16/09/2016

BD : La guerre n'est pas zen dans "La déconfiture" de Rabaté

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Pascal Rabaté, après avoir réalisé quelques films, revient à ses premières amours, la bande dessinée. Sans détour, il aborde de front "La déconfiture" de l'armée française en juin 1940 lors de l'avancée des troupes allemandes. Cette débandade ou déculottée, on la vit à travers l'expérience de Vildegrain, soldat du 11e régiment. A moto, il tente d'éviter les balles des mitraillettes des Stukas. Laissé à l'arrière, il ne parvient plus à retrouver son régiment. Une errance sur des routes inhospitalières, remplies de cadavres, d'autres soldats perdus avec les hordes de "boches" aux fesses. Un récit clinique sur la faillite d'un pays, sa résignation. Dessiné simplement, sans grands effets ni recherches de vérité historique, la force de certaines cases vaut largement celles de Tardi sur la précédente guerre. Dur, mais authentique.

"La déconfiture" (tome 1), Futuropolis, 19 €

 

21/10/2015

BD : Souvenirs d'été et des vacances de Prudhomme et Rabaté

 
 
Souvenez-vous. Il y a un peu plus d'un mois, vous bronziez sur une plage de sable fin. Au soleil, loin des frimas et des soucis. Le bon temps. Nostalgique ? Alors plongez-vous sans tarder dans cet album signé Rabaté et Prudhomme. Il sent l'ambre solaire et les coquillages ramenés par les enfants en fin de journée. Les deux compères, pour se mettre totalement dans le bain, on simplement trainé quelques jours sur une véritable plage, ont ouvert leurs oreilles et croqué les scènes qui se déroulaient sous leurs yeux ébahis. Cela donne 120 pages d'une grande tendresse, instantanés des vacances de ces fameux Français moyens, souvent décriés mais qui restent le but ultime de la majorité d'entre nous. Il y a le pêcheur aux crevettes, le papy bien content d'observer tant de poitrines dénudées, les jeunes aux regards concupiscents, les femmes fatiguées de faire semblant, celles qui se cachent derrière une serviette pour se mettre en maillots, d'autres qui bronzent entièrement nues. Une journée à la mer, toute simple, sans rebondissement ni héros valeureux. Pourtant cela se lit comme un roman à suspense, de ceux dont on ne peut lâcher la lecture une fois entamé.

 

« Vive la marée », Futuropolis, 20 €
 
 

09/10/2014

BD : La vengeance du cocu

 

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Pascal Rabaté aime les petites gens. Il n'a pas son pareil pour raconter des histoires anodines et pourtant passionnantes. Il écrit dessine, réalise... Un homme à tout faire qui regorge de projet, de récits, d'épopées. Le scénario du « Linge sale » il aurait pu le dessiner mais il a préféré confier la création graphique de ce cocu magnifique à Gnaedig. Le cocu c'est Pierre Martino. Ce gentil mari, quand il découvre sa Lucette dans les bras de Verron, pète les plombs. Il va chercher un fusil, s'engouffre dans la chambre d'hôtel adultère et tire sur le couple enlacé. Pas de chance, il s'est trompé de porte. Dans sa fuite il blesse un gendarme. 20 ans plus tard, il sort de la Santé et reprend son histoire là où il l'avait laissé. Mais entre temps Lucette s'est mariée avec Verron, a eu des enfants, qui eux même sont en couple... Pas grave pour Martino, il dégommera tout le monde ! Excellent de la première à la dernière page.

 

« Le linge sale », Vents d'Ouest, 19,50 €

 

24/01/2013

BD : Crève saucisse ou la vengeance du cocu immergé

 

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Aimer la bande dessinée peut vous amener à faire les pires bêtises. Prenez Didier, le héros de « Crève Saucisse » de Pascal Rabaté et Simon Hureau. Il adore la BD. Son salon en est rempli. Classiques ou modernes. Une véritable passion. Ce boucher jovial, marié et père d'un petit garçon a tout pour être heureux. Si ce n'est le désamour de sa femme. L'été dernier, en vacances, elle a craqué. Pendant que Didier pêchait tranquillement en bord de mer, elle le trompait avec un ami d'enfance. Rabaté, habitué aux peintures sociales grinçantes, aborde le vaudeville avec son sarcasme habituel. Le boucher, cocu, se défoule dans la chambre froide. Armé de son plus beau hachoir, il lacère les carcasses de bœuf en hurlant « Crève salaud ! » Surpris par son gamin, il transforme son imprécation en « Crève saucisse » qui donnera son titre à l'album. De plus en plus amer, le boucher va trouver dans une de ses BD l'idée géniale qui lui permettra de se venger et de retrouver l'amour de sa femme. Un Gil Jourdan de Tillieux dont quelques extraits sont redessinés par Hureau.

« Crève saucisse », Futuropolis, 17 €