21/12/2014

Beau livre : Poire géante et magique

 

poire géante, strid, pkj, pocket jeunesse

Plus spécialement pour les plus jeunes, ne manquez pas « La fabuleuse histoire de la poire géante » de Jakob Martin Strid, un auteur danois à l'univers parfois proche de celui de Richard Scarry. Dans la petite ville de Solby, vivent sous un même toit Mitcho le chat et Sebastian l'éléphant. Ils découvrent une bouteille sur la plage qui contient un message de l'ancien maire, JB, leur demandant de le rejoindre sur l'île mystérieuse. Dans la bouteille il y a également une petite graine. Les deux amis la sèment et dans la nuit un poirier pousse à toute vitesse, chargé d'une énorme poire, une poire géante. Voilà le début de cette aventure où on croise un dragon marin mécanique, des pirates amateurs de pastèque et quelques spectres. Les dessins sont d'une étonnante richesse, regorgeant de détails. Un monde enchanté qui fera rêver petits et grands.

 

« La fabuleuse histoire de la poire géante », PKJ Pocket Jeunesse, 19,90 euros.

 

19/05/2014

Livre : Bouleversant témoignage de « L'enfant de Schindler » chez PKJ

Mort l'an dernier, Leon Leyson, avant de s'éteindre, a tenu à témoigner de son enfance de jeune Juif sauvé par la fameuse Liste de Schindler.

 

nazis, shoah, schindler, rescapé, pkj, pocket jeunesseAu début du mois, la France a célébré la capitulation de l'Allemagne nazie. Si depuis les deux pays sont réconciliés, cela n'empêche pas de se remémorer les horreurs commises par Hitler et ses sbires. Un bouleversant témoignage vient d'être publié aux éditions PKJ. Leon Leyson raconte comment il est devenu « L'enfant de Schindler ».

Cet Juif polonais, en 1943, était le plus jeune nom de la fameuse liste devenue célèbre après le film de Steven Spielberg. Son témoignage poignant permet de mieux comprendre dans quelles conditions les Nazis ont persécuté la communauté juive. L'action se déroule à Cracovie en Pologne. Léon, gamin insouciant, vit heureux auprès de son père, employé dans une entreprise locale. Quand les Allemands envahissent le pays et s'approprient l'industrie, Moshe Leyson change de patron. Il dépend désormais d'un certain Schindler.

 

Ghetto de Cracovie

Rapidement les Juifs sont parqués dans un ghetto, les premières rafles ont lieu. « Les parents ne pouvaient plus rassurer leurs enfants avec des mots comme "ce sera bientôt fini". A présent ils disaient "ça pourrait être pire" »... Leon raconte ces années d'insouciance avec une étonnante fraîcheur. Comme si ces jeux de gamins, encore épargnés par la folie des hommes étaient plus importants que les scènes d'horreur à venir. Car ensuite c'est le transfert dans le camp de travail de Plaszow : « Ma première impression, celle de me trouver en enfer sur terre, n'a jamais changé ». Sa description de la vie (survie exactement) dans ce camp est hallucinante. Encore plus quand on réalise que ces brimades quotidiennes sont vécues par un gamin de 12 ans.

« Les nazis avaient profané et détruit deux cimetières juifs pour construire le camps. Un lieu vide, lugubre et chaotique. Des cailloux, de la poussière, des fils barbelés, des chiens féroces, des gardes menaçants et des hectares de baraques miteuses alignées à l'infini. Des centaines de prisonniers en haillons couraient d'un détachement de travail à l'autre, menacés par des gardes allemands et ukrainiens à la gâchette facile. » Seul, Leon devra y rester de longs mois avant de retrouver ses parents et finalement échapper à la mort grâce à la fameuse liste écrite par Schindler. Il a terminé ses jours en Californie, rare rescapé de l'enfer de Plaszow.

Alors pour ne jamais oublier, lisez et faites lire à vos enfants ce récit paru récemment en librairie.

