19/12/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Le champagne de la résurrection

polnareff, malade, assurance, champagneUne certaine presse a visiblement une dent contre Michel Polnareff. Le chanteur, hospitalisé durant plus d'une semaine, a été contraint d'annuler ses deux derniers concerts. Une version mise en cause par son producteur et qui permet à certains journalistes de se transformer en détectives privés. Le Journal du Dimanche d'hier titre en une sur de nouvelles révélations. En clair, le journal laisse entendre que pour quelqu'un qui a frôlé la mort, il profite bien de la vie. Il aurait été vu « vendredi soir, buvant du champagne au bar ». Sans vouloir me faire l'avocat du chanteur aux positions publiques controversées mais aux chansons inoubliables, on peut envisager cela sous un autre angle. Et si, tout simplement, Polnareff, ayant véritablement manqué mourir d'embolie pulmonaire, une fois rétabli, se dise que la vie est trop courte pour ne pas profiter des bonnes choses. Il devient alors compréhensible qu'il décide de s'octroyer quelques derniers plaisirs tant que c'est encore possible. Et pour fêter une résurrection, quoi de mieux que quelques coupes de champagne ? Face à la maladie, deux attitudes possibles. Prendre de bonnes résolutions souvent synonymes d'abstinence en tout genre, ou se dire que notre présence sur terre n'est qu'éphémère et qu'il vaut mieux en profiter tant que nous y sommes encore. Entre mourir dans son lit triste et malheureux ou au bar d'un palace, coupe à la main et bien entouré, Michel Polnareff semble avoir fait son choix. Respectons-le. 

18/09/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Voyage, voyage

« La France est malade » selon Emmanuel Macron, jeune ministre de l'Économie. Malade de ses privilèges surtout. En pleine grève Air France, souvenons-nous de la bombe lâchée il y a un an par les syndicats de la compagnie aérienne : Carla Bruni voyage à l'oeil. Un trajet aller-retour Parisn - New York, certainement pas en classe touriste puisque le billet atteint la somme astronomique de 8295 euros. Rien d'anormal, le service communication d'Air France explique : « il est de tradition que les anciens présidents de la République et leur famille puissent bénéficier des facilités de transport dans la classe de réservation la plus élevée ». Le fait que Carla Bruni soit riche à millions ne semble pas jouer... Nicolas Sarkozy a lui aussi le droit de voyager sur Air France sans bourse délier. Un privilège dont il n'abuse pas. Point par modestie ou volonté d' épargner à l'État de casquer pour son billet. Non, quand il participe à une conférence richement payée programmée à l'autre bout du monde, il préfère utiliser des jets privés. Les juges l'ont récemment découvert alors qu'ils enquêtaient sur une société de Stéphane Courbit. Cet ami de longue date (présent le soir du Fouquet's) se charge des déplacements de l'ancien président. Entre copains, cela se fait. Un peu comme du co-voiturage pour nantis, à 100 000 euros la virée... Oui la France est malade. Malade de ces hommes et femmes qui vivent en dehors des contingences matérielles. Ils n'ont plus aucun contact avec la réalité, incapables de vivre normalement, portés par une unique obsession, le pouvoir et l'entourage du pouvoir. 

Chronique "De choses et d'autres" parue jeudi 18 septembre en dernière page de l'Indépendant.