16/06/2017

De choses et d'autres : Un minimum de courtoisie


Depuis quelques semaines une campagne fait rage sur les réseaux sociaux. Des femmes ont décidé de fustiger, photos à l’appui, les hommes qui dans le métro ont les jambes largement ouvertes, ne laissant qu’une place minime aux femmes obligées de se serrer dans le peu de place qui reste. L’opération a pris pour nom «manspreading» et a particulièrement pris de l’importance dans le métro de Madrid. Au point que la société en charge des rames a décidé d’accoler des logos dans les wagons pour interdite aux hommes d’écarter les jambes. En France, une première alerte avait été lancée en 2014 par «Osez le féminisme». Mais à l’époque le logo a été refusé par la RATP. Un pictogramme accompagné de quelques lignes particulièrement ironiques : «L’ouverture des cuisses n’est pas utile. La fermeture des cuisses est préférable car les testicules ne sont pas en cristal, elles ne risquent pas d’exploser». Et de poursuivre, sur le même ton, «Vous pourrez ainsi laisser plus de place à vos voisines et vous ne polluerez plus leur champ visuel.» 

Bon, on l’admet volontiers, nous les hommes, on a souvent tendance à prendre nos aises. L’écartement des cuisses est presque inconscient, un geste naturel. A l’opposé, les femmes ont tendance à croiser les jambes. Mais ce problème est plus général. Il montre surtout que la courtoisie, cette vertu si importante dans la vie en société, a du plomb dans l’aile. Car certains, non seulement écartent les jambes,mais en plus ne cèdent jamais leur place à une personne prioritaire. Goujats jusqu’au bout ! 
(Chronique parue le 16 juin en dernière page de l'Indépendant)

15/05/2017

Thriller : les ténèbres souterraines du "Jour du Chien" de Patrick Bauwen

 


Simple moyen de transport pour des millions de Franciliens, le métro est beaucoup plus pour certains détraqués. Ce monde clos, tel un iceberg, ne montre qu’une infime partie de son réseau. Là où les lumières n’existent pas, les ténèbres règnent. Le Chien en a fait son royaume, son territoire de chasse. Ce psychopathe, après avoir poussé d’innocentes victimes sous les rues des rames, se réfugie dans des salles à l’abandon. Là, il a quelques esclaves sur lesquels il peaufine son art de la vivisection.
Le nouveau thriller de Patrick Bauwen est violent. Ce Chien va marquer les esprits. Pourtant ce n’est qu’un personnage secondaire. Le récit se focalise sur Christian, un médecin aux urgences. Dépressif depuis la mort de sa femme, Djeen. Justement poussée dans le métro par le Chien. Quand en direct sur une application du genre de Périscope, il se fait agresser dans le métro, il découvre après coup que la jeune femme, morte depuis trois ans, assiste à la scène. Une intrigue pleine de chausse-trappes, avec en plus du Chien, un couple de politiciens corrompus, des fêtes nocturnes sans limites, un policier bourru et une belle juge, planche de salut de Christian dans sa déprime chronique.
Reste à savoir si Djeen est vivante. A moins que cela soit son fantôme, revenu des profondeurs sombres du métro, qui poursuit Christian et le Chien.
➤ « Le jour du Chien » de Patrick Bauwen, Albin Michel, 21,50 €

25/11/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Fausse info, vrais rires