 

« L'enfant de Schindler » de Leon Leyson, PKJ, 15,90 €

 

 

 

11/01/2013

Livre : August, courageux bonhomme dans "Wonder" de R. J. Palacio chez PKJ

Un monstre ? Non, August Pullman, 10 ans, le visage en désordre à cause d'un gène déficient. Il fait sa rentrée au collège. Mais comment supporter tous ces regards ?

wonder, palacio, august, jeunesse, handicap, pocket jeunesse, PKJ

Emouvant, drôle et dramatique, ce roman de R. J. Palacio, s'il s'adresse aux adolescents, peut aussi intéresser leurs parents. Les passionner en fait. D'un sujet grave, cette auteur américaine en a fait un texte simple et lumineux. Découvrez August, sa malformation faciale, ses rêves, sa vie, son courage. Et tombez sous le charme d'un personnage hors normes, de ceux qui vous restent toute une vie en mémoire, comme si l'on avait partagé toutes ses déboires depuis la petite enfance.

Tout le texte est à la première personne. Au plus près de l'action. C'est August qui parle. Puis sa sœur, Via, ses amis et d'autres connaissances. August, Auggie plus familièrement, est un petit garçon de 10 ans surprotégé par sa mère. Intelligent, il ne sort que rarement à l'extérieur. Il n'est jamais allé à l'école. Auggie souffre d'une maladie rare, un gène déficient qui, à la naissance, a transformé son visage en champ de ruines. Bébé, il n'en était pas conscient. C'est avec les années, en constatant les yeux effarés de rares personnes extérieures qui tombaient en arrêt en le voyant, qu'il a compris combien il était différent. Difforme exactement, mais ce mot est banni dans la famille.

R. J. Palacio surmonte un premier écueil : la description. Elle fait cela tout en finesse dans la bouche même d'August, avec une pointe d'humour. Et parfois beaucoup d'émotion. Après une nouvelle confrontation difficile avec un adulte effaré, August trouve refuge dans les bras de sa maman. « Je sais bien que je suis un monstre » lui dit-il. « Elle m'embrassa partout sur le visage. Elle embrassa mes yeux qui tombaient trop bas. Elle embrassa mes joues qui sont si creuses qu'on dirait que quelqu'un y a enfoncé son poing. Elle embrassa ma bouche de tortue. Ses paroles douces m'ont apaisé. Mais aucun mot ne pourra jamais changer mon visage. » Supporter le regard des autres, les frayeurs, les moqueries : la vie d'August n'est pas une sinécure. On comprend pourquoi durant deux ans il n'est jamais sorti sans son casque d'astronaute qui lui cachait le visage, pourquoi il aime tant Halloween et les déguisements obligatoires. On comprend surtout l'angoisse du gamin quand ses parents lui annoncent qu'il va faire sa première rentrée au collège, en sixième.

 

Le regard des autres

Être au centre de tous les regards. Agréable quand on vous admire. Beaucoup moins quand on devine du dégoût, du rejet et même de la peur dans ces regards gênés. Mais August est courageux. Et a envie de tenter l’expérience. Peut-il avoir des copains, des amis, une vie normale ? Comment faire oublier ce visage de Quasimodo ?

C'est très dur au début. Mais heureusement, dans toute foule il y a toujours une ou deux perles rares. August, dès le premier jour, rencontre Summer. Une fillette ouverte et intelligente. Elle ne s'arrête pas aux apparences et découvre que derrière ce visage ingrat se cache humour et intelligence. Jack aussi apprécie August. Mais il le paiera le prix fort. Car le reste des enfants évite de parler et surtout toucher le « monstre » au risque d'attraper la « peste » si on ne se lave pas les mains dans les dix minutes. Jack devient lui aussi pestiféré.

Ce roman chorale alterne les points de vue. Jack donne sa vision des choses, Summer aussi. Sans oublier Olivia, la grande sœur d'August. Elle le protège, mais souffre aussi d'un certain abandon de la part de ses parents, accaparés par les souffrances d'August.

Un texte coup de poing, inspiré par une véritable rencontre, écrit par la maman de deux garçons « normaux ». Avec juste ce qu'il faut d'optimisme et de candeur pour le rendre terriblement crédible et inoubliable.

