14/06/2013

ÇA BRUISSE SUR LE NET : Réseaux sociaux en pleine mutation

twitter,facebook,pinterest,réseaux sociauxLa concurrence fait rage dans le créneau des réseaux sociaux. Tous cherchent à marquer des points pour conserver des abonnés et si possible en détourner quelques-uns des concurrents. Quitte à ouvertement copier le voisin. Petite révolution chez Facebook avec la possibilité de greffer des hashtags (mots-dièses en français correct) sur ses notes. En toute impunité, la société de Marc Zuckerberg s'approprie le petit plus qui a largement contribué au succès de Twitter... Et a bien l'intention d'aller plus loin car prochainement, une fenêtre reprendra les « trending hashtags », les mots-dièses les plus populaires. Twitter pourrait le considérer  pour un bel hommage à son inventivité si au final, il ne s'agissait pas d'un cas flagrant de contrefaçon. 

Autre signe de la bataille menée en coulisses entre les différents réseaux sociaux, l'annonce par Pinterest du lancement de la version française. « Epingler c'est partager », voilà le nom de code de l'extension française d'un réseau graphique dont plus de 26 millions d'utilisateurs, Américains pour la plupart, grossissent les rangs. 

Dans l'absolu, ce foisonnement de choix risque de compliquer la vie des internautes. A quand l'invention d'un logiciel permettant d'agréger toutes les plateformes ? Une petite fenêtre Twitter, un volet Pinterest, des conversations sur Facebook... Celui ou celle qui met au point le truc pourrait devenir le futur milliardaire du net. 

13/10/2012

Chronique : Les « plus » de Facebook, nouveau dada des sociologues

Facebook, sociologues, méchant, surpoids, sexe, réseaux sociaux, chroniqueS'il en est bien dont le succès de Facebook booste les carrières ce sont les chercheurs en sociologie. Pas un jour ne passe sans que les journaux ne décryptent une étude comportementale sur les habitudes du milliard d'utilisateurs du troisième pays (virtuel) le plus peuplé de la planète.

Après « Pourquoi les utilisateurs du réseau social sont-ils plus méchants que la moyenne des gens ? », une nouvelle étude démontre que « plus on est sur Facebook, plus on est en surpoids et à découvert. »

Dans le même temps, des chercheurs de l'université de Chicago affirment que « consulter Facebook et Twitter semble plus tentant que d'avoir des relations sexuelles ou de fumer une cigarette. »

Une constante dans ces études : plus on est sur Facebook, moins on a de qualités... Au final, si l'on additionne tous les résultats, le portrait type d'un utilisateur a tout du monstre : un être renfrogné, détestant les vrais gens, gros, pauvre, méchant et affabulateur. Le portrait craché du regretté "Gros Dégueulasse" de Reiser (illustration)... Pas étonnant dans ces conditions s'il se tourne vers des amis « virtuels ».

A moins que ces adeptes de Facebook fassent eux aussi partie du domaine de l'imaginaire. Quel outrecuidant irait vérifier la pertinence d'études de prétendus chercheurs qui passent leur temps à diaboliser le grand méchant Facebook et si ça se trouve, sont encore plus asociaux que les cobayes débusqués sur le net ? Reste à analyser l'étude ultime, celle encore à réaliser qui démontrera, à coup sûr, que « plus on est sur Facebook, plus on se prend pour des chercheurs en sociologie qui ont réponse à tout. » 

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce samedi en dernière page de l'Indépendant.

26/09/2012

Chronique : Facebook, présumé coupable, explication d'un faux-bug

 Ça chauffe pour Facebook. Le méchant mastodonte numérique, victime d'un « énorme bug », publie les messages et discussions privés des années 2007 à 2009 de ses abonnés sur leur mur. L'information a affolé la toile toute la journée de lundi. Du moins ceux qui ont des choses à cacher à leurs « amis ». En clair, maris infidèles, épouses volages et employés critiques envers leurs collègues ou hiérarchie...

Facebook a souvent été cloué au piloris de la confidentialité. Lundi, comme pris d'une frénésie sécuritaire, ils sont nombreux à recommander d'effacer en urgence les historiques. Mais hier, après 24 heures d'un buzz négatif, Facebook dément l'information. Et d'expliquer que ce que l'on croit être des messages privés ne sont que des notifications publiques, de mur à mur. Du temps où les inscrits n'avaient pas compris que ces statuts, adressés à une seule personne, étaient visibles par tous. L'arrivée l'an dernier de la nouvelle version de la timeline a exhumé ces messages oubliés.

Le site du journal Metro, le premier à avoir levé le lièvre, a fait son mea culpa. Mais l'incident risque de laisser des traces. Pour preuve cette discussion (publique) entre deux amis : « Tous nos messages privés, même les plus privés des plus privés, sont stockés en Irlande. Ils pourront toujours resurgir un jour » et l'autre de surenchérir : « C'est aussi pour ça que je détruis mon compte tous les 6 mois, et change de nom à chaque fois. » Paranoïa et réseaux sociaux feront toujours bon ménage.

