01/10/2011

Toute la bande à Lucien de retour dans le tome 11 des déboires du vieux rocker de Margerin

Lucien, Margerin, Fluide Glacial

Lucien, Margerin, Fluide GlacialVous avez découvert cet été dans les pages de Centre Presse et Midi Libre et en avant-première quelques-uns des récits complets formant ce 11e tome des péripéties de Lucien et de sa bande. Frank Margerin a toujours la banane et malgré le poids des ans et les cheveux blancs, il garde son humour rock et bon enfant. Lucien a vieilli, il est maintenant casé, avec femme et enfant. Mais il a toujours les mêmes potes, ceux de sa bande qui ont écumé durant quelques années les festivals rock de France et de Navarre (Margerin était d'ailleurs encore la semaine dernière à Perprignan pour le Festyival international du disque et de la Bande dessinée). Eux aussi ils ont évolué et se sont reconvertis. Riton, par exemple, a trouvé le petit boulot idéal pour arrondir sa retraite de fonctionnaire. Gardien dans un musée, il s'investit complètement dans ce milieu culturel. Mais essentiellement pour draguer les jeunes étudiantes des Beaux-Arts.

Retraite, maladie, anniversaires ou écologie sont également au sommaire de ces 11 histoires courtes qui sont très loin de ne s'adresser qu'aux vieux rockers nostalgiques.

« Lucien » (tome 11), Fluide Glacial, 10,40 €

07:58 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lucien, margerin, fluide glacial

05/04/2009

Mes BD souvenirs (7)

metal_noel.jpgEn cette année 1976, j'ai multiplié les chocs graphiques. Et découvert des univers que je ne soupçonnais pas. Exemple les BD publiées dans Métal Hurlant. Le mensuel de science fiction, créé par Moebius, Druillet et Dionnet, alternait déjà récits classiques, souvent en hommage à un âge d'or révolu, et séries résolument futuristes et novatrices. Là aussi c'est une couverture de Solé, un Père Noël évidemment, qui m'a donné l'envie de posséder le numéro de décembre 1976. J'avais feuilleté un peu les précédents numéros, mais de savourer tranquillement ces 100 pages a radicalement changé ma vision de la BD. C'était l'époque où Moebius laissait dériver son imagination au gré des errances de Jerry Cornélius. Un Garage Hermétique qui l'était souvent pour moi aussi mais à la virtuosité graphique inégalée. Et cette pointe de folie qui donnait l'impression qu'on comprenait où l'auteur voulait nous conduire alors qu'en fait ce dernier ne le savait pas du tout...

masse.jpgIl y avait déjà Serge Clerc (mais pas encore Chaland), Montellier, Margerin, Pétillon et Masse. Les histoires de ce dernier me laissaient très perplexe. Dessiné avec une application laborieuse, tout en gros nez et lunettes rondes, ces récits complets présentaient des mondes inquiétants, en marge, où tout un chacun se questionnait. J'étais très réceptif à ces personnages tortueux car très mal à l'aise dans ma peau à l'époque. Masse a toujours été un auteur incompris. Il a d'ailleurs depuis arrêté la BD. Il a également collaboré à (A Suivre) (voir la couverture ci-contre datant de 1984). Certaines de ses histoires se passaient dans une foule compacte où les protagonistes, serrés comme des sardines, suivaient le mouvement, perdant totalement leur libre arbitre. Je me reconnaissais complètement dans ces personnages et cette situation. Depuis, j'ai horreur de la foule.

metal_voss.jpgDans Métal Hurlant, les dessinateurs de grand talent pullulaient. Si je n'ai jamais accroché à Druillet, par contre je restais des heures devant les planches de Caza, Voss, Macedo ou Jeronaton. Des spécialistes d'un certain réalisme académique, au service d'une imagination débridée. J'ai été un fidèle inconditionnel de la revue. Suivant tous les délires de Philippe Manœuvre. J'avais même réussi à compléter ma collection. Quand la revue a cessé de paraître, en 1987 au numéro 133, il ne m'en manquait qu'une poignée. Métal en quelques années et à peine plus de 100 numéros avait durablement marqué la BD européenne. Je les avait tous regroupés dans un gros carton. Il y a trois ans, au cours d'un énième déménagement, vers la Martinique cette fois, n'ayant pas pu mettre ce carton dans le container, je le laissais en dépôt dans le studio d'un ami. Ce dernier, devant déménager dans l'urgence, sans ouvrir le carton, l'a déposé dans la rue pour s'en débarrasser. D'autres cartons ont suivi, notamment ceux contenant mes fascicules de Tintin des années 1974 à 1980. Quand il m'a appris cela au téléphone, j'ai quasiment tourné de l'œil. Aujourd'hui, près de quatre ans plus tard, j'ai fait mon deuil. Et je me dis qu'un jour, chez un bouquiniste, je trouverai un très beau lot de Métal ou de Tintin, en parfait état...
Si c'est avec Métal Hurlant que je suis véritablement devenu un collectionneur, par la suite ce sont de très nombreux titres que je suivais régulièrement, grossissant sans cesse les cartons de mes déménagements...
(A suivre dimanche prochain)