Michel Litout

« Wonder », R. J. Palacio, Pocket jeunesse PKJ, 17,90 €


05/12/2012

Livre : Vampire historique dans "La Maison de la nuit"

« La maison de la nuit », saga vampirique de Kristin Cast, s'enrichit d'un épisode historique, entre France et Nouvelle Orléans, au XVIIIe siècle.

 

maison de la nuit, cast, vampire, bit-lit, pocket jeunesse, PKJ, delcourtLes vampires sont devenus les symboles absolus du romantisme. Étonnant comme ces suceurs de sang ont changé leur image de marque en quelques années. La faute à la saga « Twilight » et d'autres romans du genre bit-lit (anglicisme pour parler de littérature mordante) réservés aux jeunes filles gothiques. P. C. et Kristin Cast (mère et fille) ont surfé sur la vague avec « La Maison de la nuit ». Sept titres des aventures de Zoey sont parus chez Pocket Jeunesse et un petit hors-série historique permet aux milliers de passionnées d'attendre le 8e tome annoncé en février 2013.

« Le serment de Lenobia » débute comme un roman sentimental classique sur fond historique. Il faut attendre les deux derniers chapitres pour que magie et fantastique reprennent le dessus. Ce court récit, paru initialement aux USA, intéressera d'autant le public français qu'il débute dans le royaume de Louis XVI en 1788. Lenobia est une adolescente, une bâtarde exactement. Son père est un noble, mais il ne l'a jamais considérée à l'égal de sa demi-sœur. Désargenté, il a accepté de vendre sa fille Cécile à un riche planteur de la Nouvelle-Orléans. La vie de Lenobia bascule quand Cécile meurt dans un accident, la veille de son départ vers le Nouveau Monde. La mère de Lenobia y voit une opportunité unique pour offrir un avenir différent à sa fille. Elle va lui ordonner de prendre la place de Cécile. En moins de 24 heures, la bâtarde, plus habituée aux cuisines et aux écuries, doit se grimer en jeune femme distinguée.

 

Huis-clos maritime

Le reste du roman se déroule sur le bateau voguant vers l'Amérique. Lenobia constate avec effroi qu'un évêque fait partie du voyage. Un religieux aux mœurs dissolues, muté d'autorité le plus loin possible de Rome. Lui seul pourrait dévoiler la supercherie car il a déjà tenté d'abuser de Lenobia. La jeune fille va prétendre souffrir du mal de mer pour rester cloîtrée dans sa cabine, sous la surveillance bienveillante de sœurs ursulines. Lenobia ne s'autorise que des escapades matinales dans la cale, pour admirer deux percherons. Elle croise aussi Martin, un métis chargé de soigner les chevaux. Dans cet environnement improbable, l'amour va frapper avec toute sa puissance.

Un volet fleur bleue un peu déconcertant au début. Mais les auteurs, sûres de leur métier, vont rapidement transformer la gentille idylle naissante en choix de vie. L'évêque se révèle beaucoup plus malfaisant. Mais Martin, aux ancêtres haïtiens, saura utiliser les formules magiques de sa grand-mère pour protéger Lenobia, vouée elle aussi à être marquée par la déesse Nyx et à rejoindre une Maison de la Nuit où elle apprendra sa nouvelle existence de vampire.

Variation historique des romans originaux, « Le serment de Lenobia » est une parfaite respiration pour les fans, mais aussi une première expérience pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore la saga.

Autre façon de découvrir l'univers mis en place par P. C. et Kristin Cast, l'adaptation en BD sous forme de comics. Le premier album vient de paraître chez Delcourt.

M. Li.

« Le serment de Lenobia », P. C. et Kristin Cast, Pocket Jeunesse PKJ, 9,90 €

« La maison de la nuit » (La Marque, tome 1), Delcourt, 14,95 €


 

02/02/2012

Dictature numérique mise en cause dans "Little Brother" de Cory Doctorow chez Pocket Jeunesse

Si vous êtes un utilisateur assidu d'Internet et avez une légère tendance à la paranoïa, « Little Brother », roman de Cory Doctorow, va vous terrifier.