 Sur la base d'une citation déformée de Valérie Pécresse, le réseau Twitter a rebondi et transformé cette supposée bourde en une chaîne hilarante. En meeting, la tête de liste de la droite aux régionales en Ile de France fait le rapprochement entre fraude au métro et terrorisme et prend pour exemple la vidéo-surveillance d'Abaaoud franchissant un portique. Résultat, Valérie Pécresse semble dire qu'en "oubliant" son ticket on devient terroriste, "ça commence par là... » En réalité son discours n'établit pas de lien direct, elle remarque juste que les terroristes vivent dans un tel sentiment d'impunité qu'ils osent au vu et au su de tous de se comporter comme des délinquants. 
Des propos sortis de leur contexte, repris sur Twitter et rapidement moqués avec le mot-dièse #commentjesuisdevenuterroriste. Un jeu très naïf où chacun prend plaisir à confesser ses premières "bêtises", lesquelles heureusement n'ont jamais provoqué le moindre bain de sang. Florilège. 
La plus gentille : "Une fois j'ai mangé un grain de raisin dans le rayon fruits et légumes de chez Lidl, je ne l'ai pas signalé". 
La plus rebelle : "Une fois, j'ai mis mon disque du stationnement sur 17 h 00, alors qu'il était 16h45". 
La plus geek : "J'ai accepté les conditions d'utilisation d'un logiciel en attestant que je les avais lues, et en fait, non". 
La plus chipie "Le jour où j'ai volé la carte Club Dorothée de Vanessa en primaire". 
Enfin la plus bizarre (parce que tout le monde l'a fait sans penser mal) : "Petite, je remontais le toboggan à l'envers". Rires authentiques pour fausse info.

10/07/2015

BD : Aux débuts du métro

métro, ordas, berr, grand angle, bamboo

Paris 1910. La capitale est en plein travaux. Des centaines d'ouvriers travaillent sous terre à la construction du métro. Mais au même moment, de violente pluies font déborder la Seine. Les tunnels se transforment en torrents. C'est dans ce cadre rigoureusement exact que Ordas, le scénariste des « Naufragés du Métropolitain », déploie son intrigue. La jeune et jolie Louise polie des pierres précieuses chez un joaillier. Elle a entre les mains des bijoux d'une valeur considérable. Le Fennec, un Apache, sent le bon coup. Il va se mettre dans la poche un arpète pour s'approcher du trésor. Le Fennec qui est suivi au plus près par un inspecteur de police d'un genre nouveau. Au lieu de parader en uniforme avec ses gros godillots, il se fait discret et infiltre le milieu. Pour le moment il se fait passer pour pianiste au Moulin Rouge. Cette série est dessinée par la talentueuse Nathalie Berr. Elle apporte beaucoup de soin à la reconstitution du Paris de l'époque, mais c'est surtout dans les trognes de Parigots typiques qu'elle excelle, du malfrat sournois à l'indic' fourbe.

 

« Les naufragés du métropolitain » (tome 1), Bamboo Grand Angle, 13,90 €

 

14:12 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : métro, ordas, berr, grand angle, bamboo

04/04/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Prudence dans le métro

metro, chrétiens, pretres, orient, censure, publicité

Le respect strict de la laïcité a parfois bon dos. Dernier exemple en date la censure de l'affiche d'un concert du groupe « Les Prêtres » en juin à l'Olympia. Un récital dont les bénéfices serviront à venir « en aide aux Chrétiens d'Orient ». Une mention de trop pour la régie publicitaire des transports parisiens qui a exigé que ce bandeau soit retiré des affiches. Motif invoqué : Elle ne souhaite pas « prendre parti dans un conflit de quelque nature que ce soit ». Donc, la RATP refuse de choisir entre le groupe État islamique (ces terroristes qui eux font de la propagande en diffusant des décapitations d'otages) et leurs victimes innocentes, exterminées malgré l'intervention de la coalition menée par les USA à laquelle la France participe activement. La RATP, contrairement à l'immense majorité des états, l'ONU et même la Ligue arabe, considère qu'il n'est pas possible d'apporter son soutien aux victimes de ce qui a tout l'air d'un génocide. Une prudence pour le moins malvenue car il ne s'agit pas de faire l'apologie du Christianisme mais juste de promouvoir une manifestation culturelle pour aider des groupes de personnes persécutées. Cette façon de s'abriter derrière un principe de neutralité, de non ingérence, fait furieusement penser à ceux qui, il y a un peu plus de 70 ans, trouvaient normal de ne pas s'immiscer dans la politique allemande de déportation de millions de Juifs vers les camps de la mort. C'était leur problème, pas le nôtre... Les historiens ont jugé. Mais sur le cas précis des Chrétiens d'Orient, la RATP ne risque pas de passer à la postérité.