02/04/2017

Livres de poche : New York, ville inspirante


New York et une multitude de personnages sont au centre de cette saga de plus de 1200 pages qui se déroule entre le 31 décembre 1976 et le blackout du 13 juillet 1977. « City on Fire » de Garth Risk Hallberg avait fait le buzz lors de sa sortie en 2016 notamment en raison de l’à-valoir « historique » qu’a reçu son auteur (deux millions de dollars) pour un premier roman.
➤ « City on Fire », Le Livre de Poche, 12,10 €

 

 

Florence Gordon est directe, brillante, acariâtre et passionnée. Maî- tresse femme, elle est capable de ré- duire les imbéciles au silence d’une seule de ses piques acérées. Les mé- moires de cette intellectuelle new-yorkaise sont l’œuvre de Brian Morton, professeur au Sarah Lawrence College et à l’université de New York.
➤ « La vie selon Florence Gordon », 10/18, 8,10 €

 

 


« Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire. » Sauf que la jeune femme avoue à son amoureux l’horreur... Guillaume Musso est un expert dans son domaine de prédilection : le thriller. On tourne les pages aimanté par ce drame aux multiples rebondissements. Son nouveau roman, « Un appartement à Paris », vient de paraître aux éditions XO.
➤ « La fille de Brooklyn », Pocket, 8,20 €

18/07/2016

BD : la difficile vie des immigrés

 

A New York, dans les années 30, trouver du travail n'est pas très compliqué. Sacha, émigré ukrainien, participe à la construction des gigantesques gratte-ciels. Un salaire de misère qu'il complète en gardant des chiens et en participant aux petites combines d'un lieutenant de la mafia locale. C'est dans ce cadre qu'il rencontre Magda-Lena, deux sœurs siamoises. La passion prend parfois d'étranges chemins si l'on en croit l'histoire concoctée par Régis Hautière. Amour fou, incontrôlable, impossible malgré toutes les bonnes volontés du monde. Un récit âpre et désenchanté mis en images (en abîme plus exactement) par le pinceau tourmenté de David François.

« Un homme de joie » (tome 2), Casterman, 13,95€

 

 

28/12/2015

Livre : Tranches de vie new-yorkaises

barbash,albin michel,usa,new yorkSi l’envie de vous immerger dans l’ambiance de New York vous prend subitement, épargnez vos économies et plongez-vous simplement dans ce recueil de nouvelles de Tom Barbash. Cet écrivain trouve les mots et les situations pour que l’on se croie immergé dans un film de Woody Allen. Il raconte, avec une simplicité déconcertante, des tranches de vie de ces habitants de “Big Apple”, entre survie et culture facile. Il y a cette mère qui ne supporte pas les petites amies de son fils. Ils vivent ensemble et elle semble maladivement jalouse. Un homme, abandonné par sa femme, fait comme si de rien n’était. Il organise la fête traditionnelle des ballons volants dans les rues. Il ne cesse de s’interroger : reviendra-t-elle ? Vont-ils s’apercevoir que je suis seul ? Comment l’oublier ?

La meilleure nouvelle est peut-être celle intitulée “Hurler à la Lune”. Un jeune garçon raconte comment il est intégré dans sa nouvelle belle-famille. Sa mère, après le décès du père, refait sa vie avec un divorcé qui a déjà trois enfants, plus grands. « Ça fait un drôle d’effet de rencontrer des gens plus âgés que vous et d’apprendre qu’ils font partie de votre famille, que vous allez vivre avec eux, et qu’il ne faudra ni les détester ni les ignorer, et encore moins tomber amoureux de l’un d’eux. » Un superbe portrait d’une mère tentant de retrouver une complicité oubliée avec son fils.

 

« Les lumières de Central Park », Tom Barbash, Albin Michel, 22,90 euros

 

 

21/08/2015

BD : Le muet s'explique

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Éric Stalner aime changer d'atmosphère pour ses nombreuses réalisations en solo. Après l'anticipation de la « Zone » et le fantastique merveilleux de « Vito », il plonge ses lecteurs dans le milieu des cabarets de New York au XIXe siècle. Le héros, Will, jeune émigrant dont la mère est morte dans un attentat, après de dures années dans un pensionnat pour sourds et muets, trouve une seconde famille au Pink Flamingo. On y boit, on y danse, quelques jeunes femmes y vendent leurs charmes et des truands s'en servent de base arrière. Surtout tout le monde y est traité sur le même pied d'égalité que l'on soit nain ou muet, vieux ou jeune, beau ou laid. Mais ce petit paradis de la liberté individuelle est dans le collimateur de la police. De plus, il semble qu'un traitre cherche à faire fermer l'établissement et même assassiner la petite bande. Will va jouer de son infirmité (fausse en réalité, il simule depuis des dizaines d'années) pour découvrir quelques secrets. Un trait réaliste sûr au service d'une histoire très humaine qui pourrait bien rebondir pour un nouveau cycle sur la côte Ouest des USA

 

« Un long silence » (tome 2), Glénat, 13,90 €

 

11/12/2014

DVD : Pluie de squales tueurs

Des milliers de requins attaquent New York dans la suite de “Sharknado”.