Little Brother, Big Brother, Cory Doctorow, Pocket JeunesseMarcus, 17 ans, est un jeune Américain bien dans sa peau, bien dans son temps. Ce lycéen résidant à San Francisco a une passion : les jeux en réalité alternée (Alternate reality game, ARG). Un jeu de rôle, se passant en partie sur internet, mais également dans la vraie vie, sous forme de chasse au trésor avec indices à déchiffrer.
Ce jour-là, Marcus, en compagnie de trois amis, sèche les cours. Ils veulent être la première équipe à découvrir l'indice du jour. Ils sont dans la rue quand tout tremble autour d'eux. Ils croient à un séisme mais c'est en fait un attentat contre un pont. Dans la panique, l'un des gamers est blessé. Pour lui porter secours, Marcus arrête une voiture de police. Le cauchemar débute.
Les policiers, au lieu de secourir le blessé, interpellent les jeunes. Menottés, cagoulés, ils sont conduits dans une prison secrète sur une île dans la baie. Durant deux jours Marcus sera littéralement torturé par des policiers en civils. Le simple fait d'être dans la rue au lieu d'être en cours le transforme en suspect. Les flics ne croient pas à sa version. Ils veulent tout connaître de sa vie numérique : code de sa messagerie, de son téléphone portable.
Sans rien à boire ni à manger, attaché, ne pouvant s'empêcher d'uriner sur lui, c'est un être sale, puant et faible qui finalement craque. Vérifications faites, il est relâché. Mais avec la menace de retourner en cellule s'il raconte ce qui lui est arrivé.

Tous surveillés !
Les premières pages du roman de Cory Doctorow, bien que s'adressant à un public de jeunes adultes, sont très dures. Marcus, malgré un caractère bien trempé, n'est pas préparé à une telle épreuve. Quand il retrouve la liberté et l'air pur du dehors, il craque complètement. Heureusement ses parents sont là pour le soutenir. Ils étaient persuadé qu'il faisait partie des milliers de victimes de l'attentat. Il va expliquer qu'il était bloqué dans un camp de réfugié, de l'autre côté de la ville. Et tenter de vivre de nouveau normalement. Peine perdue.
Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, les autorités vont durcir les mesures de surveillance des particuliers. Tout le monde sera pisté grâce aux téléphones portables, aux cartes à puces et autres GPS intégrés dans les voitures.  Marcus, sera un des premiers à prendre conscience que la police, en plus d'outrepasser ses droits, surveille tout le monde, créant une ambiance de paranoïa absolue. Quant aux terroristes, ils courent toujours...
Petit génie de l'informatique, Marcus va tout faire pour garder un embryon de liberté individuelle dans ce monde à la Big Brother. Sans le vouloir, il a va trouver un moyen de contourner la surveillance policière et se retrouver à la tête d'un mouvement contestataire de plus en plus vaste.
Hackers contre Etat : la lutte semble inégale et pourtant, l'envie de préserver les libertés individuelles va faire des miracles.
Ce roman d'anticipation, sorti aux USA en 2008, semble avoir simplement anticipé ce que nous vivons actuellement. Des projets de loi aux USA contre le piratage risquent de considérablement réduire la liberté d'expression.
Les actions récentes contre Mégaupload et autres Anonymous donnent le ton. Finit la rigolade. Il y a danger et Cory Doctorow, l'auteur canadien, est le premier à se mobiliser pour  contrer les projets US. Comme s'il endossait le rôle de son jeune héros, quelques années après l'avoir imaginé.

« Little Brother » de Cory Doctorow, Pocket Jeunesse, 18,80 €

27/01/2012

Raid des Anomymous sur divers sites : héros ou pirates ?

little Brother, anonymous, coru doctorow, pocket jeunesse

Cory Doctorow, l'auteur de "Little Brother", roman d'anticipation sur les dérives de l'internet sécuritaire. Le roman est paru le 5 janvier dernier chez Pocket Jeunesse.


On ne parle que d'eux depuis quelques jours. Eux, ce sont les Anonymous, ces activistes insaisissables, mystérieux, aux visées souvent obscures, voire inquiétantes.

