17/03/2017

De choses et d'autres : cuisine au poste


Plus que tendance depuis quelques années, les émissions culinaires deviennent carrément incontournables. Top Chef a ouvert la voie. Toutes les autres chaînes s’y sont engouffrées. France 2, pour remplacer ses talkshow intelligents et insolents de l’après-midi dé- gaine tous les concepts possibles et imaginables autour de la bouffe. « Un chef à l’oreillette » ou « Chérie c’est moi le chef ! » tentent de remonter la pente d’une audience en berne. Mais ailleurs aussi les casseroles sont de sortie (non, je ne vais pas encore vous casser les pieds avec François Fillon). 
M6 vient de mettre à l’antenne « Ma mère cuisine mieux que la tienne ». Le principe : une mère donne des conseils à un de ses enfants pour réaliser une recette. Ce genre de programme fonctionne quand les candidats se montrent peu doués. Voire complètement nuls telle cette jeune candidate qui ne sait même pas à quoi ressemblent des pommes de terre et ignore que les oignons s’épluchent. Encore une qui doit fréquenter assidûment les fast-foods et qui est persuadée que les poissons sont tous carrés et sans arêtes. 

Lundi prochain à 11 h 45 sur M6, une famille de Perpignan se mesure à une autre d’Aix-en-Provence. Espérons que Françoise et son fils Kevin, 22 ans, donneront une meilleure image de la gastronomie catalane. On ne leur demande pas de réussir une ollada parfaite. Juste de ne pas être trop ridicule...
(Chronique parue le 17 mars en dernière page de l'Indépendant)

09:13 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cuisine, top chef, france2, m6

23/07/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Ma petite lucarne (3/3)

m6, années 80, nostalgie, tang, fuego, minitel

Beaucoup trop dure notre époque. Guerre, attentats, chômage... La télévision l'a bien compris qui préfère de loin jouer la nostalgie du "c'était mieux avant". M6 diffusait jeudi soir un programme centré sur les années 80. Mais au lieu de reprendre de bonnes images d'archives, les producteurs ont passé le tout à la moulinette de la téléréalité.

Une famille française typique d'aujourd'hui est immergée durant quatre jours dans ces années 80 que beaucoup semblent regretter. Pour le père et la mère, retour au temps béni de l'adolescence. Pour les trois filles (de 15 à 10 ans) plongée dans... la préhistoire. On a eu droit à tous les clichés, du Tang à la Fuego en passant par le Minitel, le Banga, le Rubik's cube ou les épaulettes.

Si l'enthousiasme des parents semblait un peu forcé, le dégoût des enfants était plus étonnant. Notamment pendant la séquence de la playmate topless de l'émission "Co-Co Boy". Shocking ! Cachez ce sein ! Comme si on ne voyait pas pire sur internet de nos jours, via Snapchat par exemple. De ce mélange de téléréalité scénarisée et de fausse nostalgie du passé, flatteurs pour les anciens, critiques chez les jeunes, découle un prêt à penser désespérant qui risque d'aller crescendo dans le prochain épisode "plongée au cœur des années 70".

Quitte à retourner en arrière, je préfère cette réplique culte entendue dans la bouche d'un comédien déguisé en homme préhistorique de Tautavel (reportage sur TVSUD) : "Ne zappez pas ou ma femme vous fait cuire avec le mammouth ce soir !"

08/07/2015

DVD : Drame de la ruralité

« Un village presque parfait » ou l'humour rural à l'épreuve de la ville.

 

village, parfait, meunier, bourdon, astier, pyrénées, M6Premier film de fiction de Stéphane Meunier (réalisateur du célèbre documentaire « Les yeux dans les Bleus »), « Un village presque parfait » aborde le problème de la désertification des campagnes françaises. Le petit village de Saint-Loin-la-Mauderne ne mérite qu’à moitié son nom. Loin, pas de problème. De tout même. Mauderne... beaucoup moins. Germain (Didier Bourdon), le maire, tente de revitaliser la petite commune pyrénéenne. Une usine de conditionnement du poisson de rivière a bien fonctionné dans le temps, mais aujourd’hui elle est fermée. Il existe bien un projet de réouverture en scoop, mais il faut des aides. De Bruxelles notamment. La bonne nouvelle arrive un jour à la mairie : la subvention va être débloquée. A une condition : qu’il y ait un médecin installé au village. Comment les villageois vont-ils attirer un docteur dans ce trou perdu ?

Grâce à des appuis dans la capitale, ils vont parvenir à faire « descendre » Meyer (Lorant Deutsch), chirurgien esthétique obligé de se mettre au vert quelque temps. Entre cet apôtre de la superficialité et les très rationnels campagnards, cela va rapidement faire des étincelles. Mais chacun va y trouver son intérêt.

