15/10/2016

BD : Les gangsters à la papa

 

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Du polar rural : le "Mort aux vaches" de François Ravard et Aurélien Ducoudray est de cette veine malheureusement un peu en perte de vitesse. Quatre truands braquent une banque. Quelques millions de francs, car cela se passe dans les années 90. Pour se faire oublier, ils veulent passer un mois au vert, dans la ferme d'un cousin de Ferran, un des quatre pieds nickelés. Ce dernier est accompagné par José, son complice et amant depuis 20 ans, Cassidy, belle et impudique et de Romu, un gaillard, culturiste dopé aux protéines. Normalement ils devraient cultiver une certaine discrétion. D'autant que la famille de Ferran ne sait pas pourquoi ils viennent en "vacances" dans cette exploitation agricole spécialisée dans les races à viande. Mais avec Cassidy, difficile de ne pas être vite en vedette. En une journée elle parvient à attirer les regards des veilles acariâtres du cru, des gendarmes et des prostituées roumaines. Bref, le mois va se résumer en 48 heures très animées. Des dialogues succulents, un peu à la Audiard, des décors entre beauté champêtre et puanteur du fumier et de sacrés personnages : "Mort aux vaches" est idéal pour les lecteurs amateurs d'ambiance vintage.

"Mort aux vaches", Futuropolis, 19 euros

 

23/06/2011

Des poulets déplumés dans "La faute aux Chinois" de Ducoudray et Ravard chez Futuropolis

Ravard, Ducoudray, Futuropolis

Ravard, Ducoudray, FuturopolisDe la chronique sociale dans les premières pages, « La faute aux Chinois », bascule dans le polar antisocial assez rapidement.

Louis Meunier est un ouvrier discret et discipliné. Il travaille sur une chaîne d'abattage de poulets. Tuer, à longueur de journée, dans l'odeur du sang, tel est son quotidien. Seul rayon de soleil, les moments partagés avec Suzette, une secrétaire de l'entreprise. Louis et Suzette.

Une belle histoire d'amour, un peu compliquée en raison de la présence envahissante de Jean-Claude, le frère de la fiancée. Jean-Claude le débrouillard qui va accepter que Louis devienne son beau-frère à condition qu'il se diversifie un peu. Couper le cou à un poulet ou à un homme, la différence est parfois ténue.

Aurélien Ducoudray signe un récit implacable, sombre et sans pitié. François Ravard a dessiné ces 150 pages nerveuses dans un style très comparable à celui d'Etienne Davodeau.

 

« La faute aux Chinois », Futuropolis, 21 €

08:49 Publié dans BD | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ravard, ducoudray, futuropolis