30/01/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Non, il n'a pas changé

Il faut toujours se méfier des grandes déclarations des hommes politiques après une défaite. Nicolas Sarkozy, battu en 2012, quitte dans un premier temps la sphère publique. Puis se ravise en précisant qu'il a changé. Maintenant il se retrouve à nouveau dans le rôle de l'outsider qui va tout casser pour reprendre sa place au sommet. Une reconquête qui passe par un livre paru la semaine dernière. Sarkozy dans ces pages a beau faire un certain nombre de mea culpa (Fouquet's, yacht de Bolloré...), il redevient la bête politique préférée des médias quand il répond aux nombreuses attaques à propos de son ouvrage. Et de se lancer dans une de ces comparaisons dont les plaisantins des réseaux sociaux s'emparent immédiatement. Racine, "a été très perturbé par les critiques quand il a sorti Phèdre. Les critiques sont oubliées, Racine non." L'ancien président ne doute de rien (c'est d'ailleurs une de ses forces), mais se comparer à Racine, faut oser... Résultat il déguste sur Twitter : "Sarkozy se compare à Racine ? Il a raison : son retour est une vraie tragédie !" écrit méchamment un certain Daarjeeling. Sarkozy n'a pas changé non plus alors qu'il agonit d'injures (selon le Canard Enchaîné), deux maires héraultais Les Républicains coupables d'avoir soutenu Dominique Reynié aux dernières régionales. Sarkozy tel qu'en lui-même donc, sûr de lui et en mode bulldozer. Mais son livre politique "La France pour la vie" dépassera certainement en succès "Pourquoi pas moi !", l'autobiographie de Jean-Vincent Placé qui plafonne à moins de 400 exemplaires.

Edit vendredi à 19 heures : Plusieurs lecteurs (Catherine, Aline...) m'ont signalé par email l'horrible faute publiée ce matin dans ce texte. Non, Nicolas Sarkozy "n'agonise" pas. Il""agonit" plus justement d'injures les deux maires. Je sens que cette faute risque de se retrouver dans les perles de la presse déchaînée du prochain Canard.  

16:53 Publié dans Chronique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, placé, plon, racine

23/01/2013

Chronique : Une place Joe Strummer à Grenade en Espagne

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Ça pétitionne à tour de bras sur Facebook. Et souvent avec efficacité. Pour preuve la municipalité de Grenade en Espagne a accepté de baptiser une place de la ville du nom de Joe Strummer, leader emblématique des Clash. Une initiative d'Ideal, un journal local, relayée par un profil Facebook. Avec plusieurs milliers de signatures en soutien, le principe de donner le nom du chanteur de « London Calling » à un lieu près de l'Alhambra est acté en conseil municipal. La semaine dernière, la « Plaza Joe Strummer » est officiellement inaugurée, « un espace terreux bordé de deux rangées de pins luxuriants. On peut s’y asseoir pour contempler la majestueuse Sierra Nevada » explique Ideal. 

Pas sûr que cet éternel rebelle ait apprécié le geste. Les Clash n'ont jamais été dans le consensus. Une aversion à toute forme d'autorité qui ferait passer aujourd'hui Pete Doherty pour un agneau et renvoie Manu Chao sur l'échiquier politique vers le Modem de François Bayrou. Excessif, visionnaire et révolutionnaire, Joe Strummer incarne tout un pan de cette génération des années 80-90 rejetant en masse le moule dans lequel la société de consommation veut la fondre. 

L'hommage de Grenade est cependant logique car dans « Spanish Bombs », un des titres de « London Calling » élu meilleur album rock de tous les temps,  Joe Strummer parle du bombardement de la ville durant la guerre d'Espagne et de la mort de Federico Garcia Lorca. Ce poète a hanté le chanteur punk. Ils se retrouvent, pour l'éternité, dans cette Andalousie brûlante.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.