Chronique "ça bruisse sur le net" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.

25/09/2012

Chronique : réseaux (trop) sociaux

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Une nouvelle fois, le monde du travail pointe les réseaux sociaux dans sa ligne de mire. Une récente étude américaine chiffre la perte pour l'économie, en raison du temps passé sur internet au travail, à la somme astronomique de 650 milliards de dollars. Une infographie synthétise les données et certains chiffres ont de quoi faire bondir les patrons à la recherche d'une meilleure productivité. En moyenne, un employé américain est interrompu dans sa tâche toutes les dix minutes par du courrier électronique ou un réseau social. Encore plus dramatique : une fois le travail arrêté, l'employé met 23 minutes pour le reprendre... Aux USA, on consacre en moyenne 28 % de son activité professionnelle à la lecture d'emails. Facebook aussi est un dévoreur de temps : 405 minutes par mois environ.

Mais pour être honnête, il faut noter que les Français n'ont pas attendu les statistiques américaines pour plomber leur productivité. Pause cigarette, déjeuner qui s'éternise, coups de fil aux amis, papotage à la machine à café : certains sont les rois de la débrouille quand il s'agit de faire semblant de travailler.

Et personne n'est parfait : durant l'écriture de cette chronique (interrompue à trois reprises durant plus de 20 minutes), j'ai reçu 12 emails (dont 11 spams), été une fois sur Facebook, fumé trois cigarettes, répondu 14 fois à mon épouse (oui, elle est très bavarde...), envoyé balader un démarcheur téléphonique et totalement ignoré Twitter sans quoi je n'aurais pas dépassé la seconde phrase.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant ce mardi.

10/09/2012

Chapeau vert : l'hommage à Roland C. Wagner

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Le 5 août dernier, un pilier de la science-fiction française s'est dispersé dans les limbes de la psychosphère (un concept de son invention), au détour d'un virage sur une petite route de Gironde. Roland C Wagner, 51 ans, mettait, bien involontairement, un point final à son œuvre. Une énorme émotion s'emparait du milieu de la SF.

Et comme si son concept prenait forme, nombre d'avatars sur Twitter ou de profils sur Facebook subissaient une mutation. Un chapeau vert faisait son apparition, se multipliait à l'infini. En août, ce borsalino vert fluo était un signe de deuil, de ralliement aussi. Il était la marque de fabrique du plus célèbre héros de Roland C Wagner, le détective privé Temple sacré de l'aube radieuse, Tem pour les intimes. Héros de la série « Les futurs mystères de Paris », il promenait sa dégaine dans un Paris futuriste, avec la même nonchalance et perspicacité que Nestor Burma, le héros de Léo Malet.

Un chapeau vert. Cela semble un peu simple pour rendre hommage à l'un des plus brillants « penseurs » de la SF française. Mais cela avait aussi l'avantage d'être énigmatique. Certains ignorants ont moqué cette fantaisie vestimentaire sans comprendre qu'il s'agissait d'une façon pudique de masquer ses larmes. Ce n'est pas parce que l'on aime les récits d'un futur apocalyptique que l'on n'a pas de cœur. On en a même trois, parfois, comme dans cette BD, déclencheur de la vocation de Roland C. Wagner, anecdote racontée dans l'hommage de Serge Lehman publié dans le Monde.

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant

09/09/2012

Pour ou contre Internet ? Un débat sans fin

Pour ou contre internet ? Fabuleuse innovation pour la liberté d'expression ou machine à calomnie ? Le débat n'est pas récent. Il revient sur le devant de la scène après la publication sur Slate.fr, hier, d'un billet de Titiou Lecoq, journaliste blogueuse. « Ma réponse aux « élites » qui détestent internet » est une charge argumentée contre ces personnalités (politiques, artistiques, intellectuelles) qui comparent le web à de « la littérature de concierge », « une poubelle », « Vichy » ou « un drame de l'humanité ». Elle répond sur plusieurs points précis et notamment les dérives de l'immédiateté. « La course à l’info s’est accélérée avec les chaînes d’infos en continu, écrit-elle. Mais ce n’est pas Internet qui est à l’origine de ce malheur. La seule question qui vaille, c’est celle de l’intégrité du journaliste. Une info, ça se vérifie, peu importe le média. » Et de constater « Dans la presse papier, il existe de mauvais journalistes qui ne vérifient pas leurs infos. Sur Internet, il existe de bons journalistes qui vérifient leurs infos. »

Le rejet du web est pourtant parfois très bien argumenté. Comme dans ce passage de l'excellent roman « Chaos brûlant » de Stéphane Zagdanski (Seuil) sur l'affaire DSK. Un personnage du roman y parle de Twitter : « le triomphe du peu ou prou médisant, le bégaiement délationnel à la portée de tous, l'épieur qui pépie pour ne rien dire, le totalitarisme du cancan fragmentaire, l'hyperbolique redondance du creux. » Fermez le ban !

Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue en dernière page de l'Indépendant de vendredi.