 

Le succès d’une réalisation tient à peu de chose. Parfois, l’improbable se transforme en idée de génie. Exemple avec « Sharknado », téléfilm à petit budget produit par la chaîne du câble Syfy. Le requin est limité dans son pouvoir de nuisance. Il ne fait peur que dans l’eau. Pour lui donner une dimension supplémentaire, il se met à voler grâce à des tornades et à attaquer en pleine rue dans ce mélange des « Dents de la mer » et de « Twister ». Un premier opus explose l’audience. Immédiatement la suite est mise en branle et vient de sortir en DVD et blu-ray.

sharknado, nanar, requins, new york, zylo« Sharknado 2 » se déroule à New York. Après Los Angeles, c’est la Grosse Pomme qui va souffrir de ce déluge de requins tueurs. Dans le rôle du héros on retrouve Fin Shepard (Ian Ziering), jamais en mal d’imagination lorsqu’il s’agit de trouver des armes pour décaniller du squale (épée de chevalier, fronde, tronçonneuse, fusée de détresse et même batte de baseball). Après une scène d’ouverture en avion entre l’hommage à la « Quatrième dimension » et « Y a-t-il un pilote dans l’avion », la suite de l’histoire se déroule dans des lieux mythiques de New York, de la Statue de la Liberté au stade City Field des Mets en passant par l’Empire State Building. Si le scénario n’est pas des plus élaboré et des acteurs parfois aussi expressifs que le vide sidéral (même dans « Amour gloire et beauté », ils semblent plus humains...), l’enchaînement des scènes d’actions à grand renfort d’effets spéciaux transforme le téléfilm en expérience psychédélique à partager entre amis décidés à rigoler des outrances de ce cinéma de genre. Et puis quelques seconds rôles se révèlent savoureux, notamment Kelly Osbourne en hôtesse de l’air, dont on se demande comment elle fait pour passer dans le couloir avec son impressionnant popotin ou Biz Markie, rappeur devenu pizzaïolo pour les besoins du film.

Il n’est pas question de grand cinéma (même pas de bonne télévision) mais en ces temps austères et moroses, ce serait de la folie de se priver de cette tranche de rire au second degré.

 

« Sharknado 2 », Zylo, 14,99 euros le DVD, 16,99 euros le blu-ray.

 

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08/12/2014

BD : Soda, tu nous a tant manqué...

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Neuf ans. Un sacré bail. Neuf années que l'inspecteur Soda a déserté les rayons des librairies BD. Le policier new-yorkais imaginé par Philippe Tome et créé graphiquement par Warnant puis repris par Gazzotti a visiblement été une victime indirecte post 11 septembre. Le scénariste, dans un texte publié en fin de ce nouvel opus, s'en explique. « La réalité venait soudainement de pulvériser la fiction de façon inimaginable. Après à que raconter ? Cette question m'a longtemps paralysé dans l'écriture. » Pour se sortir de cette impasse, autant prendre le taureau par les cornes et intégrer directement le 11 septembre dans l'intrigue de la 13e aventure de David Salomon. Ce flic, pour ménager le cœur de sa pauvre mère cardiaque, lui fait croire qu'il est pasteur. Chaque matin, il part en costume sombre et croix sur la poitrine. Dans l'ascenseur il se change, remise ses symboles religieux pour arborer ceux de la loi et l'ordre : une plaque officielle et surtout un gros flingue. Exceptionnellement, la maman veut aller dans le métro pour acheter des roses. Soda l'accompagne. En chemin elle parle avec un inconnu. Exactement elle lui rend une enveloppe qu'il vient de perdre. Étonné l'homme la remercie et lui recommande de ne pas prendre le métro cette semaine. Immédiatement cette phrase fait tilt dans l'esprit paranoïaque du héros. D'autant que les images de la vidéo-surveillance et les logiciels de reconnaissance faciale donnent une identité à l'inconnu : Khalid Cheik, un terroriste d'origine saoudienne. Un nouveau 11 septembre est-il en train de se préparer. Soda va mener une course contre la montre pour éviter le pire. Mais il n'est pas au bout de ses surprises. Un retour en beauté pour ce héros hors normes. Gazzotti, pris par le succès de Seuls », a laissé les pinceaux à Dan Verlinden, par ailleurs assistant de Janry sur le Petit Spirou.

