 qui se profile dans à peine un mois, chacun paraît moins sensible aux variations du thermomètre. Même si certaines des victimes sont tombées sous les balles car elles profitaient de cette douceur pour prendre un verre en terrasse. Des records de chaleur ont peut-être été battus. Mais tout le monde s'en moque. Sans doute le signe que ce qui arrive au pays est grave, très grave.

04/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Météo et complot


Philippe Verdier, présentateur météo sur France 2, vient d'être licencié. Il devrait presque s'en féliciter tant sa mésaventure apporte une énorme publicité gratuite à son livre sur le climat. Résumé des épisodes précédents : mi-octobre, le M. Météo du service public prend des congés. Il a besoin de ce temps pour assurer la promotion de son essai Climat Investigation, brûlot destiné à dénoncer le "complot" du réchauffement planétaire. Un manifeste "climatosceptique" à quelques semaines de la conférence COP 21 à Paris.
La direction de la chaîne apprécie peu les sorties virulentes de Philippe Verdier ; il met clairement en cause la probité du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Il pense qu'on dramatise la situation, que le réchauffement de la Terre n'est pas aussi important que décrit, notamment en France. Convoqué en entretien préalable en vue de son licenciement, il lance une pétition sur le net pour "sauver son job". En vain.
Dernier rebondissement, mis en scène avec effet dramatique à volonté, il publie ce week-end une vidéo dans laquelle, face à la caméra, il ouvre sa lettre de licenciement et déclame, comme si la fin du monde était imminente : "J'ai décidé d'ouvrir cette lettre avec vous et devant vous parce qu'elle s'adresse à chacun au nom de la liberté d'expression et du droit à l'information."
Viré donc, mais il devait s'en douter. L'argumentaire de son livre débute par ces deux phrases : "Le climat est aujourd'hui une guerre, une religion. Tout avis contraire sera éliminé." Dont acte.


Philippe Verdier ouvre sa lettre de... par Editions_Ring

30/12/2013

DE CHOSES ET D'AUTRES : Rétr'horoscope de l'année 2014

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Exercices obligés de la presse en fin d'année : la rétro et l'horoscope. Dans un souci d'économiser le papier voici une tentative de mélange de genres : la rétro de l'année 2014 en fonction des prévisions des meilleurs astrologues.

Niveau météo, au début ça caille, puis ça se réchauffe et même ça brûle un peu. Rassurez-vous, tous les prévisionnistes annoncent une nouvelle chute des températures pour la fin d'année. Comme dans les sondages, il y a une marge d'erreur de plus ou moins 10° (là, sûr que j'ai tout juste).

Fin mars, le problème du travail le dimanche revient sur le tapis. Et pour une fois ce ne sont pas les salariés du privé qui trinquent mais les fonctionnaires préfectoraux et municipaux. Dans la foulée, le cours des communiqués saluant une « victoire électorale majeure » va exploser. Logique, pour les municipales, les frais de campagne sont remboursés dès que l'on obtient 5% des suffrages exprimés.

En cours d'année un « grand de la culture française » nous quitte. Statistiquement, ils seront même une dizaine. Non, je ne dévoilerai pas leur identité. La dernière fois que je me suis risqué à parler avec humour de la mort d'une célébrité, il était vivant quand j'écrivais les lignes et mort quand vous les lisiez le lendemain. Depuis, le fantôme de Jean-Luc Delarue me hante certaines nuits.

Enfin 2014 sera marqué par plusieurs retours. Dans le désordre : Nicolas Sarkozy, l'inversion de la courbe du chômage (saison 2), Nicolas Sarkozy, Guy Bedos et Nicolas Sarkozy.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant. 

06/04/2013

Chronique : DTC comme data, tableaux, courbes

 

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Les nouvelles technologies et l'informatique en général changent les pratiques professionnelles. Tout le monde est concerné. Sans exception. La presse n'échappe pas au phénomène. Une frange de la profession tente de démontrer l'utilité de ce que communément on nomme le data journalisme.  Le but est de transformer des données chiffrées et brutes en animation, tableau ou courbe plus digestes. Car des chiffres, des statistiques, il en existe des milliards sur internet. Il suffit de les collecter, de les passer à la moulinette et on peut leur faire dire à peu près tout. Tout et son contraire... Les détracteurs du data journalisme ont tendance à le réduire à un travail amélioré de comptable. Ils préfèrent, de loin, raconter une histoire avec des mots et un peu de style. En data, « Les Misérables » peuvent se résumer dans un tableau Excel posé sur une carte, avec correspondance entre les personnages et les lieux de l'action. Joli, mais moins passionnant que le chef d'œuvre de Victor Hugo. 

Autre exemple, par l'absurde je l'admets, des limites du data journalisme : la correspondance entre l'évolution de la météo et le président de la République au pouvoir. Une démonstration effectuée par Jean Abbiateci sur son blog « Papier Brouillon ». Chiffres à l'appui, il constate que « Hollande fait pleuvoir, Chirac fait monter la température et Sarkozy provoque la canicule ! ». L'analyse politique va s'en trouver révolutionnée !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce vendreid en dernière page de l'Indépendant.