Site de Vivendi, gouvernement brésilien, l'Express... loin d'être coordonnés, leurs raids tapent tous azimut. Certainement car le mouvement est tout sauf structuré. Anonymous est apparu en 2006 selon Wikipédia et s'est popularisé en 2008. « Ils se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d'expression » explique l'encyclopédie en ligne. Cette fameuse liberté d'expression qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Les hackers sont des héros dans les dictatures, des pirates dans les démocraties. Mais selon eux, le terme de démocratie est souvent dévoyé. Les projets de loi SOPA et PIPA aux USA sont les exemples mêmes de cette volonté de régenter la toile.

little Brother, anonymous, cory doctorow, pocket jeunessePour mieux comprendre la mentalité des Anonymous, je vous conseille de lire « Little Brother » de Cory Doctorow récemment paru chez Pocket Jeunesse. Cet auteur de SF canadien y décrit une Amérique de plus en plus paranoïaque. Un attentat terroriste est l'alibi que cherchaient les autorités pour mettre tout le monde sous surveillance. Quelques jeunes vont se rebeller et démontrer au public que cet espionnage constant est pire que le terrorisme. Directement inspiré de « Big Brother » de George Orwell, ce roman n'est plus une anticipation. On est en plein dedans. Marcus, le héros, est un Anonymous. Héros et anonyme. Voilà tout le dilemme de ce mouvement.

23/09/2011

Le Léviathan de Scott Westerfeld chez Pocket Jeunesse poursuit sa route à la rencontre du Béhémoth

Béhémoth, Léviathan, Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse

Il est des univers littéraires qui longtemps après la dernière page tournée continuent à vous faire rêver. Léviathan, la nouvelle saga imaginée par Scott Westerfeld (Ugglies, Midnighters) est de cette veine. Un an après la publication du début des aventures de Deryn et Alek, les deux jeunes héros sont de retour dans un copieux volume de 500 pages richement illustré et intitulé « Béhémoth ». Ce récit d'histoire alternative se déroule en 1914, à l'aube de la grande guerre. L'empire allemand a des envies d'expansion malgré sa prise en tenaille entre les britanniques et les Russes. Tout l'intérêt du récit, directement inspiré des véritables événements, est de présenter une société ayant évolué différemment. Les Anglais ont développé le Darwinisme ou l'art de créer des animaux utiles alors que les Allemands, les clankers, tirent leur puissance de la fabrication de machines.

 

Deryn, orpheline, se fait passer pour un garçon pour servir sur le Léviathan, un « souffleur d'oxygène », sorte de baleine des airs transformée en forteresse volante. A son bord le jeune Alek, prince héritier de l'empire austro-hongrois, y a trouvé refuge en fuyant les Allemands. Dans ce second tome, on retrouve le vaisseau amarré au-dessus de Constantinople. Les diplomates anglais ont pour mission de rallier les Ottomans. C'est dans cette ville cosmopolite, véritable nid d'espions et de traitres que l'intrigue se déroule. On y croise par exemple « des golems de fer. Ils protègent le quartier juif. » Ce sont des « mécanopodes à la silhouette quasi humaine. Ils avaient des jambes courtaudes, de longs bras et des visages lisses. Ils étaient ornés d'étoffes rayées et de symboles étranges, et ne portaient aucune arme dans leurs mains griffues. »

Les bonnes raisons pour lire Béhémoth sont légion, de la relation de plus en plus amicale entre les deux héros à la découvertes de nouveaux animaux comme ces loris perspicaces aux pouvoirs étonnants. Quant au Béhémoth qui donne son nom au livre, vous devrez attendre les derniers chapitres pour le voir en action. Mais vous ne le regretterez pas !