 

« Soda » (tome 13), Dupuis, 12 euros

 

08:11 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soda, tome, dan, gazzotti, new york, dupuis

19/05/2014

DE CHOSES ET D'AUTRES : Bye-bye New York

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Les mains claquent sur les fesses, les bouches avides parcourent les corps de haut en bas, du sexe, toujours plus de sexe. La première partie de « Welcome to New York », d'Abel Ferrara sur l'affaire DSK commence de façon très crue. Comme pour bien cerner la personnalité de cet homme « malade », totalement obsédé par la possession et la domination des femmes. Une addiction qui provoquera presque sa perte. Heureusement sa femme est là. Elle le sauve de la prison. Essentiellement pour protéger sa réputation à elle, selon le réalisateur.

 

 

Comme tout bénéficiaire d'un accès internet haut débit, j'ai pu regarder hier, en vidéo à la demande, ce film à la réputation sulfureuse. Il m'en a coûté 7 euros. Un peu cher pour une œuvre très inégale, parfois outrancière. L'avantage, c'est que pour le même prix, on peut le voir à plusieurs. Ou le regarder une seconde fois. « Non, merci ! » réplique immédiatement ma femme qui n'a que peu goûté aux turpitudes de Devereaux joué par Gérard Depardieu.

Durant la première demi-heure, il se contente de grognements pour tout dialogue. Il passe la nuit à tripoter et jouir de cette « viande » de callgirls dociles. Jusqu'au dernier râle, sur la femme de ménage qui elle, n'est pas consentante. L'histoire commence vraiment. Arrestation, prison, procès et surtout explications avec sa femme. Loin de décrire Devereaux comme un monstre, ce film le présente comme un malade, un accro au sexe. L'inhumanité, Ferrara la voit dans le personnage de Simone, interprétée par Jacqueline Bisset. Le résultat : un film de mec qui pense sous la ceinture.

14/01/2014

BD : New York, jouet de Robert Moses

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Derrière chaque ville se cache un mentor, un penseur. Si Paris ne serait pas Paris sans les grands travaux de Haussmann, New York doit beaucoup à Robert Moses. Moins connu car beaucoup plus discret, il a pourtant régné sur la ville durant des décennies, construisant plus de 150 000 logements, des ponts et quasiment toutes les autoroutes. Il toujours su profiter de l'argent public pour aménager l'habitat urbain de façon progressiste. Les plages publiques, les piscines et les centaines d'aires de jeu font également partie de ses réalisations. Le parcours étonnant de ce riche juif foncièrement Américain est raconté par Pierre Christin. Le scénariste de Valérian est aussi un grand spécialiste des USA. Il ne romance pas l'existence de R. Moses, mais sa science de la mise en scène rend cette BD aussi passionnante qu'instructive. Au dessin, Olivier Balez, délaisse pour une fois la bio d'artiste (Le chanteur sans nom, Dominique A) pour celle d'un industriel visionnaire. Il y montre toute sa technique a reproduire des ambiances urbaines, des années 20 à nos jours.

 

« Robert Moses, Le maître caché de New York », Glénat, 22 euros


01/06/2013

Chronique : Nicolas Ancion, romancier de fond

nicolas ancion,didier,new york,carcassonne,romanPeut-on écrire un roman comme on court un marathon ? Nicolas Ancion, écrivain belge installé près de Carcassonne a tenté l'expérience. Durant 24 heures, il est devenu un romancier de fond. Comme coureur de fond. Mais s'enfermer dans une pièce et écrire un polar en 24 heures chrono est trop simple pour ce manieur de mots, très branché nouvelles technologies. Aidé par la région Languedoc-Roussillon et les éditions Didier, il relève le challenge, mais à New York, loin de ses bases liégeoises ou audoises. Et décide d'en faire profiter tout le monde en publiant, en temps réel, son manuscrit dans un Google doc ouvert. Pour couronner le tout, il commente son travail sur Twitter et Facebook. 

« Courir jusqu’à New York », le roman, est bouclé. Du moins un « premier jet commencé le 29 mai à 16h et achevé le 30 mai à 15h29. » Pas moins de 81506 signes pondus en 24 heures dans divers lieux de « Big Apple » comme l'Institut français de New York. Dans ce texte, il est question de New York mais aussi de Carcassonne, lieu de résidence du héros, Miguel, un fils de réfugié espagnol vivotant aux pieds des remparts. Une lettre en provenance de Barcelone lui apprend l'existence d'une cousine à New York. Sur un coup de tête, il la rejoint. Le début des ennuis...

Le texte, limpide et palpitant, se lit facilement. Il est toujours disponible (durant 15 jours) sur le site des éditions Didier et le blog de Nicolas Ancion. En septembre, il sortira en librairie sous une forme plus classique. Et sans doute un peu remanié. Mais pas beaucoup : Nicolas Ancion est un excellent romancier tout court.

Chronique "ça bruisse sur le net" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.