10/03/2017

De choses et d'autres : Vestes retournées


Voilà qui ne va pas améliorer l’image des politiques auprès des Français. La semaine dernière, après une nouvelle salve du Canard Enchaîné autour des soucis judiciaires de François Fillon, des dizaines d’élus de droite et du centre annonçaient ne plus pouvoir soutenir le vainqueur de la primaire.
Au point que le site de Libération a mis en place le « compteur des lâcheurs de Fillon » avec en face des noms le tweet ou le communiqué annonçant leur décision. Mais Fillon s’accroche et n’en démord pas : il sera candidat. Résultat depuis dimanche et la manif du Trocadéro, le compteur diminue. Une bonne vingtaine de personnalités, dont Christian Estrosi ou Christine Boutin ont retourné leur veste. Sur le compteur leur nom est rayé d’un trait rouge, celui de leur pragmatisme, ou opportunisme dixit Jacques Dutronc.
Car tout bien considéré pour ces anciens « traîtres », Fillon est un bon candidat. Ses pratiques peu orthodoxes d’emploi de sa famille ? Les mensonges éhontés sur les plateaux de télé dénoncés par la presse ? La remise en cause des institutions ? Broutilles. Des faits alternatifs, sans plus. Une seule chose leur importe désormais : la victoire du projet. Et in fine leur possible élection aux législatives de juin. Voire pour certains la possibilité de rejoindre le gouvernement de François Baroin. Car à droite, tout est déjà programmé. Mais attention, certains électeurs aussi pourraient changer d’avis du jour au lendemain.

27/09/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Votes primaires

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Pour la première fois de son histoire, la droite française se lance dans des primaires pour désigner son candidat à la présidentielle. De Gaulle doit bien ricaner dans sa tombe. Preuve que les idées de démocratie participative ne cessent de progresser, les chantres de l'homme providentiel se tournent aux aussi vers une désignation plus transparente.

Avec pas mal de risques. De scission dans un premier temps. On ne s'affronte pas durant deux mois pour se rabibocher trois jours plus tard en ayant oublié toutes les vacheries balancées en public. Si Juppé l'emporte, que vont faire les soutiens de Sarkozy, beaucoup plus nombreux que ceux du maire de Bordeaux ?

A l'inverse, Juppé battu osera-t-il se rallier au panache du maire de Pau et monarque du Béarn ? Autre difficulté en vue, la validité des résultats. Pas à cause de procurations douteuses (elles sont tout simplement interdites) mais par la volonté affichée de militants de gauche d'aller voter, juste pour faire barrage à l'ancien président. Il leur en coûtera deux euros, mais ils estiment que c'est le prix à payer pour éviter le retour de Nicolas Sarkozy, encore plus détesté à gauche depuis qu'il marche ouvertement sur les plate-bandes du Front national.

Résultats contestables aussi avec les votes probables de certains soutiens de François Hollande beaucoup plus machiavéliques. Eux, au contraire, vont se déplacer pour aider Nicolas Sarkozy à l'emporter, adversaire le plus à la portée de l'actuel président. Un sacré micmac pour désigner celui que tous les sondages donnent comme futur président de la République.

03/02/2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Juppé, the king of beer-pong

alain juppé,beer pong,républicains,présidentielle,2017Les candidats à la présidentielle sont visiblement prêts à tout pour conquérir le cœur (et les voix) des électeurs. Alain Juppé, lancé depuis des mois dans la primaire des Républicains, a bon espoir de succéder à François Hollande en 2017. Mais le chemin est long. Et pavé de redoutables embûches. En plus d'éliminer Nicolas Sarkozy (on lui souhaite bien du plaisir et du courage), il doit améliorer son image vis-à-vis des jeunes. Au risque de la détériorer auprès des seniors, qui lui sont très majoritairement acquis selon tous les sondages.