« Béhémoth » de Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse, 19 €

15/12/2010

Méchant lion

Krotokus 1er.jpg

Ce petit album, sous des airs de conte pour enfant, est en fait une belle parabole sur le pouvoir et son aveuglement. Son auteur, Caryl Férey en a fait un résumé très évocateur au cours d'une interview : « Le roi, un tyran, veut marier son fils Pupus à une princesse pour garder sa dynastie, mais le jeune prince préfère courir dans la savane avec de jeunes guépards tandis que des hyènes enlèvent la princesse, un papillon magique. Krotokus demande au renard Goupille, seul marin qu'il a sous la main, de poursuivre avec lui les hyènes pirates à travers les îles mystérieuses... » L'autre intérêt de ce livre accessible dès 10 ans est de découvrir une autre facette du talent d'illustrateur de Christian Heinrich, le créateur des P'tites poules. Il abandonne la couleur directe pour des dessins au trait précis et très évocateurs. Il excelle dans les bêtes à crocs, du lion, bien évidemment, au dinosaure en passant par les hyènes, particulièrement réussies.
« Krotokus 1er, roi des animaux », Caryl Férey, Pocket Jeunesse, 14,90 €


12/11/2010

Le royaume de Ga'Hoole

Le royaume de Ga'Hoole.jpgPour accompagner la sortie du film, Pocket Jeunesse sort en un volume grand format les trois premières aventures des Gardiens de Ga'Hoole écrit par Kathryn Lasky. Une fantastique allégorie du Bien contre le Mal au royaume des hiboux et des chouettes. Entre la jeune chouette Soren et son frère Kludd, ce n'est pas le grand amour. Leur rivalité tourne au drame la nuit où Soren tombe du nid et se fait kidnapper. Enfermé dans un orphelinat, il désespère de retrouver un jour la liberté. Mais sa rencontre avec d'autres oisillons courageux va tout changer. Convaincus qu'une grave menace pèse sur les royaumes des chouettes, ils décident de s'évader et de partir en quête des légendaires Gardiens de Ga'Hoole, ces justiciers au coeur noble qui ont bercé leur enfance...

Si le film en 3D de Zack Snyder vous a plu, vous pourrez retrouver ce monde poétique dans les romans originaux. A l'inverse, après avoir lu ces histoires de volatiles, n'hésitez pas à aller voir le film, fidèle au récit original et particulièrement réussi au niveau des effets spéciaux. (Pocket Jeunesse, 16 €)

06/10/2010

Rêver à bord du Léviathan

Leviathan.jpgAvec « Leviathan », première partie de sa nouvelle trilogie, Scott Westerfeld fait encore plus fort que ses précédentes séries, « Uglies » et « Midnighters ». Il retrouve un genre qu'il apprécie particulièrement, la science-fiction tendance uchronie. L'action se déroule en 1914 en Europe. Le continent est toujours partagé en deux grands empires, Anglais Français et Russes d'un côté, Allemands, Autrichiens et Turcs de l'autre. La grande différence ce sont les technologies. Le premier bloc est darwiniste, le second clanker. Les savants darwinistes ont fait des croisements d'animaux pour les mettre au service des humains. Les clankers ont construit des machines. Deux conceptions totalement différentes de la vie, comme deux évolutions parallèles de notre société. Ce roman pour la jeunesse (plutôt les adolescents) a pour héros deux fortes personnalités. Alek, héritier de l'empire austro-hongrois, en fuite après l'assassinat de ses parents par des rebelles serbes et Deryn, jeune fille se faisant passer pour un garçon pour réaliser son rêve, devenir pilote dans l'air service britannique. La fuite d'Alek se fera à bord d'un mécanopode, « l'appareil dépassait le toit des écuries, ses deux pieds métalliques plantés dans la terre meuble du paddock. Il ne s'agissait pas d'une machine d'entraînement mais d'un véritable engin de guerre. Avec un canon ventral, et les museaux épais de deux mitrailleuses Spandau de part et d'autre de son énorme tête. »

Deryn, de son côté, sera affectée sur le Leviathan, « le premier des grands souffleurs d'hydrogène » conçu à partir d'une baleine dont les gaz remplissent des poches lui permettant de voler. « La créature était colossale. De forme cylindrique, elle ressemblait à un zeppelin, mais ses flancs hérissés de cils palpitaient doucement, et une nuée de chauve-souris et d'oiseaux symbiotiques l'environnait. » Une histoire palpitante, des personnages attachants, des inventions qui font rêver : ces 440 pages se dévorent comme un roman de Jules Verne.

« Léviathan », Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse, 19 €