On appréciera dans ce film, manquant un peu de rythme, la vision très mélancolique des gens de la campagne. Des ruraux attachés à leurs racines incapables de quitter la vallée qui les a vus naître. Pour les interpréter la distribution a tapé fort avec des trognes étonnantes. Didier Bourdon, en maire bougon et manipulateur, est excellent. Denis Podalydès apporte la touche d’intelligence, Elie Seimoun la débrouillardise et Lionnel Astier, la sincérité. On croise également Armelle et Pierre Menès dans des contre-emplois jubilatoires.

En bonus, le making of (avec notamment la rencontre entre le réalisateur et les véritables habitants du village qui ont quasiment tous participé à la figuration) et les interviews des principaux acteurs et du producteur.

 

 

« Un village presque parfait », M6 Vidéo.

 

18/02/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Christina Cordula Taille patron

couture, cordula, m6, tissus, télétéalité

Après les bactéries (C'est du propre), la bouffe (Top chef) et les viennoiseries (le meilleur boulanger de France), M6 s'attaque aux fringues. Christina Cordula tourne actuellement l'adaptation d'une émission anglaise sur... la couture. "Cousu main", verra dix passionnés s'affronter. Ils tenteront de "prouver qu'il est possible de confectionner à moindre coût les vêtements tendance que tout le monde aime porter."

Franchement, à part demander aux plus beaux mannequins actuels de porter les "créations" de ces amateurs (avec si possible des images en coulisse les plus dénudées possible), je ne vois pas comment le public sera captivé par des mamies expertes en napperons ou des mamans soucieuses de leur budget - et du look de la famille n mais déjà débordées. Car la couture, malgré l'émergence de quelques créateurs novateurs, reste l'affaire des mères au foyer (loin de moi l'intention de critiquer ces travailleuses de l'ombre), et de dames d'un certain âge. Sans trop caricaturer (quoique !), la couture passionne surtout les premières, quand leurs maris sont au boulot et les secondes lorsque les mêmes s'adonnent à la pétanque. Clichés ?

Pas selon mon épouse qui a assisté récemment à la démonstration d'un système révolutionnaire (et prohibitif) pour se passer de patron dans un magasin de tissu. J'ai bien rigolé à son compte-rendu de cette "expérience". Entre les ficelles trop visibles du commercial et l'espièglerie de notre chère voisine trop contente de lui en apprendre, elle a passé un moment plein d'enseignement et de drôlerie. Le voilà peut-être le bon concept d'émission.

Bonus : vous ne connaissez pas Christina Cordula ? Session de rattrapage avec cette vidé"o d'une de ses émissions sur M6.

 

 Chronique "De choses et d'autres" parue ce mardi en dernière page de l'Indépendant. 

12/09/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : X-files, 20 ans de mensonges

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Lancée en septembre 1993, la série X-Files (La vérité est ailleurs) fête ses 20 ans. Les enquêtes de Mulder et Scully ont passionné une génération. Chaque année qui passe renforce sa qualité de programme culte. Les hommages sur les télévisions sont discrets, mais internet regorge de témoignages. Ainsi Pierre Langlais, sur son blog « Têtes de séries » énumère les dix raisons qui font de lui un rejeton de la « génération X-Files ». En 8e position il confie qu'il était « geek » avant la lettre avec les trois Lone Gunmen. Personnages récurrents, ils représentent la préhistoire des hackers. Un peu frappés, paranoïaques et asociaux, ils passent des heures et des heures à surveiller l'embryon de la toile. A l'affût de tout ce qui sort de la normale, ils vivent reclus dans un appart sombre encombré de moniteurs aussi volumineux qu'un poste de télévision... en 1993. Il y a 20 ans les écrans plats faisaient partie de la science-fiction. Comme le programme « Prism » élaboré par les services secrets américains pour surveiller tout et n'importe quoi. Je parie que l'idée de Prism est venue à un rond-de-cuir ricain en revisionnant un vieil épisode d'X-Files. Quand Mulder voulait connaître le moindre détail de la vie d'un suspect, il contactait le trio. Dans leurs archives ils trouvaient toujours le petit grain de sable le transformant en conspirationniste...

 

Mais X-Files reste aussi dans les mémoires car pour la première fois des « héros » doutaient, se montraient fragiles et avouaient leurs failles. L'écriture télévisée a vécu une révolution et a définitivement mis au rencard tout ce qui a été fait avant...


Generique x-files par lagernouille44