Le week-end dernier à Paris, grosse offensive du maire de Bordeaux avec la présentation du club de soutien simplement intitulé "Les jeunes avec Juppé". Dans un bar du XVIIIe - ambiance surchauffée et nombreuses caméras - Juppé tombe la veste, retrousse les manches de sa chemise rayée bleu blanc rouge et affronte Pierre-Yves Bournazel, jeune conseiller de Paris, dans une partie de… beer-pong. Ce "sport", venu des USA, est en vogue. Il nécessite adresse et descente. Adresse des mains, descente de bière. Chaque concurrent lance une balle de ping-pong dans des chopes remplies de bière. S'il atteint la cible, l'adversaire doit en boire le contenu. Une pratique controversée car elle favorise la consommation d'alcool à outrance.

Moralité : l'énarque ancien Premier ministre, par trop rigide, sait s'amuser. Contrairement à son challenger, l'ancien président, qui est sobre comme un chameau. Reste à savoir ce que vont penser les électeurs de Bordeaux à la vision de leur maire engloutissant des litres de bières.

17/05/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Naufrage républicain

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Le retour en politique de Nicolas Sarkozy évoque une émission de téléréalité en manque de scénaristes inspirés. Sans doute pour se rapprocher de la fameuse « France d'en bas », ses conseillers le persuadent de répondre sur Twitter aux questions des internautes. Pour faire jeune, connecté, à l'écoute...

L'opération de communication autour de la création du nouveau parti « Les Républicains » se solde par une bonne tranche de rigolade. Des milliers de participants et une grande majorité de détracteurs. Sarcastiques voire méchants, beaucoup l'interrogent sur Bygmalion, l'argent, Kadhafi, les mises en examen et autres affaires judiciaires en cours. L'exercice s'annonce périlleux. Alors l'ancien président tranche. Il esquive les sujets qui fâchent et se concentre sur le sérieux, le concret, ce qui engage l'avenir de la France.

Enfin pas toujours, car il ressort également de ces échanges que Nicolas Sarkozy apprécie la série télé « Homeland », qu'il travaille à améliorer son revers au tennis et qu'il se tâte quant à sa participation à l'émission de Cyril Hanouna. Essentiel aussi : entre chien et chat, son choix est simple, il a les deux à la maison (émoticones de matou et toutou à l'appui)... pathétique.

Mais pas autant que l'intervention d'un certain @Sarko_Junior (Louis Sarkozy, son fils...) « Je peux avoir une plus grande télévision pour ma chambre ? » Sarko père de marchander : « Je suis prêt à échanger une plus grande TV contre la suppression de ton addiction à ton ordi. » Réponse retwittée des milliers de fois et moquée tout autant. 

18/03/2015

DE CHOSES ET D'AUTRES : Nom de nom

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Pour changer, le plus simple reste à ne modifier que la façade. Les apparences, réputées trompeuses, le sont encore plus dès lors qu'il s'agit de politique. Depuis son élection à la tête de l'UMP après le psycho-drame entre Fillon et Copé puis le scandale Bygmalion, l'urgence pour Nicolas Sarkozy consiste à repeindre de blanc immaculé une structure quelque peu souillée. Tout en menant une réforme en profondeur, il lance le chantier du nouveau nom. Exit l'UMP, place aux « Républicains ». Le Journal du Dimanche révèle le processus du brainstorming pour en arriver à ce résultat. Premier étonnement, l'agence de publicité qui a travaillé sur les recherches l'a fait à titre gratuit. Voilà qui change des pratiques de Bygmalion. Avec eux, tout était toujours très cher, même quand les études, séminaires ou rencontres s'avéraient totalement virtuelles. Deuxième surprise, enfin un parti ose s'affranchir de l'acronyme. PS, PC, UDI, Modem ou FN : tous sont restés fidèles aux sigles comme au bon vieux temps de la SFIO ou du RPF. Les Républicains ne se cachent pas derrière une lettre, même si les premiers logos en circulation font flamber le R dans des tons tricolores. Tout serait parfait sans les éternels chicaneurs. Ceux qui regrettent que le terme républicain soit surtout associé à la droite américaine en opposition aux démocrates. Et puis moi, en tant que journaliste amené à imaginer un titre court et percutant, une fois placé « Républicains » il me reste moins de place qu'avec le bref UMP. Et gare à la solution de l'abréviation, un simple accent différencie les « Répus » et des « repus »...