15/03/2017

Cinéma : Mystérieuse et introuvable City of Z

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THE LOST CITY OF Z. James Gray reconstitue la quête tragique d’un explorateur anglais. 


Eldorado pour les conquistadors, City of Z pour l’explorateur britannique Percival Harrison Fawcett. Les légendes sur la fameuse cité perdue de l’Amazonie, dernier vestige d’une civilisation florissante défunte, ont beaucoup fait fantasmer les écrivains. Mais avant l’invention des satellites, de Google maps et des drones, pour cartographier un pays, une frontière, il fallait se rendre sur place.
Voilà la raison de l’arrivée de Fawcett (Charlie Hunnam) en 1906 dans cette région inexplorée convoitée par la Bolivie et le Brésil. Avec quelques aventuriers recrutés sur place dont le fidèle Henry Costin (Robert Pattinson) et Manley (Edward Ashley), ils remontent le cours d’une rivière jusqu’à sa source. Arrivé au bout de son périple, Fawcett découvre des restes de poteries dans la jungle. Et aperçoit des sculptures gigantesques, proches d’un plateau inaccessible. Il est persuadé que se trouve là la fameuse City of Z, la preuve que derrière ces tribus de « sauvages » se trouve une civilisation perdue qui, il y a des siècles, n’avait rien à envier au brillant et rayonnant empire britannique.
Le retour glorieux en Angleterre de ce fier militaire toujours à la recherche d’honneurs (nous sommes au début du XXe siècle) ne lui suffit pas. Il veut retourner sur place et devenir celui qui a découvert Z. Il sera appuyé par un riche mécène et passera de longues années à tenter de trouver ces ruines. En vain. Il apprendra beaucoup des tribus, rapporte des témoignages sur leurs mœurs, leurs pratiques de chasseurs mais aussi d’agriculteurs, preuve qu’ils ne sont pas si arriérés que veulent le faire croire les autorités locales ou les savants anglais persuadés qu’ils sont tous cannibales.

■ Tournage éprouvant
Le film de James Gray, belle et profonde épopée entre Angleterre guindée et chaleur moite de la forêt équatoriale, montre surtout la lente et inexorable dérive de Fawcett vers une obsession capable de prendre le dessus sur tout, même sa famille. Après l’intermède de la première guerre mondiale, blessé, il se retire et semble avoir tiré un trait sur sa folle entreprise. Mais c’est son fils, Jack (Tom Holland), devenu adulte qui le pousse à repartir. Ensemble ils vont aller encore plus loin à l’intérieur de l’enfer vert. Et y disparaître à jamais.
Habitué à des films urbains, tournés à New York, James Gray, esthète du 7e art, a pris d’énormes risques pour ce film. Loin de son confort de travail habituel, il a plongé ses acteurs dans une ambiance éprouvante. Chaleur, humidité, bestioles en tous genres et surtout le choix de tourner en 35 mm, comme pour retrouver les lourdeurs de l’expédition de Fawcett. Cela donne une impression harassante, de lutte quotidienne pour survivre, avancer, sans jamais savoir ce qu’il y aura derrière le prochain arbre. Si ce n’est que ce sera dangereux et mortel.
Du très grand cinéma d’aventure comme on n’en fait plus beaucoup, les autres réalisateurs préfèrent utiliser les techniques de réalité virtuelle, « motion capture » et autres fonds verts permettant aux acteurs, une fois la prise achevée, de rentrer dans le confort douillet de leurs palaces hollywoodiens. 
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Robert Pattinson barbu et transpirant
 
Vom Boot aus beobachtet Henry Costin (Robert Pattinson) den undurchdringlichen Dschungel


L’icône masculine, si craquante dans Twilight au point d’être admirée et adulée par des millions d’adolescentes en mal d’amour, change totalement de registre dans le film de James Gray. Preuve que Robert Pattinson, formé au théâtre britannique, a de réelles qualités d’acteurs en plus d’une belle gueule. Pourtant ce n’est pas ce qui est mis en avant dans son personnage de Henry Costin. Aventurier anglais vadrouillant dans cette Amérique du Sud de tous les dangers, il sait manier le revolver. Et la bouteille. Les premiers contacts avec le très rigoureux Fawcett sont tendus. Il est vrai que Costin, barbu, sale et suant, n’est pas un compagnon de rêve. Désinvolte, résigné, il se révèle pourtant un compagnon d’une rare efficacité pour l’obstiné explorateur.
Robert Pattinson, dans ce second rôle effacé, en fait juste assez, sans jamais tenter de se mettre en avant. Un bon soldat qu’il deviendra, fidèle à son supérieur au point de demander à le rejoindre dans cet autre enfer que sont les tranchées françaises. Pas la moindre conquête féminine pour l’acteur. Une exception dans sa filmographie.
Dans sa vie privée il en va tout autrement. Après sa liaison très glamour avec Kristen Stewart, l’autre actrice vedette de la saga des vampires pour ados, il a multiplié les conquêtes, comme pour tenter d’oublier la belle qui depuis a fait son coming-out. Depuis quelques années il se serait « stabilisé » avec la chanteuse anglaise FKA Twigs. Mais les rumeurs vont bon train. D’autant qu’un nouveau Twilight serait en chantier avec la reformation, à l’écran, du célèbre couple.